Pour relever le défi “Mai en nouvelles” de madame Couette de  Hop sous la couette , j’ai lu Le reste du temps, le recueil de nouvelles littéraires de ma nouvelliste préférée, Esther Croft.

Une dizaine de courtes histoires où le fil conducteur est le décès. Ou plutôt l’écho de la disparition d’une personne. Et ses conséquences sur le parcours d’une autre existence.

Quatrième de couverture

“À quel âge cessons-vous d’être immortel? Par quelle fissure la pensée de la mort vient-elle ébranler notre inconscience? Quelles transformations, passagères ou profondes, cette révélation provoque-t-elle dans notre existence?

La prise de conscience toute personnelle de la mortalité peut surgir en un éclair, ne laissant derrière elle que quelques vagues, suffisantes cependant pour brouiller la clarté de l’eau.

Elle peut aussi se creuser dans l’angoisse d’une attente interminable; ou s’apprivoiser lentement, dans la grâce d’un sursis inespéré.  Les changements qu’elle entraîne peuvent emprunter des formes spectaculaires, imprévisibles, apparemment inexplicables; mais ils peuvent également s’accomplir de de petits mouvements secrets, à peine perceptibles, mais combien significatifs.

Ce sont ces ondes de choc, ces sursauts de vie, ces pulsions soudaines de réaliser de vieux rêves, cet appétit de saisir toutes les occasions de dernière chance que tente d’explorer chacune des dix nouvelles qui composent ce recueil. »

Littérature québécoise

Esther Croft a le don d’insuffler les mots pour venir nous émouvoir. Tel un équilibriste sur une corde raide, elle maîtrise les virgules, les points, place les lettres, juste au bon endroit.  En toute sérénité, ses mots marchent en gardant l’équilibre. Le texte avance dans le livre avec une stabilité dans sa prose offrant un ton parfait et juste du début à la fin.  Elle nous fait ressentir les profonds émois de ses personnages et elle nous ramène à notre humanité. Par le rythme, la pureté de la phrase ou le choix du vocabulaire, elle joue avec nos sensibilités et réussit. Son écriture nous serre la gorge, nous fait monter les larmes aux yeux, nous broie l’intestin. On a envie d’étreindre ses personnages, de les consoler, de les sortir de leurs drames.

Ce n’est pas la mort, mais la relation entre chacun de ces individus qui revêt une importance, un lien que nous vivons aussi par l’entremise de ses mots.

Le reste du temps nous fait réaliser comment fragile et incertaine est cette vie qui nous anime.

Les personnages d’Esther Croft me font souvent penser à cette citation de Boris Cyrulnik.

La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée.

Boris Cyrulnik

“Atterré par la brutalité de cette mort qu’il a souvent souhaitée mais jamais désirée, il osera à peine s’approcher de ce grand corps inerte, parfaitement intact, figé à jamais dans la beauté et la force de son âge.  Comme si la mort elle-même n’avait pas su porter atteinte à son intégrité. Comme toujours, Michel se sentira petit et insuffisant à côté de ce frère encore trop grand pour lui.”

Esther Croft

Le reste du temps, un beau recueil à lire qui nous fait aussi découvrir la ville de Québec.

Envie d’en lire plus sur la culture? Suivez ce lien.

Pour terminer, comme à toutes les semaines, je vous présente la photo de Lhom.

Et vous? Lisez-vous des nouvelles? Connaissez-vous Esther Croft?

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. J’ai acheté moi-même le livre. Esther Croft et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet.