Thé, muguet et autres bonheurs.

 

J’ai aimé le thé avant d’y goûter.  Je ne me rappelle pas quand j’en ai bu pour la première fois. Je me souviens, par contre, de la sensation de ce goût âcre qui m’avait tant déçue.  Pourtant, les héroïnes d’Emily Brontë en buvaient toutes.  Tous les jours, plusieurs fois par jour.  Je me devais d’aimer le thé.  Le thé et la bruyère des romans anglais, quels beaux rêves dans mon adolescence.

 Avant de lire ces fictions britanniques, le thé représentait pour moi, cette horrible poche carrée, molle et brunâtre pressée à la petite cuillère par mes parents dans leur tasse.

 Ce n’est qu’à l’université grâce à mon amitié avec R. et M. que mes papilles gustatives ont commencé à apprécier ce breuvage.  Peut-être notre cérémonie, plus estudiantine que britannique, a eu plus d’effet que la saveur même du breuvage pour me charmer?  Peu importe, j’ai la certitude qu’un rituel autour d’un verre de limonade ou de lait n’aurait pas eu le même impact sur moi.

R. nous préparait le thé, à vingt-et-une heure. Nous nous réunissions toutes les trois dans sa chambre des résidences étudiantes.  Une pause dans notre étude.  Elle l’ébouillantait, le laissait infuser.  Surtout sans l’écraser avec la cuillère.  Et, elle le versait dans les tasses où elle avait déjà pressé un demi-citron dans chacune.  Ensuite, elle ajoutait une grosse cuillérée de miel.  Le thé devait être préparé ainsi.  Si on mettait le miel avant le citron, nous disait R., il était raté.  Le goût citronné nous pinçant les glandes salivaires, effaçait l’âcreté qui m’avait tant déçue lors de ma première expérience.

Le miel réchauffait le cœur des trois étudiantes loin de chez elles que nous étions.  Et je pouvais rêver de romantisme, loin de mon amoureux.  Moi, aussi, martyre d’amour tourmenté comme une héroïne anglaise.  On dit que : « L’appétit vient en mangeant ».  C’est en buvant du thé que j’ai appris à aimer ce liquide chaud et réconfortant.  Après mes études, me rappelant avec nostalgie les bons moments de cette vie désormais ancienne, j’ai continué à me faire une tasse de thé.  Toujours le citron avant le miel mais pas toujours à vingt-et-une heure.  Petit à petit, j’ai arrêté le miel, celui-ci étant désormais fourni par la douceur du nid créé avec mon mari et mes deux oisillons.

Puis, j’ai découvert l’Earl Grey et la nécessité d’une théière. 

Puis j’ai découvert les vertus de la chose avec tous ses mythes.

Puis j’ai découvert l’initiation  aux différentes sortes. 

Puis j’ai découvert le Pu erh. 

Puis, me suis mise à collectionner les théières.

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Un bonheur dans ma vie, mon jardin a fleuri.

L’autre activité de la semaine dernière, j’ai participé à une activité du Camp Littéraire Félix.  

J’ai assisté à un cours de Sébastien Chabot sur le pastiche. Sous la forme d’une vidéoconférence, nous étions une dizaine de personnes à l’écouter. Après nous avoir fait part de son point de vue sur le pastiche, il nous a invités à en créer un. L’idée étant de partir de cet exercice pour stimuler notre inspiration, vaincre le syndrome de la page blanche et faire émerger notre voix. J’ai adoré.

Pour terminer, voici la photo de Lhom de la semaine, pour rester dans le thème Anglo-Saxon!

Château de Warwick, Angleterre.

Et vous? Amateurs de thé, de romans anglais? Quelles sortes préférez-vous?

Connaissez-vous le Camp littéraire Félix

Écrivez-moi vos commentaires.

Bonne semaine.
Phrenssynnes

 

 

 

0 thoughts on “Thé, muguet et autres bonheurs.

  1. Anne-Marie juin 1, 2020 / 7:47

    Le Earl Grey, bien sûr! Et pour avoir vécu au Royaume-Uni, j’apprécie aussi un bon Tetley d’épicerie (le leur, pas l’orange pekoe d’ici…) avec un peu de sucre et de lait, servi dans un grand mug. Ça, ça ravive des souvenirs pour mes papilles…! 🙂

      • Anne-Marie juin 1, 2020 / 7:59

        D’abord près de Reading, à une heure de Londres, et ensuite à Édimbourg.

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