Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était beaucoup plus futé qu’il le laissait paraître.

Épilogue

Magalie s’assoit sur le fauteuil fleuri.

Celui dans lequel elle avait caché, dans une fente entre les coussins, les disquettes et la lettre de sa sœur. Elle y glissa la main pour s’assurer que l’espace était vide.

Savourant le doux ronronnement du frigo, elle tenta d’oublier les sons traumatisants de ce dimanche matin qui l’obsédaient.

Elle ferma les yeux et inspira. Magalie se leva soudain pour se diriger vers l’escalier et flaira. Elle se déplaça vers la cuisine, hésita, n’ouvrit pas la porte à battant qui menait à la salle à manger. Elle marcha vers le hall d’entrée, puis dans le salon et là, elle s’avança vers la salle à manger. Magalie retourna s’asseoir sur le fauteuil dans le bureau qui était désormais le sien. Elle huma de nouveau. Lentement.

L’odeur du parfum de Sylvie avait disparu de la maison.

Le soleil perça et inonda la pièce de lumière.

Les événements qu’elle avait vécus ce fameux matin resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. Est-ce qu’elle pouvait prétendre n’avoir aucun regret ? Pouvait-elle se convaincre qu’elle n’aurait rien pu changer ? Peut-être ce moment où elle avait succombé aux charmes de Pierre ?

Comme c’était facile de juger, après.

Elle constata une évidence, cela prendrait une éternité avant qu’elle retombe dans les bras d’un homme. Les piliers sur lesquels s’appuyaient ses décisions s’étaient effondrés. Et, dans les débris de ces piliers s’émiettait ce qui lui restait de confiance.

Magalie sursauta au bruit de la sonnette d’entrée. Elle se leva, jeta un coup d’œil par la fenêtre et aperçut Gina, qui attendait devant la porte. L’espace d’un instant, elle se souvint que Pierre lui avait fait douter de sa meilleure amie. Une vague d’affection la submergea. Magalie se hâta pour ouvrir la porte à sa copine et reçut un câlin.

Gina entra et inspecta le rez-de-chaussée. « Ouais, good job. L’entreprise de nettoyage a fait un bon travail. Mais ils n’ont pas remis le cadre au-dessus du divan.

— Oui, ils l’ont fait. C’est moi qui l’ai enlevé.

— Ils ont raté le nettoyage ?

— Non, ils ont bien réussi, mais, premièrement, j’ai toujours détesté cette toile. Et deuxièmement, lorsque je la regardais, je ne voyais plus un paysage d’automne. Je visualisais un tableau d’art moderne créé par le sang et la cervelle de Pierre. Je l’ai rangé loin dans le sous-sol.

— Excellente décision. Alors, es-tu prête maintenant à planter la pancarte à vendre dans le banc de neige ?

— Non, imagine-toi que j’ai changé d’idée.

— Quoi ?

— Après une discussion avec Duclerc, j’ai beaucoup réfléchi. Je vais essayer de faire du neuf avec du vieux. C’est tout ce qui me reste de ma famille, dit-elle avec un trémolo dans la voix. Alors j’ai décidé de garder la vieille maison et de la rénover.

— Je ne m’attendais pas à ça mais je t’appuie à cent pourcent, » dit Gina en la prenant dans ses bras. « Je suis là pour toi.

 — Merci, Gina. Et, sais-tu quoi? Devine ce que j’ai découvert?

— Aucune idée.

— J’ai trouvé la recette de rôti de veau de ma mère. » Gina s’esclaffa. « Tu veux essayer d’en faire? Tu veux que je sois un cobaye? N’oublie pas que j’y ai déjà goûté à ce fabuleux rôti.

— Oui, je veux faire un souper avec toi et Louis.

— Louis?

— Louis Duclerc.

— Oh! On l’appelle Louis maintenant, la taquina Gina.

— Il m’a sauvé la vie.

— Je dis d’accord pour le souper, mais à une condition : être accompagnée.

— Quoi? Tu as un chum?

— Chum, c’est un bien grand mot.

— Ah! Ah! Je te reconnais bien là.

— Je voulais attendre avant de t’en parler. Bien, disons qu’on se voit. Régulièrement.

— Allez, crache le morceau, c’est Martin?

— Martin? Bien non. Quel Martin?

— Le Martin de l’autre soir. Arrête de me faire languir.

— Tu le connais, avoua Gina en rougissant un peu. Denis.

— Denis? Denis Danserot, s’exclama Magalie en éclatant de rire.

— Pourquoi ris-tu comme ça?

— Ben, voyons, Gina! Je suis surprise, tu semblais vraiment le détester chaque fois qu’on en parlait.

— Ouais, sais-tu comment j’ai réalisé ça?

— Petite cachottière, raconte-moi ça.

— L’autre soir, lorsque je devais rejoindre Martin, j’ai annulé mon rendez-vous après être sortie de chez vous. Tu m’as dit que Duclerc allait chez Denis pour l’interroger. Je n’ai pas hésité et je me suis pointée immédiatement chez lui. Il a beau être avocat, quand tu te fais poser des questions au sujet d’un meurtre par un policier, c’est toujours malaisant. J’ai sonné et, lorsqu’il a ouvert, je lui ai dit que j’étais son avocate et je suis entrée. Tu aurais dû lui voir la face, mais, au fond, il était content.

— J’imagine surtout lorsqu’il a vu la petite robe sexy que tu portais ce soir-là, » ajouta Magalie.

Elle observa son amie et prit conscience de ses sentiments. « Tu es en amour, Gina!

— Ah! Et ça me fait tellement peur.

— Je suis heureuse pour toi, renchérit Magalie en la prenant dans ses bras. Et, c’est certain qu’on va l’inviter à souper. Et avec Stéphanie en plus. Dis-moi, comment réagit-elle?

— Bien, mais, heureusement, je suis ta meilleure amie, ça me donne une chance.

— C’est parfait, » conclut Magalie.

Fin

 


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent:

Magalie s’est rendu compte que c’était le policier, et non pas elle, qui avait fait feu. Elle a aidé Duclerc, blessé, à entrer dans la maison. Et ensuite, grand dénouement, elle a été témoin d’un geste spectaculaire.

Chapitre 22

Gina avait encore accueilli Magalie pour dormir chez elle à la suite des derniers événements. Cette dernière avait avisé son patron qu’elle prenait une journée de congé. Donc, en ce lundi matin à huit heures, Magalie attendait dans sa voiture stationnée dans la rue devant sa maison.   Puis, elle la vit arriver, déambulant sur le trottoir enneigé de son pas rythmé, avec son manteau gris. Le même qu’elle portait lorsque Magalie était enfant. Toujours fidèle au poste, beau temps, mauvais temps. Magalie sortit de la voiture et marcha pour la rejoindre.

« Bonjour madame Dubois.

— Bonjour, Magalie, mais qu’est-ce que tu fais là?

— Je vous invite à prendre un café ce matin.

— Ah oui! En quel honneur? J’espère que tu ne veux pas me mettre à la porte!

— Bien non! Mais regardez, la maison est encore garnie ce matin, s’exclama Magalie en lui montrant les rubans jaunes des policiers.

— Oh mon Dieu! Que s’est-il passé encore?

— Allez, embarquez dans la voiture, je vais vous expliquer tout cela. »

Elles réussirent, par miracle, à se stationner dans les bancs de neige accumulés sur la rue Cartier.

Quelques instants plus tard, attablée au café Krieghoff, Magalie dévorait une bonne assiette d’œuf et de jambon. Elle venait de tout lui raconter. « Ce café-là, c’est de la vraie dynamite, comme ce que tu viens de me conter, dit madame Dubois. Je n’en reviens pas. Mais je suis contente de te voir manger. Je m’inquiète pour toi, tu as maigri.

— J’ai beaucoup travaillé depuis que j’ai commencé mon emploi et je fais de la course aussi, répliqua Magalie avec un geste de la main signifiant que cela n’avait pas d’importance. Je voulais vous demander quelque chose, continua-t-elle. Vous n’aviez pas remarqué que Sylvie avait un chum?

— Tu sais, Magalie, ce qui fait mon succès, c’est que je suis comme une horloge. Même heure, même poste, chaque semaine. Les gens savent quand j’arrive et quand je pars. Ça leur permet de garder leur intimité. J’avais bien vu que Sylvie rayonnait. Oui, je me doutais qu’il y avait un monsieur dans l’air. Et à la fin, je la trouvais stressée, mais jamais je ne me serais attendu à ce qui s’est passé. Comme pour toi, je trouvais que tu étais plus souriante, mais je n’ai jamais vu le monsieur. Et là, ce matin… Tu es certaine que tu ne veux pas que j’aille faire le ménage?

— Croyez-moi, madame Dubois, vous ne voulez pas y aller, » argumenta Magalie. Elle revit la cervelle éclaboussée sur le tableau au-dessus du divan. Et, levant sa tasse pour prendre une gorgée, sa bouche se tordit, ses joues se contractèrent. Madame Dubois lui toucha la main et lui dit : « Laisse le méchant sortir. » Puis elle fouilla dans son sac et lui tendit deux mouchoirs. Magalie se cacha le visage. « Allez, pleure un bon coup, puis donne-toi deux minutes et ça va se calmer. »

Deux minutes plus tard, Magalie lui rappela en s’essuyant les yeux : « Vous disiez la même chose lorsque j’étais petite.

— C’est comme ça que ça marche. Allez, finis ton assiette, ça va te faire du bien. J’espère que, toi aussi, tu prends congé aujourd’hui ?

— Oui, et franchement, avec toutes les heures supplémentaires que j’ai faites jusqu’à maintenant, il n’y a pas de problème. »

Après être allée reconduire madame Dubois chez elle, Magalie arrêta chez un fleuriste, puis se rendit à l’hôpital. Devant la porte, armée de son bouquet, elle s’arrêta et se mit à respirer plus rapidement. « Oh ! Non, ça me reprend encore, » remarqua-t-elle. Elle recula, laissa d’autres gens entrer. « Il faut que tu ailles le voir, Magalie, il t’a sauvé la vie, » se dit-elle. Soudain, elle entendit la voix de Sylvie résonner dans sa tête : « Let’s go ma sœur, t’es capable! » Magalie expira tout l’air qu’elle pouvait et fonça.

Elle arriva au chevet de l’inspecteur Duclerc avec son immense bouquet de fleurs et un sourire aux lèvres. Il avait été opéré et reprenait du mieux, mais il était toujours sous l’effet des calmants. « Vous m’avez sauvé la vie, inspecteur. Je vous serai éternellement reconnaissante. Mais, bordel, voulez-vous me dire pourquoi vous étiez sur mon perron dimanche matin, juste au bon moment?

— C’était une bonne idée en bordel? Hein? répliqua-t-il avec un sourire.

— Ah ! Ah ! Effectivement, lui répondit-elle en souriant et en le pointant du doigt.

— J’avais votre chum à l’œil.

— Vous n’étiez même pas au courant que j’avais un chum et on venait à peine de commencer à sortir ensemble.

— Erreur. Effectiv… » Il rit en prenant encore conscience de son tic de langage. « Je sais. Vous ne m’aviez pas dit que vous aviez un amoureux. Étant donné que l’enquête piétinait, j’ai dû activer un peu les choses. J’ai donc fait des observations et je vous ai suivie.

— Oh ! Je ne m’en suis même pas rendu compte !

— Je sais. J’ai découvert votre relation avec le docteur Lormier et j’ai enquêté sur lui. Savez-vous que c’est le beau-frère du docteur Lendro ?

— Son beau-frère, répéta-t-elle, surprise. Je n’en avais aucune idée! C’est drôle, je me souviens avoir parlé de lui à Pierre parce qu’après mon examen de la vue, le docteur Lendro l’a rencontré dans son bureau. Il m’avait dit que c’était un collègue. Rien de plus, ça doit vouloir dire qu’il voulait me le cacher.

— J’ai aussi découvert que votre Pierre Lormier était violent avec sa femme, la sœur du docteur Lendro. Mais elle ne voulait pas porter plainte ni le quitter. Et c’était un conflit entre les deux médecins.

— Ça, je l’ai réalisé en lisant la lettre de ma sœur. »  Elle lui expliqua comment le déclic s’était fait en lisant cette missive. « Mais de quelle lettre parlez-vous, Magalie? demanda le policier.

— Oh ! C’est vrai, vous ne savez pas encore l’histoire de la lettre. »

Magalie relata à Duclerc sa découverte. « Voilà le mobile, déclara-t-il. Vous avez trouvé ça dans sa bibliothèque? Pourtant, on a fouillé partout, je ne comprends pas, s’exclama le policier.

— Vous ne pouviez pas la trouver. Impossible, c’était tellement bien caché, le réconforta-t-elle. »

Elle chercha dans son sac à main et lui tendit le duplicata de la fameuse missive.

« La voici, je l’ai apportée pour que vous puissiez la lire, ajouta-t-elle en lui remettant le feuillet. Mais, avant, je voudrais savoir comment a été votre rencontre avec le père de Stéphanie?

— En fait, c’est pour ça que je suis allé chez vous. Mais je devais également savoir ce qui se passait avec le docteur Lormier. Je n’avais aucun mobile, aucun lien, aucune preuve contre lui. Je savais qu’il allait à Boston, mais je ne pouvais pas l’empêcher de sortir du pays. Pour ce qui est de Denis Danserot, je l’ai interrogé. Son avocate était là. Il a confirmé la version de sa fille, mais, après avoir vu Sylvie vivante, il est allé chez d’autres gens, des parents d’amies de Stéphanie. Il me les a énumérés et ils ont tous confirmé sa version des faits. Mais le timeline était serré et ne jouait pas en sa faveur. Je ne l’avais pas éliminé des suspects. Je voulais vous en parler. Et j’avais aussi un drôle de sentiment à propos du docteur Lormier.

— Quand le téléphone a sonné, samedi après-midi, c’était Pierre qui m’appelait de Boston. Je ne me rappelle pas, exactement, quels mots j’ai utilisés, j’étais si énervée. Pierre a dû comprendre que la petite avait été témoin du meurtre. C’est pour ça qu’il est revenu pendant la nuit et qu’il était chez moi dimanche matin. Je suis encore en état de choc. »

 


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

La personne qui a assassiné la sœur de Magalie est entrée, par surprise, dans la maison. Cette personne a voulu obliger la jeune femme à sortir dans la tempête et à être la complice d’un autre meurtre.

Chapitre 21

Magalie observa le revolver qu’elle tenait dans les mains et réalisa que ce n’est pas elle qui avait tiré. Elle regarda Duclerc et comprit que c’était lui. Elle le vit s’affaisser. L’arme du policier était toujours braquée sur Pierre. L’inspecteur blessé soufflait fort et l’air condensé sortait de sa bouche, comme la fumée du pistolet. Le blizzard rugissant de plus belle avait masqué le son du coup de feu.

« Bordel de merde ! »

Elle observa Pierre, la première balle n’avait qu’effleuré son manteau, mais la deuxième l’avait touché à l’épaule gauche.

Le regard de Magalie oscilla de l’un à l’autre.

Elle aida Louis Duclerc à entrer dans la maison. Et elle l’installa dans le premier fauteuil du salon. Elle se tourna et vit le vent et la neige s’engouffrer dans la maison. Vivement, elle alla fermer la porte mais s’aperçut que Pierre avait disparu !

Elle avertit Duclerc et, en se retournant, elle se rendit compte, avec effroi, que Pierre était dans le bureau de Sylvie. Elle recula vers le salon, passa par la salle à manger pour atteindre le téléphone dans la cuisine. Magalie commençait à donner son adresse à l’opératrice du 911 lorsqu’elle entendit Pierre tout jeter par terre.

« Je vais trouver les maudites notes de ta sœur, » cria Pierre.

Magalie revint dans le hall et vit Duclerc, toujours assis, proclamer d’une voix éteinte : « C’est fini, docteur Lormier. »

Elle se rapprocha du bureau, mais s’arrêta juste avant d’y entrer, tenant toujours son arme à la main. Elle la braqua vers Pierre et lui ordonna : « Sors d’ici, espèce de fumier, et va t’asseoir sur le divan. Je t’interdis de toucher aux affaires de ma sœur. » Elle lui fit signe, avec le revolver pointé sur lui, de se diriger vers le canapé. « Ben, voyons, tu ne me tireras pas dessus, la nargua-t-il, en continuant de tout jeter en l’air.

— Magalie, intervint le policier, on reste calme. Docteur Lormier, vous n’avez pas le choix, asseyez-vous ici, » en lui montrant le divan.

Magalie se mit à hurler, aussi déchaînée que le vent dehors : « Sors de cette pièce et va dans le salon, c’est un ordre. On est deux avec chacun une arme braquée sur toi. Les renforts arrivent. C’est fini. As-tu compris ? C’est terminé. Et tu n’auras jamais le mérite de la découverte de ma sœur. »

Duclerc se redressa. « Vous avez entendu, » déclara-t-il à Lormier, surpris de la véhémence de la jeune femme et de cette histoire de découverte.

Réalisant la menace, Pierre leva son bras droit, celui qui n’était pas blessé, et se dirigea dans le salon, en hésitant. Magalie se demanda comment il pouvait encore tenir debout. Puis, en passant devant elle, dans un mouvement rapide, le médecin s’empara du revolver que Magalie tenait. Il eut le temps de s’asseoir sur le divan avant que Duclerc réagisse.

Le vent fit trembler la maison.

Elle le vit mettre le bout du canon dans sa bouche à l’horizontale et viser le fond de sa gorge.

Le médecin mit quelques secondes avant de s’effondrer, mais la mort fut instantanée. L’huile au-dessus du divan, un paysage d’automne, ressemblait désormais à une œuvre abstraite.

Magalie, happée par l’émotion, sentit son corps reculer tandis qu’elle entendait un son sortir de sa bouche. L’odeur âcre de la fumée mélangée à celle du sang lui donna la nausée.

 Elle perdit conscience et s’écroula.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Un dimanche matin où il faisait tempête, Magalie a lu la dernière lettre de sa sœur et a compris beaucoup de choses. Cela a ravivé plusieurs souvenirs douloureux. Elle allait appeler l’inspecteur Duclerc lorsque quelqu’un est arrivé.

Chapitre 20

Prise de panique, elle glissa la lettre et les deux disquettes dans la fente, entre le coussin et le rebord du fauteuil. Elle se leva en essayant de ne pas s’affoler. Inutile de courir vers la porte, pour la verrouiller, Pierre l’avait déjà ouverte.

« Qu’est-ce que tu fais ici, tu es supposé être à Boston, lui demanda-t-elle en restant calme, mais blanche de peur.

— Crisse de tempête », répondit-il.

La barbe longue, les cheveux hirsutes, le manteau détaché, il avait l’air de quelqu’un qui n’a pas dormi de la nuit. En entrant dans le salon, elle remarqua son haleine.

« Salut ma belle. T’es-tu ennuyé de moi ?

— Je suis surprise de te voir ici. J’attendais plutôt ton téléphone, je n’ai pas été capable de te rejoindre hier.

— As-tu du scotch, réclama-t-il

— Du scotch, voyons Pierre, il n’est pas dix heures du matin. Qu’est-ce qui se passe ? »

Voyant son regard furieux, elle murmura :

« D’accord, je vais voir. » Elle se dirigea vers le buffet de la salle à manger. « Je ne sais pas si j’en ai, je n’en bois jamais, mais il reste peut-être de vieilles bouteilles, » ajouta-t-elle.

Ses mains tremblantes firent s’entrechoquer les flacons. Son cœur battait trop fort, elle avait la bouche sèche. Elle dénicha un scotch qui devait dater de plusieurs années.

— Oui, j’en ai, répondit-elle en espérant qu’il ne sentirait pas les trémolos dans sa voix.

Elle saisit un vieux verre old-fashioned sur le dessus du buffet et y versa le liquide ambré. Le cliquetis de la bouteille contre le verre taillé n’enterra pas le bruit du vent. « Calme-toi, pensa-t-elle. Il ne sait pas que tu as découvert la lettre. Bordel, il ne doit pas trouver les disquettes! » Elle lui tendit la boisson et sursauta en voyant qu’il avait un revolver dans sa main droite. Magalie sentit encore son haleine alcoolisée. « Pourquoi as-tu une arme, Pierre ?

— Mets le verre sur la table à café, assieds-toi, là », ordonna-t-il en pointant un fauteuil du salon avec l’arme. Magalie s’exécuta, affolée de le contrarier. Il s’installa sur le canapé. Elle se tenait les mains pour essayer d’en contrôler le tremblement et elle songea, avec effroi, qu’il allait peut-être la tuer.

La lettre cachée lui revenait à l’esprit. Est-ce qu’on retrouverait cette missive? Peut-être que Gina, par miracle, penserait à chercher là, lorsqu’on aurait retrouvé son cadavre. Un nœud dans l’estomac, elle réalisa qu’il ne savait pas ce qui était arrivé la veille. Elle n’avait pas pu le rejoindre après les révélations de Stéphanie. « Pourquoi es-tu revenu à Québec plus tôt? interrogea-t-elle. Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi cette arme? » insista-t-elle avec le ton le plus naïf possible.

Un sentiment de désespoir l’envahit. « Calme-toi, il n’est pas au courant de la lettre de Sylvie, puisque je l’ai trouvée. »  En un éclair, la lumière se fit dans son esprit. La peur l’avait empêchée de comprendre. Pierre devait croire que Stéphanie l’avait identifié.

« J’ai loué une auto à Boston et je suis revenu cette nuit. Je sais que tu sais, affirma-t-il.

— Que je sais quoi ?

— Que j’ai tué ta sœur ! C’était un accident. Crisse, pourquoi je ne me suis pas aperçu que quelqu’un était là? J’étais absolument sûr que personne ne m’avait vu.

— Tu as tué ma sœur, ne put s’empêcher de répéter Magalie.

— Tu m’en as donné de la misère, en installant le maudit système d’alarme. Je n’en suis pas revenu que tu aies remarqué que quelqu’un avait pissé chez vous! Ça prend une maudite téteuse de comptable pour se rendre compte d’un détail comme ça! J’ai été obligé de jouer le grand jeu si je voulais fouiller dans les affaires de ta sœur. Mais ils ne m’auront pas, câlisse. Maintenant, j’ai un plan. On va aller chez Stéphanie. J’y ai pensé toute la nuit. On va aller se débarrasser de la petite. Puis, tu vas m’aider. Elle te connaît, elle a confiance en toi.

— Voyons, Pierre, tu ne peux pas faire ça! C’est quoi cette histoire avec Stéphanie? » répliqua Magalie, essayant de jouer l’innocence. « Regarde-moi bien faire. Si tu crois qu’une petite écornifleuse va m’accuser de meurtre, il n’en est pas question. Elle va avoir un accident. Habille-toi, on va la chercher.

— N’y pense même pas, réagit Magalie.

— Tu n’as pas le choix, ordonna-t-il en la pointant avec l’arme.

— Pierre, tu vas tuer une enfant? Vraiment?

— Lève-toi et mets ton manteau, tabarnac, fut sa réponse. C’est de sa faute, la petite câlisse. »

Magalie ne savait plus quoi imaginer pour gagner du temps, mais elle réalisa qu’il devait aussi se débarrasser d’elle, puisqu’il venait de lui avouer le meurtre. « Faut que j’aille à la toilette, trouva-t-elle à dire.

— Bien, tu vas te retenir. Grouille-toi, on s’en va chez la petite. »

Elle se leva, prit le verre vide et se dirigea vers la cuisine. « Où tu vas? Stop! Qu’est-ce que tu fais? demanda-t-il, agressif.

— Je vais porter ton verre dans la cuisine, rétorqua-t-elle.

— Lâche-moi tes maudites manies, puis mets ton manteau. »

Elle replaça le verre sur la table à café. « Si elle n’est pas chez elle?

— Tu vas la trouver. Avance, » ordonna-t-il en pointant de nouveau le revolver. Elle ouvrit le placard, mit une parka et enfila des bottes. « On va prendre ton auto, as-tu tes clés? » demanda-t-il.

Elle se retourna vers la table de l’entrée, prit son sac. Il posa sa main sur une épaule et, de l’autre, planta la pointe de l’arme dans ses côtes. « Je t’avertis, ne fais pas de niaiseries. Ouvre la porte. »

Elle tourna la poignée, la neige s’engouffra dans le vestibule. Lorsqu’elle mit le pied sur le pas de la porte, le mugissement du vent la pétrifia. Elle entraperçut une ombre dans son champ visuel droit. Sans retourner la tête, elle s’exclama : « Oh! Je pense que mes clés sont dans les poches de mon autre manteau.

— Ouvre ta sacoche, vérifie. »

Elle obtempéra et referma la porte pour empêcher la neige et la bourrasque de s’engouffrer dans la maison. « J’ai mis mon autre manteau hier soir pour le souper chez mon patron. Les clés doivent être là. »

Toujours menacée, elle se tourna, entra, ouvrit la penderie et fouilla dans son manteau. Elle saisit les clés et affirma : « Voilà, je les ai. Pierre, tu ne peux pas aller tuer Stéphanie, reprit-elle un ton plus haut. Ça n’a aucun sens.

— Ferme ta gueule et avance, » commanda-t-il.

Magalie referma le placard et le duo se dirigea à nouveau vers la porte extérieure, Magalie devant Pierre. Elle ouvrit et la neige pénétra encore dans le vestibule. Elle traversa le pas et, lorsque Pierre franchit à son tour le seuil, l’ombre à droite bougea et s’exclama:

« STOP! »

Magalie se retourna enfin. Ahurie, elle aperçut l’inspecteur Duclerc qui braquait un pistolet vers Pierre.

« Ça s’arrête ici, docteur Lormier, continua le policier.

— Je vais la tuer, j’ai un revolver pointé sur elle », menaça le médecin.

Magalie se mit à respirer bruyamment.

« Baissez votre arme, » ordonna Duclerc.

Magalie haletait de plus en plus fort. « Arrête tes hosties de niaiseries, Mag. Je vais la tirer, », annonça-t-il en regardant le policier dans les yeux.

Soudain, les genoux de Magalie ployèrent dans une feinte bien maîtrisée. Pierre, désarçonné, se retourna et fit feu sur le policier. Il l’atteignit à l’épaule.

Magalie en profita pour saisir la pelle à neige à gauche de la porte et assena un coup à la tête de Pierre. Celui-ci chancela pendant une fraction de seconde, ce qui permit à Duclerc de viser. L’arme de Pierre tomba par terre, Magalie s’en empara. Sonné, le médecin essaya de se tenir debout en s’accrochant à la rampe.

« Espèce de fumier, c’est toi qui mérites de mourir, sanglota-t-elle.

— Si tu penses que je vais me laisser tuer par toi, » lui cracha-t-il au visage avec sa mauvaise haleine. Il amorça un mouvement vers elle, Magalie n’eut pas le temps de réfléchir, elle entendit un coup de feu et Pierre s’écroula.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie a commencé le ménage du bureau de sa sœur. Elle a trouvé une disquette cachée dans la bibliothèque. Après plusieurs tentatives, elle a réussi à trouver le mot de passe pour ouvrir un fichier adressé à son nom.

Chapitre 19

Le Molto allegro de Mozart était achevé depuis quelques minutes. Magalie venait de terminer la lecture de la lettre que sa sœur lui avait écrite le 15 juin et qui n’avait jamais atteint sa destination.

Penchée au-dessus de la cuvette de la salle de bain, elle vomit son déjeuner. Tremblante, elle redescendit et reprit place dans le fauteuil fleuri du bureau. Elle observa par la fenêtre la neige abondante qui commençait à tomber et le vent à rugir.

Elle relut la lettre.

Québec, 15 juin 1995.

Salut Magalie,

       Je t’ai téléphoné plusieurs fois aujourd’hui, mais je suis toujours tombée sur ton répondeur.

Magalie réfléchit. Pourquoi n’avait-elle pas eu le message de Sylvie? Le 15 juin, c’était le lendemain de sa rupture. Olivier l’avait harcelée sur son répondeur et avait probablement rempli sa boîte vocale. L’autre hypothèse était que Sylvie n’avait pas laissé de message. Magalie reprit sa lecture.

Au moment où tu consulteras cette lettre, j’espère avoir pu te joindre au téléphone. Sinon, ne t’inquiète pas, je suis chez mon amie Charlotte, à New York. Tu te souviens, j’ai étudié avec elle. Je m’attends à ce que tu me pardonnes d’annuler notre fin de semaine à la dernière minute. Je t’écris pour t’expliquer, dans les grandes lignes, ce qui me pousse à partir ainsi à New York. Tu trouveras, ci-joint, deux disquettes d’ordinateur. Tu dois garder ces deux disquettes en sécurité pour un certain temps. Quand je dis « sécurité », c’est dans le style coffret de sûreté à la banque, pas sous ton matelas!

On se parlera à mon retour des États-Unis, mais je te résume la situation. Je me suis encore fait avoir par un gars! Je suis bouleversée, désenchantée, désillusionnée… les maudits hommes ! Et en plus, j’ai peur de lui.

Je travaille sur un projet depuis deux ans pendant mes temps libres. Tout a commencé par hasard. Une découverte fabuleuse. Un de mes patients s’est aperçu que sa myopie s’était améliorée après que je lui aie prescrit une combinaison peu commune de médicaments. Il attribuait cette amélioration à sa médication. Tu me connais et, avec mon scepticisme de chercheuse scientifique, j’ai expliqué et convaincu ce patient que c’était tout simplement impossible. Mais ça m’avait mis la puce à l’oreille. Je t’épargne tous les détails techniques, surtout médicaux (que j’ai consignés sur ces disquettes) pour te révéler que j’ai ramassé depuis les deux dernières années des statistiques impressionnantes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ça balance comme tu dis dans ton jargon de comptable, ça marche.

Mon patient avait raison.

J’ai tout, ou presque, pour soutenir l’hypothèse saugrenue, à laquelle je ne croyais pas moi-même, il y a deux ans. C’est pourquoi je n’en ai parlé à personne. L’occasion aurait été idéale pour ces messieurs misogynes avec lesquels je travaille pour se moquer de moi. Ne me traite pas de vieille fille enragée et frustrée, car j’en ai croisé plus d’une chercheuse à s’être fait couper l’herbe sous le pied. Évidemment, toujours par des hommes. J’étais rendue au point, dans mes analyses, où j’avais besoin de la collaboration d’un ophtalmologiste. J’ai rencontré Pierre Lormier dans un congrès. Tu te souviens de lui, papa et maman connaissaient ses parents. Donc, je me sentais plus en confiance avec lui.

Et comment donc!

Propriétaire d’une grosse clinique, il avait tout pour satisfaire les exigences. Il a bien ri de moi lorsque je lui ai expliqué mon projet sans lui fournir ma recette magique, mais, quand il a vu mes données, les chiffres l’ont impressionné. Je jubilais de fierté, d’autant plus qu’il est une sommité dans le domaine. Bref, il m’a prise au sérieux.

Mais, tout n’a pas tourné comme j’avais prévu.

Je suis tombée amoureuse de lui et lui de moi. Mais il est marié et… très manipulateur. Je n’arrive pas à comprendre comment j’ai pu aboutir là après ce que j’ai vécu avec Louis. Comment ai-je pu me laisser séduire par un homme marié? J’avais eu tellement mal quand Louis m’a trompée, pour moi, cela était inconcevable que quelqu’un fasse subir cela à une autre personne. Tout ce que je peux te dire pour ma défense, c’est que Pierre a un charme irrésistible.

Magalie sentit son estomac se contracter à nouveau.

Tu comprends pourquoi je ne m’en suis pas vantée et je ne t’en ai pas parlé! Les choses ont tourné au vinaigre quand j’ai commencé à remarquer de l’agressivité de sa part. J’ai saisi que tout ce qu’il désirait, c’était ma recette magique, pour pouvoir avoir le contrôle, comme il dit.

Ces mots résonnèrent dans la tête de Magalie.

Il veut que j’arrête mes recherches, car cela pourrait mettre en péril sa situation financière. Il a de grosses dettes.

Oui, ça, j’en sais quelque chose, songea Magalie.

Il croit que, si la moindre rumeur sur mon projet sort, plus personne ne voudra se faire opérer au laser. Et il n’a pas tort! Hier soir, nous avons eu une discussion, il avait bu. Imagine-toi qu’il m’a giflée si fort que j’en suis tombée par terre. J’étais aussi scandalisée, qu’estomaquée, moi qui n’ai jamais eu de claque ni de mon père ni de ma mère. Heureusement, il est parti, mais j’ai peur qu’il ne revienne. Et c’est pourquoi je t’envoie ces deux disquettes. Prends-en soin comme la prunell

 La lettre s’interrompait ainsi sur un mot inachevé.

Stéphanie avait dû arriver à ce moment-là, pensa Magalie. Et Sylvie avait caché la disquette. Elle comprenait maintenant. Ce n’était pas le père de Stéphanie qui avait sonné une deuxième fois, c’était Pierre.

Sûrement.

Désemparée, elle songeait aux renseignements que contenait cette lettre. Sylvie, une maîtresse battue.

Une image apparut dans l’esprit de Magalie, celle de la dernière femme battue qu’elle avait vue.

Chez le dentiste.

Et qui l’avait mise si mal à l’aise.

Un déclic dans sa tête.

Comment ne l’avait-elle pas reconnue?

C’était Joanie, l’épouse de Pierre.

C’est pourquoi elle avait eu cette impression de déjà-vu lorsqu’elle l’avait observée au restaurant avec son mari.

Pierre battait sa femme.

Idiote, pourquoi ne t’es-tu pas souvenue d’elle tout de suite?

Spasme de l’estomac.

Allait-elle vomir de nouveau? Le malaise physique s’estompa, mais pas son malaise psychologique. Des larmes brûlantes se mirent à couler. Magalie se sentait perdue dans un kaléidoscope d’images incongrues.

Dehors, la tempête empirait.

Pierre avait tué Sylvie.

Magalie avait fait l’amour avec le meurtrier de sa sœur, qui avait été aussi son amant. Elle s’était ouverte à lui dans sa plus profonde intimité sans aucune peur.

Une fêlure bougea au tréfonds d’elle, celle d’une plaque tectonique.

Lentement.

Un sentiment de honte ainsi qu’une foule d’images la submergèrent.

Elle se souvint d’un moment, elle devait avoir six ans. Elle avait explosé de colère parce qu’elle ne voulait plus porter les anciens vêtements de sa sœur. Sa mère lui avait répliqué que le budget était serré, mais comment une enfant de cet âge pouvait comprendre?

Sa maman achetait toujours des vêtements flambant neufs pour Sylvie et jamais pour Magalie. Elle se rappela la déception, le chagrin qu’elle avait ressenti lorsqu’elle avait déballé un cadeau de fête : la poupée Barbie de Sylvie. Sylvie, qui était devenue trop grande pour jouer à la poupée, madame Douchard l’avait refilée à Magalie. Souriant à sa fille, elle lui avait dit qu’elle avait cousu les habits neufs de Barbie avec des guenilles et de vieux coupons de tissus. Sa mère était si fière. La petite s’était demandé comment sa maman avait pu lui causer tant de peine, sans s’en rendre compte.

 Magalie se revit à treize ans. Sa mère l’emmenait magasiner dans le placard de cèdre tandis que ses amies se rendaient dans les commerces avec leurs mères. « On économise du temps en plus », avait répondu madame Douchard lorsque Magalie lui avait expliqué son désir. Sa mère y allait pourtant avec Sylvie. Avec sa grande. Elle, la petite, la laissée pour compte. Née sept ans après l’aînée, elle avait l’impression que sa venue au monde n’était pas voulue. Un cadeau tombé du ciel, répétait sa mère. Un accident, selon Magalie.

À dix-sept ans, alors qu’elle débordait d’envie de rencontrer des garçons, sa mère lui avait organisé un rendez-vous sans lui en parler. Magalie avait refusé de sortir avec l’affreux jeune homme de vingt-trois ans, boutonneux et maigre comme un polichinelle. Il ne valait rien pour Sylvie, mais il ferait l’affaire pour elle. Une insulte pour Magalie.

Pourquoi pensait-elle à ces anciennes histoires ? Aux vieilles affaires de sa sœur?

Un tremblement de terre faisait rage en elle. Des larmes coulaient sur ses joues.

Elle se leva pour se moucher. Puis, elle retourna s’asseoir dans le fauteuil et essaya de se calmer. Peu importait sa désillusion, elle devait réfléchir. Ses pensées se bousculaient dans sa tête et virevoltaient à la même vitesse que les flocons de neige à l’extérieur.

Pierre s’était intéressé à l’ordinateur de Sylvie. Il avait essayé de la monter contre Gina, contre Olivier. Il l’encourageait de façon excessive à s’occuper des affaires de Sylvie.

Tout s’emboîtait.

Qu’allait-elle faire? Elle se leva pour téléphoner, elle hésitait entre appeler Gina tout de suite ou après avoir rejoint l’inspecteur Duclerc. Elle décrocha le combiné, mais le redéposa aussitôt.

Comment allait-elle réagir demain face à Pierre? Rien que d’y songer, la peur lui nouait l’estomac. Elle reprit la lettre sur le bureau et s’interrogea en la regardant. Après relecture, Magalie avait la certitude d’avoir la preuve du meurtre entre les mains.

Ses émotions tournaient comme ce maelstrom de flocons. Magalie devait montrer cette lettre à Duclerc. Elle se demanda où elle avait noté le numéro de téléphone pour le joindre quand un bruit la fit sursauter.

On frappait à la fenêtre.

Elle se retourna et son cœur se mit à battre plus rapidement lorsqu’elle vit la silhouette se diriger vers la porte d’entrée, qu’elle n’avait pas verrouillée.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 18, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

L’inspecteur Duclerc est allé reconduire Stéphanie chez elle. Magalie a demandé à Gina de venir tout de suite pour lui raconter ce que Stéphanie venait de révéler.

Chapitre 18

Le lendemain, son pain grillé et le café avalés, Magalie grimpa l’escalier pour enfiler ses jeans et un chandail ample. Habillée, elle descendit et se servit une deuxième tasse avant d’entrer dans la pièce maudite.

Magalie réussit à mettre les pieds sur la moquette moelleuse, à regarder l’immense meuble d’acajou, le foyer de marbre ou le petit fauteuil fleuri à côté de la table de travail, sans que son estomac se contracte.

En premier, elle devait se défaire de tous les livres de sa sœur. Désormais inutiles, ils encombraient les étagères du bureau. Elle alla chercher au sous-sol plusieurs boîtes de carton.

« Que faire de tous ces bouquins ? Peut-être que la bibliothèque à l’hôpital de Sylvie les prendrait ? » se demanda-t-elle. Elle pensa aussi qu’elle pourrait toujours les donner à l’université. De vraies briques, ils pesaient une tonne.

Elle avait vidé un rayon lorsque son regard se porta vers la fenêtre. Elle prit une gorgée de café. Le soleil éclatant narguait l’air glacial et faisait briller la vitre givrée. Une pensée lui vint à l’esprit : « Moi, c’est plutôt ma vie qui est “un jardin de givre” ! »

Le temps paraissait stoppé. Aucun mouvement dans la rue désertique, même pas une brise hivernale, aucun son ne troublait la nature pétrifiée par le froid. On annonçait à la météo plusieurs centimètres de neige et de forts vents. « Heureusement que Pierre revient seulement demain », songea-t-elle.

Elle se sentait comme ce froid polaire, figée telle une mer de glace sur sa douleur. Elle savait qu’il était temps de commencer à ranger les choses.

Et les questionnements reprirent dans sa tête. Pourquoi ? Pourquoi la vie de sa Sylvie avait-elle été interrompue si violemment ? Les larmes lui vinrent aux yeux. La culpabilité l’étouffait. Comment pouvait-elle se débarrasser de ses affaires ainsi ? Comment vivre, respirer, tandis que Sylvie reposait six pieds sous terre dans le fond d’un cercueil ? Sa grande sœur, qui lui avait montré à danser à la corde, qui lui avait déjà lancé un verre de jus d’orange à la figure et qui avait giflé le petit voisin parce qu’il avait ri d’elle. Sylvie, qui lui tirait les cheveux lorsque celle-ci fouillait dans sa chambre, mais sa complice pour voler des biscuits au chocolat avant le souper. Un kaléidoscope de souvenirs doux et amers défilait devant ses yeux ; doux et amers, comme la marmelade qu’elle venait de manger sur son pain quelques instants plus tôt.

Magalie regrettait d’avoir laissé sa sœur seule. Elle aurait dû rentrer à Québec pour y terminer ses études. Serait-elle morte à l’heure qu’il est ? Saurait-on un jour ce qui s’était véritablement passé ? Ces interrogations la désespéraient.

Elle savait que la vie devait continuer malgré tout. Elle prit une gorgée. « Zut ! se dit-elle, même le café est trop froid. »

« Allez, Magalie ! Secoue-toi un peu, ce n’est pas en se sentant coupable que Sylvie ressuscitera. »

Voulant chasser cette désolation et meubler le silence de mort qui imprégnait la demeure, elle alla dans le salon et chercha dans la collection de trente-trois tours de son père. Cela lui rappelait son enfance, les matins de week-end où son père leur faisait écouter de la musique à elle et Sylvie. Magalie choisit un de ses albums préférés, Les quatre saisons de Vivaldi. Elle sortit le disque de vinyle noir de sa pochette. Magalie le plaça sur le tourne-disque, elle saisit l’aiguille et la déposa sur le sillon. La musique envahit la maisonnée. Puis, elle se remit au travail, secourut par le rythme de Vivaldi.

Textbook of endocrinology, Anatomie humaine, Physiologie humaine. En vidant un autre rayon, elle reconnut des romans qu’elles avaient lus pendant l’adolescence : la série Jalna, plusieurs Agatha Christie, Robert Ludlum. Peut-être pourrait-elle en garder quelques-uns ? Cela lui remémorait des souvenirs. Soudain, Magalie eut une drôle de sensation. Elle se retourna, regarda tout autour. Elle sentait la présence de Sylvie. Ce n’était pas le fantôme de sa sœur, mais cette odeur presque imperceptible qui lui chatouillait le nez. Encore le parfum Paloma Picasso. De son vivant, on remarquait toujours son arrivée par cette senteur et des effluves demeuraient quelques instants dans la pièce que Sylvie venait de quitter.

Mal à l’aise, le cœur chaviré par cette fragrance, elle cessa de vider le rayon entamé pour en commencer un autre. En déplaçant une pile de bouquins, Magalie se rendit compte, en le saisissant, qu’un gros livre semblait léger pour sa taille. Aucun titre. Elle eut l’impression qu’il y avait un objet à l’intérieur. « Bizarre, qu’est-ce que c’est ? » se demanda-t-elle, intriguée. Elle l’ouvrit et réalisa qu’en réalité, c’était une boîte. Elle découvrit deux disquettes non identifiées à l’intérieur.

Elle démarra l’ordinateur, y inséra une des deux disquettes. Un seul fichier apparut, portant le titre : Magalie. « Bordel ! » s’écria-t-elle. Qu’avait-elle trouvé là ? Était-ce un message d’outre-tombe de sa sœur lui révélant qui était son assassin ? « Franchement, Magalie, tu as lu trop Agatha Christie », pensa-t-elle. Elle cliqua pour ouvrir le document et une boîte de dialogue apparue à l’écran. Elle devait entrer un mot de passe pour voir le contenu. Premier réflexe, elle pensa au numéro d’assurance sociale. Elle inscrivit le sien, puisque le fichier portait son nom. Évidemment, l’accès lui fut refusé.

Trop facile.

Elle réfléchit et songea à essayer le numéro d’assurance sociale de sa sœur. Elle chercha dans les filières de Sylvie, car, comptable de profession, Magalie savait qu’il était toujours indiqué sur les rapports d’impôts du contribuable. Elle constata, une fois de plus, le fouillis dans lequel Sylvie gardait sa tenue de livres. « Je me comprends dans mon chaos », lui avait-elle déclaré l’année précédente, quand Magalie, après l’avoir aidée pour ses déclarations de revenus, lui avait suggéré d’ordonner ses affaires. Magalie croyait que ce n’était qu’une excuse. En réalité, Sylvie détestait la comptabilité et attendait avec impatience que sa sœur cadette soit officiellement diplômée pour se décharger entièrement de cette corvée ennuyeuse. Magalie devait maintenant se débrouiller toute seule dans cette jungle de papier. Enfin, elle finit par trouver. Elle piocha les neuf chiffres, mais, grande déception, ce n’était pas ça. Elle essaya sa date de naissance, celle de Sylvie, celle de leur père et de leur mère, l’année de leur mariage, son propre numéro de téléphone, puis l’ancien, celui du temps où elle habitait à Montréal, son propre nom et pourquoi pas le mot « Sylvie » tout simplement ! Non, rien ne lui permettait d’accéder à ce fichier qui devait contenir des informations importantes.

« Sylvie ! Bordel de merde. À quoi as-tu pensé ? » hurla Magalie à travers la musique classique. Quelle idée de mettre un mot de passe introuvable ? fulmina-t-elle avec impatience. Elle connaissait sa sœur et celle-ci l’exaspérait par ses mystères, ses secrets et ses sempiternelles cachotteries. Là, elle la reconnaissait bien. Magalie, sentant ses poings contractés, se demanda comment elle ferait pour trouver ce mot de passe.

La musique s’arrêta, le ciel s’assombrit, les nuages se mettaient en place.

Elle se dirigea vers le tourne-disque dans le salon pour changer le vinyle. Hésitant entre Beethoven et Mozart, elle décida pour ce dernier. Après tout, pourquoi mettrait-elle le compositeur favori de sa sœur alors que celle-ci la faisait enrager ?

Quelle drôle de sensation ! Elle trouvait curieux d’être en furie contre une personne qui n’existait plus. Pourtant, la tension de sa mâchoire était bien réelle. Sa sœur avait toujours su comment la faire sortir de ses gonds.

Puis, un éclair se produisit dans son esprit.

Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Elle se rappelait le jeu idiot qui la mettait en rogne et qui l’enrageait autant aujourd’hui. Son aînée lui barrait le passage lorsqu’elle voulait aller dans sa chambre, à la salle de bain ou au sous-sol, et lui lançait : « Si tu veux passer, tu dois me donner le mot de passe. »  Elle lui disait un mot qui, évidemment, n’était jamais le bon. « Non, c’était celui d’hier. Devine celui d’aujourd’hui, rétorquait sa sœur.

— Laisse-moi passer, » s’offusquait Magalie en essayant de la bousculer. Ce qu’elle ne réussissait jamais, étant donné la différence d’âge entre les deux sœurs. Puis, leur mère, exaspérée par les cris, finissait par libérer la plus jeune du joug de l’aînée. Ce jeu stupide de la frontière l’avait frustrée toute son enfance. Car lorsque Magalie lui jouait le même tour, Sylvie lui tapait inévitablement dessus et franchissait l’obstacle sans aucune difficulté. Magalie pleurait de frustration de ne pas être la plus forte ni la plus grande. Aussi ridicule soit-il, ce jeu avait laissé une empreinte sur l’enfance de Magalie. Elle se sentait mal aimée comme si elle était obligée de payer son dû pour vivre dans cette famille. Un jour, Magalie essaya une autre stratégie. Prise dans l’éternel piège de la frontière, elle prononça un mot incompréhensible qu’elle venait d’inventer. À sa plus grande surprise, Sylvie l’avait laissée passer en décrétant que c’était leur langage secret. Dialecte impénétrable qui s’était limité à un seul mot : « yesomontérios ». Magalie réalisa qu’elle était la seule personne au monde à connaître ce mot qui voulait dire « oui ».


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 17, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

L’inspecteur Duclerc s’est invité chez Magalie un samedi après-midi. En prenant le thé, il l’interroge en profondeur lorsque Stéphanie arrive. Les deux adultes découvrent que la petite a des choses à révéler sur la journée du meurtre.

 

Chapitre 17

Duclerc décida d’aller reconduire Stéphanie chez elle et d’organiser une rencontre avec Denis Danserot dans la soirée.

Magalie, de son côté, s’écrasa sur un fauteuil du salon et poussa un grand soupir. Puis, elle ramassa les tasses, l’assiette de biscuits et se dirigea vers la cuisine. Voulant téléphoner à Pierre, elle alla dans le bureau pour utiliser l’appareil de cette pièce, dans l’espoir de s’habituer. Elle laissa sonner longtemps, mais il ne répondit pas. Certaine qu’il aurait attendu son appel, elle fut déçue. « Il doit être très occupé à son congrès, » se dit-elle. Elle raccrocha puis composa le numéro de Gina.

— Gina, je crois que je vais exploser. Je dois absolument te raconter ce qui vient de se passer. Est-ce que tu peux venir tout de suite ?

— Je sors avec Martin, ce soir, annonça Gina.

— Moi aussi, j’ai quelque chose, mais tu iras rejoindre Martin après.

— D’accord, j’arrive, mais je me maquille chez toi.

Quelques instants plus tard, Gina taquina Magalie pendant qu’elle enlevait son manteau.

« On se bourre de chips !

— J’ai besoin de compensation psychologique, ma fille, répliqua Magalie en tendant, à Gina, un verre de bière. On monte dans la salle de bain, ça va mieux pour se pomponner avec l’éclairage. Ouais ! quel chic, ajouta-t-elle en observant la mini robe noire ajustée que portait Gina.

 — Faut pas que je mange ces trucs-là, enchaîna Gina, en pigeant dans le plat de croustilles, je soupe avec Martin.

— Et il ne faudrait pas te gonfler le ventre avec ta robe sexy.

— Bon, qu’est-ce qui se passe ? Raconte-moi ça.

— Trouves-tu que ça sent le parfum de Sylvie ? en arrivant sur le palier.

— Je ne sais même pas quel était son parfum.

— Paloma Picasso. Là, on dirait qu’il y a une petite bouffée.

— Non, je ne sens rien. »

Magalie résuma les événements de l’après-midi en se dirigeant vers la salle de bain. Son amie, un bâton de mascara d’une main et une chips de l’autre, écoutait ses péripéties.

« Le père de Stéphanie ? Mon ancien prof ? Celui que tu voulais que je séduise ?

— Oui et bien là, il est trop tard. De toute façon, il te tapait tellement sur les nerfs l’autre fois au restaurant.

— Tu me dis que Duclerc veut l’interroger ce soir.

— Oui, il a dit le plus tôt possible. Mais il a insisté pour que Stéphanie ne soit pas présente.

— J’imagine. » Gina se dépêcha à appliquer la couche de mascara sur son deuxième œil et surprit Magalie en disant : « Écoute. Je dois me sauver. Je suis très en retard.

— Tu m’as dit que ton rendez-vous était dans une heure.

— Ouais, bien, il faut que j’arrête chez ma mère.

— O.K. En tout cas, c’est une histoire de fou et j’aurais voulu parler à Pierre, il est à Boston.

— Appelle-le.

— Je l’ai fait, il ne répond pas.

— Ah ! les gars, se plaignit Gina, ils ne sont jamais là quand on a besoin d’eux.

— Je vais le rejoindre plus tard. Ah ! si tu savais, il n’est pas comme Olivier, lui !

— J’espère que tu n’es pas en train de t’amouracher d’un homme marié.

— Hé ! C’est toi qui m’encourageais, l’autre fois, quand on l’a rencontré ensemble.

— Je t’ai conseillé d’en profiter, pas de tomber amoureuse ! Je ne veux pas qu’il te fasse souffrir. Garde tes distances, ma belle.

— C’est drôle, il m’a recommandé la même chose avec toi !

— Pourquoi ? protesta Gina, en mettant son manteau.

— Parce que tu as couché avec mon ancien chum.

— Hum ! je sens quelques petites flammèches à l’horizon entre moi et monsieur le docteur ! J’espère que tu ne le marieras pas.

— Ne t’inquiète pas, on est loin de là ! Il n’est pas encore séparé. Amuse-toi bien avec Martin. »

Elle décolla en coup de vent. Magalie, à son tour, se prépara pour sa soirée chez son patron en essayant de rejoindre Pierre plusieurs fois, sans succès. Elle avait envisagé de faire la tournée de ses boutiques préférées cet après-midi-là, pour porter quelque chose de nouveau à cet événement. Mais avec tout ce qui s’était passé, elle n’avait pas eu le temps. De toute façon, sa penderie regorgeait de vêtements qui pouvaient convenir pour cette occasion. Elle opta pour une robe bleu nuit qui mettait en valeur la couleur de ses yeux. Elle espérait que la soirée ne finirait pas trop tard. Elle avait de bonnes intentions pour le lendemain matin.

« Il est temps de faire le ménage du bureau de ma sœur », pensa-t-elle.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

La relation de Magalie et Pierre s’est développée. La jeune femme s’est confiée à lui au sujet de Gina et Olivier. Pierre lui a annoncé qu’il allait à Boston pour un congrès le week-end suivant.

Chapitre 16

 Le lendemain, Magalie travailla jusqu’en début d’après-midi. De retour à la maison, elle s’apprêtait à profiter de son samedi après-midi pour à aller magasiner lorsque l’inspecteur Duclerc arriva chez elle sans s’être annoncé. Poliment, elle l’invita au salon. Elle observa que, pour une fois, ses cheveux étaient propres, mais une mèche folle retombait sans cesse sur ses yeux. Sa chemise n’était pas froissée. « C’est à croire qu’il s’est mis sur son trente-six pour venir me voir », pensa-t-elle. Elle éprouvait de l’ambivalence envers cet homme. Des cicatrices d’acné marquaient la peau de son visage et un commencement de calvitie haussait son front. Elle sentait, malgré les cernes qui soulignaient ses yeux, l’éclat intelligent de ceux-ci. Contrainte par la politesse à lui offrir un café, ou une tasse de thé, elle joua son rôle d’hôtesse comme il se doit. 

Attrapant un biscuit au chocolat, Duclerc lui demanda : « Magalie, avez-vous effectivement commencé le ménage des choses de votre sœur ?

— Oui, j’ai jeté une bouteille de parfum. Et son maquillage, ajouta-t-elle.

—  Pourquoi le parfum et pas le reste, effectivement ?

— J’ai parfois l’impression que les murs sont imprégnés de son odeur. À un moment donné, pouf, une bouffée m’envahit. Je déteste ça, je viens mal à l’aise. J’ai la sensation que son fantôme me hante. Et puis, je le sais que je dois me débarrasser de ses affaires. Mais c’est psychologique, on dirait que je suis incapable, pourtant, je veux vendre la maison, commencer une nouvelle vie. L’automne dernier, je me suis étourdie, je me gardais occupée pour ne pas avoir le temps ; j’évitais ! J’en ai pris conscience, maintenant.

— Je comprends, oui. Effectivement, vous n’avez pas envie de faire le tri des papiers, mais, pour l’enquête, pouvez-vous reconfirmer qu’elle n’avait pas d’assurance vie ?

— Non, elle n’en avait pas.

— Comment pouvez-vous en être certaine si vous n’avez pas effectivement vérifié ?

— En fait, étant donné que je suis comptable, ça, je l’ai vérifié et c’était bien ce que je pensais. À part son assurance-responsabilité professionnelle, elle n’a aucune assurance.

— C’est un peu surprenant.

— Non, je vais vous expliquer la situation. Mon père était courtier d’assurance. Mes parents sont décédés dans un accident d’auto il y a environ trois ans. Ils partaient en vacances pour un mois en Floride et ils ne sont pas allés plus loin que Saint-Nicolas. On nous a dit qu’ils sont morts tous les deux instantanément. Lors de la succession, ma sœur et moi, nous nous sommes rendu compte que mon père avait une panoplie de polices d’assurance. À notre plus grande surprise ! Heureusement que ma mère est morte en même temps que lui, sinon, je crois qu’elle aurait eu envie de le tuer pour avoir dépensé tant d’argent pour des assurances. Elle ne travaillait pas et passait son temps à chercher les aubaines, à économiser et à ne pas gaspiller parce que mon père lui disait tout le temps que le budget était serré. Après leur décès, on a consulté un avocat, en fait, le père de mon amie Gina. On voulait savoir si c’était légal d’avoir autant d’assurance. Sylvie et moi, nous étions éberluées, car on est devenues millionnaires. Il y a eu une enquête des compagnies d’assurance, mais mon père avait bien fait son travail. Maître Falardeau nous a dit qu’on avait droit à tout cet argent. Donc, Sylvie était tellement choquée pour l’insécurité financière que ma mère avait endurée toute sa vie qu’elle s’est jurée de ne jamais contracter d’assurance sur sa vie.

— Je comprends, effectivement. Le budget ne devait pas être si serré, puisqu’ils allaient en Floride.

— Mon père disait à ma mère que c’était grâce à elle, puisqu’elle avait tant économisé.

— Donc, effectivement, il n’y a aucun bénéficiaire d’une assurance vie pour Sylvie. Ça nous enlève un mobile pour le crime. Je vous encourage d’autant plus à faire le tri de ses dossiers. Vous pourriez peut-être découvrir quelque chose. On a fouillé et l’on a interrogé tout le monde, on n’a rien trouvé. Et au point où l’on est rendu, l’enquête, ça n’avance pas fort !

“Effectivement”, songea-t-elle, moqueuse, sans oser le taquiner vraiment.

— Est-il possible qu’on ne retrouve jamais le meurtrier ?

— Oui, ça se peut, Magalie.

— Je vais m’efforcer de faire le ménage de ses affaires et essayer de trouver d’autres indices.

— Moi aussi, Magalie, je vais faire tout ce que je peux. »

Après avoir passé son message, Magalie pensait qu’il s’en irait, mais non. Elle apprit qu’il était séparé depuis trois ans, qu’il était père d’une fillette de quatre ans, Laurence. Après une heure, ayant épuisé plusieurs sujets de discussion, elle sentait qu’il étirait la conversation. Elle ne savait plus quoi dire et se demandait pourquoi il restait. Magalie, gênée de le mettre à la porte, entendit soudain la sonnette de l’entrée.

« Stéphanie, merveilleuse Stéphanie, jamais je n’aurais pensé qu’elle me dépannerait à ce point ! » songea-t-elle lorsqu’elle la vit sur le pas de la porte.

« Bonjour, entre Stéphanie. Donne-moi ton manteau, viens t’asseoir.

— Oh ! Tu as de la visite. Est-ce que je te dérange ?

— Non, non, » lança Magalie, la prenant par le bras alors qu’elle avait à peine terminé d’enlever ses bottes.

« Assieds-toi. Comment ça va, Stéphanie ? Je te présente l’inspecteur Duclerc. Il est policier.

— Bonjour, murmura la petite.

— Aimerais-tu manger un biscuit ? »

Étant donné que Stéphanie n’avait jamais vu Magalie aussi contente de sa venue, elle accepta l’offre malgré sa timidité. Quelques instants plus tard, Magalie revint de la cuisine avec un verre de lait et une assiette de gâteaux secs. Puis, elle interrogea la fillette. Celle-ci s’élança dans un monologue long et ennuyeux pour Duclerc, au sujet des derniers potins des élèves de sa classe.

   « Et puis comment va ta gym ? s’informa Magalie lorsqu’elle s’aperçut que Stéphanie achevait de bavarder.

— Ça va bien, répondit-elle, en se levant. Je peux faire le grand écart maintenant. Et la roue aussi. Regarde, » déclara-t-elle, avec enthousiasme. 

C’est là qu’intervint Duclerc : « Non pas dans le salon ! Avec tous ces bibelots.

— Il a raison, » renchérit Magalie pendant qu’il emmenait Stéphanie hors de la pièce. 

L’inspecteur, plus rapide que Magalie, traversa le hall, puis ouvrit la porte du bureau de Sylvie. « On a plus d’espace ici, et il y a moins de risque que tu casses quelque chose, » affirma-t-il à Stéphanie. 

« Zut ! » songea Magalie. Ils se liguent tous contre moi pour me faire entrer dans ce maudit bureau. Pendant ces réflexions, un son étouffé était sorti de la bouche de l’enfant que Magalie, perdue dans ses pensées, ne perçut pas.

« Qu’est-ce que tu as dit ? » demanda Duclerc.

Stéphanie se dirigeait de nouveau vers le salon.

« Rien, rien. On va déplacer la table à café, » bégaya-t-elle, rouge de confusion.

Sur le coup, Magalie fut un peu surprise de cette réaction. Duclerc, lui, insistait : « Qu’est-ce que tu as dit ? »

Stéphanie, de plus en plus écarlate, restait muette.

 « As-tu entendu, Magalie ?

— Non.

— Elle a dit : “Est là.”

— …

— Qui est là ? Dis-moi la vérité, » ordonna-t-il en s’approchant d’elle et en la regardant dans les yeux.

« Qui as-tu vu ? Pourquoi ne veux-tu pas entrer dans le bureau, Stéphanie ? » redemanda-t-il en se penchant pour se mettre à la hauteur de son visage.

À la grande stupéfaction de Magalie, Stéphanie éclata en sanglots. Elle la prit dans ses bras pendant que l’enfant criait.

« Je ne peux pas le dire.

— Qu’est-ce que tu ne veux pas nous dire ? demanda Magalie.

— Ce n’est pas de ma faute, je la vois encore.

— Tu as vu Sylvie ? questionna à son tour l’inspecteur Duclerc. La petite hocha la tête.

— Tu étais là quand elle est morte ? insista-t-il. Elle acquiesça.

— Raconte-moi ça, murmura Duclerc.

Et, ne pouvant choisir une circonstance plus dérangeante, le téléphone se mit à sonner. Magalie alla répondre dans la cuisine en lançant, “je vais revenir”.

“C’est moi, annonça Pierre,” lorsque Magalie prit l’appareil.

— Comment vas-tu ? lui demanda-t-il de Boston.

— Ouf, je ne sais pas trop. Honnêtement, tu appelles à un très mauvais moment.

— Comment ça ? M’as-tu déjà trouvé un remplaçant ?

— Duclerc et Stéphanie sont ici. La petite, qui m’a accompagnée quand j’ai passé l’examen de la vue, te souviens-tu ? On vient d’apprendre qu’elle a peut-être été témoin du meurtre, le 15 juin. Je ne peux pas te parler longtemps.

— Es-tu sérieuse ?

— Je te le jure.

— Où était-elle ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

— Je ne sais à peu près rien, elle pleure encore. On essaye de lui sortir les vers du nez, on vient de s’en rendre compte et le téléphone a sonné. Tu comprends, elle gardait ça à l’intérieur d’elle depuis des mois. L’abcès vient de crever. On va l’interroger. Quelle histoire ! Pierre, as-tu conscience que c’est peut-être grâce à elle qu’on va pouvoir arrêter le meurtrier ?

— Pourquoi n’a-t-elle pas parlé avant ?

— Je n’en ai aucune idée. Je te le dirai plus tard, quand j’en saurai plus. Donne-moi ton numéro de chambre et le numéro de téléphone de l’hôtel, vite, je ne veux rien manquer. Elle est en train de parler au policier. » Magalie prit les coordonnées en note. « Écoute, ajouta Pierre, lundi matin, j’aimerais que tu attendes mon appel avant de venir me chercher à l’aéroport.

— Pourquoi ?

— Pourquoi ? Euh, il pourrait y avoir un changement dans l’heure du vol. Alors, je vais te contacter.

— D’accord, je te téléphone tout à l’heure. »

Magalie courut dans le salon où Duclerc offrait des papiers mouchoirs à Stéphanie.

« Elle ne veut pas parler, annonça-t-il à Magalie.

— Voyons, Stéphanie, tu ne peux pas garder ça pour toi. Regarde, tu es si malheureuse. » Les larmes redoublèrent.

« Pourquoi ne veux-tu pas le dire, insista Magalie

— Vous allez le mettre en prison, répondit-elle entre deux jérémiades.

— Qui ?

— Mon père. Je serai orpheline. Personne ne s’occupera de moi. »

Secouée de sanglots, Stéphanie se laissa enlacer par Magalie.

« Moi, je prendrai soin de toi, je ne t’abandonnerai pas. Tu dois nous dire ce qui s’est passé. Stéphanie, fais-moi confiance. »

Magalie la fit asseoir sur le canapé, les pleurs de Stéphanie ralentirent, puis elle commença à parler.

« Je m’étais chicanée avec mon père. Il m’avait punie, je ne pouvais pas sortir de ma chambre. Je me suis enfuie par la fenêtre et je suis venue voir Sylvie. Je ne lui ai pas dit que j’étais en punition. Il faisait chaud, ce soir-là, et elle m’a invitée à me baigner. Alors on est monté dans la salle de bain. J’avais oublié mon maillot la dernière fois que j’étais venue nager. J’étais en train de me changer, dans la salle de bain, quand on a sonné. Sylvie est descendue, puis elle est remontée. Elle m’a chicanée, mais avec un grand sourire, elle était si gentille. Je l’aimais, Sylvie. »

Le visage de Stéphanie se contracta et ses yeux affolés se remplirent de larmes à nouveau. Magalie dut cligner beaucoup pour contenir ses larmes, elle aussi.

« Alors, elle m’a traitée de ¨petite bon yenne¨ parce que je ne lui avais pas avoué que j’étais punie. Mon père venait de lui parler. Il me cherchait partout. Elle ne m’a pas trahie, elle a menti pour moi. Ça l’a un peu fâchée et elle m’a dit de me rhabiller tout de suite et de retourner vite chez moi. Je devais obéir à mon père. Puis, il a sonné encore. Je me suis cachée dans la salle de bain, j’avais peur de me faire chicaner encore plus. J’ai attendu, longtemps, mais Sylvie ne remontait pas. J’ai attendu encore, puis je me suis décidée à descendre lorsque j’étais certaine qu’il était parti. C’était tellement silencieux que j’ai pensé que Sylvie était partie. Mais je l’ai trouvée dans le bureau. Elle était couchée par terre, elle avait l’air morte. J’ai eu peur et j’ai couru jusque chez nous.

 — Attends un peu, enchaîna l’inspecteur, tu dis qu’il a sonné deux fois ?

— Oui.

— L’as-tu vu ?

— Non, pas une seule fois. C’est Sylvie qui m’a dit que c’était mon père.

— Qu’est-ce qui te dit que c’était lui la deuxième fois ?

— C’est Sylvie. Elle a dit : ça doit être encore lui et elle est redescendue en courant en claquant la porte. J’ai entendu discuter en bas, mais je n’entendais pas bien, car je m’étais cachée dans la baignoire, derrière le rideau de douche et la porte était fermée. J’ai attendu longtemps. Longtemps. J’attendais que Sylvie remonte, mais elle n’est jamais remontée.

— Alors, tu penses que c’est ton père qui l’a tuée ? insinua l’inspecteur.

— Ouah ! pleurnicha-t-elle. Vous allez le mettre en prison. Ouah !

— Ne pleure pas Stéphanie, on est loin de là, rassura Magalie.

— Est-ce que tu te souviens de l’heure quand tu es revenue chez toi ?

— Il était huit heures et demie.

— Comment peux-tu en être certaine ? demanda Duclerc.

— Mon père m’a dit qu’il était très inquiet, qu’il m’avait cherchée partout. Il m’a serrée dans ses bras, m’a dit de ne plus jamais recommencer. Et d’aller me coucher tout de suite, même s’il était seulement huit heures et demie, parce que j’étais punie. Me coucher à huit heures et demie, c’était une vraie punition. Il faisait encore clair, je m’en souviens.

— Est-ce que tu lui en as parlé ? demanda Duclerc.

— Bien non !

— Il a dû te demander où tu étais.

— Oui. Je lui ai dit que j’étais allée chez une amie, puis au terrain de jeux.

— Est-ce qu’il t’a dit qu’il était allé chez Sylvie ?

— Il a dit qu’il m’avait cherchée partout, mais il ne m’a pas dit où.

— En as-tu parlé à quelqu’un d’autre ?

— Non.

— Sûre ? Est-ce que tu nous dis toute la vérité ? »

Les larmes de Stéphanie se remirent à couler abondamment.

« Bien. Pour de vrai, ce n’est pas Sylvie qui m’a invitée à me baigner. C’est moi qui me suis invitée. C’est impoli, avoua-t-elle en regardant Magalie. Le reste, c’est tout vrai.

— Ce n’est pas grave, mon chou. »


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Lors d’un souper au restaurant, Magalie a confronté Gina au sujet d’Olivier. Elle s’est ouverte sur sa relation avec Pierre Lormier. Le lendemain, Magalie et Pierre se sont rencontrés en joggant et ont brisé la glace…

CHAPITRE 15

 « L’opéra, c’est comme le cholestérol, ce n’est pas de mon âge ! » déclara Magalie, les yeux rieurs. Après avoir fini sa tournée à l’hôpital, le lendemain, Pierre était venu la rejoindre chez elle. À la suite de leurs ébats amoureux, elle avait mis un disque de musique classique et il avait protesté qu’il préférait l’opéra.

« Ah ! Ah ! C’est quoi, cette idée de cholestérol et d’opéra ? Je ne dois pas être si vieux que ça, lui répondit-il. Et l’on peut aimer ce genre musical à tout âge.

— Ah ! Est-ce que tu en écoutais lorsque tu étais adolescent ?

— Non, évidemment, j’étais un admirateur de The Who, The Moody Blues. Je ne comprends pas que l’opéra fait vieux jeu, mais pas la musique classique.

— C’est mon père qui nous a fait aimer le classique. Il s’amusait avec Sylvie et moi. Il mettait un morceau et l’on devait deviner le titre et le compositeur.

— Je me souviens que mes parents disaient ça, que ton père était amateur de musique classique. »

Après, Pierre avait allumé l’ordinateur de Sylvie et s’amusait à se promener d’un fichier à l’autre. Magalie, vêtue d’une robe de chambre, un café à la main, s’arrêta dans le cadre de porte du petit bureau. « Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-elle.

 — Je fouille.

— Ah ! As-tu trouvé quelque chose d’intéressant ?

— Non. Ça sent bon ce liquide, lança-t-il.

— C’est drôle, j’ai l’impression que ça sent le parfum de Sylvie dans ce bureau. Ça fait quelquefois que ça m’arrive. J’ai la sensation qu’elle est là.

— Ne pense pas à ça. Ne te rappelle pas sans cesse de mauvais souvenirs. Va me chercher une tasse de café à la place.

— Ce ne sont pas de mauvais souvenirs. C’est ma sœur quand même, on a eu du bon temps ensemble. Et en parlant de bon temps, tu as dû en avoir l’autre soir, mentionna Magalie en se dirigeant vers la cuisine.

— Pourquoi dis-tu ça ? lui cria-t-il du bureau de Sylvie.

— Je t’ai entrevu avec ta femme au restaurant en fin de semaine, dit Magalie, en revenant avec une tasse de café pour lui. J’ai mis un lait, un sucre. Joanie, c’est bien la blonde qui avait la robe noire ?

— On ne peut rien te cacher. Quand nous as-tu vus ?

— Au début de la soirée, Gina et moi nous avons soupé tôt avant d’aller au cinéma voir Le père de la mariée 2. Une vraie soirée de fille. Avant de partir, je suis allée aux toilettes et, en m’y rendant, je vous ai aperçus dans le salon privé lorsque vous preniez l’apéritif. Tu lui as chuchoté quelque chose à l’oreille. Je ne sais pas quoi, mais des éclairs sortaient de ses yeux, puis te regardant avec défi, elle a bu une grande gorgée.

— C’est le genre de soirée que je déteste, un souper de médecins, où l’on doit être accompagné. Joanie a pris un coup comme d’habitude. Elle est alcoolique.

— La prochaine fois, tu n’auras qu’à m’amener.

— Ah ! Ah ! Tu n’es pas drôle. Vivre avec une personne comme ça, c’est l’enfer.

— J’en sais quelque chose ! J’ai cassé avec mon ancien copain à cause de la boisson et de la drogue. En parlant de lui, sais-tu ce que j’ai appris ? Il faut que je te raconte ça. Jean-François m’a appelée l’autre après-midi.

— Qui est Jean-François ?

— Le copain d’Olivier. Tu sais, c’est lui qui m’a dit qu’ils allaient faire du parapente au téléphone. C’est comme ça que j’ai su qu’Oliver m’avait menti. Imagine-toi qu’ils ont dormi chez Gina, le soir du meurtre. »

Puis elle lui raconta la conversation téléphonique qu’elle avait eue avec Jean-François.

   « Jean-François a la langue bien pendue ! Alors, comme ça, Olivier et Gina ont couché ensemble ? Ton ancien chum et ta meilleure amie. Hum ! Tu es bien entourée ! Et puis c’est avec elle que tu es allée au resto et au cinéma ?

— Oui, mais c’est le genre de Gina ; avoir une relation d’un soir avec un gars et ne plus le revoir après.

— Tu n’es pas plus choquée que ça ?

— Plus maintenant, j’ai eu le temps de me calmer les nerfs avant de lui en parler. Et elle savait qu’on n’était plus ensemble.

— Vraiment, Magalie, je ne comprends pas que tu fasses confiance à cette fille.

— C’est le style de Gina. Ses parents sont divorcés. Ça l’a traumatisée et elle ne veut pas s’engager. Au fond, qu’elle ait baisé avec Olivier n’a pas d’importance. Mais je pense que c’est peut-être mieux l’apprendre six mois plus tard. Et ça me confirme que j’ai bien fait de casser avec lui. Imagine-toi que la journée même, le 15 juin, il me laissait des messages sur mon répondeur : “rappelle-moi, Magalie, rappelle-moi”, et le soir, il couchait avec ma meilleure amie. Maintenant, je me demande comment j’ai pu rester avec lui si longtemps.

— Est-ce que Jean-François est certain que c’est Olivier qui a pris la carte de guichet ? Est-ce qu’il l’a effectivement observé entre ses mains ? Qu’est-ce qui te dit que ce n’est pas Gina qui l’a volée et qui a tué Sylvie avant qu’Olivier et Jean-François passent ? Je ne lui fais pas confiance.

— Voyons, donc ! Et pour quelles raisons aurait-elle fait ça ?

— Ne sois pas trop naïve, Magalie, tu ne connais pas l’intimité des gens. Fais attention à cette fille-là.

— J’en ai discuté avec le policier. Il a vérifié son alibi. Ça ne peut pas être elle et en plus, je crois qu’elle ne serait pas assez forte physiquement pour avoir fait ça, affirma Magalie, irritée.

— Et Olivier ?

— Ce n’est pas Olivier non plus, Pierre ! répliqua-t-elle, susceptible.

— En es-tu certaine ? Je suis inquiet pour toi, confessa-t-il en prenant tendrement son menton. Je suis content que tu aies un système d’alarme. J’espère que tu n’oublies pas de l’activer ?

— Non, non.

— Quand l’as-tu fait installer ? Est-ce qu’il est fiable ?

— La semaine dernière. J’ai pris le meilleur.

— Pourquoi ne l’as-tu pas fait avant ?

— Je ne pensais pas que je pouvais être en danger. Puis, un soir, j’étais certaine que quelqu’un était entré dans la maison.

— Comment t’en es-tu aperçue ?

— Eh bien, tu vas trouver ça fou. J’ai même failli faire venir la police, mais la peur d’avoir l’air idiote a été plus grande. En rentrant, je suis allée à la toilette et le siège était soulevé.

— Le siège était soulevé ?

— Bien, voyons. Tu dis la même chose que Gina. Lorsqu’une femme vit seule, il n’y a pas un mâle pour lever le siège. Tu n’as jamais pensé à ça, que les filles ne relèvent jamais la lunette, comme disent les Français ? J’ai conclu qu’un homme a utilisé ma toilette quand je n’étais pas là. Ça m’a pris du temps à le réaliser, je m’en suis rendu compte le lendemain.

— As-tu une idée de qui ça peut-être ?

— Non, évidemment, aucun signe d’effraction. Et puis, seule ma femme de ménage a la clé. Mais va donc savoir à qui Sylvie a pu en fournir une avant de mourir.

— Maintenant, tu es en sécurité et j’en suis bien content, d’autant plus que je pars en fin de semaine prochaine. Je dois donner une conférence à Boston. Alors je veux que tu sois prudente. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi ?

— Non, je ne peux pas, car je dois travailler le samedi matin et le soir, mon patron m’a invitée. Il accueille un gros client et il tient à ce que je sois là. À part ça, c’est de ta faute ! Car il a réalisé comment j’étais essentielle après le mauvais coup que tu lui as fait quand tu as refusé de le recevoir parce que je n’étais pas là, mentionna Magalie en le taquinant.

 — Ouais, tu as raison, mademoiselle la précieuse, répondit-il en l’embrassant.

— Est-ce qu’on va pouvoir se voir cette semaine ?

— Je n’ai pas fini de préparer ma conférence, mais je vais essayer de venir. Je prends l’avion vendredi soir.

— Je peux aller te reconduire. »

L’amour à dix-neuf heures devint une habitude pour eux.

À la date du départ, elle alla le rejoindre à son bureau où il laissa sa voiture. De là, ils se rendirent ensemble à l’aéroport avec la voiture de Magalie.

  « J’aurais dû envoyer promener mon patron et aller à Boston avec toi. Tu vas me manquer.

— Moi aussi, » lui répondit-il sans l’embrasser de peur d’être vu par un collègue. Il lui fit un clin d’œil et s’éloigna vers la porte d’embarquement.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 14, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent:

Magalie a eu une grande conversation téléphonique avec Jean-François. Il lui a appris ce qu’Olivier et lui avaient fait le soir du meurtre de sa sœur. Et il lui a révélé qu’Olivier avait couché avec Gina cette nuit-là.

Chapitre 14

Gina et Magalie se rejoignirent, comme prévu, dans un restaurant sur la rue Cartier avant de se rendre au cinéma. Gina, toujours en retard, avait un solide prétexte : les bancs de neige lui avaient donné de la difficulté à stationner. « Est-ce que tu as commandé un verre de vin ? questionna Gina.

— Non, je me demandais si j’allais passer la soirée avec toi. Je pensais que tu étais mon amie, mais maintenant, j’hésite entre traîtresse, connasse ou crapule, attaqua Magalie.

— Bon ! Qu’est-ce qui se passe encore ? »

 Magalie, voyant le garçon approcher, attendit d’avoir commandé le vin avant de répondre. « Je sais que tu as couché avec Olivier. Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?

— Comment l’as-tu appris ?

— Peu importe. Mais tu as de la chance, j’ai eu le temps de me calmer avant d’en discuter.

— Tu appelles ça être calmée ! objecta Gina. Je ne t’ai rien dit, continua-t-elle, car ça n’aurait servi à rien. Je savais que vous n’étiez plus ensemble.

— Laisse-moi juger la prochaine fois que tu auras un truc dans le genre à me cacher.

— C’est Jean-François, la grande langue. Je suis certaine, tu lui as parlé ? C’est ça ?

— Ben, je ne suis pas censée le rapporter. Ce n’est pas de sa faute. » Magalie lui relata la conversation. « En tout cas, Gina, je suis sonnée. Même Pierre se questionne, comment je peux avoir encore confiance en toi ?

— Tu lui en as parlé ?

— Non, pas de ça, je viens juste de l’apprendre. C’est l’autre fois, lorsque je suis allée au restaurant avec lui, je lui ai raconté l’histoire de la carte.

— Tu es allé au resto avec lui ! Tu ne m’as pas raconté ça !

— Ouais, c’est ce que j’étais censé faire ce soir, te raconter mes histoires d’amour, mais, au lieu de ça, j’apprends que tu m’as poignardée dans le dos.

— Là, tu exagères. Je savais que tu avais cassé avec Olivier. Et tu sais très bien que mes petites aventures ne sont jamais sérieuses. La preuve, il a disparu du décor depuis des mois.

— La prochaine fois, raconte-moi tout ! On s’est toujours tout dit, Gina. Sinon, je n’aurai plus confiance en toi.

— D’accord. Bon, maintenant, on va commander, dit Gina en faisant signe au serveur. Si l’on veut avoir le temps de manger et arriver à temps au cinéma. Est-ce que tu veux toujours aller au cinéma avec moi ?

— Ben oui, on va aller au cinéma. » Elles commandèrent leur plat.

Et Magalie continua : « En tout cas, ça me confirme que j’ai bien fait de le laisser. Je peux pas croire que je suis sorti avec un gars comme lui. D’autant plus que je vois la différence avec Pierre.

— Raconte-moi ça.

— Gina, il est tellement fin, il m’a appelée tous les jours cette semaine. Je te dis que ça fait une différence avec Olivier. Il est si mature, responsable, d’une bonne écoute. Et si beau, susurra-t-elle en clignant des yeux.

— Et qu’est-ce qu’il a dit sur moi ?

— Que je devrais me méfier !

— Je commence à moins l’aimer, ton Apollon, continua Gina. Je trouve que tu placotes pas mal. Arrête de raconter à tout le monde les détails de l’enquête. Puis là, tu me surprends.

— Pourquoi ? rétorqua Magalie.

— Que mon amie, qui est plus honnête que le pape, sorte avec un gars marié.

— Il m’a dit qu’il se séparerait bientôt. Ça ne marche plus avec sa femme. Gina, si tu savais. Il est tellement… attentionné. Puis, c’est pas comme si j’avais brisé un couple. Oups ! En parlant de couple brisé, regarde qui vient vers nous. »

Gina aperçut Denis Danserot s’approcher pour les saluer.

« Bonjour, Magalie, comment vas-tu ?

— Très bien. C’est drôle, je viens de laisser Stéphanie chez vous il y a quelques instants.

— Oui, elle m’a dit qu’elle était allée te dire un petit bonjour. Elle t’aime beaucoup, tu sais.

— Moi aussi, elle est adorable, elle m’a même aidé à pelleter. Êtes-vous toujours satisfait de la voiture ?

— Tout à fait. » Magalie se tourna vers Gina et lui dit : « Maître Danserot vient d’acheter la voiture de Sylvie. Voici, mon amie, Gina Falardeau, la présenta-t-elle en se retournant vers lui.

— Oui, je connais maître Falardeau. Elle a été mon étudiante.

— Je m’en souviens très bien, c’est le seul cours que j’ai failli couler, s’exclama-t-elle en le regardant droit dans les yeux. » Celui-ci, un peu désarçonné, répliqua : « Je fais souvent ça avec mes meilleurs étudiants. » Elle rougit, mais ne put s’empêcher de répliquer : « C’est une mauvaise habitude.

— Combien de fois avez-vous échoué à votre examen du barreau avant de réussir ? demanda-t-il, sévère.

— Sachez que j’ai réussi du premier coup, répliqua-t-elle, rouge de colère. » Il lui fit un clin d’œil en disant : « Vous voyez, vous faisiez partie de la crème et je le savais. Vous aviez besoin d’un peu de motivation. Au revoir, et bonne soirée à toutes les deux. » Et il s’éloigna en souriant.

« C’est quoi cet air de bœuf avec cet homme charmant ? s’exclama Magalie, surprise.

— Ben, c’est un vieux prof que je ne sens pas, je te l’ai dit en Floride.

— Je pensais pas que c’était à ce point-là. C’est malaisant. »

À la fin du repas, Magalie se rendit aux toilettes du restaurant. Elle descendit les escaliers, puis elle remarqua un groupe de personnes dans un salon. Verres à la main, ils étaient debout autour des tables. Ils discutaient et riaient, sous l’éclairage tamisé de la salle richement décorée de boiseries et de vitraux colorés. Une soirée privée, se dit Magalie lorsqu’elle reconnut Pierre parmi les invités, même s’il lui tournait le dos. Elle l’observa s’approcher d’une blonde vêtue d’une robe noire très chic. Il lui chuchota quelques mots à l’oreille qu’elle ne sembla pas trop aimer. Elle le regarda avec des flammes dans les yeux et but une grande lampée du verre de Scotch qu’elle tenait. « Ainsi donc, voici madame Lormier », pensa Magalie, surprise de ressentir un pincement de jalousie. Elle avait l’impression de la connaître ou de l’avoir déjà vue, mais elle avait beau chercher, elle ne la replaçait pas.

Le lendemain matin, elle rêvait encore de cette merveilleuse soirée. Pas celle de la veille avec Gina, mais la dernière passée en compagnie de Pierre dans le bistro italien. Elle avait bien noté qu’il allait courir tous les week-ends tôt le matin. Depuis ce souper, il l’avait appelée tous les jours, parfois seulement pour prendre de ses nouvelles.   Elle décida de commencer sa journée par une séance de jogging. Après tout, elle avait envie de s’entraîner dans les rues de Sillery au lieu d’aller, comme elle l’avait fait l’automne dernier, dans un centre sportif. Magalie avait demandé à Gina de l’accompagner, mais celle-ci, pas très sportive, avait refusé.

Habillée de plusieurs épaisseurs sous son nouveau survêtement de course, elle était prête à affronter la température de janvier. Elle étira ses mollets, roula les chevilles et partit au petit trot sur le trottoir de la rue des Mirettes. Le froid faisait craquer la neige durcie sous ses pas et, pourtant, elle avait l’impression de galoper sur des nuages et de s’envoler vers le ciel.

« C’est incroyable de constater à quel point les émotions peuvent avoir un effet sur notre vie », songea-t-elle.

Pierre, Pierre, Pierre, elle le voyait dans sa soupe, dans ses rêves. Elle ne passait pas un jour sans penser à lui. Il lui avait bien dit qu’il allait bientôt se séparer de sa femme. Des fantasmes sexuels, où il était le héros, surgissaient de sa tête à tout moment. Sa libido, aiguisée par des mois d’abstinence, après la régularité qu’elle avait connue avec Olivier, l’obsédait.

Arrivée au coin de la rue Holland, elle bifurqua vers le sud, direction Sillery où le docteur Lormier habitait.

Évidemment.

Peut-être allait-elle le rencontrer par un heureux hasard. « Quelle coïncidence cela serait », songea-t-elle, ironique. Comme si de rien n’était, elle passa devant chez lui. Tout semblait trop calme. « Il doit dormir encore », se dit-elle, dépitée. Elle n’aurait pas dû sortir à une heure aussi matinale. Elle revint vers son point de départ, déçue, et elle sentit sa mauvaise humeur l’envahir. C’était ridicule de s’attendre à le rencontrer, ils ne s’étaient pas donnés de rendez-vous. Revenue sur la rue Holland, un autre joggeur la rattrapa et la frôla en accrochant son espadrille. Il continua de courir juste à côté d’elle, s’ajustant à son rythme. « Franchement, qu’il fasse donc attention », pensa-t-elle, fâchée. Elle se tourna vivement vers lui dans l’intention de le tancer, mais elle fut surprise ! C’était Pierre.

Voyant son air mécontent, il éclata de rire, puis elle aussi. Elle s’était fait avoir. Ils continuèrent à courir ensemble jusque chez elle où elle l’invita pour prendre un café.

Épluchant les multiples épaisseurs mises pour se protéger du froid, Magalie sentait son excitation sexuelle augmenter de plusieurs crans à chaque couche que Pierre enlevait. Son survêtement, déformé par son phallus en érection, le rendait un peu ridicule. Lorsqu’il ne lui resta que son t-shirt et son pantalon d’entraînement, la virilité dégagée par son torse et ses bras musclés fit tomber toutes les barrières de Magalie.

Devant la cuisinière, elle se concentra pour préparer le café, mais à côté d’elle, il s’avança. Elle se retourna pour le regarder. Il la fixa, langoureusement, et avec douceur, il tendit la main pour toucher sa joue avec la paume de la sienne. Il s’approcha de son visage, les lèvres entrouvertes. Elle s’avança vers lui et il l’enlaça. Elle fut séduite et c’est avec une audace insoupçonnée que Magalie s’abandonna.

L’ancienne table de cuisine prouva sa solidité.

Après avoir repris son souffle, Magalie finit de préparer le café qu’elle lui avait promis. Distraitement, Pierre se promena dans la maison.

« J’ai toujours su que vous habitiez ici, mais je crois que c’est la première fois que j’y suis invité. On voit que ce n’est pas toi qui as choisi la décoration !

— C’est vrai, c’est la maison de mes parents. J’ai le projet de la vendre et d’avoir une maison vraiment à moi, décorée à mon goût, déclara-t-elle en sortant de la cuisine. Et avec une salle de bain au rez-de-chaussée. »

Regardant à gauche, puis à droite, elle faillit renverser les deux tasses de café lorsqu’elle s’aperçut qu’il était dans le bureau de Sylvie.

« Eh bien, dit-il en lui souriant, est-ce qu’on commence le ménage tout de suite ? »

Le visage soudain blême, elle pénétra dans la pièce.

« C’est la deuxième fois que j’entre ici depuis le mois de juin. »

Il saisit la tasse, en but une gorgée et dit en entamant la fouille du premier tiroir. « Alors, on s’y met ?

— Je suis désolée, Pierre. Je ne suis pas capable. » Elle sortit vite et alla s’asseoir dans le salon en pleurant. Il vint la rejoindre.

« Je me sens coincée, si je veux partir, je sais que je dois classer ses choses, mais j’en suis incapable. C’est physique, j’ai des crampes dans le ventre. Qu’est-ce que je vais faire ?

— Je vais t’aider, je vais commencer, l’encouragea-t-il en se dirigeant à nouveau dans la pièce.

— Pierre sort de là, s’il te plaît. »

Il revint sur ses pas et la prit dans ses bras.

« Ne t’en fais pas, ça va s’arranger. Je vais te montrer quoi faire et tu vas voir, ça va marcher. On va le faire ensemble et progressivement. Tout ira bien. »

Elle se sentit rassurée et émerveillée de l’appui que Pierre lui offrait.

Elle n’osa pas lui mentionner qu’elle l’avait vu la veille au restaurant avec sa femme. Mais quand il quitta la maison, elle lui demanda : « Qu’est-ce que tu vas dire à ta femme ?

— Elle ne me posera pas de questions. »


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 13, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie a appris qu’Olivier voyage en Europe. Elle a eu une rencontre professionnelle avec Pierre Lormier à son bureau. Ils ont ensuite mangé ensemble au restaurant.

 

Chapitre 13

En fin d’après-midi, alors que Magalie revenait du travail, le téléphone sonna. « Ça doit être encore Duclerc qui m’appelle pour m’annoncer qu’il n’a rien à me dire », songea-t-elle en se dirigeant dans le salon pour répondre. Elle décrocha et fut surprise d’entendre Jean-François. « Salut, Magalie, comment ça va ?

— Salut Jeff,

— Eh ! je t’appelle de la Californie.

— En Californie ! Mais qu’est-ce que tu fais là-bas ?

— Eh bien, j’ai eu une offre. Vois-tu, ma chère, tu parles à un ingénieur canadien qui bosse pour une compagnie américaine à Tijuana au Mexique.

— L’enfant de l’ALÉNA[1] !

— Tout à fait. Je demeure à San Diego et je traverse la frontière quotidiennement pour aller travailler.

— Et quelle est la température aujourd’hui ?

— Oh ! comme d’habitude. Ensoleillé et de soixante-cinq à soixante-dix degrés Fahrenheit. Et à Québec ? »

Debout face à la fenêtre, elle vit le fils de la voisine d’en face pelleter l’entrée. Au coin de la rue, elle aperçut le chasse-neige de la ville commencer à gratter la neige de la rue. Elle s’installa sur un des fauteuils du salon. « Oh ! comme d’habitude, répliqua-t-elle en riant. Nuageux, moins deux-cent-cinquante degrés. Bref, on croule sous des tonnes de neige et on gèle comme des cretons.

— Magalie, continua Jean-François sur un ton différent, je voulais te dire que je suis désolé pour ta sœur. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de t’offrir mes condoléances.

— Je me suis toujours demandé ce que vous faisiez Olivier et toi. Vous n’êtes même pas venus aux funérailles.

— Pour te dire la vérité, Magalie, il n’était pas capable d’y aller. J’ai joué à la mère pendant des jours. Notre voyage au mont Sainte-Anne a été un calvaire pour moi. Il ne dessoûlait pas. J’avais peur de le laisser seul. Est-ce que Gina t’a parlé de ce qui s’est passé le 15 juin ?

— Oui, je suis au courant.

— Je me suis aperçu qu’il n’est pas équilibré. Il n’allait vraiment pas bien. Et il se sentait tellement coupable d’avoir couché avec Gina. Ce n’était pas un…

— Comment ? Il a couché avec Gina ! vociféra Magalie.

— Tu viens de me dire que tu étais au courant !

— Je savais que vous aviez dormi chez elle ce soir-là, mais elle n’a pas dit avoir couché avec Olivier.

— Maudite grande langue que je suis.

— Ouais, je comprends maintenant. C’est pour ça qu’elle était si mal à l’aise quand elle m’en a parlé.

— Je m’excuse, je regrette, je pensais que tu le savais.

— Elle va en entendre parler, tu peux être sûre.

— Ne lui dis surtout pas que c’est moi qui l’ai balancé.

— De toute façon, je préfère être au courant.

— Et comme je te disais, Olivier, ce n’était pas un gars pour toi.

— As-tu eu de ses nouvelles ?

— Il est en Europe actuellement, du moins, je pense. Il m’a envoyé une carte postale, le temps que je la reçoive à ma nouvelle adresse, ça prit une éternité. Ce sont les seules infos que j’ai depuis.

— Je ne l’ai jamais revu non plus. Il ne m’a jamais contactée pour venir chercher ses affaires à l’appartement. J’ai laissé un message à son père l’été dernier et Olivier n’a rien fait. Alors je suis allée moi-même les porter chez sa mère à l’automne.

— Magalie, si je veux te parler aujourd’hui, dit Jean-François, c’est parce que je dois rappeler un policier de Québec. Le message sur la boîte vocale indique qu’il désire me poser des questions à propos du meurtre de Sylvie.

Instinctivement, sans réfléchir, elle lui expliqua tous les détails de la carte bancaire.

— Ah ! maintenant, je comprends pourquoi Olivier insistait pour arrêter dans un guichet quand on est sorti de chez Sylvie. Mais, Magalie, j’y pense, ça prend un NIP pour sortir de l’argent.

— Il le connaissait, car on avait déjà fait des blagues dans un souper parce que ma sœur et moi, on a le même NIP. C’est l’année de mariage de mes parents. Ben, là, je l’ai changé depuis, mais Sylvie, comme je la connais, elle n’a pas dû le changer.

— Je comprends. Mais, tu sais, Magalie, ta sœur était déjà morte lorsqu’on est arrivés.

— Hein !

— En arrivant à Québec.

— T’as trouvé ma sœur morte et t’as rien fait, t’as rien dit !

— Écoute-moi. Olivier voulait faire un stop chez Sylvie pour voir si tu étais là. Il était certain que tu y serais, car tu n’avais pas réagi à ses appels et à ses messages de la veille. Et, avant de quitter Montréal, on est passé à ton appartement. Tu n’y étais pas.

—  J’étais sortie avec Maud.

— Olivier a conclu que tu étais partie plus tôt pour Québec. Quand on est arrivé chez ta sœur, on a sonné deux fois. Puis, Olivier a essayé d’ouvrir la porte, ce n’était pas barré et il est entré. Je l’ai suivi. Et là, on a découvert ta sœur morte.

— Pourquoi vous n’avez pas appelé la police ?

— Magalie, on venait de s’introduire dans une maison où on n’avait pas d’affaires. Olivier avait de la coke sur lui, il avait dépassé le “point zéro huit”[2]. Et moi, qui conduisais, j’étais correct, mais pas à jeun. Nous vois-tu appeler la police ? Ce n’était peut-être pas la meilleure chose à faire, mais Olivier était d’accord, on ne voulait pas être mêlé à une histoire de meurtre. Parce que c’était évident que c’était un meurtre. On est sorti de la maison et, comme j’embarquais dans la voiture, il est retourné en lançant qu’il avait oublié quelque chose. C’est à ce moment-là qu’il a dû voler la carte, parce qu’il ne l’a pas fait quand j’étais là. Il m’a dit en revenant dans l’auto qu’il avait effacé les empreintes digitales. J’ai failli en parler à Gina plus tard quand on l’a rencontrée. Mais avec le regard qu’Olivier m’a fait, je me suis fermé la trappe. Je suis désolé, Magalie.

— Jean-François, bordel de merde ! À quoi avez-vous pensé ? Ça fait des mois que la police enquête et ils ne trouvent rien ! En plus, est-ce que c’est légal de s’enfuir comme ça sans avertir les autorités que tu viens de trouver quelqu’un de mort ? Il m’est venu à l’esprit que ça pouvait être Olivier qui l’avait tuée.

— Ah non, ça, je peux te le confirmer, on est entré ensemble dans la maison et elle était déjà morte. Je suis désolé.

— Alors, comme ça, il a volé la carte bancaire et de l’argent à ma sœur morte, pis il a couché avec ma meilleure amie. En tout cas, ça me confirme que ce n’était pas un gars pour moi, comme tu dis. Un imbécile de la pire espèce. Comment j’ai pu sortir avec lui ? Mais ça ne nous avance pas. C’est décourageant, vont-ils découvrir un jour qui l’a tuée ? Alors, demanda Magalie, Gina ne savait pas que Sylvie était morte ?

— Non, on ne lui a pas dit. Là, je vais rappeler le gars de la police. J’espère que ça ne m’attirera pas d’ennui.

— En tout cas, moi, je te crois, le rassura-t-elle.

En raccrochant l’appareil, elle observa le fils du voisin découragé par le nouveau banc de neige compressé que le chasse-neige venait de glisser devant l’entrée d’auto. Juste à l’endroit où il venait de finir de pelleter.

Aussi frustrée que lui, elle monta dans sa chambre se préparer pour sa soirée. En face du miroir, par mégarde, elle s’accrocha la paupière avec le bâton de mascara. Exaspérée, elle soupira en voyant son œil barbouillé de noir. “Bordel, il va falloir que je me calme.” Elle avait fini par réparer sa bourde lorsqu’on sonna à la porte. Magalie descendit à moitié maquillée.   Elle ouvrit et Stéphanie, les joues roses, souriait de toutes ses dents.

« Bonjour,

— Salut, lui répondit Magalie. Est-ce le jour des biscuits au chocolat ?

— Non, répondit-elle, je venais juste dire bonjour.

— Et bien entre. On n’aura pas beaucoup de temps pour jaser, car j’ai un rendez-vous avec une de mes amies. » Stéphanie entra puis enleva ses bottes et son manteau.

« Monte avec moi, » ordonna Magalie.

Entre deux coups de fard, elle s’informa des dernières querelles des petites amies de Stéphanie. Et elle l’interrogea sur les nouveaux amoureux dans la classe.

« Et toi, Stéphanie, as-tu un chum ?

— Es-tu malade ? Les gars, c’est des cons, s’exclama-t-elle pendant qu’elle farfouillait le contenu du coffre à bijoux. Je pourrais t’en faire des bijoux, Magalie. J’ai eu un jeu pour ça à Noël.

— C’est vrai, tu me l’as dit. J’aimerais ça. Et comment vont tes cours de gymnastique ?

— Ça va bien, je suis presque capable de faire le grand écart. Ce ne sera pas long. Quand je vais l’avoir, je viendrai te montrer ça.

— J’ai hâte. Moi aussi, je pouvais le faire quand j’avais ton âge. Bon, je suis prête. Est-ce que je te laisse chez toi, Steph ?

— D’accord, répondit celle-ci. »

Magalie n’était pas fâchée d’avoir à la reconduire. Puisqu’elle l’aida à dégager son entrée d’auto, qui était aussi bloquée par un petit monticule de neige laissée par le chasse-neige.

[1]. . L’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

[2]. . Le taux limite d’alcool pour conduire au Québec est de 80 mg d’alcool par 100 ml de sang. (0,08)


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 12, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie a avisé l’inspecteur Duclerc. Elle a eu un malaise à l’hôpital. Pierre Lormier, l’ophtalmologiste, l’a invitée au restaurant et elle a été très bavarde avec ce vieil ami de la famille. Le patron de Magalie lui a fait un reproche.

Chapitre 12

« Il voyage en Europe », annonça Duclerc à Magalie. Celui-ci essayait depuis plusieurs jours de rejoindre Olivier. L’inspecteur Duclerc avait finalement contacté son père. Il lui avait appris qu’Olivier voyageait à travers l’Europe et qu’il ne savait pas où il se trouvait actuellement.

« Et j’ai beaucoup de difficultés à parler à son ami de parapente qui l’accompagnait le soir du meurtre. Le Jean-François, c’est bien ça ?

— Oui, acquiesça Magalie.

— Il demeure en Californie, maintenant, et toutes les fois que je téléphone, je tombe sur le répondeur. J’ai laissé des messages, mais il ne me rappelle pas. Je voulais vous tenir au courant. De votre côté ? Rien de nouveau ?

 — Non, rétorqua Magalie. »

À dix-huit heures, elle alla rejoindre Pierre à son cabinet. Son patron n’était pas d’accord, mais le rendez-vous était déjà pris. Tout le personnel de la clinique était parti. Après avoir enlevé son manteau et ses bottes, elle était entrée dans son bureau. Il avait approché une chaise pour qu’elle soit près de lui. La qualité des meubles en acajou impressionna la jeune femme. De somptueux tableaux ornaient les murs, la richesse et la classe transpiraient de cette pièce. « Magnifique décoration, s’exclama-t-elle.

— Oh ! c’est le designer. Je me suis dit qu’étant donné le nombre d’heures que je passe ici, ce serait agréable d’avoir un bel environnement. »

Ils s’installèrent et commencèrent à travailler. La jeune comptable posa quelques questions pour bien comprendre tous ces chiffres. Elle lui fit une liste des documents qu’il devrait lui fournir, car il en manquait plusieurs. Elle eut l’impression qu’il était structuré et très au courant de ses affaires. Puis, elle lui demanda ce qui lui brûlait les lèvres : « Pourquoi ne t’es-tu pas associé avec d’autres médecins pour l’acquisition de ton laser ? Ça t’aurait permis de diminuer l’endettement. »

Pierre se spécialisait en chirurgie laser pour la myopie et possédait une instrumentation sophistiquée et dispendieuse tant à l’achat qu’à l’entretien.

 « Je préfère en être le seul propriétaire. Je garde le contrôle, » répondit-il, le sourire aux lèvres. « Si je dois décider de quelque chose, je n’ai besoin de consulter personne. Je déteste être associé avec d’autres et ne pas avoir la maîtrise totale de mes affaires. C’est la même chose pour mon cabinet. Je loue mes salles d’examens et l’équipement pendant les heures où je pratique à l’hôpital. »

« Un homme responsable », pensa-t-elle.   Quelle différence par rapport à Olivier en qui elle ne pouvait avoir confiance pour la moindre chose ! Plus Magalie apprenait à connaître Pierre, plus elle l’admirait.

En lui expliquant un détail de comptabilité qu’il ne comprenait pas, Magalie fut attirée par les doigts de Pierre posées sur le bureau à côté des feuilles remplies de chiffres. « De belles mains, songea-elle, des mains d’homme. » Elle ne pouvait détacher son regard de ces doigts habiles, musclés aux ongles propres et rectangulaires. Les poils très noirs qui les recouvraient offraient un contraste sur le rose de sa peau. Velues, viriles et fortes. Son esprit brouillé, perturbé par ces pensées intimes, elle se sentit mal à l’aise. Alors, Pierre ne comprit rien à son explication. « C’est ridicule », songea-t-elle en se reprenant. Comment quelques poils sur des mains pouvaient-ils la déconcentrer à ce point ? Mais, elle remarquait aussi ses yeux marron, brillants et intelligents. Cette nuque rasée surmontée d’une toison noire et bouclée. Elle n’avait qu’une envie : passer ses doigts dans ces boucles sombres comme les ailes d’un corbeau, toucher la rugosité des cheveux dans son cou, embrasser ses lèvres volontaires.

 « Je ne te suis plus du tout », avoua-t-il.

Son trouble la fit rougir. Elle réussit à bafouiller en souriant : « Moi non plus !

— Est-ce que je t’ai déjà précisé comment tu as de beaux yeux ? déclara-t-il soudain, en lui prenant la main. Elle sentit les battements de son cœur s’accélérer.

— Non, tu ne m’avais pas mentionné ça lors de mon examen, ironisa Magalie. » Il répliqua avec un clin d’œil. « Ah ! Ah ! on ferait mieux de s’y remettre si l’on veut finir, répondit-elle.

— Écoute, j’estime qu’on a bien avancé, aujourd’hui. Que dirais-tu si l’on allait manger ? Je meurs de faim. Je connais un restaurant italien près d’ici. Qu’est-ce que tu en dis ?

— Bon, d’accord, allons-y », lança-t-elle.

 Ils se levèrent et rangèrent les papiers.

Malgré le peu de clients, en cette soirée de vendredi, Magalie trouva l’ambiance de l’endroit charmante et la nourriture délicieuse. Elle se laissa aller et se surprit à faire toutes sortes de confidences. Pierre n’avait qu’à poser, de temps à autre, une question pour provoquer un torrent de mots de la part de Magalie. Même si elle l’avait toujours connu, il n’avait jamais été proche d’elle. Elle n’avait jamais eu de contact si intime avec lui. Mais aujourd’hui, elle se sentait bien et en sécurité en sa présence. Elle lui raconta sa vie avec Olivier, ce qui était arrivé à la mort de sa sœur, puis elle le mit au courant des derniers détails de l’enquête. « Duclerc passe son temps à m’appeler. Franchement, il me donne un coup de fil pour m’annoncer qu’il n’a rien à m’apprendre. Je me demande pourquoi.

—  Peut-être qu’il est intéressé, une belle femme comme toi…

— À moi ? mentionna-t-elle, étonnée. Gina le surnomme inspecteur cheveux gras et chemise fripée. Il a l’air vraiment intelligent et il est très professionnel. Il me téléphone peut-être pour savoir si j’ai découvert d’autres éléments. Après tout, c’est moi qui ai retrouvé la carte. Mais il s’était déjà rendu compte que la carte avait disparu.

—  Quelle carte ? demanda-t-il.

—  De guichet automatique.

—  Ah ! oui, je me souviens.

—  Je ne t’ai pas raconté tout le roman ?

—  Oui, une histoire surprenante.

— Tu peux le dire. Et Gina est convaincue que c’est Olivier qui a dû l’échapper, car il a dormi sur ce sofa le soir du 15 juin. Elle n’a aucune idée de la manière dont la carte aurait pu se retrouver là autrement.

— Et tu crois ça ? Magalie, j’espère que tu as expliqué ça à la police.

— Oui, évidemment.

— Je te le répète, moi, à ta place, je me méfierais d’elle. Tu ne trouves pas ça louche ?

— Sur le coup, un peu, mais, tu le sais, Gina est une amie d’enfance en plus d’être avocate.

— Ce n’est pas une référence, Magalie. Je m’inquiète un peu pour toi.

Ensuite, la conversation dévia sur Sylvie. Pierre s’informa sur son travail et ses recherches.

— Tout ce que je sais, c’est qu’elle était endocrinologue et que cela concerne les hormones, avoua-t-elle ironiquement. La médecine, pour moi, c’est comme de la sorcellerie, je n’y comprends rien.

— Ta sœur et toi deviez avoir de grandes discussions philosophiques à ce sujet !

— Psychologiques, plutôt. Sylvie désirait me guérir de ma phobie. Elle disait qu’elle allait me débarrasser de ça. Elle voulait m’amener visiter son hôpital, son bureau, son laboratoire aussi. Ça me fait penser… son patron est passé à la maison l’autre fois, pour m’apporter les caisses qui contenaient les choses personnelles de Sylvie à son travail. C’est le Dr Lendro. Tu le connais. Je l’ai vu à ton bureau comme je sortais après mon examen, il attendait pour te voir.

— Oui, c’est un collègue, expliqua-t-il.

— Il trouvait que je prenais trop de temps à aller chercher les affaires de Sylvie, alors il est venu me les porter. Ne pas avoir à y aller m’a soulagée. D’ailleurs, je dois faire un ménage dans ses affaires. Je n’ai presque rien touché depuis que je suis revenue de Montréal. C’est pénible, j’ai beaucoup de difficulté à entrer dans sa chambre ou dans son bureau. Mais je devrai faire le grand tri un jour.

— Je peux t’aider si tu veux.

—  Ah ! Oui, c’est gentil de ta part, mais ton horaire est si surchargé et tu as une femme.

—  Je réussirai bien à dénicher du temps et, soit dit en passant, on est sur le bord de la séparation.

— Oh, désolée. Si jamais tu as besoin d’en parler, n’hésite pas, je suis d’une bonne écoute. »

« Quel homme charmant », conclut Magalie. Elle espérait seulement que cette promesse de l’aider n’en était pas une en l’air.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 11, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Lors d’une rencontre au restaurant, Magalie a fait une mise au point avec Gina. Puis, elles ont rencontré le docteur Pierre Lormier, l’ophtalmologiste de Magalie. Gina s’est rendue compte qu’il plaisait à Magalie.

 

Chapitre 11

Le lendemain, Magalie téléphona à Duclerc pour lui expliquer l’histoire du couvercle de toilette. Elle eut l’impression qu’il trouvait cela important. Et il lui dit qu’il gardait cette information dans son pack-sac. Magalie lui donna les coordonnées d’Oliver et de Jean-François. Et Gina aurait droit à une petite discussion.

Magalie venait de raccrocher quand le téléphone sonna de nouveau. C’était Pierre Lormier qui l’appelait pour ses services professionnels. « Il n’a pas perdu de temps », pensa-t-elle, enchantée. Elle se sentait fière d’amener un nouveau client à la firme, même si elle n’était qu’une junior. « Bon, dans ce cas, veux-tu me rejoindre demain vers quatre heures, je pourrais te montrer mes papiers. Est-ce que ça te va ?

— Oui, je l’inscris à mon agenda, répondit Magalie.

— J’opère alors ce serait parfait si l’on se rencontrait à l’hôpital, déclara-t-il.

— N’est-ce pas mieux de se voir à ton bureau ? » Elle était bien prête à se fendre en quatre pour un nouveau client, mais elle se sentait déjà oppressée juste à imaginer pénétrer dans un hôpital. Elle ne pouvait pas lui raconter l’histoire de sa vie. « Eh bien, c’est que j’ai quelques chirurgies de planifiées et je crois que j’épargnerais du temps si tu venais à l’hôpital, lui spécifia-t-il.

— D’accord, accepta-t-elle, acculée au pied du mur. À demain. »

Elle eut beaucoup de difficulté à s’endormir ce soir-là et se réveilla à cinq heures du matin, incapable de fermer l’œil à nouveau. Elle éprouva de la difficulté à se concentrer toute la journée. Puis elle alla à sa rencontre sans dire un mot à son patron. Normalement, elle savait qu’elle aurait dû aller rencontrer le médecin avec un collègue plus expérimenté, mais elle préférait s’y rendre seule. Bien mise dans son manteau de mouton renversé, elle portait son fameux tailleur Chanel. Ses cheveux bien coiffés, un maquillage parfait qu’elle avait retouché avant de partir, elle faisait très professionnelle avec sa mallette. Dès qu’elle ouvrit la porte et qu’elle pénétra dans le bâtiment, l’odeur l’assaillit. Des relents de désinfectant, de médicaments infiltraient son nez. Elle se sentit défaillir. Précipitamment, elle ressortit respirer un peu d’air frais pour reprendre courage. « Vas-y, espèce d’idiote, tu n’as pas le choix, tu ne peux pas te défiler maintenant. » En entrant à nouveau, elle se souvint avoir lu dans un magazine un article sur l’olfaction. On y expliquait que lorsque les muqueuses nasales sont saturées d’un arôme, le cerveau le décèle moins bien. Elle ne se souvenait pas de tous les détails, mais avait remarqué la justesse du propos, car elle avait expérimenté ce phénomène lors de l’achat de son eau de toilette. Lorsqu’elle sentait plusieurs flacons l’un après l’autre, elle ne percevait plus les différences. En toute logique, elle se dit qu’inspirer et expirer de façon profonde et rapide l’aiderait à moins percevoir l’odeur. L’objectif était d’imprégner ses récepteurs olfactifs le plus vite possible pour que son malaise diminue.

La préposée à l’accueil lui annonça qu’elle devait parcourir le long corridor pour se diriger vers le bureau du docteur Lormier. Elle soupira en voyant l’immensité du tunnel peint d’un vert qui la rendait déjà nauséeuse. Elle prit la résolution d’y aller un pas à la fois.

« Inspire, expire. On respire fort, et on espère ne rencontrer aucune civière. » En cette fin d’après-midi, beaucoup de personnes circulaient. « Tous des gens normaux », se rassura-t-elle en aspirant le plus d’air qu’elle pouvait. Elle parvint à un carrefour, et croisa une infirmière qui poussait un énorme appareil. Magalie aurait été bien en peine de dire à quoi servait cet instrument de torture. « Ce n’est pas pour toi la grosse machine, Magalie, on inspire, ça va bien, on inspire plus fort », se répétait-elle. Devant les ascenseurs, elle sentit un petit étourdissement. « On se remplit bien les poumons », se sermonna-t-elle.

Les portes s’ouvrirent et un préposé déplaça une civière où un enfant branché à un soluté était assis. « Inspire, expire. » Chauve, le regard cerné et fiévreux, il sourit à Magalie. Elle sentit son cœur chavirer. Sa bouche se contracta en un rictus et elle continua son périple. Elle repéra à sa droite la toilette des dames. Elle s’y engouffra afin de s’y rafraîchir, question de se ressaisir.

« Inspire, expire. »

Son malaise s’amplifia quand l’odeur insupportable de vomissure la prit d’assaut. Elle en ressortit plus vite qu’elle n’y était entrée, mais eut le temps de s’apercevoir dans la glace. Elle se trouva un peu pâle.

De toute façon, elle atteignait bientôt sa destination. « J’aurais dû enlever mon manteau », songea-t-elle en se rendant compte qu’elle était en sueur. Elle espérait que le docteur Lormier la ferait attendre, elle avait besoin de quelques instants pour se remettre. De plus en plus étourdie, la nausée au bord des lèvres, incapable de prononcer un seul mot, elle arriva devant le bureau de la secrétaire. Celle-ci, éberluée, en voyant la pâleur de la jeune femme, allait lui offrir de s’asseoir, mais elle n’eut pas le temps. Magalie visualisa une multitude d’étoiles et s’écroula sans autre avertissement.

Lorsqu’elle reprit connaissance, Pierre se trouvait devant elle. Elle eut besoin de quelques instants pour retrouver ses esprits. « Eh bien ! C’est toute une arrivée ! déclara-t-il en souriant.

— Zut ! Très professionnel et très sérieux, n’est-ce pas ? » répondit-elle, honteuse et ironique.

Quelques minutes plus tard, rouge de confusion, elle réalisa qu’elle s’était mise elle-même dans un état d’hyperventilation. « C’est bête, je me suis rendue malade moi-même sans le savoir. Sylvie se serait tordue de rire. Elle n’a jamais compris ma phobie », admit-elle après avoir confessé son problème au docteur Lormier.

— Tu aurais dû m’en parler avant, nous serions allés à ma clinique privée, lui répondit-il gentiment. Maintenant que tu te sens mieux, je te sors au plus vite d’ici.

Ils se rendirent dans un petit bistro tout près.

« Ah ! quelle bonne odeur, » remarqua Magalie en entrant. « C’est différent de celle à l’hôpital… et dans une des toilettes, je crois que c’est ça qui m’a achevée », déclara-t-elle.

Un charmant maître d’hôtel les accueillit. Pierre tira lui-même la chaise pour la jeune femme. Cela flatta Magalie et lui rappela que son père avait l’habitude de faire la même chose lorsqu’il sortait seul avec elle. Pierre commanda un verre de vin rouge, mais Magalie, après le malaise qu’elle venait de subir, préféra s’en tenir à une tasse de thé. On discuta chiffres, comptabilité, impôts. Ils décidèrent finalement de manger ensemble dans ce petit restaurant. « Est-ce que l’enquête sur la mort de ta sœur avance ? l’interrogea-t-il après avoir demandé un steak frites.

— Un peu. C’est très bizarre. L’inspecteur a noté qu’on a effectué un retrait dans son compte de banque à partir d’un guichet automatique.

— Un gros montant ?

— Mille dollars. Et la transaction date du 15 juin et l’on a découvert son décès le seize.

— Oui, je sais.

— Et, plus étrange, ajouta-t-elle, c’est qu’elle avait l’habitude, d’après son historique, d’acquitter ses factures par chèque ou par carte.

— Avez-vous trouvé pourquoi elle avait besoin d’argent comptant ? demanda-t-il.

— Non, mais autre chose encore plus bizarre, on croit que mon ancien ami était en possession de sa carte de guichet.

— Ton ex ? s’exclama-t-il, surpris. Est-ce qu’il pourrait l’avoir tuée ?

— Cela n’a aucun sens. J’ai vécu avec lui pendant plusieurs mois, je le connaissais quand même assez bien. D’un autre côté, il prenait de plus en plus de drogue. C’est une des raisons pour lesquelles je l’ai laissé. On ne sait jamais avec la dope. En plus, lui et ma sœur ne s’entendaient pas bien du tout. La police doit l’interroger.

— Comment a-t-on découvert que c’est lui qui détenait la carte de guichet ?

— Ah, ça, c’est une longue histoire. Pour faire court, c’est la conclusion à laquelle Gina et moi sommes parvenues.

— Gina ?

— C’est ma meilleure amie, elle m’accompagnait au restaurant l’autre fois quand on s’est rencontré.

— Oui, je me souviens.

— On a retrouvé la carte dans son sofa. »

Magalie lui raconta les détails de leur fameuse soirée.

« Magalie, tu me dis que tu as trouvé la carte de ta sœur chez Gina et sa déduction est d’accuser ton ancien copain. Wow ! Méchante conclusion. Moi, je me méfierais d’elle. Avocate, hein ? Moi, je ferais attention.

— Voyons, je la connais depuis que j’ai treize ans,

» répliqua-t-elle.

Le lendemain, assise dans le luxueux bureau de son patron, elle fut surprise des propos de celui-ci. « Magalie, je ne veux plus que tu rencontres un client toute seule. Tu n’as aucune expérience, tu peux ternir la réputation du cabinet. As-tu pensé à ton geste, aux conséquences d’une erreur ? Ça ne se fait pas. Une junior a besoin de supervision. Est-ce clair ? » Fière d’annoncer qu’elle avait recruté un nouveau client, elle ne s’attendait pas à une réprimande de la sorte. « C’est un vieil ami de la famille, se défendit-elle.

— Ce n’est pas grave, ça ne fait pas professionnel. »

Elle se retint de citer Pierre, qui avait dit en avoir assez des comptables en habits à carreaux comme à la télévision. Magalie réprima un sourire, car, justement, elle venait de remarquer que son patron portait une veste de ce genre.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 10, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Lors d’une séance de cinéma maison, Magalie a fait une étrange découverte chez Gina. Malgré sa colère, elle a réussi à faire parler sa meilleure amie. Celle-ci a révélé être sortie avec Jean-François et Olivier le soir du meurtre de sa sœur. Et ils ont passé la nuit chez Gina.

 

Chapitre 10

Magalie convoqua Gina pour un lunch au restaurant, deux jours après cette soirée de film ratée. Gina avait suggéré le dernier bistro à la mode. Magalie, assise dans cet endroit bondé de gens d’affaires, lisait le menu avec irritation. Elle était autant exaspérée par cette offre ridicule et bizarre de bouffe que par le retard de Gina. Celle-ci finit par arriver, quelques minutes plus tard, accompagnée, comme d’habitude, de nombreuses excuses.

« Gina, j’ai deux choses importantes à te dire. Je n’ai presque pas dormi les dernières nuits. Cette histoire avec Olivier me fatiguait trop et j’ai appelé Duclerc hier.

Le serveur vint prendre leur commande. Magalie opta pour des pâtes agrémentées d’une sauce qui ne lui inspirait guère confiance. Gina choisit une salade.

« De toute façon, reprit Gina, il fallait que tu lui dises.

— Bon, je suis contente que tu ne sois pas fâchée. En plus, je pense que je devrais lui révéler quelque chose d’étrange que j’ai découvert dimanche dernier. Je n’ai pas osé lui en parler hier.

— Quoi ?

— Après notre soirée cinéma, je suis allée me coucher, mais je me sentais bizarre, comme si j’oubliais quelque chose. Je me suis relevée, j’ai vérifié si toutes les portes étaient barrées, si tout semblait normal. J’avais l’impression que quelque chose clochait.

— Qu’est-ce que c’était ?

— J’en ai pris conscience le lendemain. Cette nuit-là, j’ai rêvé que j’engueulais Olivier parce qu’il n’avait pas redescendu le siège de la toilette après avoir fait son petit besoin. J’étais assise sur la toilette avec le sac de Sylvie dans les mains et je criais de colère après lui et je glissais dans la cuvette. Un cauchemar. En déjeunant, je me suis souvenue de ce rêve. Et là, j’ai ressenti un coup dans le ventre, une telle émotion que j’en ai eu un malaise. »

Sur ce, Magalie s’interrompit, le garçon leur apportant les verres de vin.

« Continue, s’impatienta Gina, intriguée.

— En revenant de chez vous, après notre soirée cinéma ratée, je me suis précipitée aux toilettes parce que j’avais beaucoup envie et je n’ai pas remarqué tout de suite.

— Qu’est-ce que tu n’as pas remarqué ? demanda Gina, excitée.

— Le siège de ma toilette était relevé !

— Le siège relevé… Quel est le problème ? interrogea son amie.

— Allons Gina ! tu ne comprends pas. Je vis seule, je suis l’unique personne à utiliser la toilette dans cette maison. Ça veut dire qu’un gars a fait pipi chez moi. Ma femme de ménage n’est pas venue cette journée-là, c’était dimanche et je n’ai eu aucune visite. Je crois qu’un homme est entré dans la maison à mon insu.

— Et tu n’as pas appelé la police ?

— Bien non. Je me sentais tellement idiote. Commencer à leur raconter mon histoire de cuvette. Imagine-toi ! J’aurais eu l’air d’une vraie folle. Mais une heure après, le serrurier changeait toutes les serrures et j’ai fait installer un système d’alarme ce matin.

— Des traces d’effraction ?

— Non, c’est pour ça que j’ai fait changer les serrures !

— Qui possède la clé de ta maison à part toi ?

— Le voisin en garde une d’habitude, mais il ne l’avait pas quand c’est arrivé. Je l’avais reprise lorsque j’ai perdu mon porte-clés et je ne lui avais pas redonné.

— Est-ce que ça fait longtemps ? C’est sûrement à ce moment-là. Quelqu’un en a fabriqué un double.

— Bien non, je les ai retrouvées le lendemain par terre. Je n’ai jamais compris comment je les avais égarées. Maintenant, je me demande à qui Sylvie aurait pu en donner une à quelqu’un.

— Mais tu devrais en discuter avec ton inspecteur le plus vite possible. Étrange. L’important, c’est que le problème est résolu avec les nouvelles serrures. Ça ne te dérange pas de rester dans la maison ?

— Ben, c’est chez nous, mais, oui, parfois ça fait bizarre. Je sens le parfum de Sylvie, pourtant j’ai jeté la bouteille. Des fois, j’ai l’impression de sentir une présence. On dirait que le bruit du frigo démarre quand je passe à côté du bureau où on l’a trouvée. Je me fais sûrement des idées. Mais je vais la vendre, la maison. C’est juste qu’il faut que je me décide à entrer dans ce maudit bureau et que je me débarrasse de toutes ses choses. Même madame Dubois n’y va pas, mais je ne l’obligerai jamais. C’est elle qui a trouvé Sylvie. Je suis chanceuse qu’elle vienne encore faire le ménage chez nous. »

On apporta leur repas.

« Changement de sujet, enchaîna Gina. Comment va ta vie amoureuse ? » Un nouveau Casanova au travail ?

— Hélas non ! Gina, je bosse dans un bureau de comptable ! Il y en a bien un qui voudrait sortir avec moi, mais ce n’est pas mon style du tout. Finalement, c’est pas si mal ce plat de spaghetti, dit-elle en enroulant une autre bouchée de pâte autout de sa fourchette.

— Eh bien, moi, je ne t’ai pas parlé de ma dernière conquête, encore.

 Magalie écoutait, à travers le tapage des autres conversations, les péripéties de la vie amoureuse de son amie. C’est à ce moment précis, en buvant une gorgée de vin blanc, qu’elle l’aperçut. Il était là, attendant l’hôtesse à l’entrée du restaurant. Les joues rosies par le froid hivernal, il enlevait son manteau. Yeux marron, cheveux noirs bouclés, on devinait la silhouette athlétique à travers la coupe de son complet marine. Elle faillit renverser son verre.

Gina remarqua qu’elle rougissait.

Magalie fut surprise de l’impression que cet homme avait sur elle. Puis, il l’aperçut. Elle essuya ses mains moites sur la serviette de table. Gina s’amusait de la voir si mal à l’aise et lui demanda avec empressement qui était ce bel Apollon qui s’approchait d’elles. N’ayant pas le temps de lui répondre, Apollon les ayant rejointes, c’est en bégayant que Magalie présenta Pierre Lormier à Gina. « Je voulais justement t’appeler Magalie, annonça-t-il, sûr de lui-même. J’ai besoin d’une bonne comptable. »

— Ah oui ! parvint-elle à articuler.

— Je vais prendre ta carte. Tu dois avoir une carte professionnelle maintenant ?

— Bien certainement, bafouilla-t-elle en fouillant dans son sac à main.

— Je te donne un coup de fil dans les prochains jours, répliqua-t-il en prenant la carte avec un sourire désarmant. Ça m’a fait plaisir de te rencontrer, Gina ». Et il s’éloigna.

« Heureusement que sa table se trouve à l’autre bout du restaurant », songea Magalie. Elle n’aurait pu soutenir son regard plus longtemps.

« Eh bien ! Je comprends que ce n’est pas sur tes collègues de travail que j’aurais dû te poser des questions, mais plutôt sur les clients ! Dis-moi, qui est ce bel Adonis ?

— Tu as entendu. C’est Pierre Lormier.

— Je le sais, tu viens de me le présenter, mais QUI est Pierre Lormier ?

— Un ami de la famille, en fait, mes parents connaissaient les siens depuis belle lurette. Il n’avait jamais attiré mon attention. Il est beaucoup plus vieux que moi, je pense qu’il a environ trente-sept ans. Il est venu aux funérailles de Sylvie et ça faisait une éternité que je l’avais vu. Je crois qu’il n’a même pas assisté à celles de mes parents. En fait, c’est un des moments des obsèques dont je me souviens le plus. Je nageais dans la brume à cause des maudites pilules que tu m’avais fait prendre. Sur le coup, je l’ai à peine reconnu. Puis, à travers mon brouillard, il s’est approché pour m’offrir ses condoléances. Il s’est excusé que Joanie ne l’accompagne pas. C’est sa femme et je ne la connais même pas, je ne l’ai jamais vue. Puis, en me prenant les deux mains, il a dit simplement : « Je suis désolé. » Et il m’a embrassé les joues. C’est comme s’il m’avait fait sortir de ma torpeur pour quelques secondes. Pourtant, il a agi comme tous les autres, mais cela m’a marquée. Je ne sais pas pourquoi. Je l’ai rencontré il y a trois semaines. Il est ophtalmologiste, je suis allée le consulter pour mon examen de la vue.

— Ah mon Dieu ! soudain, j’ai mal aux yeux, répliqua Gina en riant. Je sens tout d’un coup que mes verres de contact ont besoin d’être changés. Je n’y vois plus rien.

— Ah, ah, ah, au contraire, moi, je crois que tu vois un peu trop !

Gina lui rétorqua : « En tout cas, pour toi, monsieur le docteur semble te faire un effet. Et plus qu’un effet placebo.

— Tu penses !

— Franchement, Magalie, regarde comment tu réagis parce que je le trouve beau.

— Tu as raison, il n’est pas laid. » Magalie ne pouvant s’empêcher de sourire expliqua : « Lors d’un test, il s’approche très près de ton œil avec une lumière vraiment forte. Enfin, c’est très éblouissant, j’imagine qu’il était à cinq centimètres de mon visage, je sentais son souffle et son après-rasage.

— Je crois qu’il doit avoir une bonne marque, ah, ah.

— Je me rappelle avoir songé que s’il avait entendu mes pulsations cardiaques, il m’aurait envoyée chez le cardiologue. J’ai dû me retenir pour ne pas rire.

— Ah ! monsieur te donne des palpitations en plus, claironna Gina.

— De toute façon, il est marié.

— Eh bien, même là, il a l’air intéressé, ma chère. J’ai remarqué la façon dont il t’a dévorée des yeux.

— Tu penses vraiment ? »

Et c’est sur le ton des confidences que le repas se poursuivit. À la fin, Gina pria Magalie de l’aviser si jamais ses grands principes moraux l’empêchaient de goûter à ce magnifique fruit défendu qu’était le docteur Lormier, car elle, Gina, y mordrait avec délectation.

— Il me semble que tu avais une nouvelle flamme et, en plus, lui est marié alors que je t’ai proposé l’autre fois un bel avocat séparé, répliqua Magalie.

— Le père de Stéphanie, je t’ai dit qu’il n’en était pas question, » conclut-elle.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 9, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie s’est occupée de sa santé. Elle a visité le gynécologue, le dentiste et, pour sa visite chez l’ophtalmologiste, elle était accompagnée de Stéphanie. La petite avait insisté pour passer, elle aussi, un examen de la vue en même temps que Magalie. En sortant, celle-ci a croisé le docteur Lendro, un collègue de sa sœur Sylvie.

 

CHAPITRE 9

Le dimanche suivant, Gina et Magalie avaient réservé leur soirée pour visionner un film chez Gina. Magalie arriva équipée de tout le nécessaire requis pour leur séance officielle de filles : des chips au ketchup, des arachides, du Pepsi et de la bière. L’autre s’occupait du ciné. « Qu’est-ce que tu as loué comme film ? interrogea Magalie.

— La firme, un film avec le beau Tom Cruise, annonça Gina.

— Déformation professionnelle ? Tu devrais écouter d’autres choses que des histoires d’avocats pour te changer les idées.

— Tu as sans doute raison, mais c’est difficile de résister à Tom Cruise !

— Bière ou Pepsi ? demanda Gina.

— Un Pepsi, tu sais que je n’aime pas la bière, lui répondit Magalie. »

Quelques sacs de croustilles plus tard, la vessie de Gina réagissant à l’effet diurétique de la bière, elle voulut stopper le magnétoscope, mais ne trouva pas la télécommande. Gina arrêta le film directement sur l’appareil et dit à Magalie : « Cherche-la donc, pendant que je vais aux toilettes, je n’en peux plus. »

Magalie fouina partout, soulevant tous les coussins un à un, tassant les revues sur la table à café. Elle jeta un coup d’œil loin derrière les pots de plantes, derrière la lampe, se pencha pour regarder sous les fauteuils. « Je ne le retrouve pas, lui cria-t-elle. C’est ton chat qui l’a mangé.

— Bien non, ça ne se peut pas! Elle ne peut pas avoir disparu, je l’ai vue tout à l’heure sur le sofa, répondit Gina de la salle de bain.

Puis Magalie se rappela avoir déjà trouvé la sienne entre le coussin et l’armature du meuble. Elle faufila ses doigts dans la fente.

« Gina, c’est la pêche miraculeuse. Je fouille dans le fond de ton divan. Je trouve un peigne, un vingt-cinq sous, une carte de guichet ». Elle déplaça sa main plus vers la gauche.

« Un bras de Barbie, continua-t-elle. Je ne savais pas que tu jouais encore à Barbie !

— C’est à ma petite cousine, » mentionna Gina en revenant dans le salon.

Magalie dirigea ses doigts de nouveau vers la droite plus en profondeur.

« Bingo ! proclama-t-elle en sortant la télécommande. Et je devrais avoir droit à une récompense, car en plus, j’ai retrouvé ta carte de guichet ! »

Gina démarra le magnétoscope en affirmant :

« Ce n’est sûrement pas la mienne, je ne l’ai jamais perdue.

— Eh bien, elle doit appartenir à ta petite cousine. Oh! non, elle doit venir d’un de tes nombreux soupirants », la taquina Magalie en se dirigeant vers la cuisine.

« Il a dû la perdre pendant un de vos magnifiques ébats sur le sofa. Veux-tu une bière, Gina ?

— Sache, ma chère, que je déteste faire l’amour dans le salon. Je préfère de beaucoup la chambre à coucher et oui, s’il vous plaît, apporte-m’en une autre, demanda Gina en prenant quelques croustilles.

— Ho ! Là, là, Gina, la grande séductrice, ne baise que dans son lit confortable ! Franchement, ma belle, tu me déçois, » claironna Magalie en revenant dans la pièce avec un verre de Pepsi et une bouteille de bière. Gina saisit, à ce moment, la carte de guichet. Surprise, elle resta figée, la bouche grande ouverte.

« Qu’est-ce qui se passe, tu es toute blanche ? » interrogea Magalie, qui saisit la carte des mains.

Un cri de stupéfaction s’échappa de sa gorge lorsqu’elle regarda la carte. Une foule de questions se bousculèrent dans sa tête. Quelques secondes passèrent pendant que son cerveau essayait de tout démêler. Magalie devint rouge de colère.

« Ah ! bordel de merde. J’ai hâte de voir comment tu vas m’expliquer que la carte de guichet automatique de ma sœur est enfouie dans ton divan ! » s’écria-t-elle d’un ton emporté.

— Moi aussi, rétorqua Gina à brûle-pourpoint. Elle arrêta le film qui défilait toujours sur l’écran.

— Bordel de merde, Gina.

— Je n’en ai absolument aucune idée, riposta-t-elle d’un air affirmatif.

— Ben bordel de merde, Gina ! s’exclama-t-elle encore plus fort.

— Je te le dis et arrête de dire bordel de merde ! Pourquoi es-tu fâchée ?

— Ben bordel, tu ne m’avais pas dit que ma sœur était déjà venue chez vous ?

— Justement, Sylvie n’est jamais venue ici.

— Bordel, s’exclama encore une fois Magalie, tout rouge. Tu ne peux pas me faire croire ça.

— Arrête de dire bordel ! C’est impossible, j’y réfléchis et je suis certaine qu’elle n’a jamais mis un pied ici.

— Alors, la carte est apparue dans ton appartement par magie, attaqua Magalie.

— Voyons, Magalie. Arrête de m’accuser et de divaguer.

— Je ne t’accuse pas, mais, Gina Falardeau, tu rougis comme une tomate. Je te connais, tu me caches quelque chose. Je sais quand tu mens.

— Si je te dis la vérité, est-ce que tu me promets de ne pas te choquer ?

— Pourquoi est-ce que je me fâcherais ? » lança-t-elle, colérique.

Devant le regard accablant de Gina, Magalie approuva :

« Bon d’accord, je vais rester calme. Allez, raconte-moi.

 — Ce soir-là, j’ai rencontré Jean-François et Olivier. On a pris un verre ensemble. Ils s’en allaient passer le week-end au mont Sainte-Anne.

— Oui, je sais ! C’est une des raisons pour lesquelles on a cassé. Te rappelles-tu à quelle heure tu les as rejoints ?

— Ouf ! bonne question. Attends un peu, j’ai laissé ma mère chez elle vers dix heures. Je m’en souviens parce qu’elle ne doit pas manquer son téléjournal. Le temps de me rendre sur la rue Cartier, il devait être environ dix heures et quart. Ils sont arrivés, grosso modo, cinq minutes après moi. On est parti vers minuit. Et comme ils avaient trop bu tous les deux, je les ai invités à dormir ici.

— Et qui a couché sur le divan ?

— Olivier, répondit Gina.

— Et tu ne me l’as pas dit !

— Pourquoi il aurait fallu que je te le dise ? » répliqua Gina, qui voulait éviter le sujet avec Magalie.

« D’autant plus, continua-t-elle, que je ne l’ai jamais revu après. Et toi, est-ce que tu l’as rencontré après ?

— Non, disparu dans la nature.

— Et Olivier a couché sur le sofa. Qui d’autre s’est assis dessus ? Étiez-vous uniquement tous les trois ?

— Oui, on était les trois seulement, mais, depuis ce temps, beaucoup de gens sont venus dans ce salon.

— Oh ! Et Jean-François possède une auto rouge, annonça Magalie en passant du coq à l’âne. Comment n’y ai-je pas pensé ?

— Quel est le rapport ? interrogea Gina. Ah ! Oui, je me souviens que tu m’as dit qu’un voisin a vu une auto rouge ce soir-là ».

La réponse de Magalie se fit attendre, car les idées se bousculaient dans sa tête. Olivier et Jean-François avaient dû arrêter chez Sylvie. Pourquoi ? Peut-être voulaient-ils la voir ? Magalie imagina des hypothèses. Olivier espérait peut-être que Sylvie lui donne de l’argent. Ils se disputent, il lui demande sa carte de guichet, puisqu’elle n’a pas d’argent comptant. Elle résiste et il la tue. Est-ce possible ? Est-ce qu’Olivier aurait assassiné Sylvie pour du fric ?

Magalie raconta le fil de sa réflexion à son amie qui lui répondit :

 « Tu délires ! Penses-tu que le gars avec qui tu es restée pendant des mois aurait tué ta sœur ?

— Ce que tu ne sais pas, c’est que les derniers mois, Olivier avait commencé à prendre de la cocaïne. D’ailleurs, c’est une des raisons pour lesquelles je l’ai quitté. Sa mère est alcoolique. Je crois que ce genre de dépendance peut être héréditaire. La drogue, c’est bien traître, ça transforme les êtres en créatures épouvantables. Je dois raconter cette histoire-là à Duclerc.

— Écoute, Magalie, peux-tu attendre un peu ? Je ne veux pas être impliquée dans tout ça et me retrouver dans le collimateur de ton inspecteur.

— Oui, mais tu n’as rien fait, Gina.

— C’est certain, je n’ai même pas vu ta sœur ce soir-là, mais j’accompagnais Olivier et Jean-François dans le bar après dix heures quinze. À quelle heure est-elle morte ? demanda Gina.

— Il pense entre dix heures du soir et six heures du matin.

— Attends, pourquoi l’inspecteur Duclerc a-t-il dit dix heures ? À cause du retrait probablement. Il supposait peut-être que Sylvie avait elle-même sorti l’argent au guichet automatique. »

Tom Cruise avait perdu tout intérêt et la soirée vidéo se termina ainsi.

Sitôt revenue à la maison, Magalie grimpa les escaliers à la course. Cette vieille maison n’avait pas de salle d’eau au rez-de-chaussée. Un défaut que Magalie se promettait de régler dans sa prochaine maison.

Détachant son pantalon d’une main, le sac dans l’autre, elle courut jusqu’à la salle de bain. Elle baissa le siège et se soulagea, le manteau encore sur le dos. Elle expira de satisfaction, mais un sentiment étrange l’envahit.

 


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 8, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie et Gina ont passé du bon temps en Floride en se reposant à la plage et en sortant à Fort Lauderdale. Elles ont magasiné et Magalie s’est acheté des vêtements à Palm Beach en se moquant d’une commis-vendeuse.

 

Chapitre 8

Ses vacances terminées, Magalie mit à exécution le déroulement de sa remise en forme planifiée avant les fêtes : le gynécologue en premier, le dentiste et ensuite les yeux. Un vrai calvaire. Magalie avait prévu la pire des visites en premier : le gynéco. La vue de plusieurs dames enceintes égaya l’atmosphère, mais, chez le chirurgien-dentiste, elle ne s’était pas attendue à un spectacle si affligeant.

Magalie arriva en même temps qu’une autre patiente. Habillée de vêtements coûteux et parée de bijoux, elle semblait souffrir et son visage ne mentait pas. Les lunettes solaires ne réussissaient pas à cacher l’œil au beurre noir ainsi que le trouble de son regard. Elle l’entendit dire à la secrétaire qu’elle avait eu un accident d’auto. Magalie eut des doutes. Le professionnel l’invita à entrer tout de suite pour réparer sa dent cassée. La dame parut soulagée de ne pas avoir à s’asseoir dans la salle d’attente. « Magalie Douchard. J’ai rendez-vous à dix heures avec le docteur Robert », annonça Magalie à l’employée qui ne semblait pas dupe, elle non plus.

« Moi qui imaginais que les femmes battues venaient seulement des milieux défavorisés, lui chuchota-t-elle.

— Vous aussi, vous avez remarqué, murmura la secrétaire. C’est une cliente de longue date et ce n’est pas la première fois. C’est vraiment dommage, je ne la comprends pas. Que peut-on faire pour l’aider si elle n’en a pas la volonté ? Mais je crois qu’elle s’échappe dans l’alcool. Veuillez vous asseoir, madame Douchard, ce ne devrait pas être long. »

Magalie, un peu chavirée, s’installa et essaya de lire le roman que Gina lui avait prêté. Puis, elle observa l’aquarium. Quelle idée de mettre des poissons dans une salle d’attente ! Elle devrait en parler à son dentiste. Depuis des années, elle regardait ces maudits poissons à toutes ses visites. Elle ne trouvait rien de plus exaspérant quand on ressentait de l’anxiété pour cet examen. Ces créatures gluantes vous narguent, insouciantes, paisibles, et nagent dans cet aquarium silencieux et serein pendant qu’on entend la fraise du dentiste. Et, ces petites bêtes qui ne font qu’ouvrir et fermer leur gueule.

Tout était oublié quelques minutes après. La bouche grande ouverte, les mains moites serrant un papier mouchoir, elle anticipait le verdict du professionnel. Elle poussa un lent soupir lorsqu’il lui dit enfin qu’elle n’avait aucune carie. Ouf !

En sortant de la clinique, elle aperçut, dans le stationnement, la cliente à l’œil au beurre noir. Elle montait dans une voiture et Magalie entrevit le chauffeur.

Quelques jours plus tard, elle consulta pour ses yeux Pierre Lormier, l’ami de la famille qui l’avait émue aux funérailles de Sylvie. Cela faisait longtemps qu’elle avait passé un examen de la vue et l’étude intensive des derniers mois avait affecté sa vision. La petite Stéphanie Danserot l’accompagnait pour cette consultation. Elle visitait Magalie lorsque celle-ci avait téléphoné pour prendre son rendez-vous.

« Tu sais, j’ai du mal à bien voir ce qui est écrit au tableau, » avait avoué Stéphanie pendant qu’elle mangeait un biscuit au chocolat cuisiné par Magalie. Stéphanie venait chez elle aussi souvent qu’elle le pouvait. Elle adorait fouiller dans son coffre à bijoux, la regarder se maquiller ou se coiffer. Ses yeux étincelaient lorsque Magalie lui offrait des galettes avec un verre de lait, une petite gâterie qui était devenue un rituel hebdomadaire.

« En as-tu parlé à ton père ? lui demanda Magalie.

— Bien non, pas encore, mais il est tellement occupé. Il n’aura sûrement pas le temps de m’emmener. Peut-être que je pourrais y aller avec toi !

— Tu dois en discuter avec lui. »

  Le lendemain, Stéphanie avait téléphoné à Magalie pour lui dire qu’il avait accepté. Magalie avait éclaté de rire. « Tu as organisé tout ça, ma cocotte ! »

— Est-ce que ça te dérange de m’accompagner ?

— Bien non, ça me fait plaisir, déclara-t-elle avec son grand cœur.

 Plus tard dans la journée, le père de Stéphanie appela.

« Cela me met un peu mal à l’aise. Elle me dit qu’elle ne voit pas bien à l’école, mais seulement depuis hier. Bang ! tout d’un coup. J’ai l’impression que c’est parce qu’elle veut s’y rendre avec toi. Mais ce serait une bonne chose d’avoir un examen. Je ne sais pas la dernière fois qu’elle en a eu un, c’est sa mère qui se chargeait de ces choses-là. Je voulais y aller, mais Stéphanie a insisté pour que ce soit toi qui l’accompagnes.

— Ça me fait plaisir, elle est adorable. Je vais m’occuper de prendre un rendez-vous pour elle en même temps que le mien, si vous êtes d’accord.

— Bien oui, pas de problème.

— Je vous le confirmerai. Moi aussi, j’ai le sentiment que sa vision est correcte, mais qu’elle a besoin d’une présence féminine. Ça me fait plaisir, elle est adorable. »

Dans la salle d’attente, Stéphanie resta bien sage. Elle passa la première et le médecin corrobora l’impression de Magalie et de son père. Elle avait de très bons yeux. « Je ne l’aime pas, le docteur », lui murmura Stéphanie lorsqu’elle s’assit à côté de Magalie. Celle-ci n’eut pas le loisir de lui demander pourquoi, car on l’appelait. Le docteur Lormier l’a reçue pour lui expliquer qu’il avait senti que Stéphanie aurait bien voulu avoir besoin des lunettes, mais que sa vision était parfaite.

— Est-ce qu’elle a bien répondu aux questions ? s’enquit Magalie.

— Oui, mais elle était bien déçue que sa vue soit bonne ! Ça arrive souvent à cet âge-là.

— Ses parents sont séparés, elle a besoin d’attention. C’est une petite voisine que je gardais pendant mon adolescence.

— Je sais, affirma-t-il. Et toi ? Tes yeux ?

Magalie lui expliqua son problème de vision pour discerner les pancartes sur les autoroutes. Il l’examina. Magalie remarqua que, malgré l’heure tardive de la journée, il avait l’air frais et dispos. En fait, elle devait s’avouer qu’elle le trouvait très attirant. Aussi, son cœur se mit à battre rapidement lorsqu’il s’avança très près d’elle pour observer son fond d’œil. Elle éprouvait de la difficulté à respirer. L’odeur de son après-rasage, l’éblouissement de l’appareil, son visage si proche. L’analyse terminée, il lui annonça qu’elle devait subir un autre examen. Il lui demanda de laisser son sac et son manteau dans le bureau et il l’emmena dans une salle voisine pendant que l’angoisse l’étreignit. « Pourquoi réclamer une évaluation de plus ? Est-ce que j’ai un problème ? Un champ visuel avait-il dit ? Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que ça fait mal ? Est-ce que j’ai une maladie aux yeux ? Est-ce que j’ai quelque chose de grave ? »

En somme, le test exigeait une certaine concentration, mais elle le trouva facile à exécuter et surtout sans douleur.

« Est-ce que vous savez pourquoi il a réclamé ce test ? interrogea l’assistante à Magalie.

— Non, quelque chose d’anormal ? demanda-t-elle, l’inquiétude dans la voix.

— Au contraire, c’est parfait, justement. »

L’auxiliaire la dirigea de nouveau dans le bureau du docteur Lormier. Diagnostic final : elle avait besoin d’une lunette pour corriger une légère myopie. Il lui suggéra des verres de contact.

« Je ne mettrai jamais ces choses gluantes dans mes yeux, » rétorqua-t-elle en se rappelant comment Gina se battait avec ses lentilles souples le matin en Floride.

— Pourtant, ce n’est pas si terrible que ça, lança-t-il en riant de sa réponse. Plus tard, si tu ressens toujours du dégoût pour ces petites choses gluantes, on pourra effectuer une chirurgie réfractive.

— Qu’est-ce que c’est cette chirurgie ?

— On corrige la myopie avec un laser.

— Non, merci. J’aime mieux endurer des lunettes sur le bout du nez en espérant qu’on trouve une pilule pour guérir la myopie.

Après l’avoir remercié, elle alla chercher Stéphanie dans la salle d’attente.

Le docteur Lendro, le collègue de Sylvie, patientait, assit trois chaises à côté de Stéphanie, un journal dans les mains. Lorsqu’il vit Magalie sortir du bureau du médecin, il se leva. Magalie, surprise, le salua. « Oh ! Bonjour Docteur Lendro. » Celui-ci répondit à sa salutation rapidement et se déplaça tout de suite pour rejoindre son collègue sans y avoir été invité. Elle entendit « Bonjour Pierre » et le docteur Lendro claqua la porte.

« Hum ! On dirait qu’il ne vient pas pour un test, celui-là. Il n’a pas l’air de bonne humeur », songea Magalie. Elle s’aperçut que Stéphanie n’avait rien remarqué.

En sortant de la clinique, Magalie s’exclama : « Zut ! Stéphanie, veux-tu m’attendre ici ? J’ai oublié ma sacoche à l’intérieur. »

Elle demanda à la réceptionniste si elle pouvait entrer dans le bureau, celle-ci lui répondit : « Bien sûr, vous avez juste à cogner avant. »

Magalie frappa et eut l’impression qu’on parlait fort de l’autre côté. Pierre ouvrit la porte et elle récupéra son sac sans s’attarder devant le malaise de ces visages longs.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 7, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

Magalie a vendu la voiture de Sylvie à Denis Danserot. Elle a appris qu’elle a réussi son examen de comptabilité. Elle a célébré son succès de façon inusité. Gina l’invite à passer les vacances de Noël en Floride.

Chapitre 7

Magalie, étendue sur le ventre sous le parasol, se sentait ramollir. Le livre Le monde de Sophie traînait à côté d’elle. La chaleur dégagée par le sable de la plage à travers sa serviette multicolore, le bruit rythmé des vagues la berçait si bien, qu’elle s’était endormie. À ses côtés, Gina, assise sur une chaise, lisait le dernier roman de Mary Higgins Clark. Quelques instants plus tard, le cri des enfants qui jouaient au ballon près d’elles réveilla Magalie. Elle se retourna, le cerveau encore embrumé de sommeil. « Tu as fait un petit roupillon, interpella Gina.

— Je me suis encore endormie ! Je suis partie vraiment profondément.

— Tu ne t’en étais pas rendu compte, mais tu étais épuisée avant d’arriver ici.

— Tu as raison, Gina. Je n’arrête pas de dormir.

— Oh ! Ne t’en fais pas, j’aime bien lézarder sur le sable chaud pourvu qu’on ne soit pas trop loin de la chaise du lifeguard ! Ça me permet d’admirer ses beaux abdos. Franchement, aujourd’hui, on est gâtée avec ce beau blond. » Magalie se retourna et confirma en répliquant :

« Veux-tu qu’on aille se baigner dans les vagues, histoire d’essayer de te noyer ?

— Ah ! Ah ! Non, j’irais plutôt à la piscine en revenant au condo.

— Est-ce que tu veux qu’on aille faire un tour de voiture à Fort Lauderdale ce soir ?

— D’accord. On pourrait aller prendre un strawberry daiquiri au Shooters ?

— Et après, on ira faire un petit tour au September !

— Avec notre magnifique voiture de location, on va faire fureur. Ce n’est pas comme si l’on avait la magnifique BMW de ta sœur.

— Gina, c’est vrai, j’ai oublié de te dire que je l’ai vendue.

— Tu l’as vendue ! Mais pourquoi ? Tu aurais dû la garder pour toi. Je pensais que tu attendais de faire ton deuil avant de te débarrasser de ta Honda !

— Non, je vais m’en acheter une bien à moi. Je ne veux pas des affaires de ma sœur. Sais-tu à qui je l’ai vendue ?

— Aucune idée.

— À Denis Danserot, le père de Stéphanie. Tu te souviens de lui ?

— Oui, je l’ai vu aux funérailles. D’ailleurs, je l’ai eu comme prof et je ne l’aimais pas. Il a failli me faire couler un cours.

— Te souviens-tu cet automne, un dimanche où je raclais le terrain, tu étais venue me dire bonjour et tu t’es enfuie lorsqu’il est arrivé ?

— Vaguement.

— Il venait pour faire inspecter la voiture. Quelques jours plus tard, il rayonnait de bonheur lorsqu’il est parti avec la voiture. Tu connais les hommes et l’importance qu’ils accordent à leur voiture…

— Je comprends qu’il devait être content, une belle auto comme ça ! répliqua Gina.

— Il a vécu des moments difficiles ces derniers mois. Sa femme est partie. Il est tout seul pour élever sa fille.

— Pauvre petit, le prends-tu en pitié ou es-tu en train de devenir amoureuse de lui ?

— Ni l’un ni l’autre. Trouves-tu que j’ai raison quand je dis que c’est important une auto pour un gars ?

— Bien, ça dépend des mecs. Pourquoi ?

— Je ne le sais pas trop… Comme il a beaucoup insisté pour avoir l’auto, je me suis demandé s’il pouvait avoir un motif particulier pour expliquer le plaisir d’avoir en sa possession l’auto de Sylvie.

— Ben, c’est certain que c’est une belle voiture. Pourquoi dis-tu ça ? Tu penses que c’est lui qui l’aurait tuée ?

— Tu sautes vite aux conclusions ! déclara Magalie. C’est qu’il s’est tellement acharné. Je ne te l’ai pas raconté, mais imagine-toi qu’un soir, je suis sortie dans le garage en robe de chambre et en pantoufles. Tu aurais dû me voir ! J’ai fouillé de fond en comble la voiture, juste au cas où je découvrirais quelque chose de louche, un indice.

— Puis, tu n’as rien trouvé ?

— Exactement, Gina. Rien de rien, sauf que sa voiture d’avant était rouge.

— C’est quoi l’histoire de l’auto rouge ?

— Duclerc m’a dit qu’un voisin avait vu une voiture rouge dans la rue, le soir du meurtre. Tu pourrais peut-être sortir avec le père de Stéphanie, pour lui tirer les vers du nez. Voir s’il n’y a pas autre chose de louche.

— Tu veux que je sorte avec Denis Danserot ?

— Oui, le roux un peu bedonnant, confirma Magalie.

— Pas si bedonnant que ça.

— Franchement, je ne peux pas imaginer sérieusement qu’il ait pu faire du mal à ma sœur. Il semble un homme doux. Je deviens parano !

— Mais ne compte pas sur moi pour sortir avec lui. Même si c’est le calme plat dans ma vie amoureuse en ce moment.

— Pourquoi ? Ce n’est pas ton genre de refuser de charmer un bel homme de plus.

— Je ne le sens pas, murmura-t-elle en faisant la moue.

— Je ne sais pas pourquoi je te demande ça. De toute façon, c’est ridicule. En tout cas, je ressens un soulagement que la voiture soit vendue. C’est comme un premier pas. Ça devrait m’aider à commencer à me débarrasser des choses de Sylvie.

— Tu n’as pas encore fait le ménage de ses affaires ?

— Je n’ai rien touché. J’ai seulement vérifié ses assurances, puis j’ai fermé la porte de sa chambre et de son bureau. Il m’est impossible de ranger ou de déplacer quoi que ce soit, Gina.

— C’est vrai que tu as tellement travaillé cet automne.

— Ouais, mais c’est plus que ça. Je pense que j’ai un blocage. »

                                     ***

 Vers la fin des vacances, Magalie insista pour aller explorer les magasins chics sur Worth avenue. Enfilant un jeans et un tee-shirt après une douche rapide, elle pressa Gina, qui ne finissait plus de se pomponner. Magalie avait décidé de se gâter et c’est dans une des riches boutiques de cette célèbre avenue qu’elle voulait acheter son cadeau de Noël, pour réaliser un désir de longue date.

Quand l’employée française les aperçut entrer dans le magasin, elle les salua poliment. Gina et Magalie observèrent le mouvement subtil des yeux de haut en bas et la travailleuse se détourna. Puis son nez se releva à peine de quelques millimètres avec assurance.

Les jeans et les vieilles espadrilles des jeunes femmes firent leur effet. Gina fut surprise de voir Magalie se diriger vers une salle d’essayage. Elle vint lui chuchoter à travers la cabine : « Magalie, pourquoi perds-tu ton temps à te déshabiller ? De toute façon, tu ne l’achèteras pas. Tu as regardé le prix ?

Magalie sortit de la salle d’essayage et Gina pouffa de rire. Son amie ressemblait à un éléphant.

— Qu’est-ce que je t’avais dit ? notifia Gina. C’est du linge de bonne femme ici et, en plus, la Française a presque fait une syncope quand tu lui as demandé d’essayer, murmura Gina.

Magalie la reluqua avec un clin d’œil en lui déclarant : « Laisse-moi faire, ma cocotte. » La vendeuse s’approcha et demanda : « Does it fit ?

— No, would you bring me the pink… tailleur… over there, please, exigea Magalie.

 Certainly, répondit la Française avec son accent. »  Lorsqu’elle s’éloigna, Gina exprima un petit sourire en roulant les yeux au plafond.

Magalie se changea et parada devant son amie avec l’ensemble rose.

« Est-ce que tu trouves que j’ai l’air encore d’une bonne femme ? Tu vois, Gina, c’est ça de la haute couture. Ça galbe au bon endroit et ça camoufle là où il le faut !

La jupe sculptait sa silhouette à merveille et le veston suivait la ligne de sa taille et mettait en valeur sa poitrine. C’était à la fois chic et sexy.

— Wow ! Je ne pensais jamais que ça ferait cet effet-là. Si tu portes ça au bureau, tu vas impressionner les clients, affirma Gina. La vendeuse, qui les avait entendues discuter en français, vint s’enquérir d’elles, mais en anglais.

— It fits really well on you ! proclama-t-elle.

— Yes, thank you, » dit Magalie, en rentrant dans la cabine d’essayage pour remettre ses jeans. La vendeuse s’approcha de sa collègue tout près de la caisse. Gina murmura à Magalie : « Tu as remarqué ? Elle nous a parlé en anglais.

— C’est juste pour nous emmerder, prononça-t-elle avec l’accent de Paris. Je te gage qu’elle ne me demandera même pas si je l’achète. »

De fait, lorsque Magalie rapporta le vêtement, la commis le reprit avec un air ennuyé sans rien dire. Magalie la remercia. Puis, elle sortit de la boutique avec Gina sur ses talons.

Arrivée sur le trottoir, Gina s’exclama : « Tu parles d’une méchante snob !

— Un, deux, trois, quatre. »

Gina la regarda, interloquée.

« Suis-moi, Gina », ordonna Magalie.

 Elles entrèrent en trombe dans le magasin.

« … de ces emmerdeuses, j’espère qu’elle n’a pas sali… »

La vendeuse s’interrompit, cramoisie, en s’apercevant que les deux Québécoises venaient de rentrer à nouveau. Magalie lui adressa un grand sourire et lui dit en français : « Savez-vous, finalement, j’ai décidé d’acheter le tailleur Chanel rose. »

 Les lèvres de la dame écarlate s’écartèrent en un rictus qui fit craquer son maquillage.

« Bien », susurra-t-elle tandis que son teint devenait plus rose.

 Magalie déambula dans le magasin pendant qu’on préparait sa facture. Gina, victime d’un fou rire incontrôlable, sortit pour l’attendre. Elle riait encore toute seule lorsque Magalie la rejoignit quelques instants plus tard.

« Je ne me suis jamais tant amusée, révéla-t-elle.

— Quelle magnifique leçon, c’est jouissif !

— Oui, mais ça t’a coûté cher, répliqua Gina.

— Pas plus que ce que j’avais prévu.

— J’espère que tu as payé en argent comptant. Tu as pensé à la douane ?

— Tu sais bien que je ne me promènerais jamais avec autant d’argent sur moi. Et puis j’avais déjà planifié les frais à la frontière.

— Ça, c’est bien toi ! Voyons, Magalie, porte ton achat pour le voyage de retour et ils ne s’apercevront de rien. On ne doit pas être plus saint que le pape.

— Ça prend bien une avocate pour me dire ça ! »

Quelques jours plus tard, Magalie, fière de son honnêteté et de sa tenue, franchit la douane après avoir payé son dû, pendant que Gina, exaspérée, l’attendait.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 6, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

 

Magalie a étudié puis écrit son examen de comptabilité. Elle a déménagé à Québec et s’est installée dans la maison familiale. Denis Danserot, le père de Stéphanie, veut acheter la voiture de sa sœur Sylvie.

 

Chapitre 6

Le lendemain, Magalie raclait les feuilles sur son terrain lorsque Gina arriva à l’improviste. Magalie allait lui raconter sa fouille de la veille lorsque Denis Danserot arriva. L’acheteur potentiel venait chercher l’auto pour l’inspection avec sa fille Stéphanie. Reconnaissant un de ses anciens professeurs, Gina s’enfuit en disant « Bon, je vais y aller. J’étais juste venue te dire un petit bonjour.

— J’espère que ce n’est pas moi qui l’ai fait partir, dit Danserot.

— Bien non. Vous avez trouvé un mécanicien un dimanche matin ? lui demanda Magalie.

— C’est quelqu’un que je connais bien. Ça ne devrait pas être très long. » Stéphanie poussa un long soupir qui fit sourire Magalie. Elle lui offrit : « Veux-tu rester avec moi pendant que ton père va au garage ? Un petit chocolat chaud ? » Le visage de la petite s’éclaira d’un immense sourire.

« Je ne veux pas te déranger, Magalie.

— Bien non, ça me fait plaisir. De toute façon, vous devez revenir ici après.

Une heure plus tard, l’affaire fut conclue.

— Magalie, je ne te remercierai jamais assez. Tu ne peux pas savoir à quel point cette voiture me fait plaisir. C’est vraiment une occasion unique pour moi. J’ai toujours rêvé d’en posséder une BM. Ça fait du bien au moral et disons que j’en ai besoin ces temps-ci ! »

***

Vendredi, cinq heures quinze. Exténuée par une semaine de boulot, Magalie rentrait chez elle au volant de sa Honda. En tournant le coin de la rue des Mirettes, elle rêvait d’un bain chaud et de la sainte paix pendant au moins une heure avant d’aller rejoindre des collègues de travail pour un souper au restaurant. Terminé les colonnes de chiffres, le téléphone qui sonne, plus de patron qui vous sermonne.

 En ce début décembre, les précipitations hâtives donnaient une allure de drap mortuaire à la ville. Les Québécois, pourtant habitués aux rigueurs de cette saison, avaient l’impression d’être déjà rendus au cœur de l’hiver.

Magalie sortit de l’auto et s’enfonça dans la neige jusqu’au milieu des mollets. Elle devrait secouer l’homme qu’elle avait engagé pour nettoyer son entrée de voiture. Elle saisit son courrier dans la boîte à lettres, se débattit avec la vieille serrure pour ouvrir et alluma. Factures diverses et sur la dernière enveloppe, elle reconnut le logo de l’Ordre des comptables agréés. Son cœur se mit à battre rapidement. Elle déposa le tout sur la table de bois sculpté et retira ses bottes. Magalie prit son temps pour enlever son manteau, le ranger dans le placard ainsi que sa mallette et son ordinateur. La bouche sèche et les mains tremblantes, elle respira un bon coup et se décida à déchiqueter l’enveloppe. Dans son empressement, elle déchira une partie de son contenu. « S’il vous plaît, faites que je l’ai réussi, » pria-t-elle tout haut. Elle ferma les yeux et déplia la feuille de papier. En ouvrant les yeux, elle vit les mots : « Nous avons le plaisir de vous annoncer… » Elle sauta en l’air en hurlant. Elle se sentit légère, comme si on la délestait d’un énorme poids. Des larmes de joie et de soulagement coulèrent sur ses joues. Elle se pinça le bras, relut la lettre du début à la fin, s’attardant au deuxième paragraphe où on lui expliquait qu’elle avait obtenu la meilleure note de tout le Québec. Elle éclata de rire et n’en revenait pas de ses prouesses. Et vlan pour ses collègues masculins !

Dans un éclair d’exaltation, elle monta prendre une douche en vitesse. Quinze minutes plus tard, en robe de chambre et pantoufles, elle ouvrit le Moët et Chandon qu’elle avait mis de côté depuis plusieurs semaines. Le bouchon sauta. Elle sortit un verre à champagne et l’emplit. Elle adorait ces coupes au pied creux. Les bulles remontaient de la base en formant un petit tourbillon au centre. Sa mère les avait reçues en cadeau il y avait de nombreuses années. On avait célébré plusieurs évènements en buvant dans ces magnifiques verres.

Magalie voyait la fierté qui aurait brillé dans les yeux de son père, lui qui n’avait jamais eu la chance de faire des études universitaires, le visage épanoui de sa maman qui lui aurait dit : « Je le savais que tu réussirais. » Elle entendait les cris de joie de sa sœur, Sylvie. Elle sentait les odeurs du repas qu’aurait préparé sa mère pour célébrer l’évènement : un rôti de veau, salade à la crème et aux oignons, des pommes de terre en purée et, pour finir, son dessert préféré, un gâteau aux pommes. Mais ce brouhaha familial demeurait le fruit de son imagination. Autour d’elle, le bruit du réfrigérateur et les rugissements du vent s’offraient comme musique de réjouissance. Elle eut le sentiment aigu de leur disparition.

Ses parents, sa sœur. Tous absents, tous morts.

Puis elle entendit une longue plainte, un hurlement provenant de ses propres entrailles. Un gémissement, un cri animal qui émanait du fond de son ventre. Ses jambes ployèrent et la pointe acérée de la souffrance creva le furoncle du deuil qui grossissait depuis des mois.

Puis les larmes vinrent et coulèrent autant que le champagne. Elle pleura, sans courage, couchée par terre au milieu de son salon. Elle avait honte de cette débâcle, mais elle continua de se lamenter telle une bête agonisante. Les bulles qui jaillissaient du fond de sa coupe agissaient comme des milliers de détonateurs.

Elle but à son succès, à sa peine. Elle entendit le téléphone sonner. « C’est probablement les copains du bureau qui s’inquiètent de mon retard au restaurant. » Elle laissa le répondeur débiter son message confirmant que c’était bien un des collègues qui l’attendaient. Elle avait décidé de ne pas y aller. Debout devant le miroir du vestibule, elle regarda la scène désolante que la glace lui renvoyait. Elle, qui, d’habitude, était si soignée, avait les yeux rouges, bouffis et tachés par son maquillage. Ses cheveux ternes et décoiffés encadraient son visage au teint blême. Bien loin de l’image de la blonde active et énergique aux yeux bleus qui se dégageait d’elle au bureau.

Elle se rendit compte que son deuil avait été un luxe qu’elle n’avait pas pu s’offrir.

Elle alla fouiller dans le petit bahut sous la fenêtre et en sortit plusieurs volumes. Elle s’installa sur le divan préféré de sa mère avec son verre et la bouteille. Sentant la faim la tirailler, elle aligna, sur la table à café en face d’elle, un énorme sac de chips au ketchup, un pot d’olives farcies et une boîte de papier mouchoir. Elle pigeait dans chacun d’eux en feuilletant les albums de photos de famille accumulés au fil des ans. Elle revécut les évènements importants de son existence par ces images. Puis elle se leva et marcha de long en large dans le salon en bougonnant. Magalie lança son verre avec une force fulgurante vers le cadre au-dessus du divan. Le cristal se fracassa sur le paysage d’automne, laissant couler les dernières gouttes de champagne comme une pluie de novembre. Elle imagina sa mère se retourner dans sa tombe. Ses coupes, ses précieuses coupes ! Et la peinture, la fameuse toile de son père ! Magalie avait toujours détesté cette œuvre qu’elle trouvait déprimante. Puis, elle regretta de ne pas avoir une deuxième bouteille de champagne.

Cette nuit-là, elle vomit à travers ses sanglots en faisant une promesse d’ivrogne : ne plus jamais manger de chips au ketchup. Elle déambula tout le reste du week-end dans la maison telle une épave, mais elle téléphona quand même à Gina pour lui raconter sa soirée.

***

À la suite de ce week-end sinistre où elle avait appris son succès, Magalie se reprit en main. Au bureau, on souligna ses bons résultats à l’examen de comptabilité par un party surprise. Magalie jubilait.

Gina l’invita au restaurant pour fêter sa réussite. Après avoir commandé une bouteille de champagne, elle taquina sa copine.

— Tu me coûtes cher avec tes succès, s’exclama-t-elle.

— Gina, tu es malade de commander du champagne au resto !

— Bien là ! Non seulement tu as réussi ton examen, mais t’es arrivée première. Faut fêter ça pour de vrai. Je ne suis pas capable de cuisiner le rôti de veau de ta mère, mais je peux te payer du champagne.

— Le pire, Gina, c’est que je n’ai pas la recette de ce fameux rôti de veau. Je ne pourrai jamais en faire. N’oublie pas de demander à ta mère ses meilleures recettes.

— En parlant de ma mère, elle nous offre le condo en Floride pour les vacances de Noël. As-tu envie de venir ?

— Tes parents n’y vont pas dans le temps des fêtes ? s’étonna Magalie.

— Non, même mon père n’y va pas.

Magalie accepta volontiers, sachant que ce serait une période difficile à vivre cette année. Elle était tentée par un changement de décor et, même si elle n’osait pas se l’avouer, elle se sentait fatiguée.

 Magalie présumait qu’ensuite, elle en aurait fini avec ce deuil. Elle se sentait prête à jouir de sa part de bonheur.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 5, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

 

Les funérailles ont eu lieu à l’église du Saint-Sacrement. Magalie n’a pas changé ses plans de vie et va retourner à Montréal. Elle n’a pas eu de nouvelles d’Olivier depuis leur rupture.

 

Chapitre 5

Magalie tourna la clé dans la serrure de la porte de son appartement à Montréal. Son livre de comptabilité traînait, toujours figé à la page soixante-quinze, et son sofa lui parut plus terne que jamais. Ses plantes jaunies et sèches gisaient dans leur pot. Une odeur de renfermé complétait l’ambiance et confirmait qu’une éternité s’était écoulée depuis qu’un policier lui avait annoncé le décès de sa sœur. Magalie déposa sa valise dans sa chambre, elle ouvrit les fenêtres. Au lieu de commencer à ranger ses bagages comme elle l’aurait fait d’habitude, elle s’affala sur le matelas. Ce lit qu’elle avait partagé avec Olivier.

Le réfrigérateur se mit à vrombir. Les yeux fermés, les bras en croix, étendue en travers du lit, elle poussa un long soupir. Puis un autre, jusqu’à ce que l’ampleur de sa solitude l’étouffe. Ses yeux se remplirent de larmes. Ses pensées oscillèrent et se transformèrent en colère envers Olivier. Il n’avait rien dans le ventre, d’ailleurs, elle se demandait s’il aurait le courage d’aller aux obsèques de ses propres parents. C’était la preuve qu’elle ne pouvait pas compter sur lui dans les moments difficiles. D’une bourrasque, sa rage se mua en un énorme tourbillon, un prodigieux ouragan venant du fond d’elle-même. Magalie était seule, mais elle allait s’en sortir ! Prenant la résolution de se lancer à fond dans ses études, rien ne pourrait la détourner de son objectif : l’examen en septembre. Discipline. Elle s’entoura d’une bulle à l’épreuve des émotions, du stress, des maladies, des hommes, des baisers et de l’amour. Magalie se retira au plus profond de son être et se retrouva comme dans l’œil d’un ouragan, dans ce calme terrifiant, ce blanc si puissant au cœur de la tempête. Rien ne peut arrêter un cyclone.

Horaire radical de cours et d’étude, alimentation saine entrecoupée par quelques séances de jogging par semaine. Elle ne s’offrait un répit que le samedi matin pour faire les courses strictement nécessaires à sa survie et, le soir, elle allait seule au cinéma. Elle vit presque tous les films du grand écran. Apollo 13, Cœur Vaillant, Pocahontas. Bons ou pas, n’importe quel film pour se distraire et se rafraîchir à l’air climatisé. Elle ne voulait pas s’arrêter, car la peine qu’elle avait frigorifiée au centre d’un énorme bloc de glace risquait de dégeler. Elle parlait si rarement que sa voix semblait parfois rauque.

Les étudiants formèrent des équipes pour la révision finale avant la date fatidique. Ce furent les seules rencontres qu’elle se permit cet été-là.

Le jour J arriva plus vite qu’elle ne l’aurait soupçonné. Même si les autres étudiants qualifièrent l’épreuve de difficile, Magalie eut l’impression de s’en être bien sortie.

Aussitôt terminée, elle retourna chez elle afin de commencer les boîtes pour déménager à Québec. Une autre étudiante de troisième année en comptabilité devait occuper son appartement quelque temps plus tard. Magalie était attendue dans un bureau privé de Québec pour réaliser son stage.

En s’en allant vers la capitale, à bord de sa voiture pleine à craquer, elle ne fit qu’un seul arrêt à Saint-Lambert. Elle laissa, chez la mère d’Olivier, un carton qui contenait quelques bricoles qu’il n’était même pas venu chercher.

« Entre Magalie, entre donc prendre un café avec moi », l’avait invitée madame Dumontier à travers la brume de son ivresse. Avoir une conversation avec elle était la dernière chose dont Magalie avait envie. Madame Dumontier, alcoolique, divorcée, frustrée, déprimée, accrochée à son fils unique qui la négligeait autant que son mari l’avait fait du temps de leur vie commune. Magalie essayait de garder ses distances et elle se servit de son voyage dans sa ville natale comme prétexte. Elle s’éloigna rapidement de la luxueuse demeure.

Arrivant chez elle en fin de journée, elle dut se taper plusieurs virées pour vider sa voiture bien pleine.

Le lendemain matin, madame Dubois entra dans la maison avec sa clé comme toutes les semaines pour faire le ménage. Elle vit un amoncellement de boîtes de carton dans le hall. Puis Magalie apparut dans l’embrasure de la cuisine, en robe de chambre avec une tasse de café à la main. « Magalie, tu es revenue de Montréal, » s’écria la dame pleine d’énergie qui s’avança vers elle pour lui faire la bise.

« C’est tout ton stock ? Quand es-tu arrivée ?

— Hier en fin de journée. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de désordre, je suis arrivée affamée et épuisée. Alors ça va être notre ouvrage aujourd’hui, madame Dubois, tout ranger ça. Si ça ne vous dérange pas, on ne mettra rien dans le bureau de Sylvie.

— Pas de problème, répliqua-t-elle, ça fait même mon affaire, je n’aime pas entrer dans cette pièce-là. En tout cas, je suis heureuse de trouver une maison plus vivante. Je suis tellement contente que tu sois revenue. »

Le lundi suivant, par un matin typique d’automne à Québec, Magalie, vêtue d’un nouveau tailleur du même gris anthracite que les nuages dans le ciel, se présenta pour sa première journée de travail.

Elle reprit le même rythme discipliné en troquant les heures d’études contre des heures de bureau.

Elle trouvait que ce style de vie lui convenait très bien ainsi qu’à ses patrons, plus que satisfaits de cette jeune stagiaire zélée. Il ne lui restait plus qu’à attendre le résultat de son examen.

Un soir, en revenant du travail, elle écoutait la radio dans la voiture. L’animateur discutait du référendum devant avoir lieu cet automne-là. Magalie songea que son père devait se retourner dans sa tombe, lui qui avait toujours été fédéraliste. Même si le débat faisait rage partout au Québec, Magalie ne se sentait pas concernée.

Parfois, elle arrivait vraiment à oublier la mort atroce de sa sœur, mais l’inspecteur Duclerc l’appelait régulièrement pour la tenir au courant. En fait, elle s’interrogeait sur la raison même pour laquelle il téléphonait, car il n’avait vraiment rien de nouveau à lui apprendre. L’enquête piétinait sauf pour un nouvel indice.

« Un autre voisin a vu une voiture probablement la même que votre voisine d’en face. Mais il a pu dire qu’elle était rouge. Connaissez-vous quelqu’un qui possède une voiture rouge ? avait demandé le policier.

— Oui, moi !

— Effectivement, mais qui, à part vous, dans l’entourage de Sylvie ?

— J’y réfléchirai, mais je vous ai dit que sa vie sociale était limitée et je n’ai pas rencontré les gens de son milieu de travail à part aux funérailles. »

Un samedi, en début d’après-midi, Magalie, sortait les sacs d’emplettes de sa voiture lorsqu’elle vit la petite Stéphanie marcher, donnant des coups de pied à toutes les feuilles mortes qui se trouvaient sur son chemin.

— Allô, comment vas-tu, ma belle Stéphanie ?

Celle-ci aida Magalie à entrer ses sacs dans la maison, en maugréant qu’elle allait bien.

— Que dirais-tu d’un chocolat chaud ? lui offrit Magalie.

Le visage de la petite s’éclaira : « Comme lorsque tu me gardais ! »

Puis Magalie se rappela l’impression qu’elle avait eue aux funérailles. Elle songea que ça serait une bonne idée d’avoir une petite conversation avec cette enfant-là.

Quelques instants plus tard, devant leur tasse, les deux filles avaient fait le point. Elles avaient discuté de l’école, des cours de gymnastique de Stéphanie et des garçons si idiots de sa classe.

— Eh bien, crois-le ou non, mais un jour, tu verras que ces « fulls cons » vont changer. Ils deviendront aussi gentils que ton papa.

— En parlant de papa, est-ce que je peux l’appeler ? Il ne sait pas où je suis.

Après l’appel, Stéphanie se plaignit :

« Il vient me chercher. Franchement, je suis assez grande pour revenir toute seule à la maison. »

Quelques minutes plus tard, lorsque la sonnette retentit, Magalie comprit pourquoi Denis Danserot avait insisté pour venir chercher sa fille. Roux, bedonnant, il avait l’allure typique d’un professeur d’université avec ses lunettes brun foncé et sa veste en tweed.   Un peu mal à l’aise, il demanda à Magalie : « Je sais que ça ne fait pas longtemps, mais si tu penses à vendre la voiture de ta sœur, j’aimerais ça que tu m’appelles. Je voudrais l’acheter. Regarde mon bazou, déclara-t-il en pointant du doigt sa vieille Toyota rouge foncé. Il faut que je change mon auto avant qu’elle ne me lâche.

— D’accord, je ne suis pas pressée de régler ça, mais je vous téléphonerai quand je serai rendue là. »

Magalie se dit qu’il faudrait faire évaluer la voiture pour avoir une idée du prix et de son état. Mais c’était la dernière chose dont elle avait envie de s’occuper.

Durant la semaine qui suivit, Denis revint à la charge à quelques reprises. Elle finit par céder. Elle sacrifia son samedi matin pour aller au garage afin d’obtenir une estimation de la BMW. Tout de suite en sortant de l’atelier, elle se rendit chez Denis Danserot pour l’informer de ses conditions de vente. Elle stationna la voiture devant chez lui. Celui-ci raclait les feuilles sur son terrain malgré le vent automnal. Le nez rougi par le froid, il mentionna :

— J’imagine que Sylvie devait faire attention à sa voiture, une belle BM comme ça, mais j’aimerais la faire évaluer par mon mécanicien. Est-ce que tu y vois un inconvénient ? C’est une bonne somme d’argent, tu comprends.

— Pas de problème, rétorqua Magalie en s’attendant à cette condition. Mais elle était rassurée par la rencontre qu’elle venait d’avoir avec le mécanicien qui, lui aussi, avait fait une offre pour acheter la BMW.

Magalie s’était tracassée toute la journée. Ce n’était pas la démarche d’inspection qui la turlupinait. La demande paraissait raisonnable, mais pourquoi voulait-il acheter la voiture de Sylvie ? Elle trouvait étrange qu’il insiste autant. Tout semblait normal dans le comportement de Denis Danserot lorsqu’elle lui avait montré l’auto.

Ce soir-là, après être allée prendre un verre avec des collègues, alors qu’elle se brossait les dents, elle pensa encore une fois à la voiture. Elle était déjà au lit lorsqu’elle se décida à aller fouiller dans la BMW. Le froid et l’humidité avaient envahi le garage. L’éclairage austère, le silence et le désordre du bric-à-brac qui entourait la voiture lui firent ressentir la profondeur de sa solitude. Tondeuse, pelles, sceau, arrosoir, les instruments de jardinage de sa mère, tout semblait cynique et hostile sous la lumière crue de l’ampoule électrique. « Qu’est-ce que tu viens foutre ici en pyjama, pauvre conne ? se sermonna-t-elle. Tu devrais ronfler au chaud dans ton lit. » Cela ne l’empêcha pas de se mettre à quatre pattes pour chercher sous les sièges, vider la boîte à gants, farfouiller dans le coffre arrière. Avec des gestes rapides, sur le bord de la panique, elle se dépêchait, fouillait dans le moindre recoin. Elle voulait en finir au plus vite, car elle détestait l’atmosphère sinistre de ce garage et cette odeur de pneus entreposés. Elle découvrit un grattoir, un quatre litres de lave-vitre à moitié plein et un vieil emballage de tablette de chocolat.

Elle revint bredouille dans sa chambre à coucher et se sentit idiote. Qu’aurait-elle pu trouver ? Pourquoi ce besoin, cette pulsion l’avait-elle poussée hors de son lit ? Denis Danserot y aurait-il caché l’arme du crime ? Franchement, Magalie se sermonna-t-elle, Sylvie a été étranglée. Des mains, c’était des mains qui avaient tué Sylvie. Duclerc le lui avait dit lorsqu’il avait reçu le rapport d’autopsie. Pourquoi penser à une arme ? Il n’y avait rien à dissimuler. Pour quelle raison Denis Danserot aurait-il voulu assassiner sa sœur ? Ridicule. De toute façon, elle n’avait rien trouvé.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 4, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

 

Magalie a eu une conversation avec l’inspecteur Duclerc. Il lui a posé des questions qu’elle n’a pas aimées. Et elle lui a demandé comment sa soeur a été tuée.

 

Chapitre 4

La main de Magalie bougeait dans un mouvement circulaire et perpétuel sur la tête de Grisou, le chat de Gina. Installée ainsi depuis des heures sur le sofa dans le salon de son amie, la jeune femme regardait dans le vide et des larmes coulaient parfois sur ses joues.

« Sais-tu comment elle est morte ? questionna Magalie.

— Bien oui, le policier nous l’a dit hier, rétorqua Gina.

— Je ne m’en souviens pas !

— Il pense qu’on l’a étranglée.

— Oui, je sais, répliqua Magalie.

— Tu viens de me dire que tu ne t’en souvenais pas.

— Je lui ai demandé ce matin comment elle était décédée. Il m’a répondu qu’il nous l’avait dit la veille. J’étais mal à l’aise, car je n’ai aucune trace de ça. Je cherche dans ma mémoire et c’est étrange, c’est comme si c’était effacé.

— Ça doit être le choc, Magalie. Là, tu sais qu’on va devoir commencer à faire des arrangements pour les funérailles.

— Vas-y, Gina, veux-tu m’aider ? Choisis comme si c’était ta propre sœur.

— Je ne peux pas faire ça toute seule, tu dois venir avec moi, Magalie.

— Demande à ton père, il nous a aidées lorsque mes parents sont… De toute façon, c’est lui qui est censé avoir son testament. Si elle l’a fait, je ne suis pas certaine. Tombe fermée et on reçoit les condoléances une heure avant la cérémonie. Ce sont mes uniques consignes. »

Magalie se sentait incapable de voir sa sœur dans le satin blanc de sa tombe. En rêve, c’était bien assez.

Les obsèques eurent lieu à l’église du Saint-Sacrement. Sise sur le chemin Sainte-Foy, c’était un bâtiment de style roman avec ses deux tours et son œil-de-bœuf garni d’un vitrail. Cet endroit avait fait partie de la vie de Magalie. Baptême, communion, confirmation. La dernière cérémonie avait été les funérailles de ses parents. Une fois de plus, elle se remémora cet évènement pénible. En ce jour marquant, elle avait le sentiment de se retrouver environ trois ans plus tôt dans une sensation bizarre de déjà-vu. C’était une journée aussi pluvieuse qu’aujourd’hui. Comme si mère nature s’était déguisée en pleureuse. Magalie avait l’impression que Sylvie était à ses côtés comme aux obsèques de son père et de sa mère. Elle entendait les commentaires que Sylvie aurait chuchotés à son oreille : « Oncle Georges sent encore le gin… tante Rosalie, le parfum cheap… Franchement, ma tante Andrée m’a pincé la joue comme si j’avais douze ans. C’est vrai, j’en avais peut-être onze lorsque je l’ai vue la dernière fois. »  Magalie se retourna, la chercha des yeux et n’arrivait pas à croire que sa sœur était couchée là, au bout de l’allée, dans cette grande boîte garnie de fleurs devant l’autel.

Elle reçut la visite de plusieurs collègues de Sylvie, médecins, infirmières ou employés de l’hôpital et même de quelques patients. L’église était bondée. Sylvie semblait très appréciée de tous. De vieux amis de la famille, des voisins. Magalie revit des gens qu’elle n’avait pas croisés depuis bien longtemps.

Des rencontres furent plus touchantes, comme celle avec Stéphanie, maintenant âgée de dix ans. Elle était venue avec son papa. Magalie avait été sa gardienne favorite et elle était restée attachée à cette petite rouquine aux grands yeux verts. Elle savait que ses parents avaient vécu un divorce pénible quelques mois plus tôt. Sa mère était partie vivre à Toronto. Stéphanie ne l’avait pas revue depuis, et en était très troublée. Quand elle vit son regard plein de tristesse, Magalie en fut encore plus retournée. Elle eut l’impression que quelque chose n’allait pas. Elle ressentit, face à cette gamine, une émotion à la fois vague et subtile.

Le visage rempli de marques de rouge à lèvres, Magalie avait hâte que ce calvaire s’achève. Puis, elle vit approcher Pierre Lormier. « Bonjour, Magalie, ça fait longtemps qu’on s’est vu. Tu me reconnais, Pierre Lormier, le fils des amis de tes parents ?

— Bien sûr, tu n’as pas changé. On a dû se voir aux obsèques de mes parents la dernière fois. Comment vont les tiens ?

— Mon père est décédé d’une crise cardiaque l’an dernier et ma mère fait un début d’Alzheimer précoce.

— Oh ! Je suis désolée, je ne savais pas.

— Non, c’est moi qui m’excuse, en fait, car Joanie, ma femme, est malade et n’a pas pu venir. »

 « Je ne la connais même pas », songea Magalie. Et, comme si le temps s’était arrêté, il lui prit les deux mains et lui dit simplement : « Je suis désolé, je t’offre mes sympathies. » Il lui fit la bise, par-dessus toutes les autres bises. Elle eut l’impression de sortir de sa torpeur pendant quelques secondes. Elle ne sut pourquoi la chaleur de cette poigne, la senteur de cette lotion après-rasage ou la rugosité de cette joue contre la sienne l’émurent autant. « Peut-être est-ce parce que c’est le dernier dans la grande filée ? » songea-t-elle.

Soudain, une odeur familière lui pinça le cœur, celle du parfum de Sylvie. Elle chercha autour d’elle. Qui osait commettre un tel sacrilège ? Puis, elle se calma, tout le monde ne pouvait connaître la fragrance que Sylvie utilisait.

 La cérémonie débuta.

Après la messe, sur le perron de l’église, Duclerc vint offrir ses condoléances et en profita pour la mettre au courant de nouveaux éléments de l’enquête. « Une voisine a vu une voiture de couleur sombre devant la maison le 15 juin pendant la soirée. Ça ne vous dit rien, une petite auto foncée ?

— Non, pas à première vue, mais c’est quand même vague comme description, répondit Magalie en songeant que l’inspecteur n’avait pas vraiment le don de la délicatesse.

— On n’est pas chanceux. La voisine ne s’y connaît pas assez pour identifier la marque de l’automobile et, en plus, elle a avoué avoir des cataractes ! Elle a fait la remarque que c’était la première fois qu’elle observait cette voiture-là devant votre maison. »

Madame Dubois les interrompit. Le visage en larmes, elle offrit ses condoléances à Magalie. C’est elle qui avait découvert le cadavre de Sylvie en entrant dans la maison comme toutes les semaines pour y faire le ménage. « Je vais te rappeler, Magalie, pour le ménage, j’aimerais ça continuer quand même. » Magalie comprit que ce travail était important pour elle, financièrement. « Bien sûr, madame Dubois, il n’y a pas de problème. On va s’arranger. »

Gina s’approcha et madame Dubois la reconnut. « Comme tu es devenue une belle jeune femme, Gina. Ça fait une éternité que je t’ai vue. » Elles discutèrent et, lorsque la vieille dame s’éloigna, Magalie demanda à Gina : « J’espère qu’Olivier n’est pas là. Est-ce que tu l’as vu ?

— Non, répliqua-t-elle.

— Ça ne me surprend pas. Penses-tu qu’il est au courant ? Je ne l’ai pas prévenu. Toi, l’as-tu appelé ?

— Non, mais franchement, Magalie, ils en ont parlé dans tous les médias.

— Dans le fond, je suis contente de ne pas le voir, mais, en même temps, ça me fait un petit pincement au cœur. On a vécu ensemble et il ne vient pas aux funérailles de ma sœur.

— Crois-moi, Magalie, tu mérites mieux », conclut Gina.

Elle ne le vit pas non plus au cimetière. Magalie entendait même la réplique qu’il lui aurait faite pour se disculper : « Moi, tu sais, les partys avec des petits sandwichs dans le sous-sol d’église, ce n’est pas mon fort ! »  Elle se dit qu’elle avait bien fait de lâcher ce salaud.

***

 Quelques jours plus tard, Gina avait forcé Magalie à sortir pour se changer les idées. Assise dans un café terrasse sur la Grande Allée, Gina essayait d’égayer son amie avec peu de succès. Le beau temps avait amené, sur cette artère branchée, non seulement les touristes, mais aussi tous les jeunes fêtards. Une bande de jeunes hommes défilaient sur le trottoir rigolant et parlant fort. Une troupe de filles en jupes courtes, en camisoles légères et en talons hauts les précédaient. « Oh ! Que ça fait du bien qu’il fasse beau, dit Gina.  Toi qui habites Montréal où l’hiver est moins long, es-tu certaine de vouloir revenir à Québec ?

— Gina, il y a à peine deux semaines de différence. C’est écrit dans le ciel que je reviens. Je n’ai pas envie de vivre à Montréal. D’autant plus que, maintenant, je n’ai plus aucun lien là-bas.

— As-tu réalisé ? À part la maison, aujourd’hui, il n’y a rien qui te retient à Québec.

— Je ne suis pas intéressée par la maison, Gina. Non, je veux vivre ici à cause de la qualité de vie. En plus, regarde autour de toi, c’est tellement une belle ville.

— C’est quoi, ton plan ? demanda Gina.

— Bof ! je vais me plonger dans l’étude et tout faire pour réussir mon examen de comptabilité. C’est bête à dire, mais même si je ne suis plus avec Olivier et que Sylvie est décédée, ça ne change pas mon programme. Ensuite, je reviens à Québec, je vends la maison, je m’achète quelque chose de neuf, bien à moi, je me trouve un chum, puis “ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.”

— Si tu as besoin d’aide pour la succession, tu ne te gênes pas.

— Oui, merci. Ton père m’a déclaré la même chose hier après-midi. Ça va devoir patienter quelques mois, lorsque j’aurai mon diplôme officiel. »

Magalie se rappela le décès de ses parents. Elle se remémora un moment en particulier : lorsque les deux sœurs étaient revenues à la maison après la rencontre avec maître Falardeau. L’avocat de leur père venait de leur lire le testament et les mettre au courant du bilan. Sylvie, qui avait les cheveux du même auburn que son grand-père, donnait l’impression d’avoir la tête en feu tellement elle était en colère. Magalie, elle, se sentait ambivalente après cette rencontre. Bien sûr, elle était contente d’avoir un avenir financier assuré, mais elle ressentait de la déception pour sa mère, qui n’avait pas profité de cet argent. Maintenant, Magalie héritait en plus de tous les biens de sa sœur.

Elle ferma la maison sur des Mirettes dans les jours suivants après avoir demandé au voisin de s’occuper de la piscine et du courrier. Magalie discuta avec madame Dubois au sujet de l’entretien de la maison. Et elle fit ses adieux à Gina. « Je vais me concentrer sur l’étude pendant tout l’été. Alors, n’attends pas trop de mes nouvelles, lui dit Magalie.

— Si ça ne va pas, tu m’appelles. Non ! je préférerais que tu m’appelles régulièrement, sinon je serai inquiète. N’oublie pas, téléphone-moi, sinon je vais te harceler.

— Promis.

— Pas de nouvelles d’Olivier ?

— Non, répondit Magalie, mais je crois que c’est aussi bien comme ça. »

Gina décréta : « Tu mérites mieux, tu sais. »

Magalie ne pouvait se douter que Gina parlait en connaissance de cause.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 3, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

 

Magalie s’est rendue à Québec. En arrivant chez sa soeur, elle a rencontré son amie Gina, le docteur Lendro et l’inspecteur Duclerc.

 

CHAPITRE 3

Le lendemain, Louis Duclerc désirait rencontrer Magalie. Il insista pour la rejoindre sur les lieux du crime. Gina la déposa à la maison de sa sœur, car la voiture de Magalie était restée sur la rue des Mirettes. L’inspecteur l’attendait, fumant une cigarette dans sa voiture. La voyant approcher, il sortit du véhicule et écrasa son mégot par terre.

Avec l’air aussi fatigué que la veille, il s’empressa de serrer la main de Magalie. Les scellés sur la maison avaient été enlevés. Les gonds de la porte grincèrent lorsqu’ils entrèrent dans le cottage anglais. « Comme je vous ai dit hier, on a retrouvé votre sœur dans le bureau ici. » Magalie évita de regarder vers cette pièce et se dirigea au salon vers la gauche. Ils s’installèrent dans chaque fauteuil. « Êtes-vous certain qu’elle a été assassinée ?

— Effectivement, l’autopsie va le confirmer. Ça va être fait à Montréal probablement lundi prochain. Effectivement, le corps devrait arriver mardi de Montréal. »

— Pourquoi Montréal ? demanda Magalie.

— Dans les cas de meurtre, les autopsies sont toujours faites à Montréal. Si je voulais vous rencontrer, c’est que j’ai quelques questions à vous poser. Je voulais discuter d’une chose en particulier. Je suis allé à la banque de votre sœur, hier. Elle aurait retiré de l’argent d’un guichet automatique vers dix heures le soir du 15 juin. Mille dollars. Nous avons fouillé la maison de fond en comble, effectivement, ainsi que son bureau à l’hôpital. Nous n’avons trouvé ni cet argent ni la carte bancaire. Auriez-vous une idée de l’endroit où est la carte et où elle aurait pu cacher ce montant ou de la façon dont elle aurait pu le dépenser ? »

Le sac à main de Sylvie pendait à la poignée de la porte de son bureau. Magalie ne put s’empêcher de le fouiller malgré ce qu’il venait de lui dire. Elle sortit le porte-monnaie et l’ouvrit en le montrant à Louis Duclerc.

« Vide », déclara-t-elle en regardant chaque pochette.

— C’est ce que je vous ai dit, on a fouillé partout, renchérit-il. » Magalie se dirigea vers le bureau. Elle s’arrêta devant la porte fermée, poussa un soupir et se décida à entrer dans la pièce pour chercher dans tous les recoins. Le secrétaire d’acajou était embourbé de papiers pêle-mêle. Magalie souleva le clavier de l’ordinateur, ouvrit tous les tiroirs. Elle jeta un coup d’œil à la bibliothèque, vérifia derrière le coussin du fauteuil fleuri. Puis, elle sortit de la pièce, referma la porte et monta à l’étage toujours suivi par le policier. Le couloir menait à quatre chambres. Elle entra dans celle de gauche. Le lit était défait, le pyjama de Sylvie traînait en boule sur l’oreiller. D’autres vêtements s’empilaient sur un fauteuil et formaient une sculpture surréaliste colorée. Dans un coin, sur le plancher de bois franc, des vêtements éparpillés formaient une montagne de linge sale. Sur la commode, une bouteille à moitié pleine d’eau de toilette Paloma Picasso montait la garde à travers un amas de foulards de soie, de bijoux et de pacotilles. « Je m’excuse du désordre, ma sœur n’est pas très ordonnée. Elle travaille beaucoup, mais ce n’est pas ça le problème. Elle est vraiment désordonnée, ma mère n’a jamais été capable de la dompter. »  Elle vérifia tous les fonds de tiroirs, la table de chevet, elle fouilla dans la garde-robe. « Maintenant, elle réplique tout le temps, je me comprends dans mon bordel. » Elle souleva le matelas en déclarant « C’est bien son style de cacher l’argent là ! Elle a dû le dépenser, car elle gardait son argent dans son porte-monnaie comme tout le monde. Je n’ai aucune idée de ce qu’elle a pu faire avec ce montant. Elle n’a pas parlé de gros achat à faire. Vraiment, je ne sais pas. »

Ils redescendirent au salon. « Votre sœur était célibataire, médecin spécialiste. Effectivement. Pensez-vous qu’elle aurait pu être victime d’un chantage quelconque ?

— Non, je ne vois pas pourquoi.

— Est-ce qu’elle se droguait ? Effectivement ?

— Non, évidemment.

— Est-ce qu’elle buvait ?

— Un ou deux verres de vin, le week-end.

— Est-ce qu’elle avait un amoureux ?

— Non, du moins à ma connaissance.

— Une jeune femme aussi belle qu’elle, toute seule encore à son âge… était-elle homosexuelle ?

— Non, elle a eu une relation, avec un homme, qui s’est mal terminé. C’était pendant ses études.

— Qui étaient ses amis ? »

Magalie devint rouge, écarlate et sentit quelque chose exploser en elle. En une fraction de seconde, l’effet des pilules que Gina lui avait ordonné d’avaler la veille disparut.

« Eh ! Bordel de merde ! C’est elle la victime ! Elle s’est fait tuer et vous l’accusez de tous les maux de la terre ! Comme si Sylvie pouvait se droguer ou être alcoolique ! Dites donc qu’elle était trafiquante d’armes, tant qu’à y être ! Il ne vous est même pas venu à l’esprit que ça pouvait être l’assassin qui a dû prendre l’argent ? »

— Effectivement, c’est une possibilité, effectivement, le vol pourrait être le motif du meurtre, mais nous devons tout envisager. Je suis désolé, mademoiselle. Votre sœur est victime, effectivement. Dans les prochains mois, vous allez en venir à connaître toute l’étendue de cette réalité. Elle était sans doute quelqu’un de très bien, mais nous allons devoir passer sa vie intime au peigne fin. Je vais avoir besoin de votre pleine collaboration.

— Eh bien, vous vous y prenez mal !

— Je suis désolé. Je comprends que c’est pénible pour vous, dit-il.

— Ah oui ! Est-ce que votre sœur a été assassinée, elle aussi ? Vous avez vécu la même chose que moi, vraiment ? »  Le voyant mal à l’aise, elle n’en continua pas moins. « Ne me dites pas que vous savez que c’est difficile, car vous ne savez pas !

— Effectivement. Préférez-vous poursuivre une autre fois ?

— Non, autant en finir tout de suite ! répliqua-t-elle, encore enflammée.

— Est-ce qu’on peut s’asseoir ? demanda-t-il en s’asseyant sur le divan tandis que Magalie s’installait sur un fauteuil à sa droite.

— Bon, effectivement, aucune trace d’effraction. On peut conclure qu’elle connaissait son meurtrier, puisqu’elle lui a ouvert.

— Erreur, Sylvie ne verrouille jamais ses portes, même la nuit. Elle est très distraite, révéla Magalie, qui refusait de parler d’elle au passé.

— C’est ce genre de chose que j’ai effectivement besoin de savoir. On a fouillé la pièce où on a retrouvé le corps. »  Voyant Magalie blanchir, il ajouta : « Euh ! désolé, on a fait le tour de la maison. Effectivement, on n’a trouvé aucun indice. Il semble qu’on n’ait rien volé à part peut-être ces mille dollars. C’est quand même une bonne somme. Vous n’avez vraiment aucune idée de la raison pour laquelle elle aurait eu besoin de cet argent comptant ? insista-t-il.

— Non, comme je vous ai déjà dit. Ce que je peux dire, c’est qu’elle payait plus souvent de cette façon.

— Pourriez-vous vérifier si, effectivement, il ne manque rien dans la maison, dans ses affaires, dès que possible ? Si quelque chose vous semble louche, même si c’est un détail anodin, n’hésitez pas à me le dire. Effectivement, le moindre indice peut avoir une grande importance. Parlez-moi d’elle. Avait-elle des ennemis ?

— Non, c’est ridicule. Elle était docteur, non un gangster ! Je ne vois pas qui aurait pu la menacer. Elle n’était pas homosexuelle. Célibataire endurcie. Comme je l’ai dit, lorsqu’elle était en deuxième année d’université, elle s’est aperçue que son chum, un autre étudiant en médecine, la trompait avec une infirmière. Elle l’a très mal pris. Elle en a échoué son année universitaire. Mes parents étaient très inquiets à son sujet. Elle n’est plus jamais sortie avec un homme depuis ce temps-là. Je me disais qu’un jour ou l’autre, un beau prince lui ferait changer d’avis.   Maintenant, ça n’arrivera plus, dit Magalie, le trémolo dans la voix.

— Avait-elle beaucoup d’amis ou était-elle plutôt solitaire ?

— Elle n’en avait pas tellement. Ses copines sont parties : une à Montréal, une autre aux États-Unis, de sorte qu’elle ne les voyait pas souvent. Je crois que sa vie sociale se limitait au monde médical. Elle travaillait beaucoup, passionnée par sa profession, très consciencieuse. Elle faisait de la recherche. Et elle vient, justement, d’avoir une grosse subvention pour une étude. C’est pour ça que je venais en fin de semaine. Pour fêter ça avec elle. À part ça, elle faisait de la bicyclette en été et un peu de ski en hiver. Elle se sentait responsable de moi depuis que nos parents sont décédés. J’habitais déjà à Montréal quand ils sont morts. J’étais en première année à l’université. J’avais pensé rentrer à Québec à ce moment-là, mais Sylvie m’a encouragée à finir mes études comme prévu. Je me suis fait un chum pas longtemps après et on s’est installé ensemble. Je termine mes études bientôt et j’ai l’intention de revenir à Québec après. On ne fait pas de bons Montréalais avec des Québécois ! Sylvie était absorbée totalement par son travail, alors nous attendions que je finisse mes études pour vendre la maison. Elle voulait s’acheter quelque chose de plus petit. On ne s’est pas vues fréquemment dans la dernière année. Vous savez… la distance et puis mon chum et elle ne s’entendaient pas très bien. On se parlait au moins une fois par semaine. J’avais hâte de revenir à Québec pour passer plus de temps avec elle », confia Magalie, les yeux embués de larmes.

— Quand, effectivement, rentrez-vous à Québec pour de bon ?

— En septembre.

— Avec votre chum ?

— Non, je viens de casser avec lui il y a quelques jours à peine. J’allais le dire à Sylvie et je m’attendais à ce qu’elle soit contente. Je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’elle n’est plus là.

— J’aurais une autre question pour vous. Je ne veux pas que vous le preniez mal, mais effectivement, c’est un point qu’on est obligé d’aborder pour l’enquête.

— Oui ?

— Où étiez-vous le soir du 15 juin ?

Magalie le regarda, haussant les sourcils.

— Oui, bien sûr, vous devez me poser cette question. On se croirait dans un roman policier !

— Vous comprenez, dans la vraie vie, je dois effectivement écrire un rapport et je dois consigner cet élément.

— Effectivement, affirma-t-elle, moqueuse, je suis allée magasiner avec une amie. Après, nous sommes sorties, on a pris une bière dans un bistro et Maude a dormi chez moi. Elle habite en banlieue de Montréal, on était rentrées tard et elle avait quelque chose à faire en ville le lendemain. Est-ce que je dois remercier le ciel… ou Maude d’avoir passé toute la nuit dans mon appartement ?

— Effect…. Euh ! Eh bien, la question ne se pose plus, mais j’aurai besoin de ses coordonnées… pour le rapport… Et votre ami ? C’est quoi son nom ?

— Olivier Dumontier.

— Vous mentionnez qu’il ne s’entendait pas bien avec votre sœur ?

— Oui, mais jamais il ne l’aurait assassinée ! Sylvie croyait que c’était un profiteur, un enfant gâté qui ne prend pas ses responsabilités. J’ai mis du temps à m’en apercevoir et ensuite à l’admettre.

— Bon, je pense que ça va être tout pour le moment, dit-il en se levant.

— Allez-vous me le dire ?

— Vous dire quoi ? demanda Duclerc en la regardant droit dans les yeux.

— Comment a-t-elle été tuée ? »

Chapitre 2, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent:

 

Magalie a rompu avec Olivier suite à un appel téléphonique avec Jean-François. Elle a reçu la visite d’un policier.

 

Chapitre 2

Magalie s’affala sur son divan rose, les yeux humides, un nœud dans le ventre et une lourdeur que ses jambes ne pouvaient plus supporter. En état de choc, tout ce qu’elle voyait, c’était son cadran numérique : neuf heures quarante-huit. Elle ne comprenait pas comment les secondes pouvaient continuer de pulser. Elle savait que le pouls de cette horloge serait buriné à jamais dans sa mémoire. Ce cadran, son livre de comptabilité abandonné à la page soixante-quinze, son marqueur jaune pointant vers les mots « Déduction pour amortissement. »  La boule dans son ventre s’amplifia et elle la sentit se transformer en sanglot, mais rien ne sortit. Elle entendit une porte claquer dans le corridor de la conciergerie. Le bruit résonna dans sa tête, longtemps, comme une détonation.

Clac !

C’était fini pour Sylvie, sa sœur était morte, la porte de sa vie venait de se fermer et elle ne s’ouvrirait plus jamais.

Magalie réalisa qu’elle était désormais seule au monde.

Abandonnant tout, elle saisit sa valise, déjà prête, et quitta Montréal. À Saint-Hyacinthe, elle eut un petit hoquet, à Drummondville, un sanglot et à la hauteur de Trois-Rivières, elle réussit à contenir ses larmes en serrant le volant de toutes ses forces.   Elle alluma la radio et reconnut Nights in white satin de The Moody Blues.

Elle se laissa porter par le rythme de la musique, mais une contraction dans la gorge l’empêcha de chanter. Sans trop comprendre pourquoi, elle eut l’impression qu’une odeur envahissait l’habitacle de la voiture. Paloma Picasso, le parfum de Sylvie. Le souvenir de cette senteur s’empara des narines de Magalie et, comme le refrain de la chanson, il se faufila jusqu’au fond de son cœur.

Le trémolo dans la voix du chanteur fit vibrer le nœud dans son ventre. C’en était trop. Elle ne vit plus la route, ses yeux inondés de larmes, elle entendit un gémissement sortir de sa gorge. Avait-elle déjà dit à sa sœur qu’elle l’aimait ?

La musique blessait ses oreilles.

Elle voyait sa sœur dans sa tombe, endormie dans le satin blanc pour une nuit sans fin.

Elle réussit à arrêter la voiture sur le bord de l’autoroute. Aveuglée par cette image, elle s’éjecta de son siège pendant que la musique continuait dans sa tête.

Elle ne reverrait plus jamais sa sœur. Ses entrailles se changèrent en une énorme boule pendant que les automobiles défilaient à une vitesse folle à côté d’elle. L’odeur obsédante du parfum lui souleva le cœur. La musique à ses oreilles se transforma en un vroum ! vroum ! Le bruit de la circulation lui battait les tympans. Dans un intolérable spasme, elle vomit larmes et déjeuner dans le fossé.

Elle atteignit Québec épuisée avec des crampes dans les bras. Magalie, l’estomac encore à l’envers, roula sur le boulevard Laurier, puis bifurqua sur Holland. Les hélicoptères des érables à Giguère tournoyaient dans l’air embaumé du parfum des tilleuls. Magalie observa des enfants pédaler sur leur vélo, des coureurs qui sillonnaient les trottoirs. Elle les voyait dans cette journée nuageuse, mais elle se sentait en dehors de leur monde. C’était comme si elle les apercevait depuis une bulle hors du temps.

Sur la rue des Mirettes, elle aperçut plusieurs véhicules du service de police. Ceinturé d’une banderole jaune, le vieux cottage de briques rouges à l’ombre des grands érables semblait paisible et immuable.

Magalie gara sa voiture dans la rue et s’avança vers la maison. Un policier en uniforme l’arrêta. Après s’être identifiée, Magalie vit approcher un autre homme habillé en civil. L’inspecteur Louis Duclerc se présenta à elle. Les cheveux en désordre et le visage sévère, il lui brossa un rapide tableau de la situation. Elle le regardait parler, entendait les mots à travers un brouillard sans comprendre un son. Elle remarqua la chemise fripée et le veston mou. Il avait l’air fatigué mais avait un regard intelligent.

Le policier finit par prendre conscience que Magalie ne l’écoutait pas. « Je reviens », glissa-t-il en s’éloignant pour discuter avec ses collègues.

Puis, Magalie fut surprise de voir arriver sa copine Gina.

« Mais qu’est-ce que tu fais ici, Gina ?

— J’ai entendu à la radio qu’il y avait eu un meurtre sur des Mirettes. Alors qu’est-ce que tu penses ? Je suis venue vérifier. Ne me dis pas que c’est Sylvie, s’inquiéta Gina en se mettant la main sur la bouche avec un trémolo dans la voix.

Entendant la réponse de Magalie, Gina, les yeux pleins d’eau, la prit dans ses bras.

« Oh, c’est terrible. Il n’est pas question que tu restes ici, lança Gina. Tu viens t’installer chez moi. »

Les policiers et les techniciens commençaient à quitter les lieux. Duclerc revint vers les jeunes femmes. S’adressant à Magalie, il remarqua son état de choc. Gina se présenta et expliqua à l’inspecteur que Magalie resterait chez elle dans les prochains jours. Il lui donna sa carte et nota le numéro de téléphone de Gina en avisant Magalie qu’il allait la contacter le lendemain. Il se retourna, un collègue l’appelait.

Gina lui demanda s’il avait encore besoin d’elles. « Pas pour le moment, lança-t-il en s’éloignant. »

« Viens, on va aller chercher tes bagages dans ta voiture », ordonna Gina. Les deux filles virent arriver une grosse Mercedes noire dans la rue. Le conducteur, un homme aux cheveux grisonnants, en sortit. Un monsieur chic, complet, cravate et loafers italiens.

Il s’approcha d’elles : « Bonjour, je suis le docteur Lendro, je travaille avec Sylvie Douchard. » Gina fut plus rapide que son amie et se présenta en lui tendant la main.

« Voici Magalie, la sœur de Sylvie. » Il lui serra la main. « En fait, je suis le chef du département à l’hôpital et je m’inquiétais parce que Sylvie était absente hier. »

Il était venu prendre des nouvelles.

Catastrophé en apprenant les faits, il leur demanda s’il pouvait aider. Magalie, toujours dans les brumes du choc, se dirigea vers sa voiture. Elle ouvrit la porte et s’assit à la place du passager. Elle entendit sa copine fournir ses coordonnées au médecin. Gina le dirigea ensuite vers Duclerc. « Peut-être qu’il voudra vous parler. »

Gina rejoignit Magalie.

« Sacrée Gina… deux fois en quelques minutes. Tu ne manques pas une occasion de donner ton numéro ! », déclara Magalie.

— Franchement, Mag, comment peux-tu faire un commentaire comme ça ? Je t’emmène chez moi, on s’en va tout de suite.

— Mais pourquoi veux-tu que j’aille chez toi ?

— Voyons donc, ta sœur vient d’être tuée dans cette maison. Je ne te laisserai pas toute seule, ici, sur une scène de crime. Tu vois le ruban.

— Une scène de crime ? Mais c’est chez nous !

— C’est plein de policiers et as-tu envie de te retrouver en face du meurtrier ?

— Crois-tu qu’il puisse revenir ? demanda Magalie, les yeux pleins d’effroi.

— On ne sait jamais. Allez, on part. On prend mon auto. » Magalie sortit de sa voiture pour prendre la place du conducteur en disant : « Non, je te suis avec la mienne.

— Non ma belle, tu n’as pas une tête à conduire. Tu as l’air à moitié morte, répliqua Gina sans réfléchir. »

Voyant son amie blanchir, elle se corrigea.

« Oh, excuse-moi, Mag, mais tu ne t’en rends pas compte de ton état de choc ! »

Une fois installée dans la voiture de Gina, Magalie s’exclama : « Le chlore. Il faut mettre du chlore dans la piscine. »

 Puis elle se mit à glousser d’un rire nerveux.

« Ma sœur vient de mourir et je pense au chlore ! »

— Oh ! ça ne me surprend pas de toi, tu as toujours tes réflexes de fille organisée, répliqua Gina. Est-ce vraiment important de mettre du chlore là, maintenant, dans la piscine ? »  Voyant l’expression de son amie, Gina marmonna : « D’accord, d’accord, le chlore, allons mettre du chlore. Non, d’après moi, on ne pourra pas mettre du chlore, les policiers ne nous laisseront pas faire. »

Magalie sortit de la voiture et, suivie par Gina, elle se dirigea vers l’inspecteur. « Laisse-nous nous occuper du chlore, Magalie. Une tasse, ça devrait être assez », insista Gina, qui se déplaçait vers l’arrière de la maison avec l’inspecteur. Magalie les suivit.

En discutant de l’entretien de la piscine avec le policier, Gina observa Magalie et vit couler des larmes sur ses joues. Elle suivit la ligne de son regard. Un bikini que plus personne ne porterait désormais pendait bien sec sur la corde à linge.

Dans la voiture, Gina avoua à Magalie : « Sais-tu, je crois que j’aurais été incapable de me rendre à Québec comme tu l’as fait. Tu aurais dû m’appeler.

— C’était déjà prévu que je vienne à Québec, je devais passer la fin de semaine avec Sylvie. Donc, ma valise était déjà prête, mais je dois te dire que j’ai vomi en chemin. En plus, Gina, imagine-toi que ça fait deux jours que j’ai cassé avec Olivier.

— Un malheur n’arrive jamais seul, répliqua Gina en détournant les yeux. » Magalie ne pouvait se douter que son amie le savait déjà.

« Attends, ne pars pas tout de suite », demanda Magalie.

Elle regarda la maison de son enfance.

Les fenêtres et les portes blanches trouaient la façade de briques rouges. La galerie était surmontée d’un auvent blanc et vert au motif rayé qui répétait les couleurs de la fenestration et des volets du deuxième étage. Le bois de chacun de ces volets vert forêt était percé en son centre par une forme en sapin. Sur la gauche, l’allée menait à un garage. Attenant à la maison, il était doté d’une porte aussi blanche que l’ensemble de la fenestration. Devant la galerie, la haie de pivoines roses Kennedy promettait, avec ses boutons, une floraison abondante dans quelques jours.

Une éclosion florale que Sylvie ne verrait plus jamais.

« Ok, on peut y aller, soupira Magalie.

— On va arrêter sur la rue Maguire pour acheter des sous-marins, il n’y a rien à manger à l’appartement.

— J’ai encore l’estomac à l’envers. Comment as-tu su que Sylvie était morte ? Pourquoi n’es-tu pas au bureau ?

— Je te l’ai dit tantôt. En plus, hier, je n’ai pas bien dormi et j’ai décidé de prendre congé cet après-midi. En retournant chez moi, j’ai entendu à la radio qu’il y avait eu un meurtre sur la rue des Mirettes. La curiosité m’a amenée.   Et quand j’ai vu tout le brouhaha dans la rue, je me suis dit, c’est impossible ! »

Magalie observa son amie.

Elles s’étaient connues au début de leurs études secondaires et avaient sympathisé pendant leur premier cours de mathématiques. Elles avaient formé un duo atypique, mais inséparable jusqu’au début de leurs études universitaires. Gina avait étudié à Laval tandis que Magalie avait opté pour l’Université de Montréal. Elles avaient continué à se voir de façon sporadique quand Magalie visitait Québec ou quand Gina se rendait à Montréal. Magalie, grande et blonde, semblait le contraire de Gina, la brunette. Celle-ci arborait une silhouette un peu boulotte à l’époque. Elle était devenue, maintenant, une jeune avocate aux charmes sensuels recherchés. Ses yeux noisette surmontaient des joues recouvertes de taches de rousseur qui n’avaient jamais disparu. Son air espiègle d’adolescente s’était transformé. Que ce fût par l’inclinaison de sa tête, sa façon de se mouvoir ou le rythme de sa démarche, une volupté féminine émanait d’elle.

En stationnant la voiture sur la rue Maguire, Gina dit : « Attends-moi dans l’auto, ça ne sera pas long. »  Elle sortit de la voiture et entra dans le petit restaurant, donna sa commande et pendant qu’on la préparait, elle appela chez elle. Elle entendit son répondeur débiter le message habituel et raccrocha aussitôt, soulagée : ses visiteurs de la veille étaient bel et bien partis.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Chapitre 1, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 1 de La dernière lettre de ma soeur

Six mois plus tôt

Assise à sa table de travail, un stylo à la main, Magalie essayait de se concentrer. Il n’y avait rien à faire, la logique démontrée à la page soixante-quinze de son livre de comptabilité n’arrivait pas à lui entrer dans la tête. La boule qu’elle avait dans la gorge occupait tout son esprit. Magalie se sentait lourde, épuisée.

Pourtant, deux jours plus tôt, son étude allait bien, mais sa vie avait chaviré après cette querelle où elle avait rompu avec Olivier. Tout lui semblait si terne maintenant malgré la lumière de ce soleil de juin qui envahissait son salon. « Étonnant, comment, en un instant, notre existence peut changer ! », pensa-t-elle. Elle était loin de se douter que sa vie prendrait encore un nouveau tournant quelques minutes plus tard.

Elle savait que la couleur de son divan ne pouvait s’être modifiée en moins de quarante-huit heures, mais le voile de ressentiment qui l’accablait était si lourd que le rose du velours de son sofa avait pâli. Ses plantes semblaient molles et avachies malgré les compliments que lui avait faits la veille son amie Maude. Le bruit de la circulation plus bas la laissait amère et malheureuse. Rien n’avait changé, pourtant tout était si différent. Elle lissa le pantalon qu’elle portait. Signé d’un grand couturier, cet ensemble acheté en compagnie de Maude rehaussait le bleu pourpre de ses yeux et mettait en valeur sa silhouette déjà parfaite. Dans la boutique, sa copine lui avait dit d’un air ébahi, en regardant le prix sur l’étiquette : « Eh bien, ma vieille ! Tu vas être serrée dans ton budget pendant les prochaines semaines, mais si ça peut te consoler de ta peine d’amour. » Magalie avait eu un sourire un peu figé. « Zut, avait-elle pensé, c’était peut-être une erreur d’emmener cette Maude magasiner avec moi. » Magalie était économe sauf en ce qui concernait ses vêtements et la mode.

Sa sœur, Sylvie, lui avait fait promettre d’être toujours discrète au sujet de leur situation financière. C’était un conseil prudent que la petite sœur fut contente d’avoir suivi après quelques mois de vie commune. Olivier dépensait à une vitesse fulgurante. Il représentait tout le contraire de Magalie qui adorait calculer le contenu de ses goussets. Bien d’autres antagonismes entre elle et Olivier avaient émergé avec le temps. Elle se félicitait d’avoir eu la force de rompre.

Alors pourquoi, en ce moment, se sentait-elle si tiraillée ? Elle n’avait qu’une seule envie : entendre SA voix. Elle se demanda comment elle pouvait avoir une idée aussi irrationnelle alors qu’elle ne remettait pas en doute sa décision, qu’elle ne regrettait rien.

Cette chicane avait commencé de façon anodine par un simple coup de téléphone. « Salut, Magalie, c’est Jean-François. Est-ce que je peux parler à Olivier ?

— Il n’est pas là. Veux-tu que je lui fasse un message ?

— Dis-lui que ça marche pour le parapente en fin de semaine.

— Le parapente ? avait-elle répliqué, étonnée.

— Oui, le parapente, Olivier a dû t’en parler ?

— Ah ! Oui, oui, avait-elle menti.

— Bien finalement, ça fonctionne, Luc nous prête son chalet au mont Sainte-Anne. Je suis content, j’ai hâte d’essayer ça. J’en rêve depuis trois semaines.

— Ah bon ! dit-elle en se demandant depuis combien de temps Olivier en rêvait, lui.

— Ne t’inquiète pas, Magalie, c’est sans danger. Je vais le surveiller ton Olivier, je vais lui faire porter son casque, je te le promets. Et il n’y aura pas de filles au chalet.

— Voyons, Jean-François, ça va, il n’y a pas de problème. Tu peux compter sur moi pour lui faire le message. » Ça, il pouvait être certain qu’elle allait lui en parler.

Lorsque Olivier était arrivé, il avait franchi la porte, comme d’habitude, avec l’assurance de celui qui sait plaire. Elle ne pouvait s’empêcher de ressentir toujours le même attrait physique que lorsqu’elle l’avait aperçu la première fois dans un cours à l’université. Les cheveux courts et blonds, la mâchoire carrée à l’anglo-saxonne, il possédait un sourire de Dieu et un physique athlétique qu’il prenait grand soin de bien vêtir. Olivier avait du charisme. Les femmes le trouvaient attirant et les hommes le jugeaient sympathique ; tout le monde aimait Olivier Dumontier. Hélas, ce charme qu’il exerçait aussi sur Magalie commençait à s’émousser depuis quelques semaines. Elle en était venue, avec le temps, à connaître sa vraie nature. Olivier était beau comme un vase chinois. Beau et précieux, mais creux et vide. Elle avait cru pouvoir combler ce vide, mais il s’était avéré être un puits sans fond.

Elle attendit qu’il eût enlevé la veste en daim qu’elle lui avait offerte à son dernier anniversaire. Puis, elle lui avait demandé en l’embrassant : « Tu es certain que ça ne te dérange pas trop que j’aille à Québec visiter ma sœur en fin de semaine ?

— Non, non, vas-y.

— Tu pourrais venir avec moi ?

— Tu le sais bien que Sylvie et moi, on est comme chien et chat. Je vais rester ici, je vais aller jouer au squash avec Jean-François. Puis, on ira souper et prendre une bière avec des amis à lui. »

Comment pouvait-il lui mentir ainsi ? De ses prunelles bleues, il la regardait, la fixait droit dans les yeux. Si elle n’avait pas eu ce coup de fil de Jean-François, elle l’aurait cru sans le moindre doute. « Excellent comédien », se dit-elle éberluée. Les soupçons qui pointaient en elle depuis quelque temps en étaient d’autant plus exacerbés. Elle répliqua : « Il y a juste un petit problème dans ton organisation de fin de semaine. Jean-François a téléphoné tout à l’heure. Je doute qu’il puisse aller jouer au squash parce que Luc va vous prêter le chalet et les parapentes vous attendent. » Le visage d’Olivier se figea dans un rictus. « Oups, on dirait que je viens de me faire avoir ! »

— Tu peux le dire ! Est-ce qu’il y en a beaucoup d’autres, de petits mensonges comme celui-ci ?

— Bien non, Ti-Mine.

— Ne m’appelle pas Ti-Mine.

— J’ai pensé que ça t’inquiéterait si tu le savais.

— Cela n’a aucun rapport. La franchise, la communication dans un couple, Olivier, c’est important. Comment veux-tu que j’aie confiance en toi ? Tu passes ton temps à me faire des entourloupettes. C’est comme avec l’histoire de la cocaïne. Après la crise que je t’ai faite, j’imaginais que tu avais compris.

— Tu ne l’as pas digérée encore celle-là. Reviens-en, ce n’est pas grave de sniffer une fois de temps en temps la fin de semaine.

— Non, moi, le seul Coke que je consomme c’est celui qu’on boit en mangeant des chips et des peanuts. Bordel de merde, tu ne te rends pas compte du danger.

— De toute façon, je t’ai dit que je n’en prendrai plus.

— Tu ne prends plus de coke et tu joues au squash avec Jean-François. C’est ça ! Est-ce que je suis une tarte ?

— C’est toi qui passes ton temps à me harceler de questions. Je suis comme un prisonnier. Tu es toujours après moi ! J’ai de la misère à aller boire une bière avec mes chums. »

Tilt !

En entendant ces paroles, Magalie sentit un déclic à l’intérieur d’elle, comme si quelque chose s’était décroché. Une décision venait de se prendre quelque part en elle.

« Console-toi, car là, tu vas pouvoir aller trinquer comme tu veux et quand tu veux. Tu pourras faire du parapente, du parachute et même du bungee si tu le désires. Moi, je m’en contrefiche à présent. J’en ai assez d’un éternel adolescent qui ne pense qu’à s’amuser. Regarde-toi à vingt-sept ans ; tu n’es même pas capable de finir un bac. Depuis que je te connais, tu as butiné de la comptabilité au droit, puis en psychologie et maintenant tu es rendu en sociologie. Branche-toi, Olivier. Arrête de jouer, de faire la fête, fais quelque chose de ta vie ! Tu es incapable de garder un job d’été. C’est moi qui paie toutes les factures à la fin du mois. Je veux me marier et avoir des enfants. Je ne pourrai pas en avoir à cinquante ans quand tu auras peut-être fini de festoyer. Et encore là, ce n’est pas certain que tu auras mûri ! »

En prononçant ces mots, elle avait saisi une valise et commencé à vider les tiroirs et la garde-robe pour foutre les affaires d’Olivier dedans. Car pour cela aussi, elle savait qu’elle ne pouvait pas compter sur lui. « C’est terminé, j’en ai assez et je ne veux plus te voir », lui avait-elle dit en ouvrant la porte. « Ne te fâche pas », avait-il riposté en franchissant malgré lui le seuil.

Bang ! Elle claqua la porte.

Blessé dans son orgueil, il saisit son bagage et partit sans se retourner. Il avait la conviction que la tempête serait calmée dans quelque temps : elle lui retomberait dans les bras, elle serait désolée d’avoir été si dure avec lui. Il connaissait bien la susceptibilité de Magalie. Même si, jusqu’à maintenant, elle ne lui avait jamais fait de si grosse crise, il avait la certitude de pouvoir regagner son cœur dans les prochains jours.

Quarante-huit heures plus tard et quelques centaines de dollars dépensés en vêtements, Magalie ressentait encore un grand vide en elle. Au lieu de se sentir libérée, elle n’avait qu’une envie : qu’Olivier la serre dans ses bras.

Elle se leva pour se servir un verre de jus de fruits, mais, lorsque sa main toucha la porte du réfrigérateur, le carillon de l’entrée la surprit. Elle n’attendait personne. Qui d’autre qu’Olivier pouvait sonner ? Elle s’approcha, silencieuse comme un félin, et regarda par le judas. Elle vit un inconnu.

« Qui est là ? demanda-t-elle à travers la cloison, le cœur battant.

— Police de Montréal.

— Avez-vous votre insigne ? » répliqua-t-elle en ouvrant à l’homme vêtu en civil.

Après avoir effectué les vérifications d’usage, elle le laissa entrer dans son appartement, intriguée. Une myriade de scénarios défila dans sa tête en une fraction de seconde. Olivier avait peut-être eu un accident de voiture ou de parapente ou il s’était peut-être fait arrêter pour possession de drogue.

Lorsqu’elle referma la porte, quelques minutes plus tard, elle s’effondra sur son divan.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Présentation et prologue du roman La dernière lettre de ma sœur

À Lhom


« La famille est à la fois notre refuge et notre plus grande blessure. »

— Carl Jung


Prologue

La musique cessa pendant que Magalie, penchée au-dessus de la cuvette de la salle de bain, vomissait son petit-déjeuner. Tremblante, elle redescendit au rez-de-chaussée, dans le bureau. Elle s’assit de nouveau dans le fauteuil fleuri et relut la lettre.

Qu’allait-elle faire ? Elle se leva pour téléphoner, il fallait qu’elle raconte cela à Gina. Elle décrocha le combiné, mais le redéposa aussitôt.

Comment allait-elle réagir demain face à lui ? Rien que d’y songer, la peur lui nouait l’estomac. Elle reprit la lettre sur le bureau et s’interrogea en la regardant. Après relecture, Magalie avait la certitude d’avoir la preuve du meurtre entre les mains.

Les émotions de la jeune femme tourbillonnaient comme le maelström de flocons qui faisait rage dehors. Elle devait montrer cette lettre à l’inspecteur Duclerc au plus vite. C’était lui qu’elle devait appeler en premier. Elle cherchait encore où elle avait noté son numéro de téléphone quand un bruit la fit sursauter.

On frappait à la fenêtre.

Elle se retourna. Son cœur s’emballa lorsqu’elle vit la silhouette se diriger vers la porte d’entrée, qu’elle n’avait pas verrouillée.


 

Quel est ce texte ?

Eh ! Vous venez de lire le prologue de mon fameux roman, celui pour lequel je travaille depuis les années 90 !

Alors voilà. J’ai décidé de le publier sur le blogue. Le titre est La dernière lettre de ma sœur. C’est un thriller ayant lieu au milieu des années 90. Synopsis en une phrase : Magalie, une jeune comptable, prend son envol dans sa nouvelle vie, mais l’enquête policière sur le meurtre de sa sœur bouleverse bien des choses.

La genèse

La plupart d’entre vous savent que j’ai été optométriste. Lors d’une carrière de 40 ans, il y a des hauts et des bas. Les optométristes au Québec ont vécu des moments difficiles dans les années 90. Un de mes anciens professeurs d’université avait publié, à l’époque, un article dans une revue optométrique. Il y expliquait l’importance d’avoir un passe-temps. Il nous avait raconté que sa passion pour les trains électriques l’avait aidé à garder un équilibre dans sa carrière.

J’ai toujours aimé la lecture et je rêvais de publier un roman comme ceux de mes auteur.e.s préféré.e.s. Alors, je me suis lancée. J’ai fait un plan et j’ai tout écrit à la main sur des feuilles de cahier anneaux lignées. Ensuite, il me fallait le taper à l’ordinateur. Un IBM dans une chambre de mon sous-sol. Bien loin de mon rêve d’écrire dans une maison en Nouvelle-Angleterre face à la mer ! En plus, j’étais très lente pour dactylographier. Mon amie Françoise m’a gentiment offert de le taper. J’ai tout de suite accepté sa proposition et je lui suis éternellement reconnaissante.

Le premier jet

Une fois, le premier jet terminé, je n’aimais pas mon manuscrit. Ce n’était pas comme les livres que je lisais, mais j’étais incapable de dire pourquoi. Alors, je suis allée suivre plusieurs formations, des cours de création littéraire à l’université, des ateliers d’écriture avec Esther Croft, des camps littéraires pendant que mon histoire dormait au fond du tiroir.

À la retraite, j’ai démarré ce blogue qui m’a permis de prendre encore de l’expérience en écriture. Puis, un jour, je me suis décidée à extirper mon histoire de la poussière.

J’ai consulté mon amie pathologiste sur certains détails, plusieurs amis.e.s ont lu une des innombrables versions. J’ai engagé une éditrice, Jennifer Tremblay, que je remercie chaleureusement. Même Lhom, qui n’aime pas lire de la fiction, s’est mis à la tâche et m’a donné des commentaires pertinents.

Aujourd’hui, je suis prête à vous la présenter. Un peu comme un roman-feuilleton, un thriller raconté un chapitre à la fois.

Vous trouverez à la fin du texte un lien pour la table des matières qui reliera chaque chapitre.

Abonnez-vous pour le recevoir chaque samedi matin dans votre boîte courriel.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

À la semaine prochaine!

Phrenssynnes

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Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard

Le dernier article de l’année 2025

Déjà décembre 2025

J’ai ajouté un peu de magie de Noël avec cette petite neige douce.

Ce mois-ci, je vous offre un article plus visuel. Parfois, les mots ne viennent pas, et c’est pourquoi j’ai choisi des photos et des images pour refléter mon humeur. C’est comme une sorte de moodboard. Si vous préférez un mot français, cela peut se traduire par « tableau d’humeur » ou « planche d’ambiance ».

Tel que je l’ai expliqué dans ma dernière infolettre, mon père est décédé cet automne.

Bon, d’accord, il y aura quand même quelques mots… Comme quoi je ne peux m’empêcher d’écrire… Cela me fait prendre conscience que ce sont les images qui m’inspirent souvent.

Un secret révélé

Ma photo « emblème du blogue » s’avère être un selfie avec mon papa. Voici la version non tronquée.

Depuis la pandémie, beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Peut-être aussi dans la vôtre. Cette photo représente la joie de vivre qu’on doit ajouter à notre quotidien, le petit brin de folie qui nous fera sourire un jour.

Phrenssynnes et son papa (crédit photo Phrenssynnes)
Fleurs des funérailles (crédit photo Phrenssynnes)
Photo d'un journal intime(crédit photo Phrenssynnes)
Peinture de ma mère (©Rachel Boilard)

Les images inspirantes

La première photo est un gros plan des fleurs pour les funérailles.

La suite de mon automne a été une combinaison de travail pour la succession et du ménage dans mes objets.

Voici un autre secret à révéler. Je suis une collectionneuse d’objets de toutes sortes. J’ai le défaut d’assigner une valeur sentimentale aux choses. Donc, j’ai beaucoup de difficulté à m’en défaire. Pourtant, ça fait toujours du bien de réaménager l’espace, de faire de la place pour passer à autre chose. Comme preuve, vous pouvez aller lire cet article sur la boîte à souvenirs.

Si je retrouve la photo de ma collection de lunettes, je la publie. Franchement, je serais capable d’ouvrir un musée, mais qui s’intéresserait à un musée portant mon nom?

La deuxième photo représente la preuve que je garde tout. C’est mon journal intime pendant une partie de mon adolescence. Combien d’entre vous ont encore en sa possession son journal intime datant d’aussi longtemps?

La troisième photo est une huile de ma mère. Elle a commencé à peindre après ses 40 ans. J’ai toujours aimé cette œuvre où mon goût pour les couleurs pastel ressort.

Livres vendus 1 (crédit photo Phrenssynnes)
Livres vendus 3 (crédit photo Phrenssynnes)
Livres vendus 2 (Crédit photo Phrenssynnes)
Livres vendus 4 (crédit photo Phrenssynnes)

Les livres

Ces quatre photos sont celles des livres que j’ai vendus. Comme quoi, je m’améliore. Cela m’a arraché le cœur, mais j’ai été capable de me départir de tous ces livres lus.

Pour les personnes qui habitent à Québec, il y a une bouquinerie de livres d’occasion sur la rue Cartier, qui peut acheter vos livres.

Et vous pouvez aussi échanger vos livres chez  Lire et relire.

Cela donne une deuxième vie à vos bouquins et c’est un geste écologique.

Dessin de ©Phrenssynnes
Gizmo, la mascotte du blogue © Phrenssynnes

Les dessins

Bon, il faut croire que j’ai peut-être hérité des talents d’artiste de ma mère. En tout cas, j’ai découvert les vertus calmantes du dessin. Voici deux personnages que j’ai créés. La première n’a pas encore de nom mais, sur la deuxième image, c’est Gizmo. Je lui ai donné le rôle de mascotte du blogue. Donc, vous le verrez probablement de temps en temps soit ici ou sur les réseaux sociaux.

Les décorations de Noël

En finale, voici ce qui nous a occupés, Lhom et moi, cette semaine. Nous avons terminé la décoration de la maisonnée pour Noël.

C’est un arbre traditionnel mais artificiel. Les lumières colorées ainsi que les guirlandes dorées lui donnent un aspect ancien. Les multiples boules et ornements font partie de notre collection depuis… (Oh! non, je ne dirai pas le nombre d’années…)

Certaines boules datent d’un héritage de notre chère tante Kikine. Et plusieurs ornements ont été acquis lors de nos pèlerinages annuels à Ogunquit. Une pour chaque année.

Le bas du sapin est garni de tissus imitant la roche et ornait aussi le fond de la crèche lorsque Lhom était enfant.

Il me reste à cuisiner le party deluxe, les bonbons de Noël, faire le ragoût de boulettes, emballer les cadeaux, cuire la dinde, alouette!

 

Arbre de Noël 2025 (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Lhom et moi en profitons pour vous souhaiter un très joyeux temps des fêtes. Nous espérons que vous pourrez profiter des joies du plein air pendant cette période.

Sapins et ciel bleu (crédit photo Lhom)

JOYEUSES FÊTES

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos proches ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Joyeux Noël et une bonne et heureuse année.

Phrenssynnes

 

Lectures d’automne 2025

Bonjour chers lecteur·rices (je me mets au goût du jour…),

Je profite de cet article pour faire une petite mise à jour concernant le blogue. Étant donné que je travaille sur d’autres projets d’écriture, le rythme des articles sera désormais mensuel au lieu d’hebdomadaire.

Pour ceux·elles que cela intéresse, voici mes autres projets :

  • L’infolettre sur Substack intitulée La chronique de Phrenssynnes.
  • Mon roman, un thriller, en est à l’étape de l’édition.
  • Et j’ai aussi, en chantier, une nouvelle.
  • Je participe également à des rencontres d’écriture avec un groupe de professionnels de la santé.

J’ai accumulé un peu de retard dans tous ces projets, car le mois d’octobre a été rempli d’émotions. Mon père est décédé à l’âge vénérable de 98 ans.

Maintenant, voici mon avis sur mes lectures d’automne.

Suggestions pour vos lectures d’automne

Les vents de sable de Kristin Hannah

Ce que j’ai aimé :

Après la Grande Dépression, une partie des États-Unis a été touchée par des années de tempêtes de poussières. Dans cette fiction, on découvre toute la misère qu’a vécue une Américaine affectée par ces événements. On s’imprègne de l’histoire, on visualise bien les personnages. Kristin Hannah réussit à nous plonger dans l’émotion.

J’ai été déchirée et catastrophée par tout ce que l’héroïne subit.

Lorsque j’arrêtais la lecture de ce livre, je regardais autour de moi et j’éprouvais beaucoup de gratitude.

Ce que j’ai moins aimé :

Le sable, le sable, l’auteure n’en finit plus d’en parler. Il faut dire que la période de sécheresse et de tempêtes dure environ 4 ans, mais il y aurait quelques longueurs à raccourcir.

Je suis aussi un peu déçue de la fin. 

Les vents de sable (crédit photo Phrenssynnes)
Les vents de sable 2(crédit photo Phrenssynnes)

Ce que savent les morts de Laura Lippman.

J’ai découvert cette auteure de roman policier américaine grâce à Austin Kleon

Ce que j’ai aimé :

Intrigue bien ficelée dont je n’ai pas deviné la fin. Un roman d’environ 400 pages, mais sans longueurs. Un point de départ qui suscite beaucoup la curiosité.

Ce que j’ai moins aimé :

Je ne me suis pas tellement identifiée aux personnages. Parfois, on est déçu de finir un roman, car on aime les protagonistes et on n’a pas envie de les quitter. Ici, je n’ai pas eu d’attachement particulier.

Ce que savent les morts (crédit photo Phrenssynnes)
Ce que savent les morts2( crédit photo Phrenssynnes)

L’affaire Alaska Sanders de Joël Dicker

J’aime beaucoup Joël Dicker mais il m’a déçue dans L’énigme de la chambre 622 et La disparition de Stephanie Mailer. Par contre, j’ai adoré son fameux succès : La vérité sur l’affaire Harry Quebert ainsi que la suite, Le livre des Baltimore.

Ce que j’ai aimé :

Dans L’affaire Alaska Sanders, publié en 2022, on retrouve Marcus Goldman. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai beaucoup aimé ce roman. On s’attache à cet antihéros, l’écrivain à succès qui a de la difficulté à gérer sa réussite, malheureux en amour et pris dans la nostalgie de ses dernières histoires. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est l’humanité des policiers. Certains sont véreux tandis que d’autres ne sont pas dotés d’un grand quotient intellectuel. Et leurs collègues doivent naviguer, gérer les bourdes et les frasques de l’un ou l’autre.

À la fin, on a encore envie d’une autre histoire avec Marcus Goldman.

Ce que j’ai moins aimé :

En fait, pas grand-chose. Bien sûr, l’intrigue n’en finit plus d’avoir des rebondissements mais ce n’est pas trop tiré par les cheveux.

L'affaire Alaska Sanders (crédit photo Phrenssynnes)
L'affaire Alaska Sanders 2 (crédit photo Phrenssynnes)

Respirer de James Nestor

James Nestor est un journaliste qui avait beaucoup de problèmes respiratoires. Dans ce livre, il raconte son parcours et ses recherches journalistiques sur les bienfaits de différents exercices respiratoires.

Ce que j’ai aimé :

Même si vous n’avez pas de problème respiratoire, vous aimerez le ton jovial, humble et bienveillant. On admire l’étendue de sa démarche scientifique et toutes ses anecdotes amusantes.

Ce que j’ai moins aimé :

C’est de l’avoir emprunté à la bibliothèque au lieu de l’avoir acheté!

Respirer (crédit photo Phrenssynnes)
Respirer 2 (crédit photo Phrenssynnes)

Secrets Boréals de Anna Raymonde Gazaille

Ce livre a gagné le prix Saint-Pacôme du roman policier en 2022.

Ce que j’ai aimé :

Au début du livre, on alterne entre deux histoires à chaque chapitre. Ce qui donne du mystère à l’intrigue. Les histoires se relieront à la fin de l’œuvre.

Le personnage de Brigit est énigmatique. On a une envie de découvrir ce qu’elle a vécu.

L’écriture est juste assez dosée de poésie lors des descriptions de la beauté boréale. Le récit s’avère bien structuré, ce qui nous amène à vouloir découvrir les secrets de Brigit.

Ce que j’ai moins aimé :

Sans vouloir vous en dire trop, j’aurais mieux aimé une autre fin. Mais je vous recommande quand même cette belle lecture.

Je ne connaissais pas cette auteure, c’est un bon filon !

Secrets Boréals (crédit photo Phrenssynnes)
Secrets boréals 2 (crédit photo Phrenssynnes)

Les disparus de la Durance de Sandrine Destombes

Je découvre une autre auteure. Sandrine Destombes est une écrivaine française qui a publié une dizaine de romans. Un bon nom à retenir si vous aimez les livres policiers.

Ce que j’ai aimé :

C’est une histoire dont l’action a lieu en France et la Durance est une rivière qui se jette dans le Rhône. J’aime beaucoup ce pays et l’on s’y sent transporté dans ce bouquin.

L’intrigue de départ s’avère un peu glauque, mais on s’y accroche. Le personnage de Martin Vaas attire notre sympathie ainsi que tous les membres de son équipe. Leurs dialogues sont empreints d’humour et d’ironie.

Le rythme du récit avance sur une bonne cadence.

Ce que j’ai moins aimé :

Le côté très lugubre des meurtres s’avère parfois difficile.

Les disparus de la Durance (crédit photo Phrenssynnes)
Les disparus de la Durance 2 (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

Citation de Jonathan Franzen (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Lhom nous présente, cette semaine, ce magnifique coucher de soleil de St-Adrews, Nouveau-Brunswick. En souvenir de l’été !

Coucher de soleil (crédit photo Lhom)

J’espère avoir augmenté votre pile à lire !

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bye, bye, jusqu’au mois prochain.

Phrenssynnes

P.S. Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

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Critique de _L’eau qui dort_ : Un Policier Époustouflant

L’eau qui dort de Fiona Barton

Il m’arrive parfois de bouquiner à la bibliothèque de la ville et de choisir un livre au hasard. Je m’attarde sur la couverture, je porte attention à la taille du volume, je lis la quatrième de couverture. Habituellement, c’est ce qu’il me faut pour décider. Étant donné que c’est un livre emprunté, je me réserve le droit de ne pas l’achever. Par contre, lorsque j’en achète un, je m’oblige à le finir. C’est pourquoi à la bibliothèque, je me sens libre de découvrir des auteurs sans aucune recommandation.

J’ai choisi L’eau qui dort de Fiona Barton comme ça, je ne connaissais pas du tout cette auteure.

Publié en 2022 en anglais et en 2023 pour la traduction française, L’eau qui dort est le quatrième roman de Fiona Barton. Née à Cambridge en 1957, l’auteure est journaliste et formatrice.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de L'eau qui dort (crédit photo de Phrenssynnes)
L'eau qui dort sur le bord de la piscine (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

L’écriture de Fiona Barton s’avère fluide avec un bon équilibre dans les descriptions de paysage ou des personnages. On s’envole dans l’histoire sans sauter de phrases comme cela a été le cas avec un autre roman choisi aussi au hasard!

Le livre de Barton est un roman policier ayant lieu dans une petite ville britannique. L’intrigue m’a accroché tout de suite au début.

J’ai bien aimé le personnage principal, Élise King, la policière en charge de l’enquête.

Une femme sympathique dont l’auteure nous montre un peu de sa vulnérabilité. On comprend rapidement que c’est une policière très intelligente.

Citation

« Retourner travailler, voilà ce dont elle avait besoin. Diriger une enquête criminelle, se doper à l’adrénaline et au café froid. Pas à la tisane mémère. Pourtant, ses velléités s’éteignaient lorsqu’elle croisait son reflet dans le miroir : yeux caves et touffes de cheveux hérissés sur le crâne. Elle peinait à se reconnaître. »

Fiona Barton dans L’eau qui dort.

Ce que j’ai moins aimé

J’avoue qu’il n’y a pas grand-chose que je n’ai pas aimé!

Bien sûr, il y a beaucoup de personnages, puisque l’intrigue de ce roman, d’environ 420 pages, est assez complexe. Pourtant, on s’y retrouve facilement.

Il y a bien une chose que j’aurais aimé voir plus développé. Un peu plus de romance dans les amours d’Élise aurait été agréable. Son ex-conjoint l’a quittée pour une femme plus jeune. Et l’on apprend qu’il se fait abandonner par cette nouvelle fiancée.

Dans le prochain roman (s’il y en a un), nous souhaitons plus de bonheur et un peu de vengeance pour Élise.

En conclusion

Voilà un bon roman pour l’été. Que vous alliez à la plage, à la montagne ou sur le bord d’une piscine, ce roman vous divertira.

Recommandation

À lire si

  • vous aimez vous enfuir dans des romans policiers.
  • les histoires se déroulant en Grande-Bretagne vous intéressent.
  • vous désirez encourager la littérature féminine.
  • ou si vous aimez tout simplement lire un bon livre pendant vos vacances.
Livre de Fiona Barton sur le gazon (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Si vous désirez voyager au Québec cet été, voici une photo qui attisera votre envie.  Lhom nous présente la rivière Jacques-Cartier.

Rivière Jacques-Cartier (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cette auteure ?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

 

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book club illustration (credit DIVI)

« The making of » Élicia la princesse

J’ai publié un livre pour enfants

Tel que mentionné dans ma dernière infolettre, j’ai publié en mai dernier un livre pour enfants intitulé Élicia la princesse. C’est une histoire de princesse que j’ai écrite il y a des années pour mes filles. À l’époque, je travaillais sur un thriller, toutefois mes enfants m’avaient demandé de leur écrire un livre pour elles. Nous avions lu ensemble le livre Valentine Picotée de Dominique Demers et je m’étais sentie inspirée. Alors, j’avais inventé une histoire à partir de faits réels que mes filles vivaient à leur école.

Refusé par quelques éditeurs, mon manuscrit avait été accepté dans une maison d’édition qui a fermé avant que j’aie pu signer un contrat…

Ensuite, j’ai suivi des cours à l’université Laval en création littéraire et j’ai rencontré une éditrice qui en a fait la révision. Hum! Elle m’avait donné de bons conseils, mais cela entraînait beaucoup de travail. J’étais une mère de famille qui travaillait à temps plein, nous avions un projet de rénovation pour la maison et, avec tout le tralala de la vie quotidienne, mon manuscrit a abouti dans le fond d’un tiroir.

Livre Élicia la princesse (crédit photo Phrenssynnes)

Pourquoi l’ai-je sorti de son tiroir poussiéreux?

Mais je ne l’ai jamais oublié! Étant donné que j’ai réussi en décembre dernier à publier un petit recueil de nouvelles, j’avais envie de finaliser ce livre qui attendait depuis longtemps. Ma difficulté s’avérait être les dessins. Un livre pour enfant doit absolument avoir des illustrations. Demander à un artiste de me créer des dessins me semblait un obstacle insurmontable financièrement.

Puis, il y a quelques mois, j’ai reçu en cadeau un stylo pour iPad. À l’aide de l’application Wellnote, j’ai commencé à gribouiller. J’ai fait des exercices avec le livre Dessiner grâce au cerveau droit, que j’avais aussi eu en cadeau. Après quelques essais, j’ai découvert que je pouvais dessiner avec un résultat offrant une qualité qui m’a moi-même surprise. J’ai encore beaucoup de travail à faire pour être une vraie artiste, mais la grand-mère en moi s’amuse beaucoup.

Les personnages de mon histoire ont pris forme, j’ai ajouté de la couleur et voilà.

J’ai retravaillé mon texte en ayant en tête les conseils de l’éditrice qui l’avait lu. Les noms des personnages ont changé pour être au goût du jour.

Faire un livre en 2025

Vous pouvez vous procurer Élicia la princesse sur le site Amazon.ca. 

Sur un site internet, nous avons l’obligation de déclarer si nous avons un revenu en recommandant un lien. Ce lien n’est pas affilié mais, puisque je suis l’auteure, je recevrai des redevances.

Grâce à la technologie, j’ai la possibilité de créer par moi-même ce que je désirais depuis longtemps.

Toutes ces avancées technologiques bouleversent le monde du livre comme cela est arrivé dans plusieurs domaines depuis toujours. Mon père aura 98 ans l’automne prochain et imaginez tous les changements auxquels il a dû faire face dans sa vie. Les stations radiophoniques commençaient à peine à diffuser à sa naissance.

Les balais existent toujours depuis l’invention de l’aspirateur.

Quoi qu’il en soit, je suis toujours ouverte à la publication traditionnelle. Si vous êtes un éditeur et souhaitez me publier, vous pouvez me contacter.

 

Un livre pour le plaisir

J’ai publié ce livre pour me faire plaisir mais également à mes petits-enfants. En sous-titre d’Élicia la princesse, il est écrit que c’est une histoire aussi pour les garçons et faire sourire les parents.

J’espère qu’il plaira autant aux grands-parents!

Je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre participation et votre intérêt à mes projets d’écriture.

Vous avez toute ma gratitude, je suis reconnaissante du temps que vous avez consacré pour lire le blogue et pour votre contribution à sa popularité.

Comme toujours, j’attends vos commentaires avec plaisir.

Phrenssynnes

Château et Élicia la princesse (© Francine Boilard)

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Suggestions de lecture du club, printemps 2025

Des suggestions de lecture pour l’été

L’été sera là bientôt et c’est une saison fantastique pour lire.

Un bouquin, c’est comme un ami.

J’adore la lecture et j’espère vous partager cette passion.

C’est une activité relaxante que vous soyez à la maison ou en voyage.

Dans ce billet, je vous propose les dernières recommandations de mes copines.

La relieuse d'Oxford (capture écran de Phrenssynnes)

Suggestions de lecture de madame A

Madame A a lu La relieuse d’Oxford de Pip Williams et elle a adoré ce bouquin. Ce livre raconte l’histoire d’une jeune femme d’un milieu pauvre pendant la Première Guerre mondiale. Une intrigue où l’on découvre une amitié entre deux jeunes femmes originaires de milieux différents et le bouleversement dans leurs vies lorsque des réfugiés arrivent. Une oeuvre où la solidarité entre femmes est valorisée.

Suggestions de lecture de madame Na

Étant donné qu’elle ira bientôt se promener à Amsterdam, madame Na a lu Le journal d’Anne Frank. Publié la première fois en 1947, c’est un des livres les plus lus au monde, puisqu’il a été vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

Madame Na nous suggère aussi Les plus beaux jours de nos viesun roman feel-good de Lucy Diamond. Une lecture légère dans laquelle vous aimerez plonger tout en restant sur le bord de la piscine!

La prof de Frieda Mc Fadden s’avère un thriller aussi passionnant que La femme de ménage.

Et le dernier bouquin lu par madame Na est La symphonie des monstres du français Marc Lévy. Une histoire troublante de kidnapping d’enfants ukrainiens par les autorités russes.

Suggestions de lecture de madame W

Petite Nature de Perrine Leblanc est la première lecture de madame W. Un recueil de textes sur les bonheurs quotidien de l’auteure qui vit en Gaspésie. Son écriture sensible et réconfortante a beaucoup plu à madame W.

Dans un registre plus littéraire, Peuple de verre s’avère une fiction troublante sur la gestion sociale des sans-abris.

Danser sur le fleuve écrit par Marie Paquet est un roman où la présence de l’eau domine les mots.

L’auteure s’est inspirée du Saint-Laurent pour l’écrire, mais elle a peut-être été influencée aussi par le lac Saint-Jean, puisqu’elle est originaire du Saguenay.

Les suggestions de madame Ni

Madame Ni a lu énormément cet hiver.

Deux ouvrages d’Éric-Emmanuel Schmitt: Les deux messieurs de Bruxelles et La rivale. Des histoires à tendance philosophique et humaine qui sont tout à fait dans le style de l’auteur bien connu.

Ce que je sais de toi d’Éric Chacour, qui a gagné le Prix des cinq continents de la francophonie en 2024. C’est un roman avec une narration particulière. Le lecteur ne cesse de s’interroger sur un des narrateurs.

Charlotte de David Foenkinos raconte l’histoire d’une jeune femme morte pendant la Deuxième Guerre mondiale dans un camp de concentration. Le récit est inspiré de la vie de Charlotte Salomon.

Là où fleurissent les cendresest le deuxième roman écrit par Nguyen Phan Que Mai. Les thèmes de l’intrigue sont les naissances dites amérasiennes, c’est-à-dire des enfants nés de femmes vietnamiennes et de pères militaires américains. Cette écrivaine est aussi poétesse et elle a gagné plusieurs prix pour ses livres.

Le ver à soie est le premier d’une série policière créée par Robert Galbraith, pseudonyme de J.K. Rowling. Madame Ni l’a si aimé qu’elle a l’intention de lire la suite des aventures du détective privé Cormoran Strike.

Et, finalement, madame Ni a lu La conquête de la Palestine de Rachad Antonius. Elle voulait connaitre le point de vue palestinien dans l’espoir d’être mieux informée. Sa conclusion? Elle en sait un peu plus, mais elle est tout aussi confuse sur ce conflit perpétuel.

Les suggestions de lecture de Phrenssynnes

Quant à moi, j’ai présenté également plusieurs livres.

Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard est l’histoire d’une jeune femme à la recherche de sa mère qu’elle n’a jamais connue. Une histoire dont l’intrigue a lieu en Gaspésie. Une intrigue amusante pour les dialogues avec l’accent typiques des personnages colorés de l’endroit. Une fiction au goût poétique où l’auteure joue avec tous les mots en lien avec la mer, la pêche, les tempêtes, la voile. Bref, tout ce qui s’attache à l’eau salée.

Si tu m’oublies de Toni Behar est une intrigue légère avec une note romantique dont l’héroïne principale est ophtalmologiste. Vous devinez pourquoi je l’ai choisi! L’action se déroule en France, en Espagne et aux États-Unis.

Je me suis lancée dans le fameux best-seller La femme de ménage de Freida McFadden. Moi, qui suis une amatrice de ce genre, je n’ai pas été déçue et je vous le recommande.

J’ai lu un nouvel auteur pour moi : Julian Fellowes. Son roman Passé imparfait a été un véritable délice. Fellowes est surtout connu pour avoir écrit Downtown Abbey. Passé imparfait s’échelonne sur une quarantaine d’années et nous raconte l’histoire d’un narrateur dont on ne connait jamais le nom. Je le nommerai M. X, il a un humour grinçant à souhait comme un vrai Britannique. L’intrigue permet à l’auteur de nous faire vivre les troublantes années 60 et 70 avec tous les changements sociaux dans la société anglaise.

Je termine avec une citation qui m’a fait bien sourire. Je l’ai trouvée dans le livre que je lis actuellement.

Citation

« Il n’est rien qui soit pour l’homme plus infinie torture que ses pensées. »

John Webster, Le démon blanc

Une petite photo pour terminer

Je vous souhaite une plage pour lire!

Une plage pour lire (crédit photo Phrenssynnes)

Avant de partir en voyage, j’aime lire des romans dont l’intrigue a lieu dans ma future destination. Alors, si vous voyagez l’été prochain, que ce soit en Gaspésie, en Grande-Bretagne, en France, aux Pays-Bas, aux États-Unis, à Bruxelles, en Allemagne, au Vietnam ou au Moyen-Orient, vous avez de bonnes suggestions!

Lesquels de ces livres vous tentent?

Avez-vous un club de lecture?

Un merci spécial à mes amies du club de lecture, j’aime beaucoup ces moments passés avec vous!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Phrenssynnes

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Mon top 10 pour 2024

Dans l’esprit du top 10 des lectrices du blogue Collectif polar, j’ai décidé de participer à la suggestion de Geneviève Van Landuyt, l’auteure du site. Elle travaille à la bibliothèque Parmentier à Paris et coordonnatrice de Collectif polar.

Je vous invite à aller voir les différentes suggestions de lecture des autres lectrices.

#1 François de Bro Blog Black.

#2 Alexandra de Les blablas de Tachan.

#3 Emmanuelle.

#4 Le blogue d’Aurelalala.

 

Le top 10 en 2024

Voici mon top 10 des livres lus en 2024.

1. Intérieur nuit de Marisha Pessl. J’ai été éblouie par son sens artistique.

2. La mer de la tranquillité d’Emily Saint-John Mandel. Un roman dont l’intrigue a lieu dans l’avenir sans être un livre de science-fiction.  Emily est une auteure à suivre.

La mer de la tranquillité (crédit photo Phrenssynnes)
Livre Intérieur nuit sur fond gris (crédit photo Phrenssynnes)
Couverture 1 La prisonnière du temps (crédit photo Phrenssynnes)

3. Un été à Nantucket d’Elin Hilderbrand. J’ai adoré l’aspect historique et féministe de ce bouquin.

4. Le serment (tomes 1 et 2) de Tom Clancy. Une de ses meilleures histoires et on adore son héros, Jack Ryan.

5. La prisonnière du temps de Kate Morton. Une histoire originale à Londres.

 

La folie des foules (crédit photo Phrenssynnes)

6. Le garçon d’encre de Marie-Christine Chartier. Une nouvelle auteure québécoise à surveiller.

7. Les lendemains de Mélissa Da Costa. Une belle histoire émouvante qui fait du bien grâce à la résilience de son héroïne.

8. La folie des foules de Louise Penny. Une autre enquête de l’inspecteur Armand Gamache qu’on lit avec délice.

9. Billy Summer de Stephen King. Le premier Stephen King que je réussis à terminer! Différent des livres d’horreur que l’auteur a l’habitude d’écrire.

10. Ce que la vie doit au rire de Boucar Diouf. Un délice léger, agréable, plein d’humour et de philosophie.

Photo de Lhom

Lhom nous présente cette semaine une image en lien avec le thème de la lecture. Cette bibliothèque du château de Warwick représente une époque révolue, celle où seulement des hommes visitaient ces lieux de grand savoir!

Bibliothèque du château de Warwick au nord de Londres ( crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous ces auteurs?

Et vous? Quel est votre top 10?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

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Chronique littéraire: Le garçon d’encre de Marie-Christine Chartier

J’ai lu Le garçon d’encre

Le 12 août dernier, j’ai acheté mon livre québécois. Si vous ne comprenez pas le lien avec le 12 août, je vous invite à lire cet article.

J’ai choisi, cette année, un livre de Marie-Christine Chartier, une auteure que je ne connais pas du tout. Le garçon d’encre a obtenu la deuxième place pour les ventes de livres littéraires cette journée-là.

Il y a quelqu’un qui a bien fait son travail!

Je l’ai choisi pour plusieurs raisons. La présentation et l’esthétique du bouquin s’avèrent professionnelles. Tel que vous pouvez le constater, le texte de la quatrième de couverture attise notre curiosité.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture   Le garçon d'encre (crédit photo Phrenssynnes)
Le garçon d'encre 1 (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Pourquoi Maxine n’a pas envie de retourner dans la maison de son enfance?

Notre curiosité est piquée.

Et l’on veut savoir d’où vient le cynisme de l’héroïne et pourquoi elle est si braquée contre le monde, la vie et le bonheur. Avec une écriture fluide et bien rythmée, l’auteure nous fait ressentir des émotions universelles.

J’ai beaucoup aimé la personnalité mordante de Jeannie, une grande amie de Maxine. Ses remarques caustiques ajoutent beaucoup de saveur aux dialogues.

On retrouve beaucoup de mots anglais parsemés dans les dialogues. Mais ce langage représente bien les personnages. Je n’ai pas trouvé ça irritant comme dans le roman Lourdes de Catherine Lemieux.

J’admire l’intelligence émotionnelle de JP, l’ancien amoureux de Maxine.

Bref, j’aime beaucoup les personnages que Marie-Christine Chartier a créés dans Le garçon d’encre. Leur authenticité les démarque.

Le garçon d'encre2 (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

« Peu à peu, le rythme s’accélère, les notes explosent contre les murs de la maison, d’une violence que je ne me connaissais pas, ou plutôt que je ne me permets jamais d’exprimer. »

 

Marie-Christine Chartier dans Un garçon d’encre.

Ce que j’ai moins aimé

J’avoue que je suis un peu déçue de la fin sans pouvoir vous l’expliquer puisque je ne veux pas divulgâcher l’histoire. L’auteure tire l’élastique un peu fort, mais d’un point de vue littéraire, c’est acceptable.

Malgré cela, j’ai envie de lire d’autres livres de Marie-Christine Chartier.

Citation du livre Le garçon d’encre

« Le condo d’Éric offre une des meilleures vues de la ville: le Petit Champlain qui s’étale sous nos pieds, puis le fleuve, et enfin Lévis, sur l’autre rive. Pas que ce soit très beau, Lévis, mais avec les remparts illuminés la nuit, on pourrait se croire ailleurs, peut-être en Europe. Comme un mirage. »

Marie-Christine Chartier.

Photo de Lhom

En lien avec l’histoire de Marie-Christine Chartier, Lhom nous offre cette semaine une photo prise dans le vieux Québec. Près de l’endroit même où se trouvait Maxine dans une scène au début du roman.

Un bateau au vieux port de Québec (crédit photo Lhom)

Recommandations

À lire si :

  • vous prévoyez voyager dans la région du Saguenay prochainement.
  • vous aimez les romans québécois.
  • vous avez envie de découvrir une jeune auteure qui a beaucoup d’avenir.

La connaissiez-vous, Marie-Christine Chartier?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

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Heureuse tristesse

C’est l’automne

Je vous offre cette semaine une autre nouvelle avec une atmosphère aussi mélancolique que la saison automnale. Même si c’est le mois de l’horreur avec la fête de l’Halloween, je me laisse plus submerger par le sentiment de nostalgie que par la peur.

Cette citation d’un célèbre poème de Verlaine m’émeut à chaque lecture.

« Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte. »

Paul Verlaine dans Poèmes saturniens.

Ruisseau l'automne à Stoneham (crédit photo Phrenssynnes)

Une nouvelle pour l’automne

Voici ma nouvelle intitulée Heureuse tristesse :

Heureuse tristesse

La voiture s’éloigne sous le déluge.  Voilà! Il est parti, songe-t-elle.  Il n’aurait pu choisir un soir plus triste.  Une pluie à boire debout, qui embrouille tout derrière le carrelage mouillé.

Le ciel pleure pour elle.

Autre soupir.

Elle s’assoit face à la fenêtre et réussit à ouvrir son nouveau livre. Avant de le commencer, comme à son habitude, elle va à la fin et consulte la toute dernière phrase.  Elle n’y pige rien, évidemment. Par contre, elle croit que, telle une graine, cette ultime phrase contient tout le récit.  Elle essaye d’imaginer le roman. Quand elle arrivera à la dernière phrase, pour la deuxième fois, après avoir parcouru la fiction, elle en comprendra toute l’étendue. Comme par magie, elle connaîtra toute l’histoire.

Puis, elle amorce sa lecture des premiers mots du bouquin, l’incipit, qu’elle reliera aussi un deuxième coup.

Ce soir, elle a vécu une dernière phrase, se console-t-elle.

La tristesse de cette veillée pluvieuse lui serre le cœur. Elle le savait, s’y attendait, mais pas à une telle intensité.

Elle a fourni tant d’effort pour remplir son existence.

Au moment du départ, elle a choisi de demeurer là pour lui souhaiter bonne chance, bien lui montrer la fierté et la confiance qu’elle a en lui. Le rassurer, qu’elle ne ressentait ni rage ni furie comme il l’avait craint.

Ce départ est dans l’ordre des choses.

Livre sur sofa (crédit photo Phrenssynnes)

Toutefois, elle se surprend. Elle n’avait pas imaginé la sensation lorsqu’il l’a prise dans ses bras. Tant de serrement dans sa gorge, tant de flou à travers ses larmes, tant de tumulte en entendant le moteur de la voiture démarrer.

Mais elle n’a pas flanché, a tenu bon sous le déluge qui s’abattait derrière la vitre mouillée de son cœur.  Elle a même réussi à sourire en lui tendant la boîte de sucre à la crème. Sa douceur préférée qu’elle lui a cuisinée.

Tombe, tombe la pluie.

Elle tourne les pages de son roman, se laisse bercer par le charme des flots diluviens, se cale dans le moelleux de son fauteuil.

Elle sent monter en elle un tendre sentiment de caramel mou et onctueux.

Ce soir, elle a vécu une dernière phrase, une belle finale.

Un vague sourire éclaire son visage en pensant qu’il vit en ce moment le souffle, le devenir, l’élan prometteur des premiers mots d’une histoire. Le début de sa propre épopée.

Elle s’est gardé quelques sucreries. Et tendant la main vers un morceau, elle se dit qu’après tout, la nuit est faite pour pleuvoir, les pages d’un roman pour être tournées et le sucre à la crème mangé.

Sa confiserie avalée, elle déguste ce sentiment avec une heureuse tristesse.

Et se laisse bercer par la plénitude de cet aboutissement qu’est le départ de son fils, devenu un homme.

Photo de Lhom

Dans le thème automnal de cette semaine, Lhom nous présente cette photo remplie de feuilles multicolores prise près de Lenox, Massachusetts.

Sentier d'automne (crédit photo Lhom)

Je vous remercie d’avoir lu ce texte.

Si vous l’avez aimé, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

 

 

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Comment trouver un bon livre

Comment se choisir un livre?

La lecture est une activité agréable et bénéfique. Tel que j’en ai déjà discuté dans cet article, vous pouvez profiter des avantages de la lecture dans plusieurs domaines de votre vie. Que vous soyez à la retraite ou un travailleur acharné, lire vous apportera des moments de bonheur.

Pour quelqu’un qui ne pratique pas ce passe-temps, il peut parfois être ardu de commencer. On ne sait pas quoi lire, on ne sait pas où se les procurer, quels sont les grands classiques à privilégier? Comment connaître les dernières parutions?

J’essayerai dans cet article de répondre à vos interrogations.

Des lunettes roses pour lire La puissance de la joie (crédit photo Phrenssynnes)

Les grands principes

Le plaisir

 

Lorsqu’on veut commencer à pratiquer un passe-temps, l’important est d’y aller avec le plaisir et progressivement. Est-ce primordial de se plonger dans les grands classiques? Non, évidemment. Et vous n’êtes pas obligé, non plus, de vous lancer dans le dernier pavé à la mode, celui que toute la planète lit.

La liberté

 

Lire de la fiction ou des essais? Vous pouvez lire les deux et même passer d’un bouquin à l’autre.

La bibliothèque

 

Inscrivez-vous à la bibliothèque de votre ville. Cela vous permettra d’expérimenter et d’essayer une panoplie de romans, d’essais ou même de biographies.

Dites-vous que lorsque vous débutez un livre, vous n’êtes pas obligé de le terminer! Certains lecteurs donnent cinquante pages d’attention à l’auteur. S’ils ne sont pas captivés après, ils se donnent le droit d’abandonner.

L’emprunt dans une bibliothèque vous permettra d’oser sans investir. Et vous permet d’être minimaliste car partager les livres s’avère être une bonne façon de ne pas s’encombrer. C’est bon pour la planète.

Papier ou numérique

 

Papier

Lire un vrai bouquin en papier offre une expérience sensorielle incomparable. Imaginez être assis confortablement dans un bon fauteuil à côté d’une fenêtre où tambourine la pluie. D’une main, vous tenez votre tasse de thé et de l’autre, votre lecture. Ah! quel plaisir!

Mais, si vous achetez un livre papier, vous devrez lui trouver une place dans une bibliothèque de votre maison. À moins que vous ne le donniez à un ami.

Vous avez aussi l’option de faire une donation dans une boîte de livres. Faites une recherche sur Google Maps et vous pourrez trouver la localisation de ces boîtes.

Biblio encombrée (crédit photo Phrenssynnes)
Ma biblio (crédit photo Phrenssynnes)

Numérique

Le numérique offre l’avantage de la légèreté. Ce qui s’avère pratique lorsqu’on part en voyage et qu’on veut apporter plusieurs livres.

Le poids léger est aussi un bénéfice lors de la lecture.

Un livre numérique n’encombrera pas votre maison une fois que vous l’aurez terminé.

Par contre, il faut apprendre comment télécharger l’œuvre sur votre tablette ou liseuse lors de l’achat ou de l’emprunt. Habituellement, on donne des consignes claires.

Liste de Derek Sivers Capture écran de Phrenssynnes)

Les recommandations de lecture

Souvent les hommes aiment moins lire. Pourtant, la plupart des leaders connus sont de grands lecteurs. Certains rédigent des listes de suggestions d’œuvres littéraires ou d’essais. En voici quelques-unes contenant des œuvres de fiction ou des essais. Ces listes sont en anglais mais vous pouvez souvent trouver une traduction française.

Citation

« La lecture est importante. Si vous savez lire, alors le monde entier s’ouvre à vous. »

Barak Obama

Les trucs pour avoir des idées de lecture

Émissions littéraires

Écouter des émissions littéraires s’avère être une bonne façon de découvrir plusieurs idées.

Cliquez ici pour celles de Radio-Canada.

Balado littéraire

Il existe une panoplie de balados ayant comme thème la littérature.

Cliquez ici pour en découvrir quelques-uns.

La librairie

Devenez ami avec votre libraire du coin. En développant une bonne relation, vous pourrez discuter de vos coups de coeur.

Et vos amis

Demandez à vos amis ou aux membres de votre famille ce qu’ils lisent présentement. Vous serez surpris de toutes les suggestions que vous pouvez récolter.

Icône de Balados (capture écran de Phrenssynnes)
Capture écran collectif polar par Phrenssynnes

Suivre des blogues littéraires

Il existe une panoplie de blogues ayant comme sujet la lecture et la littérature. Vous pouvez fouiner sur des plateformes. WordPress.com regorge d’une panoplie incroyable de sites de ce genre. Voici des recommandations.

Vous pouvez rechercher des groupes ou des clubs de lecture sur Facebook.

Connaissez-vous le site quialu.ca?

Lire des livres anciens ou nouveaux?

Afin de connaître les nouveautés vous pouvez consulter la liste des best-sellers du New York Times. Oui, c’est en anglais mais les traductions sont souvent publiées par la suite.

Vous pouvez vous intéresser aux prix littéraires.

Afin de découvrir des grands classiques littéraires, vous pouvez faire des recherches Internet ou en parler à votre entourage.

J’ai reçu il y a longtemps un livre en cadeau qui m’a fait découvrir Edith Wharton.

N’oubliez pas qu’il existe les grands classiques de la littérature en général mais aussi de chaque langue ou dans chaque genre. Qu’avez-vous envie d’explorer? À vous de choisir.

 

Succès littéraires (crédit photo Phrenssynnes)
Livres anciens (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que je lis présentement

Je lis présentement Les lendemains de Mélissa Da Costa, Lourdes de Catherine Lemieux, Libérez votre créativité de Julia Cameron et L’anatomie du scénario de John Truby. 

Quels sont les livres à lire absolument dans sa vie?

La réponse est simple, ceux dont vous avez envie et qui vous font plaisir!

Photo de Lhom

Lhom nous offre, cette semaine, une photo prise dans un parc de Savannah en Georgie. Hum… Voici un autre endroit pour s’installer avec un bon livre, profiter de la lecture et du plein air.

Parc à Savannah (crédit photo Lhom)

Êtes-vous un lecteur débutant ou chevronné? 

Si vous êtes un lecteur assidu, comment trouvez-vous vos lectures? 

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs, éditeurs ou sites mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

 

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12 août 2024: Achetez votre livre québécois

Le 12 août, c’est l’évènement Achetez votre livre québécois

Étant donné que la journée du 12 août arrive à grands pas, je vous propose encore cette année d’encourager le monde du livre québécois.

Les autres années, je vous ai présenté soit un ouvrage, soit un auteur ou un groupe de livres. Voici les articles des dernières années, cela peut vous donner des suggestions.

2019, 2020, 2022, 2023

Cette année, je vous suggère une liste d’auteurs québécois.

J’ai un souvenir d’une époque où ma sœur et moi, nous nous régalions de romans de science-fiction. Et nous avions découvert Marion Zimmer Bradley. C’est à ce moment que j’ai compris le principe du bon filon. Les lecteurs invétérés savent que l’astuce pour dénicher des bouquins est la trouvaille d’un écrivain prolifique dont on aime les livres.

Voilà pourquoi je vous propose une liste de bons filons québécois.

Le livre de Boucar Diouf (crédit photo Phrensssynnes)
le livre et une théière (crédit photo Phrenssynnes)
Livre de Jean Lemieux (crédit photo Phrenssynnes)

Des bons filons pour le 12 août 2024

Dominique Demers

Elle a écrit beaucoup de livres pour enfants, mais aussi pour adultes. Entre autres, Maïna que j’ai adoré et Le pari.

Martin Michaud

Si vous aimez les romans policiers, Martin Michaud est un incontournable avec sa série Victor Lessard. En plus, j’ai un petit faible pour cet écrivain puisqu’il est originaire de la ville de Québec.

Chrystine Brouillet

J’ai découvert Chrystine Brouillet au début de sa carrière lorsqu’elle a gagné le prix Robert-Cliche en 1982 avec Chère voisine. Depuis, cette auteure ne cesse de m’épater.

Michel Tremblay

Un impératif de la littérature québécoise, si vous ne l’avez pas encore lu, c’est l’occasion de le faire.

Jean Lemieux

Écrivain prolifique, Jean Lemieux a publié plusieurs romans policiers dont l’intrigue se passe aux Îles-de-la-Madeleine. J’ai adoré ses histoires avec le sergent-détective André Surprenant.

 

Livre de Martin Michaud (crédit photo Phrenssynnes)
Le torrent d'Anne Hébert (crédit photo Phrenssynnes)
Livre de Dominique Fortier (crédit photo Phrenssynnes)

D’autres idées pour le 12 août

Patrick Sénécal si vous aimez les romans d’horreur est un bon filon à suivre.

Découvrez Élisabeth Vonarburg, la reine de la science-fiction québécoise. J’ai lu, il y a longtemps, Tyranaël, les rêves de la mer que j’avais trouvé très intriguant.

Le premier roman d’Alain Beaulieu, Fou-Bar, un roman léger, teinté d’humour et de dérision, précède une importante lignée de publications.

Dominique Fortier, qui a écrit une quinzaine de livres, est originaire de la ville de Québec. Titulaire d’un doctorat en littérature, elle est également traductrice et ses livres ont gagné plusieurs prix littéraires.

Profitons de l’évènement du 12 août pour relire les grands classiques québécois. Chaque histoire d’Anne Hébert me rappelle l’odeur des conifères de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Les émotions y jaillissent aussi fortement que les remous de la rivière qu’elle a rendue célèbre.

 

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photographie tout à fait québécoise. Voici une image capturée à partir du chemin de La Liseuse, sur les bords de la rivière Jacques-Cartier. C’est un endroit magique que nous vous invitons à visiter l’été en vélo et l’hiver en ski de fond.

Rivière Jacques-Cartier (crédit photo Lhom)

Et vous? Quel est votre livre pour le 12 août?

Avez-vous d’autres suggestions?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

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L’ostinato

Bonjour lecteur et lectrice,

Je récidive cette semaine et je publie une autre de mes nouvelles intitulée L’ostinato.

Je me suis creusée les méninges sur ce que j’allais publier cette semaine. En fouillant dans mes fichiers, je suis tombée sur ce texte. Tel que je vous en ai parlé il y a quelques jours, suite au décès récent de Paul Auster, on parle beaucoup, ces temps-ci, de son œuvre.

Je me suis inspirée du thème du hasard, souvent présent dans les livres d’Auster, pour retravailler cette nouvelle qui, j’espère, vous divertira.

Cœur dans un café (crédit photo Phrenssynnes)
Cappuccino et La nuit de l'oracle (crédit photo Phrenssynnes)

L’ostinato

Elle entend toujours cette petite ou plutôt cette grande mélodie dans sa tête.  Pas comme un refrain, mais plutôt une obsession fatigante.  Une chanson, un air qui ne la lâche pas, qu’elle ne peut s’empêcher de fredonner depuis des jours.  Et dont elle ne connaît ni le titre ni les paroles.  Non, pense-t-elle, il n’y a pas de mots dans cette musique.  Elle ignore tout en la matière, mais, ça, elle le sait.

Et cette chanson l’obsède.

De toute façon, ça finira par passer, se rassure-t-elle.  Tout comme son chagrin d’amour, tout finit toujours par passer.

Elle se consacre à ses affaires sans trop réfléchir.  Le travail, l’épicerie, le congrès, les impôts, les vacances à venir.  Tout défile dans sa vie et s’accomplit, tac, tac, tac, une tâche après l’autre.  Tout s’emboîte; la gym, le boulot, les amis.  Le tout revêt un certain rythme, mais qui ne fait vibrer personne. Pas même Louise.  Louise qui ne goûte pas, mais se précipite sans cesse.

Et là, depuis quelque temps, cette mélodie obsédante la harcèle parfois jusqu’au plus bleu de la nuit.  Elle ne la connaît pas, mais l’a déjà écoutée, oui, quelque part, elle l’a entendue.  C’est un air célèbre, elle le croit, mais où donc a-t-elle remarqué cette œuvre?  Elle n’a aucun souvenir qui s’y rattache, mais elle prend conscience, sans savoir pourquoi, que cette harmonie la fait vibrer. Elle change son humeur.

Cet air l’aide à se concentrer sur le son des oiseaux qui gazouillent, à être attendrie devant un poupon dans un carrosse.  La musique la réconcilie avec la vue d’un couple d’amoureux qui s’embrassent dans la rue. Elle respire, de nouveau, le parfum de l’été. Par miracle, la routine quotidienne se transmue en une joyeuse chorégraphie sous le rythme harmonieux.

Et Louise se laisse bercer dans la cadence de ce tempo uniforme.

Parfois, la mélodie diminue sans en avoir véritablement conscience.  Régler les conflits au bureau, diriger le département, faire ses courses. Tac, tac, tac, la machinerie reprend le dessus.  Quand le mécanisme grince, elle se dit que ça va passer.  Tout finit toujours par passer.

Ses connaissances musicales presque nulles ne l’aident pas. Elle note sur sa liste de choses à faire de tenter de trouver le titre de cette œuvre.  Par malheur, elle chante si faux qu’elle ne se voit pas babiller l’air devant n’importe qui!  Alors sa petite mélopée reste en elle, lovée dans un petit coin obscur.  Toujours là et lentement, en sourdine, elle la comble.

Par un samedi gris et morne, Louise fredonne dans sa tête tout en bouquinant dans une librairie.  Elle tend la main vers un livre et, alors qu’elle va le saisir, une tierce main croise la sienne. Louise réussit à s’emparer de l’objet avant l’autre.  Elle se retourne et regarde l’intrus.

« Oh! C’est celui-là que je voulais! susurre-t-il.

— Désolée, trop tard, déclare-t-elle.  Il n’y en a pas deux.

— Et vous le prenez?

— Évidemment! réplique-t-elle, sans réfléchir.

En fait, elle n’avait pas la certitude de l’acheter, du moins jusqu’au moment où elle l’a touché.  C’est le contact avec l’objet qui la décide.  Elle caresse le dessus, jamais elle n’a senti une telle douceur. Quel est ce nouveau matériau? L’effleurement de ses doigts sur la couverture bleu nuit la trouble. Comme ce livre semble agréable à palper, songe-t-elle. « Mais allez-vous l’acheter, insiste-t-il avec son plus beau sourire.

— Évidemment que je l’achète! assure-t-elle sans être dupe. »

La passe de la drague à la librairie, elle se l’est déjà fait faire.  Et, elle catégorise l’importun dans la section « beau gars », en plus.  Ce sont les pires, se convainc-t-elle, ils sont assurés de leur charme.  Il s’éloigne, il a compris, tant mieux.

Et la musique s’interrompt tout à coup en elle.  Elle regarde autour, personne n’a tressailli.  Bien entendu. Mais pour elle, c’est comme si l’orchestre s’était arrêté.  Un soupir et elle va payer La nuit de l’oracle.

Dans la file d’attente à la caisse, le moineau ressurgit avec un livre dans les mains qu’il lui tend. « L’ogre de Barbarie de Pierre Brillon, ça ne vous tenterait pas? » Elle le regarde, insultée. « Vraiment? Je pourrais croire que vous me traitez d’ogre! Non, je reste avec mon Paul Auster. » conclut-elle, irritée.

La nuit de l'oracle de Paul Auster (crédit photo Phrenssynnes)

Plutôt que de retourner chez elle, elle décide de s’offrir un café au bistrot à côté de la librairie. Assise, patientant pour son cappuccino, elle examine, comme à son habitude, la toute dernière phrase de l’œuvre avant de la débuter.  Elle aime bien Paul Auster.  Elle raffole maintenant de ses livres. Lorsqu’elle a commencé à découvrir cet auteur, la finale la décevait souvent. Depuis, elle a choisi d’accepter ses histoires qui finissent en queue de poisson.

Café et livre de Paul Auster (crédit photo Phrenssynnes)

Elle termine la lecture de la première page quand devinez qui se pointe dans le bistro bondé en ce terne samedi après-midi? Et Don Juan s’assoit à la table aux côtés de Louise.  C’est la seule inoccupée, mais cela n’en réduit pas moins son irritation.  Elle a le goût de plier bagage tout de suite. Mais elle a atrocement envie de cette tasse fumante. Ce café mousseux qui vient juste d’être déposé à côté de la douce nuit de l’oracle.  Elle se persuade qu’elle a pris de l’expérience pour éloigner les dragueurs depuis sa dernière rupture.  S’il s’attend à ce qu’elle joue la coquette, il va être déçu.  Elle déguste et s’aperçoit du coin de l’œil qu’il a acheté le même livre qu’elle.

— Oh! Bonjour, lance-t-il en la voyant.

 Il sourit et montre l’ouvrage.

— Ils ont réussi à m’en trouver un. Sans rancœur, ajoute-t-il, déployant son aimable dentition.

 En faisant signe au serveur, il commande un allongé et rajoute :

— Alors, comme ça, vous aussi vous aimez Paul Auster.  Moi, j’adore sauf la fin qui aboutit toujours en queue de poisson.

Bon! juge Louise, voilà un séducteur doué de télépathie, je devrai m’en méfier. Elle remet le nez dans son livre tout en sirotant son breuvage.

Quelques pages plus loin, elle songe à quitter les lieux lorsqu’elle entend sa fameuse rhapsodie qui joue dans le café; oh! là! là!  Elle va au moins rester pour entendre sa pièce au complet.  Elle lève la tête, son regard bleu se perd dans les notes de musique et elle savoure.  Il n’en faut pas plus à Casanova pour récidiver. « C’est bon, hein? »

Malgré son agacement, elle ne peut s’empêcher de sourire et de lui demander: « Oui, est-ce que vous connaissez le titre de ce morceau?

— Bien sûr, c’est Le Boléro de Ravel.  Et savez-vous quoi?  Je viens tout juste d’acheter le CD en même temps que le livre! » déclare-t-il en lui montrant le disque compact. « Ah! » répond-elle avec une insondable gaieté.

Première page de La nuit de l'oracle (crédit photo Phrenssynnes)

Les doigts de Louise se mettent à battre la cadence sur le moelleux de la couverture du bouquin. Un profond sentiment de joie de vivre l’envahit soudain dans un crescendo. 

Dans la finale tonitruante de l’orchestre, ses doigts quittent La nuit de l’oracle.  Elle se surprend à lever la main et s’entendre dire : « Garçon! Garçon! Je vais prendre un autre cappuccino, s’il vous plaît! »

Photo de Lhom

Voici une photo prise de Central Park à New York, la ville où Paul Auster a vécu une grande partie de sa vie.

New York par une journée ensoleillée (crédit photo Lhom)

Je vous remercie d’avoir lu ce texte.

Si vous l’avez aimé, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

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Phrenssynnes

 

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Des bons livres pour l’été 2024

Voici des bons livres pour l’été 2024

Êtes-vous à la recherche de bons livres pour lire pendant l’été?

Vous trouverez ici un article pour vous aider à dénicher la perle qui vous accompagnera lors de vos vacances. J’adore m’installer sur le bord de l’eau par une journée caniculaire avec un roman et un verre de limonade. J’oscille entre la chaise longue et la trempette, que ce soit dans la piscine, dans un lac ou dans l’océan. 

Voici cinq suggestions pour agrémenter vos moments de détente.

La nuit de l'oracle (crédit photo Phrenssynnes)

La nuit de l’oracle de Paul Auster

Homme de lettres américain de Brooklyn, il a enseigné à l’université Columbia et a traduit les œuvres de plusieurs auteurs français. Pourquoi lire Paul Auster cette année? Étant donné qu’il est décédé à la fin d’avril, on a envie de se retremper dans ses histoires où l’action se situe à New York. 

Je vous suggère La nuit de l’oracle, où on côtoie un écrivain new-yorkais en convalescence d’une maladie qui l’a plongé dans les dettes et l’angoisse de la page blanche. Tout au long de la fiction, on le suit dans les rues de New York où il finit par retrouver l’inspiration en achetant un carnet bleu dans une charmante papeterie.

Un carnet peut-être aussi bleu que la belle et douce couverture de ce livre?

Le serment 1 de Tom Clancy et Mark Greaney

Si vous aimez les histoires d’espionnage et d’action, vous serez servi avec ce roman du célèbre auteur américain, Tom Clancy.

J’adore son héros, Jack Ryan, devenu, rien de moins que le président des États-Unis. Ce livre, publié en anglais en 2016, nous baigne dans une intrigue d’attentats, de failles informatiques et de patriotisme. Avez-vous vu les séries de Jack Ryan sur Prime Vidéo qui mettent en vedette John Krasinski?

Le serment 1 vous plongera dans un univers géopolitique excitant et vous pourrez lire la suite dans Le serment 2.

Bon livre pour 2024 (crédit photo Phrenssynnes)

Les yeux de Mona de Thomas Schlesser

Cet ouvrage publié cette année par l’historien de l’art Thomas Schlesser représente un bijou de lecture.

La trame met en vedette une petite fille ayant des problèmes visuels qui visite les grands musées parisiens avec son grand-père. C’est un voyage éducatif extraordinaire si vous désirez en apprendre plus sur l’histoire de l’art. La beauté du roman apparaît dans chaque œuvre commentée et décrite afin d’en découvrir l’importance.

C’est aussi attendrissant d’observer l’évolution de cette fillette tout au long du récit.

Les yeux de Mona (crédit photo de Phrenssynnes)
Bon livre pour 2024 (2) (crédit photo Phrenssynnes)

La singularité du bouquin réside aussi dans sa jaquette qui montre les photos des œuvres dont il est question.

Vous aurez envie de vous envoler vers Paris pour voir ces musées extraordinaires.

Livre Les lendemains (crédit photo Phrenssynnes)

Les lendemains de Mélissa Da Costa

L’héroïne de Mélissa Da Costa, Amande, s’isole dans une maison de la campagne française pour couver un chagrin inconsolable.

Le roman nous révèle pourquoi la protagoniste a tant de peine et comment elle finira par se reconstruire après ce drame. Le hasard l’aidera à découvrir de nouvelles relations et un calendrier qui lui permettra, grâce au jardinage, de recommencer à neuf.

Voilà une belle histoire qui vous donne envie d’être en contact avec la nature et qui vous fera ressentir des émotions incroyables.

 

Bien manger c’est tout simple! de Marie-Ève Caplette

Je vous présente un livre de recettes très original. 

Lorsqu’on a le plaisir de vivre longtemps, on se doit d’améliorer la qualité de notre alimentation.

La nutritionniste Marie-Ève Caplette nous épaule avec délice dans ce bouquin plein d’images et de bonnes propositions. J’ai essayé quelques-unes de ses créations qui m’ont charmée. J’ai retenu celles de cretons végétaliens, les toasts à la ricotta, cinq marinades pour le poulet. Vous aurez envie de cuisiner!

Elle nous donne une panoplie d’idées et de trucs pour nous aider à effectuer un virage santé avec plaisir et saveur.

Bon livre de recettes pour 2024 (crédit photo Phrenssynnes)

Si vous désirez d’autres suggestions, visitez la section Phrenssynnes se cultive.

Photo de Lhom

Lhom nous présente, cette semaine, une image du port de Wells dans le Maine où on sent l’air salin de la mer et la joie des vacances.

Nous vous souhaitons de profiter au maximum de votre pause estivale.

Port de Wells (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous ces auteurs?

Avez-vous d’autres suggestions à nous faire?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Je suis reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

 

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Chronique littéraire : La prisonnière du temps de Kate Morton

La prisonnière du temps

J’ai lu La prisonnière du temps de l’Australienne Kate Morton. Elle a publié son premier roman en 2007. En 2019 a paru La prisonnière du temps. Je découvre cette auteure née en 1976 et qui a étudié en littérature victorienne.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture  La prisonnière du temps (crédit photo Phrenssynnes)

Citation de La prisonnière du temps

« Les branches des arbres n’étaient pas droites. Elles croissaient vers la canopée en rubans ondulés. Les troncs étaient couverts de fougères et de lichens ; il y avait là des chênes, mêlés à quelques bouleaux et noisetiers. La lumière striait le sous-bois et l’air semblait vibrer de quelque attente.

Lorsqu’ils atteignirent la clairière, Lucy croyait presque entendre la respiration des feuilles. »

Kate Morton

Ce que j’ai aimé

Couverture 2 La prisonnière du temps (crédit photo Phrenssynnes)

Je me suis laissée séduire par la magnifique image de la couverture.

L’auteure nous attire au début du roman en piquant notre curiosité avec une accroche très captivante, tel que vous pouvez le lire sur la quatrième de couverture.

Le lien entre le passé et notre époque s’avère un délice pour ceux qui aiment l’histoire. Les ellipses, c’est-à-dire les allers-retours entre le présent et le passé, coulent aussi bien que l’eau dans la Tamise. On ne s’y perd jamais.

Plusieurs intrigues structurent la fiction, certaines contemporaines et d’autres dans les temps anciens, donc on ne s’ennuie pas.

Elodie, l’héroïne principale, m’a charmé avec sa personnalité particulière. Elle ne se laisse pas impressionner par le glamour, l’argent ou le snobisme.

J’aime le type d’écriture de Kate Morton, visuelle et dynamique. Elle nous donne envie de visiter Birchwood Manor, de faire un tour en chaloupe sur la Tamise ou de nous promener dans ces lieux envoûtants.

Une des narratrices est un fantôme, on le découvre en cours de lecture. Mais on ne tombe pas dans un excès de surnaturel. La dose s’avère parfaite.

Citation

« Chacun de nous chemine vers son crépuscule. »

Kate Morton dans La prisonnière du temps.

Ce que j’ai moins aimé

Telle la Tamise, les méandres du récit nous font découvrir une pléiade de personnages.

En cours de lecture, je me suis demandé qui était cette Juliet sortie de nulle part et nouvellement parachuté dans l’intrigue. Mais en continuant, on trouve un sens à cette protagoniste.

Je me suis aussi questionnée sur la nécessité littéraire du personnage d’Ada, dont on comprend plus ou moins le rôle dans le développement romanesque.

On se rend compte que cette maison, baptisée Birchwood Manor, représente le vrai fil conducteur de cette fiction dont Juliet et Ada font partie intégrante.  L’auteure met en valeur l’importance des lieux chez l’être humain. En brillante écrivaine, Kate Morton finit par rattacher toutes les trames.

La fin m’a un peu déçue, j’aurais adoré lire plus sur les péripéties amoureuses d’Elodie. Il manque de la prose avec des détails croustillants dans cette partie de l’intrigue.

Qui sait? Peut-être dans un prochain roman?

Couverture 3 La prisonnière du temps (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Voici la photo de la semaine. Lhom nous présente une image de la fameuse Tamise dont il est souvent question dans le roman de Kate Morton.

La Tamise vue de Londres (crédit photo Lhom)

Recommandations

Pourquoi lire La prisonnière du temps ?

  • Vous aimez les romans originaux avec un peu de surnaturel.
  • Si les fictions qui se déroulent en Angleterre vous passionnent.
  • Vous désirez voyager en Grande-Bretagne prochainement, ce livre vous donnera encore plus le goût de partir.
  • Si vous avez besoin de vous distraire avec une bonne histoire, lancez-vous dans ce bouquin.
  • J’espère que ma chronique vous a donné envie de lire cette belle histoire!

Connaissiez-vous cette auteure?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

 

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Stoneham

Introduction

Voici un de mes souvenirs d’enfance qui m’habite chaque été lorsque je m’aventure trop longtemps dans les bois.

Si vous êtes allergiques aux piqûres de moustiques, vous me comprendrez.

Sinon, j’espère au moins vous faire sourire.

Bonne lecture.

Stoneham

 

Des relents de souvenirs réveillent chez moi des sentiments équivoques pour ce lieu charmant qu’est Stoneham.  J’aime l’hiver, le ski, les feux de foyer, la bonne bouffe avec les amis.  Pourtant, existe dans mon esprit une sorte de dichotomie, comme si cet endroit adorable se transformait en un monde si différent l’été.

Boisé Stoneham (crédit photo Phrenssynnes)
Chemin boisé (crédit photo Phrenssynnes)

Chez mon oncle

Nous allions souvent, à l’époque de mon enfance, visiter un oncle, une tante et mes cousins, ces amateurs de pêche, de plein air et de camping.  Ils possédaient un terrain en bordure de la rivière des Hurons, juste à côté de l’église du village.  Mes parents, ma sœur et moi allions pique-niquer avec eux pendant les canicules. De magnifiques journées remplies aussi de maringouins, d’insectes noirs et autres horribles mouches qui raffolaient de ma douce et misérable peau.

À peine sortie de la voiture, je me transformais en une cible mouvante entourée d’une ombre de moustiques. Je devenais comme un mariage d’oiseaux. Une brume d’insectes volait dans une parfaite harmonie avec tous les mouvements de mon corps.  J’avais beau courir de gauche à droite, descendre à la rivière avec mes cousins, galoper autour de la tente, cavaler dans les hautes herbes avec ma sœur, ils ne me lâchaient point.  Mon exquise chair se métamorphosait en un véritable festin pour eux.

La frénésie

 

Mon corps entier venait dans un tel état de crispation, à l’affût du moindre effleurement que provoquaient les pattes de moustique touchant mon épiderme.  Et je ne claquais jamais assez vite. De temps en temps, je criais victoire et mes yeux affolés voyaient une tache de sang auréoler le cadavre aplati de l’insecte maudit.  D’autres fois, je giflais ma cuisse alors que ce n’était qu’un brin d’herbe qui m’avait chatouillé la peau.   Parfois, une perle de sueur qui glissait lentement provoquait la même hystérie.  C’est surtout cet état de tension musculaire qui me rendait folle.  Si mal dans cette peau, véritable aimant à bibitte devenue boursouflée de piqûres.  Et cette rage. Cette frénésie de démangeaison, ce prurit quasi pervers obsédait tous mes sens.  Ah! Quelle jouissance que de gratter ces sales piqûres jusqu’au sang.

Boisé l'été à Stoneham (crédit photo Phrenssynnes)

La tartinade ou la baignade

 

Quelques fois, je laissais ma mère me tartiner de chasse-moustique. Mais mon territoire épidermique déjà à feu et à sang en bénéficiait peu. Et, je me sentais visqueuse et brûlante avec cette odeur si chimique qui me poursuivait toute la journée, si artificielle et incongrue au milieu de toute cette nature.

Ou j’allais me baigner dans la rivière caillouteuse dont l’eau glaciale contribuait à modifier ma contracture.  L’engourdissement gagnait mes pieds et mes jambes, c’est dans un état proche de l’apoplexie que je me mouillais le ventre.  Bravement, je m’enfonçais jusqu’à la nuque. Enfin, plus d’insectes!

Faux, je finissais toujours par en apercevoir des géants avec de très longues pattes qui semblaient glisser sur la surface de l’eau comme d’habiles patineuses sur la glace.  Ces araignées d’eau ne piquaient pas, me disait-on.

Le sandwich

 

Puis les lèvres bleues, la peau rougie de froid, je courais sur l’herbe sèche qui me picotait les pieds, pour atteindre le sandwich jambon moutarde que me tendait ma mère.  Je m’enfuyais aussitôt dans la tente de mon oncle pour enlever mon maillot détrempé en me claquant à qui mieux mieux tantôt une jambe, tantôt un bras, la bobette d’une main, le sandwich dans l’autre.

Et, je zippais rapidement la fermeture éclair du campement, je sprintais, lançant ma croûte de pain dans les airs, pour me réfugier dans la voiture de mon père.  La chaude canicule de l’habitacle réchauffait ma chair de poule.  Après avoir fini d’écraser tous les brûlots qui avaient daigné m’accompagner dans l’automobile, j’observais le restant de la famille goûter des joies du plein air.

Mon corps exténué pouvait commencer à se détendre, une suave léthargie me gagnait, je m’allongeais sur la banquette, en profitant enfin de mon dimanche après-midi.

Mais l’horreur me réveillait toujours un instant plus tard par le harcèlement d’un fatal bourdonnement me vibrant autour de l’oreille…

Photo de Lhom

Cette petite rivière n’est pas celle des Hurons mais Lhom a pris cette photo à Stoneham.

Rivière à Stoneham (crédit photo Lhom)

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Chronique de « Intérieur nuit » de Marisha Pessl

Pourquoi lire Intérieur nuit?

J’ai lu le livre, Intérieur nuit, le deuxième roman publié de Marisha Pessl, une écrivaine du Nord-est américain.

J’aime encourager la gent féminine et je sélectionne des livres où l’intrigue se passe à des endroits que je visite. Donc, je fais des recherches dans ce sens. C’est ainsi que j’ai découvert Marisha Pessl.  Pourquoi l’avoir choisie? Sur un site internet, les noms de plusieurs femmes auteures défilaient.

Deux petites coïncidences m’ont surprise, tout simplement!

Intérieur nuit m’attendait à la bibliothèque!

Depuis que j’ai terminé cette lecture, j’ai décidé d’entamer bientôt La physique des catastrophes.

Livre de Marisha Pessl sur un palmier (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

« L’opacité. Je sais que c’est difficile à comprendre de nos jours, mais le véritable artiste a besoin d’opacité pour créer. C’est d’elle qu’il tient son pouvoir. Son invisibilité. Moins le monde en sait sur lui, sur ses faits et gestes, ses origines, ses méthodes secrètes, plus il est fort. »

Marisha Pessl dans Intérieur nuit

Quatrième de couverture

Je trouve inutile de recopier la quatrième de couverture, je préfère vous laisser parcourir le résumé directement sur cette image. La lisez-vous toujours avant de commencer un livre? Moi, oui.

Quatrième de couverture d'Intérieur nuit (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

« Ma vie était un costume que je n’avais mis que pour les grandes occasions. La plupart du temps, je l’avais gardée au fond de mon placard, oubliant jusqu’à sa présence. On était censés mourir quand les coutures ne tenaient plus qu’à un fil, quand les coudes et les genoux étaient tachés d’herbe et de boue, les épaulettes abîmées par les étreintes, les pluies torrentielles et le soleil de plomb, le tissu élimé, les boutons arrachés. »

Marisha Pessl dans Intérieur nuit

Intérieur nuit sur un palmier (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Page noire (crédit photo Phrenssynnes)

L’audace d’Intérieur nuit

Tout d’abord, lorsque j’ai parcouru le bouquin, j’ai remarqué un fait rare dans un tel type de roman. En feuilletant l’ouvrage, on découvre plusieurs pages avec des images. Vous observerez des rapports médicaux, des photos de chroniques dans des magazines ou des sites internet. En fait, Marisha Pessl a créé ces volets graphiques afin de rendre encore plus réel Stanislas Cordova, un des personnages importants de l’histoire. Il est un cinéaste mythique, très connu, mais également d’une excentricité légendaire. On qualifie ses films de chefs-d’œuvre.

Mais c’est le journaliste d’investigation, Scott McGrath, que nous suivons tout au long du livre. J’aime son scepticisme et son auto-dérision.

Ses expériences sont aussi imagées.

Par exemple, à la page 581 de l’intrigue, Scott éprouve un black-out de trois jours. Or, pour figurer cette perte de conscience, l’auteure a choisi d’insérer dans le bouquin une feuille noire, recto et verso!

J’admire cette fantaisie artistique de l’écrivaine.

Une des choses qui m’a frappée dans cette fiction, c’est la complexité dans la construction des protagonistes.

Pessl a imaginé, non seulement la vie, l’œuvre entière du cinéaste Cordova, mais aussi plusieurs articles de médias à son sujet.

C’est la première fois où je lis un roman où la création des personnages est si approfondie. Et j’admire cela.

Livre Intérieur nuit sur fond gris (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

« Le temps efface de nos souvenirs la plupart des horreurs et des souffrances. »

Marisha Pessl dans Intérieur nuit

 

Ce que j’ai moins aimé

Les italiques

Marisha Pessl utilise l’italique d’une façon inusitée que je n’ai pas tout à fait compris.

Le côté sombre

On perçoit que l’enquête du journaliste Scott McGrath frise l’obsession malsaine.

De plus, lors de sa quête, il découvre un lien avec la magie noire et on sent bien son angoisse avec tout ça.

Le réalisateur Cordova crée des films d’une horreur et d’une violence si terribles qu’on en interdit la diffusion dans les salles de cinéma. Des admirateurs divulgueront l’œuvre devenue ainsi mythique, de façon illégale dans les endroits les plus insolites. Cela prendra une tournure virale sur le nombre d’irréductibles adeptes anormalement obnubilés par l’artiste.

Cela teinte l’histoire d’un côté obscur.

J’ai aimé la finale

Par contre, sans vous en dire plus, la fin nous aligne vers quelque chose de plus lumineux. Du moins, c’est mon interprétation.  Mais, puisque cette fin est ouverte, peut-être en discernerez-vous une autre fin.

Le côté sombre de New York (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Cette photo de Lhom illustre bien la ville où se déroule le roman. La branche symbolise une autre partie de l’intrigue de Marisha Pessl qui se déroule dans la région au nord du Big Apple.

New York City vue côté Nord (crédit photo Lhom)

Recommandations

Je vous recommande de lire ce roman si :

  • Vous aimez lire les histoires qui se déroulent à New York et dans la région de la Hudson Valley.
  • Vous recherchez des fictions où on met en valeur les artistes.
  • Vous voulez encourager la littérature féminine.
  • Vous désirez lire un livre admirablement écrit et bien traduit.

Intérieur nuit est le genre de roman qu’on regrette de terminer parce qu’on aurait encore envie de suivre les héros.

Connaissiez-vous cette auteure?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

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Journée internationale de la femme et jardin d’écrivaines.

Les écrivaines et la Journée internationale de la femme

Étant donné que le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes, mon article hebdomadaire sera consacré aux femmes et à la littérature.

Lire les œuvres d’écrivaines est une façon concrète d’encourager les femmes.

Selon Wikipédia, les sœurs Brontë, Charlotte, Emily et Anne, ont publié sous des pseudonymes masculins.

Selon une biographie, Jane Austen aurait publié dans l’anonymat!

 

Persuasion de Jane Austen (crédit photo Phrenssynnes)

« L’ouvrage paraît donc en 1846 sous des pseudonymes masculins, Currer (pour Charlotte), Ellis (pour Emily) et Acton (pour Anne) Bell. Ce sont des prénoms fort peu courants, mais les initiales de chacune des sœurs sont respectées et le patronyme a peut-être été inspiré par celui du vicaire de la paroisse, Arthur Bell Nicholls. »

Extrait de Wikipédia

« Ayant publié ses romans sous anonymat, Jane Austen ne connaît aucune véritable popularité de son vivant, bien qu’elle soit lue et appréciée par l’élite littéraire de l’époque et jouisse de bonnes ventes et de critiques favorables pour la plupart de ses œuvres. Il faut attendre 1869 et la publication de A Souvenir of Jane Austen (Mes Souvenirs de Jane Austen), signé par son neveu James Edward Austen-Leigh, pour que l’écrivaine fasse l’objet d’un regain d’intérêt en Angleterre. »

Extrait de la biographie de Jane Austen sur le site FNAC.

Livre sur femme et science (capture écran de Phrenssynnes)

Les femmes, l’histoire et la science

Tout d’abord, je vous encourage à lire ces deux livres qui mettent en valeur les femmes dans deux domaines souvent réservés aux hommes.

Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes de Titiou LeCocq. Je l’ai trouvé très intéressant et instructif. Il nous apprend beaucoup de choses sur l’histoire des femmes en France. C’est un essai de 325 pages publié en 2022. Non seulement l’auteure nous explique pourquoi l’histoire a effacé les femmes, mais elle nous fait aussi découvrir celles qu’elles étaient et leur rôle important.

Un deuxième bouquin en attente sur ma PAL (pile à lire) est une recommandation d’un bon ami. Oui, c’est un homme qui m’a suggéré la lecture du livre Les plus grandes femmes de la science de Jean C.Baudet.

 

Un jardin d’écrivaines

Cet article se veut un jardin de suggestions de livres publiés par des femmes dans lequel vous pouvez aller cueillir l’inspiration pour vos prochaines lectures.

Je les ai classés par leur nationalité. Par contre, certaines n’écriront pas nécessairement des histoires qui ont eu lieu dans leur pays natal. Par exemple, Elizabeth George est une Américaine, mais ses romans se déroulent en Grande-Bretagne.

Si vous cliquez sur le nom d’une auteure, vous serez dirigé vers une chronique sur d’un ses livres.

Mini jardin botanique (crédit photo Phrenssynnes)
Tout le bleu du ciel (capture écran de Phrenssynnes pour club de lecture)
Livre de Sagan et boiserie (crédit photo de Phrenssynnes)
Femme forêt (crédit photo Phrenssynnes)

Citation

« La plus grande gloire pour une femme est qu’on ne parle pas d’elle, disait Périclès qui était, lui, un des hommes dont on parlait le plus. »
Une chambre à soi, Virginia Woolf

Si l’historique de la journée du 8 mars vous intéresse, je vous invite à consulter cet article de la blogueuse Ju lit les mots.

Photo de Lhom

Lhom nous offre deux photos prises il y a quelques années à Calgary en Alberta.

C’est une sculpture de cinq femmes canadiennes surnommées les cinq célèbres.

Il en manque deux sur un cliché, c’est pourquoi vous avez droit à deux images cette semaine.

Cette magnifique œuvre nous a éblouis. Je dois avouer que je ne les connaissais pas avant d’avoir vu cette statue.

Je vous présente les cinq célèbres :

  • Emily Murphy
  • Irène Marryat Parlby
  • Nellie Mooney McClung
  • Louise Crummy McKinney
  • Henrietta Muir Ewards

Quatre Albertaines et Henrietta qui était Québécoise. Elles ont travaillé d’arrache-pied pour le droit des femmes canadiennes. 

Les Cinq femmes célèbres (crédit photo Lhom)
Les cinq célèbres(2) (crédit photo Lhom)

 

Quelles écrivaines allez-vous cueillir dans ce jardin?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

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Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

 

 

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Jos la serviette

Il arrive à l’occasion que des personnes me demandent de lire un de mes textes de fiction. Donc,  je vous présente, cette semaine, une nouvelle de mon cru.

On parle beaucoup d’IA (intelligence artificielle) ces temps-ci mais je vous assure que cette nouvelle a été créée à 100% avec l’IN (imagination naturelle) de Phrenssynnes.

Bonne lecture.

 

Signe (création de Phrenssynnes sur Canva)

Jos la serviette

Une serviette blanche, épaisse en coton, entoure la taille d’un homme. Il y a de la vapeur dans la pièce puisqu’il sort de la douche. Le bas de son visage est recouvert d’une imposante mousse laiteuse qu’il a étendue grâce à un blaireau. L’homme approche le rasoir pour racler toute cette mousse ainsi qu’une couche de sa barbe. Il se penche pour bien voir dans le miroir devant lui.

Maintenant, la moitié de sa figure est blanchâtre. Il racle, il gratte et l’on commence à mieux saisir les traits de sa physionomie. La couleur de son épiderme s’apparente à celle des régions méditerranéennes. Son teint est olivâtre et ses cheveux courts et foncés réussissent à boucler. Le brun sombre de ses yeux démontre un regard à la fois noir et rieur. L’épaisseur de ses cils rendrait bien des femmes folles de jalousie. Mais, qui dit longs cils, forts et foncés, dits aussi forte pilosité. Voilà pourquoi, ses muscles abdominaux se trouvent cachés sous une toison laissée à son état sauvage.

Je vous décris tout cela, mais en réalité, ce que notre personnage fait, en se douchant puis en se rasant, est de répéter. Il se prépare pour la conférence qu’il donnera dans quelques heures devant un public averti. Cet homme se regarde dans le miroir en parlant, agitant parfois le rasoir, comme il déplacera son pointeur en exposant chacune des diapositives de son allocution. Il le connaît par cœur ce discours, mais ce qu’il ne sait pas, c’est qu’aujourd’hui ne sera pas comme les autres jours.

Jos la serviette vivra un enchevêtrement de petites coïncidences, dont il se souviendra encore longtemps.

La première se produisit lorsqu’il aperçut son assistant, l’Escargot.

L’Escargot avait été ainsi surnommé par la blonde de Jos la serviette parce qu’il effectuait l’ensemble de ses mouvements avec une lenteur déconcertante. Il portait toujours un énorme sac à dos de forme arrondie. De plus, il avait le menton fuyant et la peau glabre, voire visqueuse, tel un véritable colimaçon. Mais, l’Escargot représentait un élément essentiel dans la vie de Jos la serviette. Doté d’une intelligence exceptionnelle et d’un sens de l’organisation peu commun, l’Escargot gérait la carrière de Jos.

Aussi, lorsqu’il aperçut l’Escargot sans son sac à dos, Jos ressentit un instant de panique. Une réflexion disgracieuse s’était faufilée dans son esprit. Si l’Escargot se transformait en limace, qu’adviendrait-il de la carrière en de Jos? Mais, pour l’heure, la coquille n’était pas une priorité. Il avait un déjeuner important avec son mentor avant la conférence de l’après-midi.

Jos travaillait beaucoup et se posait plusieurs questions sur son avenir, malgré la confiance qui transpirait de sa personne. Il cherchait, mais ne trouvait pas qu’elle devait être sa prochaine étape. Il se sentait un peu perdu.

Voilà de quoi il voulait discuter avec cet ami.

Celui-ci l’encouragea à prendre l’entrée de bigorneau qui s’avérait être un subtil délice dans ce restaurant gastronomique. Jos se laissa attirer et fut comblé par les mollusques aromatisés à l’ail, mais déçu des propos de son conseiller.

Quelques minutes plus tard, Jos installa son micro, son ordinateur et alluma son pointeur. Puis, il se mit à parler en l’agitant comme il l’avait fait avec son rasoir devant la glace.

Il s’abandonna et débita sa conférence sans l’aisance à laquelle il était habitué. Car sans aucune raison, son ordinateur se mit à faire défiler les images en vrille. Déconcerté, il se perdit dans un dédale de termes techniques. Mais après moult circonvolutions, il réussit à revenir au déroulement prévu. Il acheva sa présentation en réprimant quelques rots à l’ail qui lui firent regretter d’avoir suivi les conseils de son ami.

Lorsque la conférence fut terminée, une femme de l’assistance vint poser une question à Jos la serviette. En discutant avec elle, il observa ses doigts et la bague portée sur son annulaire droit attira son attention. Elle avait la forme d’un escargot.

—Vous portez une bague très particulière, déclara-t-il.

—Oh! Merci. Elle m’a été offerte par ma grand-mère, l’escargot était son animal fétiche.

La conversation dévia vers l’histoire particulière de cette grand-mère qui prêchait que le gastéropode représentait la lenteur et la persévérance.

Jos songea qu’il avait hâte de raconter cet étrange récit à sa douce moitié lorsqu’il entendit un brouhaha.

Il se retourna et vit son assistant, l’Escargot, allongé sur le plancher de la salle de conférence, l’écume à la bouche et le corps agité de tremblements frénétiques. Les ambulanciers arrivèrent peu après et on sauva l’Escargot mais celui-ci fut mis au repos pendant une période indéterminée.

C’est ce qui décida Jos la serviette à ralentir la cadence et l’amena à se poser encore plus de questions. Son conseiller avait-il raison?

C’est ainsi qu’il se retrouva un vendredi après-midi à deux heures trente, sur la terrasse d’un café avec sa blonde.

— C’est vraiment étrange pour moi d’être ici avec toi, un vendredi après-midi, sur une terrasse. Je n’y crois pas. Je suis si peu habitué à ce rythme, à ce genre d’activité que ça sonne vraiment bizarre.

— Bien non, Jos, répliqua-t-elle. La seule chose qui est bizarre, c’est qu’on est au Krieghoff et que tu prends un thé. Regarde autour de toi. Tout le monde vient ici pour prendre un café, il est tellement bon. Et toi, tu bois du Earl Grey!

En disant cela, une jolie blonde s’approcha du couple en souriant et s’exclama : « Hé! Salut La blonde de Joslaserviette! Comment vas-tu?»

— Super! Ça fait une éternité qu’on s’est vu. Tu n’as pas changé, lança-t-elle en l’embrassant.

—Je te présente mon conjoint, Jos la serviette.

Jos reconnu Madame bague en escargot.

— On se connaît nous? enchaîna-t-il.

— Oui, on s’est rencontré lors de votre dernière conférence. Au fait, est-ce que votre assistant va mieux?

Et la conversation continua et il se rendit compte que sa blonde était une amie d’enfance de Madame bague en escargot.

— Je n’en reviens pas, comment le monde est petit, poursuivit-il avec philosophie.

— Justement, dit Madame bague en escargot, c’est drôle de vous rencontrer, car je voulais vous appeler. Je travaille pour la compagnie Y et on est à la recherche d’une personne comme vous. Et je me demandais si vous seriez intéressé à …

C’est ainsi que la vie de Jos la serviette prit un tournant inattendu.

Le matin suivant devant son miroir, le visage recouvert de mousse blanche, il se racla la barbe en se disant que, finalement, son conseiller avait peut-être raison.

Photo de Lhom

En lien avec cette nouvelle, Lhom nous offre une image d’un café et d’un rayon de soleil. Il désire mentionner qu’il préfère le café au Earl Grey.

Café et un rayon de soleil (crédit photo Lhom)

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé ce texte, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire ma nouvelle au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

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La mer de tranquillité, un roman incroyable à lire absolument en 2024

La mer de la tranquillité d’Emily St-John Mandel

Ce livre a été publié en 2022 en anglais et en 2023 pour l’édition en langue française. Emily St-John Mandel est une écrivaine canadienne qui vit en Colombie-Britannique. La mer de la tranquillité est son sixième roman publié. Emily St-John Mandel est aussi l’auteure de Station Eleven. Ce livre a été finaliste au National Books Awards en 2014.

J’ai toujours aimé la science-fiction et j’en lis depuis longtemps.

Wow! Barack Obama a recommandé ce livre sur sa liste d’été en 2022.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture  de La mer de tranquillité (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Le livre d'Emily St-John Mandel (crédit photo Phrenssynnes)

On a catégorisé ce livre comme de la science-fiction. Effectivement, c’est de la fiction et l’histoire se déroule sur plus de deux siècles, dont une partie dans l’avenir. Mais je n’ai pas eu l’impression de lire un roman de cette classification.

Après avoir parcouru environ le premier tiers du livre, je me suis rendu compte qu’un personnage secondaire prenait une plus grande importance dans l’intrigue. Et, j’ai fait quelque chose pour la première fois! Je l’ai relu depuis le début, car je n’avais pas trop porté attention à ce personnage. Je voulais déguster le plaisir de me remémorer tous les infimes détails qui se rattachaient à lui. Vous pensez que c’est décourageant? Non, au contraire, c’était un délice. Oui, j’ai un peu parcouru en diagonale, mais dans ce bouquin, on a envie de bien savourer et de suivre tous les univers intimes des protagonistes.

264 pages, ce n’est pas trop long.

Sans exagération poétique, l’auteure a teinté l’histoire d’émotions ressenties par les différents personnages au fil du temps. Peu importe l’époque à laquelle ils vivent, on sent les remous de leurs conditions humaines distinctes.

Citation

« Olive désirait-elle réellement pouvoir vivre sur terre? Elle balançait sur la question. Elle avait passé toute sa vie dans les cent cinquante kilomètres carrés de la seconde colonie lunaire, imaginativement baptisée Colonie Deux. Elle la trouvait belle — Colonie Deux était une cité de pierre blanche, de tours à flèche, de rues bordées d’arbres et de petits parcs, alternant les quartiers de hauts immeubles et de petites maisons agrémentées de pelouses miniatures, une rivière s’écoulant sous les passerelles piétonnes— mais les villes dépourvues de plan ont aussi du bon. Colonie Deux était apaisante par sa symétrie et son ordre. Parfois, cependant, l’ordre peut se révéler étouffant. »

Ce que j’ai moins aimé

 

Franchement, tout m’a plu dans cette histoire. J’y ai trouvé une belle mosaïque de personnages à découvrir. C’est le genre de livre dans lequel on a hâte de se replonger.

Je n’ai pas constaté de longueur et bien que l’action se passe à plusieurs époques, le récit est bien structuré. Je ne me suis pas perdue dans les différents espaces-temps.

Les fils de toutes les trames narratives finissent par se joindre si rapidement à la fin qu’on ne voit pas venir la conclusion.

Après avoir terminé ce livre, je n’ai qu’une envie. Celle de découvrir ses autres œuvres. D’autant plus qu’on retrouve Mirella, un personnage du livre La mer de la tranquillité, dans un des autres romans de l’auteure : L’hôtel de verre.

Un roman fascinant sur le thème de la vie intime, de la solitude et la condition humaine. Et aussi une belle réflexion sur l’éthique du voyage spatio-temporel.

Photo de Lhom

Voici la photo de Lhom cette semaine. Ce n’est pas la mer de la tranquillité mais c’est un océan bien tranquille.

Une mer tranquille (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous Emily St-John Mandel?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

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Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

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Le conte Le prince et le grillon

Voici un conte

À la demande de plusieurs, je vous offre, cette semaine, une de mes fictions inédites.  C’est un conte, mais pas une histoire de Noël. Ce genre littéraire nous donne toujours à réfléchir et se prête bien à cette période de fin d’année. Elle nourrira, je l’espère, vos discussions. Amusez-vous à échanger avec vos proches. Est-ce qu’ils l’interprèteront de la même façon que vous?

Le blogue sera en pause pour la saison de Noël, de retour le samedi 6 janvier 2024.

Je vous rappelle qu’en vous abonnant sur le blogue (sur la plateforme WordPress), vous recevez le samedi matin ma dernière publication sur différents sujets : la culture, la bouffe, les voyages ou certaines réflexions.

J’espère vous inspirer à découvrir le bonheur dans les petites joies quotidiennes et ensoleiller vos journées. Voilà mon souhait!

Vous pouvez aussi souscrire à mon infolettre mensuelle (sur la plateforme Substack). Cette parution est destinée aux lecteurs curieux et passionnés qui aiment se divertir et agrémenter leur café d’un peu de lecture. Je suis une flâneuse qui aime apprendre, donc, dans cette autre publication, je partage les idées géniales découvertes lors de mes navigations sur le web. Sur une note légère, humoristique et positive, j’essaie de livrer celles qui méritent d’être partagées. N’hésitez pas à me communiquer les vôtres!

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Voici le conte

Le prince et le grillon

 

Il était une fois un pays où habitait un prince qui ne voulait pas être charmant.  Non pas qu’il veuille être méchant, mais il n’avait aucune envie de charmer quelque jeune fille que ce soit, eût-elle été princesse.  Il avait seulement envie de vivre en solitaire entre le pré où son bœuf brouterait et sa forêt où des champignons pousseraient. Se complaisant de quiétude, il aspirait à la tranquillité tel un nénuphar dans son étang.  Le prince aimait se promener dans les bois avec son fidèle ami, Grillon, le petit grillon.  Il le transportait dans une minuscule besace faite d’une peau d’âne souple et bien tannée.  Parfois, il s’arrêtait, s’assoyait sur une pierre plate et sortait l’insecte de son sac.  Le prince cueillait un brin d’herbe et nourrissait son compagnon.

Il savait que sa vie calme désespérait ses parents.  Le prince s’ouvrait et racontait tout cela à son complice.  Le grillon en chantant lui donna une idée.  Il connaissait, pour avoir parcouru tant de distance avant d’être l’ami fidèle du prince, une petite maisonnée abandonnée à l’orée d’un bois.  Il pourrait s’y installer, laissant croire à ses parents qu’il avait disparu magiquement et y vivre en ermite selon ses principes et ses aspirations simples.

Quelques jours plus tard, suivant un stratagème que l’insecte lui avait soufflé à l’oreille, le prince avait renoncé à ses brillants vêtements pour des hardes plus modestes et avait quitté le château en pleine nuit.  Il s’établit dans la chaumière dont lui avait parlé son insecte.  Il découvrait la joie de chasser, cuisiner, jardiner et vaquer à ses occupations pour vivre en parfaite autarcie avec son compagnon le grillon. De temps à autre, il se rendait jusqu’à l’étang où il aimait voir son reflet de simple solitaire à travers les nénuphars.

Un étang (crédit photo Phrenssynnes)

Puis, vint un jour où l’on cogna à sa porte.  Surpris, car n’ayant jamais de visite, il se demanda qui cela pouvait être.  Ouvrant la porte, il aperçut devant lui une charmante sorcière en panne d’essence pour son balai magique.

—Non, lui répondit-il, il n’avait pas en sa possession cette substance.

 Mais son petit grillon se mit à s’agiter et à siffler dans sa poche.  Le sortant de sa besace, il fit glisser le grillon dans sa main qui se mit aussitôt à chanter. Il connaissait, pour avoir parcouru tant de distance avant d’être l’ami fidèle du prince, un endroit où se trouvait l’essence de balai magique.

—Et bien, lui répondit le prince, explique à la dame où est cet endroit et elle pourra se ravitailler.

—C’est un creux de chêne si particulier qu’il n’y a que moi pour le reconnaître, chantonna-t-il. Un creux dans un chêne à des lieux et des lieux d’ici.

Par bonté d’âme, le prince, refusant de se séparer de son grillon, partit avec la bonne sorcière dans la forêt à la recherche d’essence à balai.

Ils marchèrent des jours et des jours, traversèrent montagnes et forêts, vallées et rivières, pour arriver dans un pays de neige et de sable. Un pays tout pâle où les troncs d’arbres irradiaient d’une couleur blanche.  Cette contrée bordée d’une mer aussi blême qu’étrange, une mer aux flots houleux et laiteux.

La sorcière, le prince et le grillon s’en approchèrent.

L’insecte leur chanta qu’au large, droit devant eux, existait une île où le creux d’un certain chêne renfermait l’essence, la quintessence même du balai magique.  Le prince entreprit alors de fabriquer un radeau pour la traversée de cet océan.

Voyageant sur une mer troublée, ils furent attaqués par une quantité incroyable de grenouilles.  Émergeant des flots comme des poissons volants, elles sautaient à bord du radeau en frappant les voyageurs.  Ces hideux monstres marins effrayaient la sorcière. Le grillon, ayant peur de se faire manger par ces ignobles batraciens, tremblait, enfoui au fond de sa besace.  « Transformez-les! » houspilla Grillon à la sorcière.  D’un coup de baguette magique, elle changea tous ces horribles ouaouarons en adorables princes charmants.  Soudain, le radeau se mit à tanguer dangereusement sous le poids de tous ces matelots improvisés. La sorcière fit tournicoter de nouveau sa baguette et transforma la bande de princes en papillons multicolores.  Ils s’envolèrent tous dans le vent de la mer, créant ainsi un nuage arc-en-ciel. Les voyageurs continuèrent leur épopée à bord de l’embarcation.

La sorcière, le prince et le grillon accostèrent sur une plage.

Reprenant leur marche, ils plongèrent dans la brousse épaisse peuplée d’animaux étranges. Continuant toujours sur leur route, ils parvinrent dans une clairière au centre duquel gisait une énorme pyramide de pierre datant de plusieurs siècles et recouverte d’une épaisse végétation.  Grillon leur fredonna la même ritournelle et savait qu’ils devaient entrer dans cet endroit antique.  À la suite d’un défrichement intense, ils aperçurent une pierre singulière. Grillon se mit à chanter de plus belle en la voyant. Il savait, pour avoir parcouru tant de distance avant d’être l’ami fidèle du prince, qu’on devait faire basculer la roche pour ouvrir un passage secret dans la forteresse.

La sorcière, le prince et le grillon y pénétrèrent.

Visitant les différentes pièces de cet ancien palais, ils aperçurent au cœur même de la pyramide un énorme chêne. Celui-ci, tel un roi au sommet du monument, poussait sous la lumière d’un arc-en-ciel provenant d’un orifice plusieurs mètres plus haut.  Et, telle que Grillon l’avait prédit, ils trouvèrent dans la cavité de l’arbre, une moelle si dense et si pure qu’elle redonna au balai de la sorcière une aura immortelle.

La sorcière s’éleva alors dans les airs, perchée sur son balai. Elle agita sa baguette magique en hurlant une incantation : « Pour te remercier, gentil ermite, je te transforme en prince charmant et ton grillon en une jolie princesse que tu pourras épouser dans ton château que voici au cœur de ton immense royaume où ton peuple t’attend afin de célébrer votre union fantastique.  Soyez heureux et ayez plusieurs enfants! »

Tandis que l’ensorceleuse disparaissait, une pluie d’étoiles brillantes se déversa sur l’ermite et son grillon. Le prince vit, avec horreur, ses haillons se transformer en habits magnifiques et dorés.  Puis, il entendit un grondement et la pyramide se convertit en un céleste château où trônait, sur une immense table, un bœuf braisé aux champignons au milieu d’un festin.  Son grillon, quant à lui, se mua en une jolie et tendre princesse aux longs cheveux blonds, une adorable jeune fille ressemblant étrangement à la bonne sorcière. Enjouée et souriante, elle chantonnait une douce mélodie racontant son bonheur de ne pas passer le reste de sa vie à siffler ou manger des brins d’herbe dans une vieille besace de peau d’âne tannée par le temps.

Photo de Lhom

Cette semaine, Lhom nous offre une photo d’un château dans un étang qui pourrait bien être celui du prince! Reconnaissez-vous le château de Chenonceau?

Chenonceau (crédit photo Lhom)

J’en profite pour vous réitérer toute ma gratitude. Je vous remercie, chers lecteurs et lectrices, de prendre le temps de lire et j’apprécie tous vos commentaires ainsi que nos interactions. J’ai découvert depuis le début du blogue des personnes extraordinaires et cette expérience enrichissante pimente mon quotidien.

Lhom se joint à moi pour vous souhaiter pour cette période festive et la nouvelle année de la santé à revendre, du bonheur à partager et de la prospérité pour tous.

Phrenssynnes

Trouvez le cadeau parfait: Des idées de livres à offrir à Noël

Donner des livres en cadeau pour Noël

J’ai toujours aimé recevoir un bouquin en cadeau.

Avez-vous de tels souvenirs?

Vous êtes enfouie dans un sofa moelleux, vêtue d’un pyjama en flanelle douce et vous tenez un livre d’une main. L’autre enserre une tasse fumante de chocolat chaud. Le silence total dans la maison vous entoure puisque tout le monde dort encore. Mais vous, vous êtes là, et entre deux paragraphes, vous regardez à travers la fenêtre. D’épais flocons de neige tombent lentement. Une petite gorgée, un soupir et vous reprenez votre lecture.

Un livre, c’est comme un ami qui vous raconte une histoire.

Prodiguez de tels moments aux êtres chers en leur donnant un bouquin en cadeau. Voici une liste de plusieurs suggestions qui devraient plaire. Est-ce qu’il ou elle aime la belle littérature? Ou plutôt des intrigues policières?  Elle part en voyage bientôt, offrez-lui un roman dont l’action se passe dans la région qu’elle visitera!

Il veut découvrir le Québec, rien de mieux qu’une fiction pour explorer un coin de pays.

Des livres en cadeau pour les amoureux de la littérature

Des livres d’Edith Wharton.

Ta mort à moi de David Goudreault.

Des romans de Siri Hustvedt.

Dolce Agonia de Nancy Huston.

Marcher jusqu’au soir de Lydie Salvayre.

L’enfant égaré de Grégoire Delacourt

 

Les lettres de Edith Wharton (crédit photo Phrenssynnes)
Coucher de soleil italien (crédit photo Tino)

Des romans à lire avant d’aller en Italie

Jaune Caravage de Gilda Piersanti.

Les huit montagnes de Paolo Cognetti.

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante.

Le train des enfants de Viola Ardone.

Porca Miseria de Tonino Benacquista.

Pompéi de Robert Harris

Des romans à lire avant d’aller en France

La personne de confiance de Didier Van Cauwerlaert.

La boîte de Pandore de Bernard Werber.

La gloire de mon père de Marcel Pagnol.

Bonjour tristesse de Françoise Sagan.

La ligne pourpre de Wolfram Fleischhauer.

Et que ne durent que les moments doux de Virginie Grimaldi.

La panthère de Stéphanie des Horts.

L’anomalie d’Hervé Le Tellier.

Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux

Livre de Sagan sur fauteuil (crédit photo Phrenssynnes)
Hôtel avec drapeau américain( crédit photo Phrenssynnes)

Des romans à lire avant d’aller aux États-Unis

La symphonie du hasard de Douglas Kennedy.

Rupture de contrat de Harlan Coben.

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker.

État de terreur de Louise Penny et Hillary Clinton.

La nuit de l’oracle de Paul Auster.

Devenir de Michelle Obama.

Beach music de Pat Conroy.

Des romans à lire avant d’aller en Grande- Bretagne

Celle qui brûle de Paula Hawkins.

La charmante librairie des flots tranquilles de Jenny Colgan.

Jane Eyre et Hurlevent des sœurs  Charlotte et Emily Brontë.

La dernière librairie de Londres de Madeline Martin.

Le festin de Margaret Kennedy.

La Chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan.

Persuasion de Jane Austen.

 

Le pont de Londres (crédit photo Lhom)
Entre deux os et théière (crédit photo Phrenssynnes)

Des livres en cadeau pour les amateurs de romans policiers

Une chance de trop de Harlan Coben.

Un homme meilleur de Louise Penny.

Entre deux os de Kathy Reichs.

Le visage de l’ennemi d’Elizabeth George.

L’appel du néant de Maxime Chattam.

Quantum de Patricia Cornwell.

L’énigme de la chambre 622 de Joël Dicker.

L’eau rouge de Jurica Pavicic.

Les survivants d’Alex Schulman.

Rien qu’à moi d’Elisabeth Norebäck.

Des livres québécois en cadeau

La dame de la rue des messieurs de Jean Lemieux.

Apprendre sur le tas de Boucar Diouf.

L’ombre d’un doute d’Esther Croft.

L’histoire populaire de l’amour au Québec de Jean-Sébastien Marsan.

Le reste du temps d’Esther Croft.

Le goût de l’élégance de Johanne Seymour.

3 livres québécois (crédit photo Phrenssynnes)
Lutin de Noël (crédit photo Phrenssynnes)

Des livres en cadeau sous le sapin

 

 

Voilà qui devrait vous aider à trouver un cadeau mémorable.

Pensez aussi à vous gâter et vous en offrir au moins un pour le temps des fêtes!

Photo de Lhom

Cette semaine, Lhom nous offre une photo prise à la bibliothèque de l’université de Yale. C’est assez impressionnant, n’est-ce pas?

Bibliothèque université Yale (crédit photo Lhom)

 

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

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Bonne semaine.

Phrenssynnes

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Un vieux best-seller qui mérite encore d’être lu

Comment j’ai découvert Pompéi de Robert Harris

Je lis depuis toujours, pourtant je n’ai pas vu passer ce best-seller lors de sa publication en 2003 ni en 2004 lorsque la traduction française est sortie.

Lorsque j’ai fait les recherches pour l’article « Savez-vous pourquoi la lecture est bénéfique pour vous? », le livre Pompéi était le roman choisi par les scientifiques pour une étude.

« This novel was chosen because it was based on true events but written as historical fiction and conveyed in a classic narrative arc (Freytag, ). »

Tel que cité dans « Short- and Long-Term Effects of a Novel on Connectivity in the Brain. »

Cela m’a intrigué et m’a aussi donné l’envie de lire ce bouquin.

Quatrième de couverture de Pompéi

Au lieu de copier la quatrième de couverture, je préfère une photo. Cela vous permet de la lire vous-même, un peu comme si vous étiez à la librairie.

 Quatrième de couverture (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé du livre Pompéi

Couverture du livre de Robert Harris Pompéi (crédit photo Phrenssynnes)

Ce roman n’a pas été sélectionné par hasard pour une étude.

Premièrement, il est bien écrit.  On n’accroche pas sur des phrases trop longues, on comprend bien le propos de l’auteur.

Cela nous aide à ressentir les émotions des personnages.

Deuxièmement, le type de narration est judicieusement choisi et elle prend une tournure particulière à la fin. Mais je ne vous en dis pas plus à ce sujet pour ne pas divulgâcher. Robert Harris a écrit son intrigue du point de vue d’un jeune ingénieur romain et de quelques protagonistes. Vous serez impressionnés de découvrir tous les petits détails sur la vie quotidienne à cette époque.

Même si vous n’êtes pas ingénieur!

Évidemment, on connait l’histoire de Pompéi. Ce roman est captivant parce qu’on veut savoir comment ces personnages crédibles vont éprouver le drame. Robert Harris met en scène toutes sortes de caractères qui reflètent tous les travers de l’Empire romain. Ce qui est d’autant plus intéressant.

C’est pourquoi nous les adorons ou nous les détestons, mais ils ne nous laissent pas indifférents.

L’auteur réussit bien à nous faire sentir les émotions des personnages. Comme vous pouvez le voir, par exemple, dans cette citation.

« Il jeta sa torche consumée et se laissa sombrer en avant. Il étendit les mains et resta ainsi, sentant les ponces s’accumuler lentement autour de ses épaules en une sensation étrangement réconfortante, comme un enfant qui se fait border le soir dans son lit. »

Robert Harris dans Pompéi.

Livre Pompéi avec coussin (crédit photo Phrenssynnes)

L’originalité de cette œuvre est aussi d’avoir inventé une fiction à partir d’un fait réel si ancien.

J’ai de l’admiration pour cet auteur qui a dû faire beaucoup de recherches sur cette période. Composer un roman historique demande un travail colossal. Robert Harris a écrit plusieurs livres sur l’époque romaine.

À un moment dans l’intrigue, un personnage relate qu’il a consulté une sibylle, une prêtresse qui prédisait l’avenir. Robert Harris a dû s’amuser en rédigeant la prophétie qu’elle voit pour la ville de Pompéi. Voici la citation.

Citation

« -Elle a vu une ville, notre ville, dans un avenir lointain. Un millier d’années, peut-être plus. Elle a vu une cité célèbre dans le monde entier, poursuivit-il dans un murmure. Nos temples, notre amphithéâtre, nos rues, arpentés par des gens de toutes les langues. Voilà ce qu’elle a vu dans les entrailles des serpents. Longtemps après que les César seront tombés en poussière et que l’empire ne sera plus, ce que nous avons bâti ici perdurera. »

Robert Harris dans Pompéi.

Ce que j’ai moins aimé du roman Pompéi

Quelque chose qui peut parfois rebuter le lecteur, c’est le vocabulaire utilisé. Des mots comme : sibylle, centurie, clepsydre, quadrirème, putéolanum. Nous ne connaissons pas ces appellations puisqu’ils représentent souvent des choses qui n’existent plus ou ce sont des noms techniques comme drisse, cargue, vergue. Ces derniers sont des termes pour désigner certains objets en rapport avec la navigation en bateau à voile.

Ne vous laissez pas décourager dans votre lecture par ces mots. Faites une petite recherche sur le web, c’est si facile.

Et je le vois comme une occasion pour améliorer ma culture. Imaginez-vous comment ce sera utile dans votre prochain cinq à sept. Vous aurez l’air plus intelligent quand vous expliquerez à vos amis qu’est-ce qu’une clepsydre! Ah! Ah!

Photo de Lhom

Nous ne sommes pas allés à Rome. Mais il y a quelques années nous avons visité le site touristique du Pont du Gard, situé en France entre Avignon et Nîmes. Les Romains ont bâti ce pont au 1er siècle pour le passage d’un aqueduc.

Ce trésor architectural nous a impressionnés.

Pont du Guard (crédit photo Lhom)

Recommandations

Donc, vous avez tout avantage à lire Pompéi si :

  • Vous aimez les romans historiques et spécifiquement ceux sur l’époque romaine.
  • Vous visiterez bientôt l’Italie et aussi la région de Naples.
  • Vous êtes à la recherche d’une fiction originale et pleine d’actions.
  • Si vous êtes passionnés par l’Italie, tout simplement.

Noël approche et c’est une bonne idée pour un cadeau à offrir à un ingénieur.

Connaissiez-vous cet auteur ou ce livre?

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Critique de La dernière librairie de Londres, un roman de Madeline Martin

La dernière librairie de Londres

J’ai découvert le livre La dernière librairie de Londres grâce à madame C de mon club de lecture.

Madeline Martin est une écrivaine américaine spécialisée dans les romans sentimentaux et historiques souvent primés dans le New York Times.

Fougère, thé et La dernière librairie de Londres (crédit photo Phrenssynnes)

Quatrième de couverture de La dernière librairie de Londres

La dernière librairie de Londres (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Livre de Madeline Martin et thé (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai souvent lu ou vu des récits de la Seconde Guerre mondiale avec des personnages importants du point de vue historique. On a créé beaucoup de fiction ou de film sur les moments clés de cette guerre.

Dans ce livre, c’est différent.

Ce que j’ai aimé, c’est découvrir comment monsieur et madame tout le monde ont vécu cette période difficile. L’auteure nous décrit le quotidien de Grace, l’héroïne du roman, ainsi que son entourage à partir de 1939 à Londres.  Ces gens ne sont pas en position de pouvoir, pas de politicien, pas d’espion, pas de général de l’armée. Donc, l’intrigue se différencie de ce qu’on retrouve souvent dans les livres sur la Seconde Guerre.

Par exemple, j’ai appris, qu’au début, on avait surnommé ce conflit la guerre de l’ennui. Ils étaient sur le qui-vive, dès l’annonce officielle de l’affrontement envers l’Allemagne, mais les attaques ne venaient pas. Par contre, un jour le Blitz a commencé et l’auteur nous fait bien ressentir toute l’horreur de ces bombardements sur Londres.

On sent cela grâce à la façon dont l’écrivaine décrit les petits détails de la routine quotidienne. On a transformé les jardins de fleurs en potager.

Les personnages devaient se rendre dans les stations de métro pour y passer la nuit à l’abri des assauts aériens.

Le gouvernement a rationné les denrées alimentaires.

Citation

-J’apprécie ce que vous avez fait pour cette librairie, poursuivit la jeune femme. Ce sont les livres qui nous ont réunis, l’amour des histoires, des aventures, l’évasion qu’ils procurent en ces temps difficiles, le rappel qu’il faut garder espoir.

Madeline Martin

Ce que j’ai moins aimé

La force de ce roman n’est pas l’intrigue. Sans vous la révéler, j’avoue qu’on voit venir la fin et il n’y a rien d’étonnant. J’aime bien me faire surprendre par un auteur, mais ici, ce n’est pas arrivé.

Par contre, je n’ai pas été déçue de ma lecture.

L’excellence de cette fiction réside dans sa puissance à évoquer des émotions. Grace se transforme, d’antihéros au début du bouquin, elle devient une jeune femme au caractère remarquable avec un leadership exceptionnel.

Les livres et la littérature me passionnent comme Grace et les autres personnages. Et je profite de l’évasion qu’ils nous offrent.

Dans l’histoire, il y a des moments très touchants. Comme mentionné dans cet article au sujet de la lecture, lire nous permet d’expérimenter les mêmes sensations que les protagonistes comme si nous les vivions.

 

Le livre La dernière librairie de Londres (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

En continuation sur le thème de cette chronique, Lhom nous présente, cette semaine, une magnifique photo du pont de Londres.

Le pont de Londres (crédit photo Lhom)

Recommandations

À lire si :

  • Vous aimez les histoires sur la Deuxième Guerre Mondiale.
  • Vous appréciez les livres qui font du bien ou si vous êtes amoureux des livres tout simplement.
  • Vous visitez Londres bientôt et vous aimez le contexte historique. On y parle des différents quartiers de la ville.

Connaissiez-vous cette auteure?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

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Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

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Le mage du Kremlin, un bouquin captivant que vous devez lire

Introduction

Une ancienne collègue m’a suggéré cette lecture, Le mage du Kremlin de Guiliano Da Empoli, un politicologue. 

Elle m’a mentionné que ce roman est une très belle façon d’en apprendre davantage sur la culture russe. C’est l’histoire du principal conseiller de Poutine. Après avoir lu mon article de juin dernier où je vous parle d’une conférence de Rafael Jacob, elle se doutait que ce livre m’intéresserait.

Elle avait raison, je l’ai trouvé captivant.

Première de couverture Le mage du Kremlin (crédit photo Phrenssynnes)

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture Le mage du Kremlin(crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

C’est le genre de livre que j’aime lire avec une tablette électronique ou un cellulaire à portée de main, car à tout moment, j’avais envie de plus de précisions. Le mage du Kremlin est un roman, donc un récit inventé par l’auteur.

Par contre, tel que spécifié au début : « Ce roman est inspiré de faits et de personnages réels, à qui l’auteur a prêté une vie privée et des propos imaginaires. Il s’agit néanmoins d’une véritable histoire russe. »

Ce roman m’a fait connaitre plus en détail l’histoire de la Russie. Cela m’a aussi permis de découvrir ces oligarques russes dont on entend beaucoup parler ces dernières années.

Cette histoire nous porte à réfléchir sur les différences culturelles. L’auteur ne parle pas de corruption dans le texte, mais pour nous, Nord-Américains, c’est bien ce qui se passe là-bas. C’est le mode de fonctionnement normal, valorisé et accepté.

Capture écran Prigojine de Phrenssynnes

Bref, ça marche comme ça en Russie.

Pour eux, c’est mal vu de payer de sa poche pour une datcha (maison de campagne russe). C’est beaucoup plus prestigieux de se la faire octroyer par le président en remerciement pour services rendus. Le mage du Kremlin est Vadim Baranov, un stratège politique qui guide Poutine dans son poste de dirigeant. C’est Vladislav Sourkov qui a inspiré le personnage de Baranov.

Les cheveux m’ont dressé sur la tête à certains moments. Lisez la citation 1.

Ici, au Québec, on se fend en quatre pour inculquer à nos enfants de bonnes valeurs. On souhaite éliminer l’intimidation à l’école et les lieux fréquentés par les jeunes. Nous désirons leur apprendre l’ouverture aux différences culturelles et aux diversités sexuelles.

On veut qu’ils respectent les handicapés, les aînés et la vulnérabilité que peut vivre un être humain.

Il n’y a pas qu’en Russie où on voit ce genre de mauvais comportement. Nous nous rappelons tous le règne de Trump.

Citation 1

« Les gens pensent que le centre du pouvoir est le coeur d’une logique machiavélique, quand en réalité c’est le coeur de l’irrationnel et des passions, une cour d’école, vous dis-je, où la méchanceté gratuite a libre cours et prévaut immanquablement sur la justice et même sur la pure et simple logique. Parmi les primates, l’homme a le plus grand cerveau, c’est vrai, mais sa bite aussi est la plus grande, plus que celle du gorille. Et ça, ça doit bien vouloir dire quelque chose, non? »

Les tactiques du mage du Kremlin

Dans le roman, on nous montre comment Poutine n’hésite pas à se servir de tactiques qui visent les faiblesses d’un autre leader. Notamment, il a fait entrer son gigantesque labrador noir dans la salle où il rencontrait Angela Merkel, elle qui a une phobie extrême des chiens. On peut même voir cette anecdote sur le web.

J’avoue que ces pratiques d’intimidations de la part des grands leaders du monde me dérangent. Vous me trouverez peut-être fleur bleue, mais comment voulez-vous apprendre des comportements raisonnables aux enfants alors que ceux qui nous gouvernent nous montrent le pire exemple!

Capture écran Brezovsky de Phrenssynnes

Quelques passages m’ont marquée. Entre autres, cette citation philosophique en rapport avec l’oeil et la vision a frappé l’optométriste en moi.

Citation 2

« L’oeil humain est fait pour survivre dans la forêt. C’est pour cette raison qu’il est sensible au mouvement. N’importe quelle chose qui bouge, l’oeil la capte et transporte l’information au cerveau. En revanche, tu sais ce qu’on ne voit pas? […] Ce qui reste immobile, Vadia. Au milieu de tous les changements, nous ne sommes pas entraînés à distinguer les choses qui restent les mêmes. Et c’est un grand problème parce que, quand on y pense, les choses qui ne changent pas sont presque toujours les plus importantes. »

Ce que j’ai moins aimé

J’ai dû mettre un peu de temps et de persévérance pour embarquer dans l’histoire. Contrairement à mon habitude, je n’avais pas lu la quatrième de couverture avant de commencer la lecture du livre. C’est peut-être pour cela. De plus, je ne suis pas spécialiste en politique.

Mais, un coup parti, vous ne pourrez pas vous arrêter.

Une autre chose qui m’a un peu rebutée, c’est la difficulté des noms russes. J’avais l’impression de tous les mélanger.

Par contre, je dois avouer que c’est plus facile que lorsqu’on lit des noms dans un roman islandais! C’est pourquoi parcourir ce bouquin en faisant des recherches sur une tablette électronique ou un téléphone intelligent rajoute de la valeur à cette lecture.

Capture écran Sechine de Phrenssynnes

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photographie de l’océan et des dunes de Pilat, près d’Arcachon en France.

Les dunes du Pilat (crédit photo Lhom)

Recommandations

 Fait marquant de l’actualité, Evgueni Prigojine, dont on parle dans le roman, est récemment décédé dans un accident d’avion.

Patrick Lagacé, Nathalie Collard et Caroline Montpetit ont parlé de ce roman. Cécile Vaissié en fait aussi une excellente critique.

Bref, vous devez lire absolument Le mage du Kremlin de Guiliano Da Empora.

Et surtout si:

  • Vous prévoyez un voyage en Russie. Hum… je me demande si vous êtes nombreux?
  • Vous vous intéressez à ce pays, à la politique internationale ou à la guerre en Ukraine.
  • Vous aimez les romans politiques.
  • Vous avez envie d’en apprendre plus sur les stratégies de bas étage, mais efficace!

Connaissiez-vous cet auteur?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

 

 

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12 août 2023 Avez-vous acheté votre livre québécois?

Le 12 août et le livre québécois

La journée du 12 août est celle où on achète un livre québécois.

Vous manquez d’idées? Eh bien! En voilà quelques-unes.

 

Des suggestions pour votre achat du 12 août

La dame de la rue des messieurs est un roman de Jean Lemieux. Cliquez ici pour lire ma chronique.

Cliquez ici pour lire la critique de Femme forêt d’Anaïs Barbeau-Lavallette.

Le reste du temps est un livre d’une de mes auteures préférées. Voici l’article au sujet de ce bouquin.

 

 

 

Le reste du temps de Esther Croft (crédit photo Phrenssynnes)
Livre de Jean Lemieux (crédit photo Phrenssynnes)

Et voici un autre éventail de suggestions!

Une panoplie de suggestions (crédit photo Phrenssynnes)
3 livres québécois (crédit photo Phrenssynnes)
Livre de Lesley Chesterman (crédit photo Phrenssynnes)

Pourquoi ne pas acheter un livre de cuisine?

Lorsqu’on consulte ce genre de bouquin, on a tendance à le feuilleter, à jeter un coup d’œil aux recettes jusqu’à ce qu’on en cuisine une.

Livres de madame Labriski (crédit photo Phrenssynnes)

Le livre Chez Lesley : mes secrets pour tout réussir en cuisine est une excellente référence, mais vous aurez aussi beaucoup d’agrément à le lire en totalité d’un couvert à l’autre.

Vous trouvez qu’il manque quelque chose dans la cloche à gâteau. Hum… Lhom a dit la même chose!

Peut-être que le prochain article devrait être dans la catégorie Phrenssynnes et la bouffe?

 

L’évènement littéraire du 12 août

Créée en 2014 par Amélie Dubé et Patrice Cazeault, cette initiative québécoise continue.

Encouragez la littérature québécoise!

L’infolettre mensuelle

Cette semaine, j’ai aussi publié mon infolettre sur Substack.

Dans cette infolettre, je vous entretiens sur mes coups de cœur du dernier mois.  On se promène des bonbons choco-banane aux reflets bleus du soleil en passant par Marcel Proust avec Brittany Brexit.

Je vous invite à découvrir l’infolettre.

Cliquez ici pour y accéder et inscrivez-vous pour ne rien manquer.

Photo de Lhom

En lien avec l’article de la semaine, Lhom nous offre une photo tout à fait québécoise.  Une vue du miroir d’eau et du  fleuve Saint-Laurent capturée à la station de la plage sur la promenade Samuel-de-Champlain.

Miroir d'eau et fleuve (crédit photo Lhom)

 

Mon achat pour le 12 août

 Et finalement, voici mon achat.

Hum… J’ai un peu triché, car je l’ai acheté le 11 août pour vous le montrer dans la publication du 12 août!

Conclusion

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma gratitude si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux.

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir. Faites-moi découvrir votre achat!

Bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. Je n’ai pas informé de ce projet avant publication les auteurs et éditeurs mentionnés dans cette rubrique.

Mon fol amour (crédit photo Phrenssynnes)

 

Cliquez ici pour en lire

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Une chronique de Beach Music, le roman de Pat Conroy

Beach Music de Pat Conroy

J’ai lu Beach Music, le roman de Pat Conroy publié en 1995. Cette idée de lire ce roman particulier m’est venue de Dominique Demers. J’ai assisté à une rencontre, à la maison de la littérature de Québec, pour la promotion du nouveau livre de cette auteure québécoise, Écrire pour que tout devienne possible.

Livre de Dominique Demers (crédit photo Phrenssynnes)

Si vous vous intéressez au métier d’écrivain, vous devez lire cet ouvrage. Dominique Demers est surtout connue comme auteure pour enfants mais elle a aussi publié plusieurs romans pour adultes.

Au Québec, qui n’a pas lu  Valentine picotée à ses rejetons? Et que dire de Pétunia, princesse des pets? Dominique Demers avoue que c’est son histoire la plus drôle.

Pétunia, princesse des pets (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai adoré Écrire pour que tout devienne possible et j’ai envie de dévorer tous les bouquins de Dominique Demers.

Dans la catégorie adulte, mes préférés sont Maïna et Le Pari mais cela va peut-être changer puisque ma PAL (pile à lire) en contient quelques-uns.

Livre de Pat Conroy (crédit photo Phrenssynnes)

Une chose m’a frappée lors de cette entrevue, l’auteure Dominique Demers recommande le roman Beach Music de Pat Conroy. Elle s’est inspirée de cette œuvre pour écrire son livre Le Pari.

Je connaissais Conroy de nom, mais je n’avais lu aucun de ses livres. Il est devenu célèbre avec la publication de son œuvre Le prince des marées, en 1986.

L’auteur est décédé en 2016 d’un cancer du pancréas. Il vivait à Beaufort en Caroline du Sud.

Je me suis lancée dans le bouquin Beach Music, une brique de 700 pages.

Quatrième de couverture

Vous pouvez lire la quatrième de couverture. Je la consulte toujours avant de choisir un livre, ainsi que la première page et la dernière phrase du roman. Nous avons tous nos petites manies de lecteur. 😉

Quatrième de couverture de Beach Music (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

J’ai adoré ce roman de Pat Conroy tout comme Dominique Demers.

La région de Charleston est aussi la vedette dans les romans de Kathie Reichs.

Citation

Cette première phrase du roman nous jette dans l’histoire de Jack McCall et de sa famille, qu’on veut découvrir.

« En 1980, une année après le plongeon vers la mort de ma femme qui enjamba le pont Silas Pearlman de Charleston, Caroline du Sud, je partis vivre en Italie pour recommencer de zéro, emmenant avec moi notre petite fille. »

Pat Conroy

Après cet excellent incipit, on glisse dans la magnifique prose de Conroy. Jack McCall, le héros de ce roman, originaire de la Caroline du Sud, réside à Rome. C’est un véritable plaisir de se faire raconter les beautés de l’Italie ou de la région de Charleston.

« Au fur et à mesure que nous avancions, m’arrivait l’air soyeux, brillant, et je sentais mon enfance remonter, tel un rêve lent et dérobé, lorsque je fermais les yeux pour permettre à la chimie du temps de me laisser reprendre possession des fantômes répudiés des parfums de ma jeunesse perdue. »

Pat Conroy

Les phrases de ce roman, parfois longues, ne nous ennuient jamais. Les plus interminables nous bercent dans la chaleur de la Caroline du Sud, comme l’intonation traînante du slang particulier des sudistes.

L’auteur comprend les émotions et réussit avec brio à nous en faire vivre.

Citation de Pat Conroy

« Je ne sais pas pourquoi je suis toujours plus heureux lorsque je pense à un endroit où je suis allé ou bien où j’ai envie de me rendre, plutôt qu’à l’endroit où je me trouve. Il m’est difficile d’être heureux au présent. »

Pat Conroy

Cette fresque nous présente des personnages bouleversés par certains grands évènements de leur époque. De l’Holocauste à la guerre du Vietnam, Pat Conroy en fait un récit émouvant et a réussi à me tirer quelques larmes.

Cette fiction met en lumière ce qu’a traversé une génération et l’impact sur leur descendance. Ces enfants doivent connaître l’expérience de vie de leurs parents. La façon dont ils la découvrent et le moment où ils l’apprennent a une importance cruciale.

Beach Music de Pat Conroy (crédit photo Phrenssynnes)
Couverture du livre de Pat Conroy (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

 

Il n’y a qu’une seule chose qui m’a agacé dans le roman Beach Music. Parfois le ton de Leah, la fille de Jack McCall, ne sonne pas comme celui d’un enfant. Surtout à la fin, lorsque Leah, à l’aube de l’adolescence, donne des répliques qui sentent celles d’une femme de 40 ans.

Recommandation

  • Si vous aimez vous enfuir dans de grandes histoires, Beach Music est pour vous.
  • Beach Music vous mettra dans l’ambiance si vous planifiez de visiter la Caroline du Sud prochainement.
  • Plusieurs passages de ce bouquin nous donnent envie d’arpenter la ville de Rome. Glissez-vous dans cette histoire si vous vous dirigez vers Rome.
  • Ou si vous aimez tout simplement lire un grand écrivain américain, ce livre est pour vous.

Photo de Lhom

Lhom nous présente cette semaine une photo prise en Caroline du Sud. Nous avons visité deux fois la région de Charleston. Nous avons beaucoup aimé le charme du Deep South.

Près de Charleston (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cet auteur? Avez-vous lu ses livres?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

 

 

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Les huit montagnes de Paolo Cognetti, une chronique littéraire

Introduction

C’est ma sœur qui m’a suggéré de lire le roman Les huit montagnes de Paolo Cognetti pour ensuite aller voir le film avec elle. Phase un complétée! Je viens de terminer ce bouquin que j’ai beaucoup aimé.

Quatrième de couverture

Vous pouvez lire dans cette image la quatrième de couverture.

Quatrième de couverture  Les huit montagnes (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Couverture Les huit montagnes (crédit photo Phrenssynnes)

Sur la quatrième de couverture, on dit qu’on retrouve dans l’écriture de Paolo Cognetti une peu de Jack London, d’Ernest Hemingway ou de Mark Twain.

J’ajouterais un peu de Marcel Pagnol et de Paolo Coelho.

Paolo Cognetti a le talent pour relater des moments merveilleux de l’enfance. Vous souvenez-vous de ces journées où on jouait dehors jusqu’à être couvert de poussière et épuisé? En embarquant dans le bain, on découvrait nos pieds tout noirs de saleté!

Il y a, dans le récit de Paolo Cognetti, des instants comme on en retrouve dans La gloire de mon père de Marcel Pagnol.

L’autre rapprochement que je fais avec Pagnol est la relation avec le père. Donc, même si la couverture du livre est rose, sachez, messieurs, que vous adorerez probablement ce récit. Vous y trouverez un écho de votre enfance, du temps où vous passiez des heures avec votre meilleur ami.

 

 

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Citation du livre Les huit montagnes

Les huit montagnes est une belle histoire car racontée avec une écriture simple et avec une goutte de poésie juste bien dosée.

 

La maison était imprégnée de l’humidité de trop d’hivers, aussi allumions-nous le feu pour le dîner puis restions au chaud devant jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller au lit. Chacun lisait son livre et parfois, entre deux pages, ravivait la flamme et la conversation. Le grand poêle noir nous écoutait.

J’ai découvert de nouveaux mots : dame-jeanne et névé.

Paolo Cognetti Les huit montagnes (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai dû chercher pour savoir ce qu’est une dame-jeanne et un névé. Et vous? Savez-vous ce que c’est?

Selon Wikipédia :

 « Un névé est une accumulation de neige qui peut perdurer en dessous de la limite de neiges éternelles et ce même pendant une partie de l’été. Elle peut être à l’origine d’un glacier.»

Et pour la dame-jeanne, une image vaut mille mots, donc cliquez ici si vous désirez en voir une.

Ce que j’ai moins aimé

Je suis un peu déçue de la fin.

Ceux qui l’ont lu me diront, c’est normal puisque… Non! Je ne divulgâcherai pas …

Voilà ce que je peux dire. Lorsque j’ai fini le livre, j’avais l’impression que le personnage principal n’avait pas vraiment évolué. Puis, en rédigeant cet article, j’ai relu certains passages que j’avais notés. Et, j’ai réalisé avec la citation suivante que le héros avait changé.

Il avait aussi bien pris conscience de son parcours vers ce changement.

On trouve sa place dans le monde par des moyens moins imprévisibles qu’on ne le croit. Après bien des détours, j’avais fini dans une grande ville au pied des montagnes avec une femme qui, en fin de compte, faisait la même chose que ma mère. Et avec qui je m’échappais dès que je le pouvais sur les hauteurs, pour reprendre les forces que la ville nous prenait.

 

Photo de Lhom

En lien avec cette histoire, Lhom nous présente, cette semaine, une photographie de la région du Piedmont dans le nord de l’Italie.

Alba, Italie (crédit photo Lhom)

Recommandations

Pourquoi je vous recommande de lire ce roman?

  • Si vous visitez le nord de l’Italie dans un avenir rapproché ou si vous connaissez cette belle région.
  • Si vous aimez les randonnées en montagne.
  • Si vous affectionnez les histoires d’amitié.
  • Si vous aimez lire un livre avant de voir le film.

 

Connaissiez-vous cet auteur?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

J’ai hâte d’aller voir le film!

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

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Comment améliorer votre santé grâce à la créativité, 25 idées pour vous amuser

Créativité

J’ai lu récemment un article de Forbes sur la créativité.  Datant de 2018, on stipule que la créativité est bonne pour la santé.

Voici ce que j’ai appris.

Flow

La créativité peut nous faire vivre un état qu’on appelle le flow.

Cela nous submerge de dopamine et nous ressentons du bonheur. Le flow est un concept élaboré par Mihaly Csikszentmihalyi dans son livre Flow: The psychology of optimal experience. C’est un état que beaucoup d’humains connaissent pour l’avoir souvent expérimenté.

J’ai lu ce livre en français et j’ai adoré.

Diminue la démence

Des recherches prouvent que la créativité stimule positivement les patients atteints de démence. Bon, on n’est pas rendu là, mais je me dis que si c’est bon pour eux, ça ne doit pas être mauvais pour nous!

Faire de la photo (crédit photo Phrenssynnes)

Améliore la santé mentale

Une activité créative comme le bricolage ou le coloriage a un effet similaire à la méditation. Cela calme le corps et l’esprit.

J’ai une amie qui tisse au métier. J’avais de la difficulté à comprendre sa patience dans cette activité. Imaginez, pendant des heures, emboîter des fils l’un à l’autre dans le but d’en faire un bout de tissu! Mais lorsqu’elle m’a expliqué la concentration nécessaire à ne pas faire d’erreur, le mouvement répétitif du corps, j’ai saisi. Et, j’y ai vu une similitude avec la méditation et elle atteint un état de flow.

Système immunitaire

Être créatif stimule le système immunitaire. Cette étude conclut :

Les résultats sont cohérents avec ceux d’études antérieures utilisant l’écriture émotionnelle dans d’autres groupes de patients. Sur la base des auto-évaluations de la valeur de l’écriture et des résultats préliminaires en laboratoire, les résultats suggèrent que l’écriture émotionnelle peut être bénéfique pour les patients infectés par le VIH.

Je présume que si cela a un effet positif sur leur système immunitaire, il doit aussi en avoir un sur le mien! Certains sceptiques et chercheurs diront que ce n’est pas prouvé scientifiquement, mais je ne suis pas un cobaye!

 

Citation d’une autre étude :

L’utilisation des arts dans la guérison ne contredit pas le point de vue médical en apportant des dimensions émotionnelles, somatiques, artistiques et spirituelles à l’apprentissage. Au contraire, elle complète le point de vue biomédical en se concentrant non seulement sur la maladie et les symptômes eux-mêmes, mais aussi sur la nature holistique de la personne. […] Grâce à la créativité et à l’imagination, nous trouvons notre identité et notre réservoir de guérison. Plus nous comprenons la relation entre l’expression créative et la guérison, plus nous découvrons le pouvoir de guérison des arts.

Cups Cakes de Pâques 1(crédit photo Phrenssynnes)

Plus intelligent

Wow! Mais comment?

Avoir une activité créative pousse le cerveau à utiliser les hémisphères droit et gauche.

Cet article relate bien ce fait chez les musiciens. Le cerveau gauche est responsable des fonctions motrices tandis que le droit se concentre sur la mélodie.

Vous savez, depuis cet article, la musique et moi, ça fait deux!

Je fais des petits gâteaux à la place. Hum… est-ce que ça me rend plus intelligente?  J’en doute mais la dent sucrée de Lhom est si heureuse lorsque je fais ce genre d’activité. Ah! Ah!

Voici une liste d’activités pour votre créativité

 

  1. Broder
  2. Faire des collages
  3. Colorier
  4. Composer une chanson
  5. Coudre
  6. Créer de bijoux
  7. Créer des bouquets de fleurs séchées
  8. Créer un blogue
  9. Cuisiner
  10. Décorer
  11. Dessiner
  12. Écrire de la fiction, des essais ou de la poésie
  13. Fabriquer des bougies
  14. Faire de l’aquarelle
  15. Jardiner, faire un terrarium
  16. Jouer d’un instrument de musique
  17. Kuntsugi
  18. Macramé
  19. Menuiserie ou ébénisterie
  20. Origami
  21. Peindre
  22. Photographier
  23. Poterie
  24. Scrapbooking
  25. Tisser, tricoter ou crocheter

Une autre idée pour un projet créatif : créer une histoire avec des tranches de livres comme sur ce post sur Instagram.

Une histoire sur tranche de livres (crédit photo Phrenssynnes)

Avez-vous compris mon histoire de tranches de livres?

Lhom dit qu’elle a besoin d’une traduction!

Une affaire de charme: c’est une histoire d’amour.

L’ombre d’un doute: un doute apparait dans la relation.

Le miroir se brisa: ils rompent.

Une banale histoire: c’était une histoire d’amour triste et classique.

Bonjour tristesse: elle ou il est triste.

Si c’était à refaire: qu’est-ce qu’il ou elle changerait?

Cartes sur table: parler et dire à l’autre le fond de sa pensée.

La créativité dans les tranches de livres

Bref, vous avez compris, la créativité est bonne pour la santé.

Je vous invite à vous inventer un projet créatif. Pour ma part, cette semaine, j’ai complété une idée pour la fête des pères.

Je vous en reparle la semaine prochaine, question de garder la surprise pour Lhom!

Photo de Lhom

Faire de la photographie, quel beau passe-temps créatif! 😉

Voici le château de Clos Lucé où Léonard de Vinci a passé les dernières années de sa vie. Un génie de la créativité et si inspirant!

Château de Clos Ducé (crédit photo Lhom)

Et vous? Quel est votre passe-temps favori?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

 

Bonne semaine.

Phrenssynnes

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Le Festin de Margaret Kennedy

 

Le Festin de Margaret Kennedy

Margaret Kennedy est une écrivaine britannique décédée en 1967 à l’âge de soixante-et-onze ans. Je la découvre avec ce roman, Le Festin, paru en 1950.

L’action se passe en Cornouailles, au bord de la mer, en 1947, dans l’auberge de la famille Siddal.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture  du livre Le Festin (crédit photo Phrenssynnes)

Le livre Le Festin est séparé en huit parties : le prologue et les sept jours de la semaine qui se terminent par un évènement tragique.

La falaise surplombant l’auberge s’écrase sur celle-ci, la détruisant complètement. Je ne divulgâche rien ici, car on l’apprend dès les premières pages du bouquin. On sait qu’il y aura des victimes et des survivants.

L’accroche littéraire est là.

L’autre truc de l’écrivaine pour bien nous appâter est révélé dans l’avant-propos.

 

Citation de l’avant-propos 

« En 1937, alors qu’elle était avec des amis romanciers, la discussion s’est orientée vers les sept péchés capitaux : chacun proposait d’écrire une nouvelle où un personnage moderne incarnerait un péché. Le projet est tombé à l’eau, car tous avaient le sentiment que le résultat final serait trop déprimant. »

L’idée a fait son chemin dans l’esprit de Margaret Kennedy.

Citation du livre Le Festin

« L’orgueil, la gourmandise, l’avarice, la luxure, la colère, l’envie et la paresse sont tous réunis à l’hôtel de Pendizack. »

Cathy Rentzenbrink dans l’avant-propos

 

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book club illustration (credit DIVI)

Ce que j’ai aimé

Le Festin de Margaret Kennedy (crédit photo Phrenssynnes)

Tout au long de la fiction, plusieurs incidents se produisent. Chacun réagit à sa façon, révélant le meilleur et le pire de chacun. En conséquence, des clans se créent, des relations se brisent.

Le lecteur s’égaye à reconnaître les péchés dans les différents personnages pittoresques et ne peut que les détester.

Le récit de ce roman est écrit avec plusieurs types de narration. Certains chapitres sont des lettres écrites par des personnages ou des extraits de journaux intimes. Dans d’autres chapitres, l’auteure utilise la narration omnisciente.

Un jour, ma fille Juny m’a demandé pourquoi j’aimais lire des romans policiers. Elle ne comprenait pas pourquoi je passais beaucoup de temps dans des livres dont le sujet est un meurtre. C’est vrai que c’est morbide. La mort d’une personne, peu importe qui elle est, est horrible en soi.

Cela m’a fait réfléchir et je me suis souvenue du plaisir à lire les romans d’Agatha Christie, les premiers polars que j’ai découverts.

Agatha Christie et Margaret Kennedy

Aussi macabre que puisse être une enquête policière, on sent, dans les romans de cette écrivaine britannique, un ton, une ambiance ou une façon d’être avec une vibration joyeuse.

Est-ce la petite touche d’humour typique à la British? Est-ce cette philosophie à reconnaître tous les travers humains avec indulgente compréhension? Il y a quelque chose de positif ou de profondément humain dans la vision du monde des personnages d’Agatha Christie.

Et je reconnais, un peu, cette conception dans le roman de Margaret Kennedy.

Le Festin et le sarcasme britannique 

C’est horrible de penser qu’une falaise va s’écraser sur une auberge habitée. Mais l’écrivaine, en nous faisant découvrir les personnages dans la dernière semaine avant la tragédie, nous fait ressentir toutes sortes d’émotions.

Le chichi entre l’intendante et la femme de chambre est un régal.

Le rapprochement entre Gerry, le fils des propriétaires et une des pensionnaires de l’auberge est attendrissant.

L’habileté de l’auteure à décrire et raconter les différents évènements du récit nous amène à espérer que nos préférés survivront.

C’est un récit original et très différent que ce que je lis d’habitude. Une histoire qui nous raconte aussi une époque d’après-guerre avec la déchéance des riches britanniques dont on ne parle pas souvent dans les romans.

Citation

« Ils se levèrent toutefois de leur nid dans les ajoncs et reprirent le chemin de l’abri, serrés l’un contre l’autre et s’arrêtant souvent pour s’embrasser et s’exclamer. La lune continuait de s’élever au-dessus des collines et jetait une nappe d’argent sur les buissons au moment où ils arrivèrent à l’abri. »

Margaret Kennedy

Quatrième de couverture  du livre Le Festin (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

 

Étant donné qu’il y a une panoplie de personnages, on s’y perd un peu au début. Mais avec la qualité de l’écriture, on finit par tous les démêler.

Pourquoi le titre Le Festin

Parmi les clients de l’hôtel, il y a plusieurs enfants. Ceux-ci, avec l’aide d’adultes, organisent une fête pour la première fois de leur vie. C’est un véritable festin, voilà le lien avec le titre.

Photo de Lhom

Lhom cède sa place, cette semaine, à @thecozylifestyle_. Une jeune Instagrameuse qui a réussi, dans ce cliché, à saisir la candeur et la joie pure de l’enfance. Cette même gaieté qui a inspiré les enfants du livre Le Festin à préparer une fête mémorable.

Candeur et naïveté de l'enfance (crédit photo Thecozylifestyle_)

Recommandations

En bref, c’est un excellent roman à lire:

  • Avant de visiter les Cornouailles ou l’Angleterre.
  • Si vous aimez les romans avec un léger ton sarcastique.
  • Pour découvrir une femme écrivaine.

 

Connaissiez-vous cette auteure?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

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[Idée lecture] Une variété de romans captivants de mon club de lecture

Des suggestions de livres du club de lecture

L’été sera là bientôt et c’est une saison fantastique pour lire.

Un bouquin, c’est comme un ami.

J’adore la lecture et j’espère vous partager cette passion.

Dans mon club, nous échangeons au sujet de livres que nous avons lus, mais aussi sur des blogues, des balados ou des séries télé.

La lecture est une activité relaxante que vous soyez à la maison ou en voyage.

Dans ce billet, je vous propose les dernières recommandations de mes copines.

 

La servante écarlate (crédit photo Phrenssynnes)

Suggestions de lecture de madame A

Madame A a lu Alias Grace de Margaret Atwood et elle a adoré ce bouquin. Vous pouvez aussi voir la série sur Netflix inspirée de ce livre. Basé sur un fait divers du XIXe siècle, ayant bouleversé le Canada, cette fiction nous présente les conversations entre le docteur Simon Jordan et Grace.  Il essaye de découvrir la vérité dans l’histoire de Grace.

Margaret Atwood est une écrivaine canadienne née à Ottawa. Elle est devenue célèbre avec son roman La servante écarlate publié en 1985.

Madame A  a eu le plaisir d’assister, en avril, à une rencontre littéraire avec l’auteure lors du Salon du livre de Québec. Elle a été impressionnée par cette personnalité littéraire.

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Suggestions de lecture de madame F

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa est une bonne brique que Madame F recommande.

Tout le bleu du ciel (capture écran de Phrenssynnes) Tout le bleu du ciel (capture écran de Phrenssynnes)

Un bref résumé:

« Émile, 26 ans, touché par un Alzheimer précoce, décide de quitter l’hôpital et sa famille afin de partir à l’aventure. Une jeune femme, Joanne, répond à son annonce. Ils commencent ensemble un périple… »

C’est une histoire émouvante et les commentaires de madame F m’ont donné envie de le lire.

La deuxième suggestion de Madame F est le roman français Trois de Valérie Perrin (conjointe de Claude Lelouch). C’est une belle histoire sur l’amitié de trois personnages qui fait vibrer le lecteur et avec un punch final à ne pas manquer.

Suggestions de lecture de madame W

Madame W a lu Perdre la tête de Heather O’Neill, traduit par Dominique Fortier. C’est aussi une histoire sur une grande amitié.

Un bref résumé:

« L’écrivaine Heather O’Neill livre ici un récit captivant sur une amitié si intense qu’elle change le cours de l’histoire. Perdre la tête est un roman puissant qui explore les questions de genre et de pouvoir, de sexe et de désir, et la force terrible du cœur humain. »

Madame W, une admiratrice de la traductrice Dominique Fortier (qui est aussi écrivaine), a été charmée.

Le deuxième bouquin lu par madame W est le fameux roman italien, L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. Décidément, encore une histoire d’amitié.

J’ai entendu le plus grand bien de ce roman et par de nombreuses personnes, dont madame A. Il est sur ma PAL (pile à lire).

Capture écran de Phrenssynnes L'amie prodigieuse

Les suggestions de madame C

Madame C, qui avoue ne pas être une grande lectrice, nous a présenté deux livres. Le premier, Voyage fatal de Kathy Reichs, l’a beaucoup déçue. Selon elle, ses nombreux romans ne sont pas toujours de même qualité.

Le deuxième, Le dernier templier, est un des premiers livres écrits par Raymond Khoury. Il a été publié qu’en 2005 puisqu’il a été refusé par un éditeur dans les années 90. Ce livre a été vendu à plus de trois millions d’exemplaires. L’éditeur qui l’a refusé a dû s’en mordre les doigts.

Madame C l’a trouvé intéressant, c’est une histoire un peu dans la lignée du Da Vinci Code de Dan Brown.

Bref, ce livre fera, lui aussi partie de ma pile mais le dernier que j’ai lu sur le sujet (Le mystère des Templiers) m’a un peu désappointée.

Les suggestions de lecture de Phrenssynnes

En plus du livre sur les Templiers, j’ai lu le célèbre roman À l’est d’Eden de John Steinbeck. J’avais déjà lu Des souris et des hommes du même auteur, mais je voulais déguster une autre de ses oeuvres.

C’est un plaisir d’être guidé par les mots de Steinbeck pour imaginer la Californie au tournant du XXe siècle. Sa description de la région de la rivière Salinas en début de livre est impressionnante. Comme si les deux rives de ce cours d’eau symbolisaient les deux familles de cette saga.

J’ai succombé au charme de Sam Hamilton qui était, en réalité, le grand-père de l’auteur.

Ce livre vibrait encore en moi lorsque j’ai assisté, moi aussi, à une rencontre littéraire. Celle de Nancy Huston et de Claudia Larochelle au Salon du livre de Québec.

Nancy Huston, qui est une militante féministe depuis toujours, m’a fait réfléchir à ce roman de Steinbeck. Cette histoire où on parle du bien et du mal, non, plutôt où « les hommes » parlent du bien et du mal m’a remuée. Ma rencontre avec l’oeuvre de Steinbeck et celle avec Huston ont mis en évidence la misogynie ressortant de ce roman.

Les personnages féminins principaux sont aux antipodes: une putain qui est aussi tenancière de bordel et une mère aux principes religieux rigides.

Les deux se sont entrechoqués dans mon esprit.  À l’est d’Eden est une fresque qui reflète les moeurs et les mentalités d’une époque pas si lointaine.

Capture d'écran de Phrenssynnes À l'est d'Eden

Et des podcasts dont on a parlé au club de lecture

Si vous aimez les balados, voici ceux que j’ai suggérés à mes amies du club de lecture.

La page blanche : C’est une émission où Émilie Deseliène invite des écrivaines à parler de leur dernier livre et de créativité.

« La Page Blanche est un podcast dans lequel j’invite des autrices pour discuter de leur dernier livre et de leur processus créatif.

Mon objectif? Raconter deux histoires, celle d’une autrice et de son roman, mais aussi de lever le voile sur un métier qui fait parfois rêver, mais qui n’est pas sans cacher de nombreuses difficultés. Ensemble, on parle du cheminement de l’auteur, de livres, d’édition, des joies et des doutes de l’écrivain, et j’espère partager ainsi avec vous autant d’idées de lectures qu’une bonne dose d’inspiration. »

Émilie Deseliène

Le book club :

« Le podcast présenté par Agathe Le Taillandier est une plongée dans la bibliothèque de nos invité·es. Personnalités du monde de la littérature, de l’humour, de la musique ou encore de la politique, ils et elles nous parlent de leur livre fétiche, celui qui a renouvelé leur perception du monde, les a aidés à comprendre leur histoire, ou vers lequel ils et elles reviennent, à chaque fois qu’elles en ressentent le besoin. »

Le bruit des pages :

« Le bruit des pages est un podcast littéraire. Catherine et Marine, deux passionnées de littérature, vous parlent de leurs lectures et de leurs découvertes en discutant de leurs coups de cœur ! Tous les mois, venez partager un moment d’évasion littéraire, et enrichir votre pile à lire avec des idées de romans. »

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Je termine avec cette belle citation.

Citation

« Il me semble que vous ou moi, au moment de choisir entre deux voies, devons toujours penser à notre fin et vivre pour que notre mort ne fasse plaisir à personne. »

John Steinbeck, À l’est d’Eden.

Photo de Lhom

Cette semaine, Lhom cède la place à notre ami Tino. Cet Italien d’origine nous offre un magnifique coucher de soleil de la Toscane.

Merci, Tino, pour cette collaboration.

 

Coucher de soleil italien (crédit photo Tino)

Et vous? Que lisez-vous? Lesquels de ces livres vous tentent?

Avez-vous un club de lecture?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

Un merci spécial à mes amies du club de lecture, j’aime beaucoup ces moments passés avec vous!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Suggestions de lecture pour vos vacances

Des suggestions lecture du club

Lire est une activité fantastique pour les vacances. Un livre, c’est comme un ami. Que ce soit sur la plage, en avion ou avant de s’endormir, la lecture est un passe-temps reposant.

Ne soyez pas découragé par l’image de présentation de mon article. Ce ne sont pas de vieux bouquins que je vais vous proposer!

J’ai lancé, avec mes amies, un club de lecture en 2018.  Dans une même envolée, j’ai démarré le blogue.

Et, dans cet article, je vous offre les suggestions de lecture que mes copines ont présentées à notre dernière rencontre du club.

 

Couverture du livre Hurlevent (crédit photo Phrenssynnes)

Suggestions de lecture de madame A

Madame A, qui est amateur d’intrigue en lien avec la Seconde Guerre mondiale, a lu pour nous La carte postale de Anne Berest. On raconte l’histoire d’une jeune femme juive qui va à la découverte du destin de ses ancêtres à partir d’une carte postale.

La deuxième lecture de madame A est, pour elle, un retour vers un livre déjà lu. Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Un grand classique de la littérature britannique qui m’a fait vibrer pendant mon adolescence.  À noter, un film sur Emily Brontë sortira bientôt au cinéma et soyez assuré que j’irai le visionner.

4ième de couverture de Hurlevent (crédit photo Phrenssynnes)

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Suggestions lecture de madame F

Si vous vous posez la question, madame F, ce n’est pas moi. Elle est notre dernière recrue.

Elle nous propose trois livres :

Le choix de Viola Ardone. Cette histoire est celle du choix de liberté d’Olivia Denaro, une jeune femme sicilienne.

Si vous suivez le blogue, vous vous rappelez que j’ai déjà écrit un article sur un livre de Viola Ardone.

La deuxième suggestion est Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara. Ce livre, dont les thématiques abordées sont difficiles et violentes, est devenu un best-seller. Publiée en 2015, la traduction française fait plus de 1000 pages. Un beau roman, selon madame F, qui nous fait réfléchir.

La troisième proposition est un bouquin paru en 2013. N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell est une histoire dont l’intrigue a lieu en Suède sur le sujet du SIDA.

Suggestions lecture de madame W

Madame W assistera bientôt à une rencontre littéraire avec Nancy Huston. Animée par Claudia Larochelle, cette présentation fait partie de la programmation du Salon du livre de Québec. C’est pourquoi madame W a lu Ligne de faille  de cette auteure née à Calgary.

L’autre suggestion de madame W est Je suis chercheur d’or  de Guillaume Dulude. Ce psychologue québécois parcourt le monde à la rencontre de tribus n’ayant pas de contact avec la civilisation moderne. Vous pouvez aussi retrouver ses aventures à l’émission Tribal sur TV5.

Et finalement, À la recherche de l’arbre-mère  de Suzanne Simard. Elle est professeur d’écologie forestière en Colombie-Britannique et son livre raconte sa relation particulière avec les arbres et la nature.

Les suggestions lecture de Phrenssynnes

J’ai parlé à mes amies du livre Et vous? Comment vivrez-vous?, ce livre dont j’ai discuté dans mon dernier article et qui m’a beaucoup touché.

Je suis en train de lire un roman québécois: L’étonnante mémoire des glaces de Catherine Lafrance, une auteure que je découvre. Je vais me souvenir de son nom, car elle est un bon filon! Son polar m’a accroché tout de suite. Elle a une belle écriture visuelle et bien équilibrée pour un suspense. Elle sait nous garder en haleine et son héros, le journaliste Michel Duquesne, est captivant.

Mon autre lecture en cours est À l’est d’Eden de John Steinbeck. J’ai emprunté le livre à la bibliothèque, je me suis laissée un peu décourager par les pages jaunies et la finesse de la police de caractère… Mais après avoir lu quelques pages, ce lauréat du prix Nobel de la littérature m’avait accroché avec son histoire.

Et des blogues

Je termine ma présentation au club en suggérant des blogues littéraires. Voici deux blogues que vous pouvez aussi consulter pour trouver des idées de lecture.

 Collectif Polar

Charlotte Parlotte qui suggère dans cet article des livres sur le thème de la fratrie.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Ah! Lire à la plage, quel plaisir incroyable!

Plage, Ouest de la Floride

Je termine avec cette belle citation et je remercie mes amies du club de lecture. J’adore ces moments passés en votre compagnie.

Citation

« The only way to have a friend is to be one. »

Ralph Waldo Emerson

Kennebunkport (crédit photo Lhom)

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photo d’un endroit magique pour des vacances : Kennebunkport, Maine.

Faites-nous part de vos lectures du moment ou de celles que vous projetez faire pendant vos vacances.

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine et si vous partez, bonnes vacances!

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Et vous, comment vivrez-vous? de Yoshino Genzaburô

Et vous, comment vivrez-vous? 

J’ai découvert ce livre dans Âme brisée d’Akira Mizubayashi. Republié en 2021 par les Éditions Picquier, il fait 236 pages.

En fait, Et vous, comment vivrez-vous? est le livre que le jeune Rei, âgé d’environ douze ans, lit au moment où son père se fait arrêter par des soldats japonais. Et cette œuvre a eu une grande importance tout au long de la vie de Rei. Ce livre m’intriguait.  De plus, mes amis, F et R, me l’ont fortement recommandé.

L’auteur, Yoshimo Genzaburô, est diplômé de l’université de Tokyo. Au début de sa carrière, il a été bibliothécaire pour ensuite devenir éditeur et écrivain. Il est décédé en 1981 à l’âge de 82 ans.

Quatrième de couverture

Vous pouvez ici lire comment l’éditeur présente le livre en quatrième de couverture.

Quatrième de couverture de Et vous, comment vivrez-vous? (crédit photo Phrenssynnes)

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book club illustration1  (credit DIVI)

Ce que j’ai aimé de Et vous, comment vivrez-vous?

Livre Et vous, comment vivrez-vous? (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai adoré plusieurs choses de ce livre.

Premièrement, ce bouquin me fait approfondir ma connaissance de la culture japonaise. Par contre, je me sens un peu mitigée par rapport à cela. 

Deuxièmement, j’admire les principes moraux que l’on met en valeur. Je les trouve encore plus fondamentaux que ceux qu’on m’a inculqués dans ma jeunesse.

Cela me fascine, l’auteur a écrit cet ouvrage en 1937 et on l’a réédité plus de 80 fois! Mais le comble est qu’il demeure toujours d’actualité!

Cette citation, plus bas, m’a touché.

Citation de Yoshino Genzaburô

« Si tu te contentes de faire quelque chose parce qu’on t’a dit que c’était bien, ou parce que c’est cela que la société reconnaît comme critère pour mesurer la valeur d’un individu, bref, si tu te contentes de faire comme on t’a dit de faire – écoute-moi bien, Coper -, jamais tu ne deviendras un être pleinement humain. »

Couverture de Et vous, comment vivrez-vous? (crédit Photo de Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

C’est un peu comme lorsqu’on lit un livre dont l’intrigue se passe en Islande.

On trouve beaucoup de mots incompréhensibles, des lieux dont les noms sont presque impossibles de se souvenir. Alors dans ce livre de Yoshino, on retrouve certains mots ou références à la culture japonaise que je ne connaissais pas. Oui, cela me fait découvrir cette culture, mais c’est parfois un peu rebutant.

Par exemple, j’ai fini par apprendre que l’aburaage est du tofu frit. Malgré tout, cela ne m’a pas empêché d’en terminer la lecture.

D’autre part, cet ouvrage est dédié aux adolescents. En tant qu’adulte, j’ai lu en diagonale certains passages mais j’ai quand même trouvé beaucoup d’intérêt à le lire.

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine cette magnifique photo d’un lac en Suisse. Un paysage qui nous porte à prendre du recul et à réfléchir, un peu comme le livre de Yoshino Genzaburô.

Lac de Brienz, Suisse (crédit photo Lhom)

Conclusion

C’est un roman parfait pour lire avant d’aller au Japon.

Si vous êtes enseignant, c’est une excellente suggestion pour les adolescents et même pour vous, puisqu’on y parle d’intimidation et de morale.

Bref, c’est l’œuvre que j’aurais aimé lire quand j’avais quinze ans.

Vous trouverez probablement quelqu’un à qui l’offrir.

Connaissiez-vous cet auteur?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Je vous remercie d’avoir lu mon article et si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Citation de Steven Wright

 

Bonjour chers lecteurs et lectrices,

 

Cette semaine, je vous offre une citation de l’écrivain Steven Wright.

Comme quoi, la littérature, c’est jouer avec les mots.

Bonne réflexion.

Phrenssynnes

 

Citation

 

Le blogue de Phrenssynnes

There’s a fine line between fishing and just standing on the shore like an idiot.

Steven Wright

Photo de Lhom

Lhom a choisi cette semaine cette magnifique photo prise par la photographe Kit4.

Canot (crédit photo Kit4)

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Chronique littéraire: Âme brisée d’Akira Mizubayashi

Tasse chinoise vue de haut (crédit photo Phrenssynnes)

Âme brisée d’Akira Mizubayashi

Akira Mizubayashi a publié le roman Âme brisée en 2019. Il a étudié au Japon et en France et ses livres sont composés en français.  Cet écrivain et professeur universitaire vit à Tokyo et a gagné plusieurs prix littéraires.

C’est la première fois que je lisais un ouvrage de ce romancier.

J’ai beaucoup d’admiration pour un auteur qui rédige directement dans une autre langue que la sienne. D’autant plus que le japonais et le français sont deux langages si différents.

Quatrième de couverture du livre Âme brisée

4ième de couverture de Âme brisée (crédit photo Phrenssynnes)
Couverture Âme brisée (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé d’Âme brisée

J’ai aimé ce livre, car il m’a fait découvrir plusieurs choses.

Un pan de l’histoire du Japon.

  • Le monde du violon et des luthiers.
  • Le style simple, délicat et zen.
  • De magnifiques morceaux de musique classique. La gavotte en rondeau de Bach, Rosamunde de Schubert.
  • L’importance de la hiérarchie japonaise qui va jusqu’à influencer la langue.

Je trouve parfois difficile de savoir quand utiliser le tutoiement ou le vouvoiement en français. Cela semble beaucoup plus ardu en japonais, car il y a plusieurs niveaux!

Une autre chose m’a beaucoup impressionné. C’est la verve extraordinaire avec laquelle l’auteur réussit à décrire un morceau de musique interprété au violon.

En voici un exemple.

 

Citation

«Une mélodie simple, touchante, lancinante, transparente comme un ruisseau de larmes, commença à couler sur les cordes du premier violon.»

Ce que j’ai moins aimé d’Âme brisée

Le rythme du livre est lent au début mais comme souvent dans les romans, persévérer dans notre lecture nous fait découvrir une belle histoire.

La richesse de vocabulaire et l’éloquence avec laquelle il décrit la musique alourdissent parfois le texte.

Citation

«Le morceau avait démarré sur un thème sautillant, jovial, épanoui, comme pour accompagner un adolescent de la ville parti en promenade à la compagne, par un matin ensoleillé, pousser par le bonheur d’exister, aiguillonné par la curiosité de découvrir la beauté du paysage environnant. À un moment donné, la musique avait changé de couleur et d’atmosphère, comme si elle traduisait l’inquiétude refoulée de l’adolescent voyant s’amonceler subitement un gros nuage noir dans le ciel, radieux quelques minutes auparavant.»

Tasse et livre Âme brisée (crédit photo Phrenssynnes)

Comme indiqué sur la quatrième de couverture, Rei, le héros de cette histoire, est caché dans une armoire lors de l’arrestation de son père. On apprend  qu’avant le drame, il lisait un livre pendant que son père pratiquait le violon avec ses amis. Ce bouquin dont voici le titre, Dites-moi comment vous allez vivre, existe et il fait partie de ma pile à lire.

Je découvre la littérature japonaise.

Photo de Lhom

Voici un magnifique paysage campagnard dans la région d’Alba en Italie.

C’est un endroit qui se situe près de Crémone, au sud de Milan, où a lieu une partie de l’intrigue du livre Âme brisée.

Campagne près d'Alba (crédit photo Lhom)

C’est un excellent bouquin à lire avant de visiter le Japon ou la région de Mirecourt en France et Crémone en Italie.

Connaissiez-vous cet auteur?

Je vous remercie d’avoir lu cette chronique.

Si vous avez aimé cet article, je vous exprime toute ma reconnaissance si vous le partagez avec vos amis, votre famille ou sur les réseaux sociaux. 

Je suis également reconnaissante que vous ayez pris le temps de lire mon texte au complet et de contribuer à la popularité du blogue!

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

 

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book club illustration (credit DIVI)

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À la recherche d’un excellent roman pour offrir à Noël?

Le train des enfants de Viola Ardone.

Ce livre de Viola Ardone sera un merveilleux cadeau de Noël, car il touchera la personne à qui vous le donnerez. En continuant la lecture de cette chronique, vous découvrirez les points forts et plus faibles de cette fiction.

Viola Ardone, née à Naples, en Italie, a fait des études en littérature. Elle est maintenant professeure et écrivaine. Le train des enfants, publié en 2019, est son troisième roman.

 

Je dédie cet article à mon ami, Agostino.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture du livre Le train des enfants (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé du livre de Viola Ardone

Tel que vous pouvez le lire sur la quatrième de couverture, ce roman a été inspiré de faits réels qui ont eu lieu en Italie après la Seconde Guerre mondiale. Plus de 70 000 enfants pauvres ont été déplacés du sud vers le nord de l’Italie pendant quelques mois dans des familles riches. Étant donné que j’aime beaucoup apprendre, cet ouvrage m’a permis de connaître un pan de l’histoire de ce pays.

Dans la première partie de la fiction, le style littéraire de Viola Ardone m’a rappelé celui de Romain Gary dans le livre La vie devant soi. L’intrigue de Viola Ardone, composée au « je », nous raconte le destin d’un gamin de sept ans, Amerigo qui vit à Naples.

Le train des enfants dans la laine (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai adoré la naïveté enfantine que l’auteure a utilisée dans son texte. Cette candeur nous fait sourire plus d’une fois. Dès le début, nous tombons amoureux d’Amerigo. Et, jusqu’à un certain point, l’écrivaine provoque des émotions qu’on a pu éprouver dans les premières années de notre vie. Elle sait toucher chacun d’entre nous avec cette universalité.

Je n’ai pas trouvé de longueurs dans ce livre, la trame coule bien et l’on se laisse bercer par le quotidien des Italiens de cette époque.

Citation

« Moi dans la ruelle on m’appelle Nobel parce que je sais plein de trucs, même si j’ai arrêté d’aller à l’école. J’apprends dans la rue : je me balade, j’écoute les histoires, je me mêle des affaires des autres. Personne ne naît avec la science en infusion. »

 

 Viola Ardone

Ce que j’ai moins aimé du roman de Viola Ardone

Un des aspects que j’ai trouvé difficile en lisant ce roman, c’est de constater à quel point toute cette expérience a dû être pénible et traumatisante, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les parents qui les ont laissés partir.

Éloigner un petit de ses parents a toujours un impact et est-il positif ou négatif? Cela dépend d’une foule de facteurs et les retentissements demeureront toujours imprévisibles. J’espère que l’Humanité apprendra de ces histoires et que tous sauront s’en souvenir à l’avenir.

Malgré tout cela, à mon avis, le roman se termine bien. Je ne vous en dis pas plus, sauf que la fin est lumineuse.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Citation

« Maman devant et moi derrière. Je ne sais pas où on va, elle dit que c’est pour mon bien. Ça sent l’arnaque, comme pour l’histoire des poux. C’est pour ton bien, et je me suis retrouvé avec les cheveux coupés rasibus. »

Viola Ardone.

Conclusion

L’auteure réussit avec finesse à nous toucher avec le ton juste sur un sujet délicat. Vous serez attendri par les répercussions de cette histoire qui se voulait altruiste. On cherche parfois un bon livre qui nous fait vibrer, un beau récit avec des personnages qui vivent des aventures extraordinaires.

Vous aimerez ce livre si:

  • Vous visitez bientôt l’Italie ou vous adorez ce pays.
  • Vous appréciez l’excellente littérature.
  • Vous vous passionnez pour l’humanité, les émotions et les enfants.
  • Vous cherchez un excellent roman à offrir pour Noël.

 

Couverture du livre Le train des enfants (crédit photo Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Comme à toutes les semaines, mon mari, Lhom nous offre une photographie. En lien avec cet article, voici un merveilleux paysage du nord de l’Italie.

Paysage du nord de l'Italie (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cette auteure?

Offrirez-vous ce livre comme cadeau?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Merci à mon amie F de m’avoir recommandé cette lecture.

La panthère de Stéphanie des Horts

La panthère de Stéphanie des Horts

Le fabuleux roman de Jeanne Toussaint, joaillière des rois

 

J’ai lu le livre La Panthère de Stéphanie des Horts, publié chez JC Lattès en 2010. Ce roman biographique relate l’histoire de Jeanne Toussaint, une femme qui avait toute une personnalité! 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de la panthère (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

La panthère sur fond ligné (crédit photo Phrenssynnes)

Je me passionne toujours pour les fictions à la Cendrillon. Je me laisse facilement embarquer dans des histoires où l’héroïne évolue, grâce à ses qualités, de son statut miséreux à celui de princesse vénérée.

Originaire de la Belgique, Jeanne Toussaint, violée par l’amant de sa mère alors qu’elle n’est qu’une gamine, s’enfuit à Paris. Elle va rejoindre sa sœur Charlotte qui a subi la même expérience et vit là-bas. Elles deviennent des « horizontales », c’est-à-dire des courtisanes ou des prostituées élégantes. Jeanne, qu’on surnomme la panthère, profite d’une jeunesse exaltante. Elle côtoie la haute société aristocratique. Et par ses qualités et ses relations, à défaut de se marier, elle réussit à obtenir le poste de directrice artistique à la prestigieuse bijouterie Cartier de Paris.

 

La vie de cette femme ambitieuse démontre qu’on peut aller loin à force de persévérance et de travail. Jeanne a du style et du goût, elle a créé la ligne de produits Panthère et est devenue une légende.

Citation

« Charlotte me surnomme Pan-Pan pour la panthère qui rugit en moi. Car elle me connaît bien, sait mon caractère inflexible et ma volonté farouche. Pan-Pan, la panthère. Marche ou crève. Oui, je suis la féline, celle qui avance, souple et silencieuse, courageuse et intraitable. Je vais au bout de mon destin, et je le décide démesuré. Passe, dépasse et surpasse. Ou bien trépasse. Moi, Jeanne Toussaint, du haut de mon mètre soixante, je les distances toutes. »

Stéphanie Des Horst

Cette dame audacieuse rencontre des aristocrates et des artistes débutants à l’époque devenus, depuis, riches et célèbres. Je ne connais pas un grand nombre de tous ces personnages, mais plusieurs de ces noms résonnent encore aujourd’hui.

Entre autres, Jeanne développe un lien d’amitié avec une autre « horizontale », Coco Chanel.

J’ai bien rigolé lorsque Jeanne exprime son impression sur Pablo Picasso.

 « J’adore Pablito, petit Espagnol râblé, hargneux, caractère de chien, mais talent fou. Et quel accent épouvantable. On ne comprend rien à ce qu’il baragouine. »

Puis, on s’amuse de la scène où un copain de Jeanne et Charlotte leur parle de Marcel Proust.

« … le jeune homme pâle aux yeux d’ébène qui suçote sa moustache en jetant des regards inquiets tout autour de lui […]

— Oh, celui-là, répond Hélleu, un dénommé Proust, Alphonse ou Jules, je ne sais plus. Mais il ne te regardera pas, Charlie, on dit qu’il n’aime que les hommes. C’est un écrivaillon, il est tout à sa grande œuvre. À la recherche de je ne sais quoi, encore un qui ne passera pas la barrière aiguë de la postérité. »

J’ai aussi aimé le volet historique de ce livre. Notamment lorsque l’auteure nous raconte l’histoire d’un bijou fabriqué pendant la guerre, l’oiseau en cage.

Ce que j’ai moins aimé

 

Lorsqu’elle est la responsable artistique de la maison Cartier, Jeanne crée des bijoux avec l’équipe. J’aime bien la joaillerie, mais jusqu’à une certaine limite. C’est pourquoi j’ai trouvé quelques longueurs dans le texte.

Par contre, cela m’a fait tomber en admiration devant les talents de l’auteure pour tant de descriptions d’objets précieux. C’est incroyable de la voir utiliser un nombre colossal de mots pour dépeindre ces joyaux.

Dans la dernière section de l’ouvrage, le ton narcissique m’a un peu agacée. L’histoire est écrite au « je », alors la belle Jeanne se louange abondamment.

Est-ce que Jeanne Toussaint était nombriliste? Serait-ce une bévue de Stéphanie des Horts d’avoir choisi ce type de narration? Ou bien a-t-elle voulu, justement, nous démontrer la vantardise de cette femme? On ne sait pas trop. Car si elle désirait lui rendre hommage, une partie du livre ne reflète pas cette vénération.

La panthère et les perles (crédit photo Phrenssynnes)

Conclusion

Vous aimerez ce livre si :

 

  • Vous désirez découvrir un pan de l’histoire de Paris avant un voyage dans la Ville Lumière.
  • Vous aimez les romans historiques.
  • Vous êtes amateurs de bijoux et pierres précieuses.
  • Vous affectionnez les lectures sur les gens riches et célèbres.

Photo de Lhom

En lien avec le livre La panthère dont l’action a lieu à Paris, Lhom nous offre cette magnifique image du pont Alexandre III.

Un pont à Paris(crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cet auteure? Aimez-vous les romans biographiques?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication. Je remercie mon amie J pour m’avoir prêté ce livre.

 

  Cliquez ici pour lire d’autres articles sur Phrenssynnes se cultive.

book club illustration (credit DIVI)

Lorsque vous êtes abonné, tous les samedis matin, vous trouverez mon dernier article dans votre boîte courriel prêt à être consulté pendant que vous savourez votre café.

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Pourquoi écouter des balados et mes 10 préférés

Un balado ou podcast, qu’est-ce que c’est?

 

Un balado, c’est comme une émission radiophonique, mais diffusée par Internet. On télécharge un balado sur son téléphone cellulaire ou sa tablette et on peut l’écouter quand on le désire. Cela existe depuis les années 2000, mais c’est devenu très populaire plus tard, avec l’arrivée des appareils téléphoniques intelligents.

L’avantage, c’est que vous n’avez pas besoin d’Internet pour l’écouter, une fois l’épisode téléchargé sur votre appareil. Rarement, vous devrez payer, car la plupart sont gratuits. Par contre, sur ceux gratis, vous remarquerez probablement des publicités. Vous pouvez l’éviter, comme je fais souvent, en faisant avancer rapidement la diffusion.

Vous pouvez écouter des balados avec les applications Apple Podcasts, Google Podcasts, Spotify ou même sur YouTube. Mais vous pouvez aussi les entendre avec votre ordinateur.

Des suggestions de balados à écouter

Que ce soit en marchant, en conduisant la voiture, en cuisinant ou en faisant le ménage, j’aime bien choisir mes émissions audios.

Un des avantages, c’est d’avoir la possibilité de l’écouter au moment qui me convient. Comme je suis une personne qui adore apprendre, alors je suis bien servie avec cette fonction sur mon téléphone.

Je vous propose une liste de balados.

Appareil cellulaire et balado (crédit photo Phrenssynnes)
Téléphone cellulaire et balado (crédit photo Phrenssynnes)

En français

Ici et ailleurs

Ici et ailleurs est une émission sur les voyages et les découvertes du monde. Chaque épisode, en français, propose une entrevue avec un voyageur singulier. Que ce soit au Québec ou ailleurs, comme le titre l’indique, on y rencontre une brochette variée de personnalités qui aime bourlinguer, chacun à sa manière. On y entend des aventures étonnantes, des idées de destinations intéressantes et des façons originales et diverses de visiter la planète.

J’ai bien aimé l’épisode avec Jonathan B. Roy.

J’ai eu le plaisir de participer à cette émission avec l’animateur Yves Simard.

Le grand écart

Jean-Philippe Wauthier anime le balado, Le grand écart, sur le thème de la pratique de l’activité physique et ce qui s’y rattache. On y parle de nutrition, de psychologie sportive et des dernières nouveautés en entraînement. C’est mon amie, madame C, qui m’a fait découvrir cette émission. Et cela m’a convaincue à recommencer la course après avoir écouté l’épisode avec Josée Prévost.

C’est parfait pour écouter en courant ou pour vous motiver à bouger.

Ohdio

Il y a bien sûr toute la variétée présenté par Radio-Canada. Vous devez télécharger l’application Ohdio pour les écouter.

En anglais

The Art of Charm

J’ai apprécié cet épisode de ce podcast américain, The Art of Charm. On y rencontre un auteur qui présente son nouveau livre. Il nous révèle sa découverte des six types d’habilités nécessaires pour le succès d’un groupe. Pour lui, un papa et une maman forment une équipe, de même qu’un couple. J’ai donc trouvé cette conversation enrichissante, car elle ne s’applique pas seulement à une organisation de travail, mais à tous ceux qui peuvent, d’une manière ou d’un autre, constituer une équipe. C’est une façon de se connaître davantage afin d’améliorer notre efficacité et de mieux se comprendre.

Vous me direz dans les commentaires si vous avez découvert vos plus grandes habiletés!

Huberman lab

Andrew Huberman est un neuroscientifique et professeur à la faculté de médecine de l’université de Stanford. Il a lancé ce balado, Huberman lab, en 2021 et il est devenu très populaire. Bien qu’il faille se réserver plus de temps pour écouter ce podcast en anglais, il s’est classé dans les meilleurs pour les catégories Science, Éducation et Santé physique. J’ai trouvé ces épisodes stimulants, car ils nous font découvrir comment les dernières recherches scientifiques peuvent nous aider au quotidien.

 

 

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book club illustration1  (credit DIVI)

Cal Fussman

J’ai découvert les émissions de Cal Fussman par l’entremise de Tim Ferris. Cal Fussman a un don pour les interviews. Dans l’épisode que je vous présente, il rencontre un ancien commandant des forces navales américaines. Celui-ci nous explique comment un simple exercice de respiration l’a mis sur la voie de la guérison après un choc post-traumatique. Cet exercice peut être très utile pour quiconque vit une situation stressante.

Dr Russell Kennedy, md

Russell Kennedy est un médecin canadien originaire de Vancouver.  Son expérience personnelle et médicale l’a amené à développer une expertise singulière qui m’a frappée. C’est touchant qu’il fasse preuve de vulnérabilité en nous parlant de son vécu familial. Il est fascinant à écouter, car, même si vous ne souffrez pas de problèmes de santé mentale, son approche reste innovatrice.

Pour moi qui ne suis pas parfaitement bilingue, j’ai trouvé que l’accent du Dr Kennedy facilite l’écoute de ce podcast en anglais. Parfait pour pratiquer votre anglais.

Téléphone et balado (crédit photo Phrenssynnes)

The Daily Stoïc

Ryan Holiday est un écrivain et conférencier qui a travaillé dans le marketing. Son podcast s’inspire de la philosophie stoïcienne, des penseurs tels que Marc Aurèle et Sénèque. Ces capsules de différentes longueurs sont de type question-réponse de l’auteur ou des entrevues avec des gens qui viennent de milieux disparates.

Ann Kroeker, writing coach

Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’écriture et souffrent du syndrome de la page blanche, cette coach vous aidera à le combattre. Ann Kroeker nous parle aussi de créativité, de productivité et de formation continue pour les écrivains.

The Tim Ferriss Show

Je vous ai déjà parlé de Tim Ferriss.

J’ai découvert son blogue et ses livres il y a plusieurs années. J’aime bien sa façon originale de voir les choses. Il pose de bonnes questions, ce qui donne le ton juste à ses entrevues avec des personnalités captivantes.

Je vous présente trois épisodes différents.

Ray Dalio (un des préférés de Lhom)

Ray Dalio est un gestionnaire d’actifs d’environ 160 milliards de dollars. Il a commencé simplement dans son petit appartement, mais il a réussi à bâtir une des plus importantes sociétés privées américaines.

On le surnomme « Le Steve Jobs de l’investissement. » Dans cette entrevue avec Tim Ferriss, il nous explique comment son succès est dû aux principes qu’il a appris et appliqués au fil des années.

Maria Sharapova

Vous connaissez sûrement cette personnalité qui est une des meilleures joueuses de tennis au monde. Dans ce podcast, elle discute avec Tim Ferriss de sa vie, de stratégies d’entraînement, de performances mentales et de psychologie sportive.

Elizabeth Gilbert

Elizabeth Gilbert est l’auteur de nombreux best-sellers du New York Times, dont les livres Mange, prie, aime et Comme par magie. J’ai particulièrement adoré ce dernier qui traite de la créativité. J’estime beaucoup sa philosophie de vie et l’on ressort épanoui après avoir écouté cette entrevue.

Photo de Lhom

Cette semaine, Lhom nous présente une photo d’un paysage hivernal.

Lhom désire mentionner que son balado numéro un est d’écouter tous les bruits de la nature lorsqu’il se promène dans la forêt!

Meilleur balado: les bruits de la nature (crédit photo Lhom)

Et vous? Est-ce que vous écoutez des balados? Quel est votre préféré?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les personnes et/ou compagnies  mentionnées n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication. Je n’ai reçu aucune rétribution pour cet article.

[Idée lecture] Un excellent roman tendre et doux de Virginie Grimaldi

Et que ne durent que les moments doux de Virginie Grimaldi

Virginie Grimaldi a quarante-cinq ans et vit à Bordeaux. Elle a publié son premier livre en 2015. On classe ses fictions entre le genre chick-lit et feel good. On mentionne, sur la quatrième de couverture, qu’en 2019, elle est la romancière la plus lue en France.

 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de Et que ne durent que les moments doux. (crédit photo Phrenssynnes)

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)
Tasse de thé, gâteau et livre (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

J’ai aimé le ton humoristique et, à certains moments, caustique, de l’auteure qui plus d’une fois m’a fait sourire. Voici une citation avec Édouard, le chien dont hérite Élise.

Citation

« Mon adorable fils a laissé un vide, mais aussi son chien. Édouard pèse quatorze kilos, dont treize d’intestin. À l’instar des chats, il nous fait chaque jour une offrande, et ce n’est pas un oiseau. »

Virginie Grimaldi

Tel que vous pouvez le voir sur la quatrième de couverture, c’est l’histoire d’Élise et de Lili. Oh!  Quelle coïncidence! Dans le dernier roman que j’ai lu, un des personnages importants s’appelait également Elise, mais sans accent.

Ces femmes, habitant Bordeaux, vivent des moments clés dans leur vie. Une vient d’accoucher et l’autre expérimente le syndrome du nid vide, car son benjamin est parti étudier à Paris.

Donc, les chapitres alternent entre la narration homodiégétique d’Élise et Lili. Que voici un grand mot! Tel que Dominic Bellavance nous en donne la définition dans son blogue.

« Nom scientifique : Narration homodiégétique.

Avec cette narration, c’est le héros qui raconte sa propre histoire. Il narre le récit au « je » et intériorise la plupart des évènements qui se déroulent autour de lui. Le texte sera souvent teinté du point de vue particulier et du langage de celui qui raconte. »

Dominic Bellavance

En tant que lecteur, j’ai remarqué qu’avec ce type de narration, l’auteur réussit fréquemment à créer un effet « surprise ». Car le texte est coloré du point de vue du personnage. C’est ce qui permet à l’écrivain de se jouer de nous et de nous faire vivre, avec une pirouette littéraire, une stupéfaction distrayante.

Et effectivement, dans Et que ne durent que les moments doux, je n’ai pas vu venir la finale.

N’est-ce pas notre désir, comme lecteur?

J’aime la plume très sensorielle de Virginie Grimaldi.

Citation de Virginie Grimaldi

« Charline me donne les dernières nouvelles de sa vie outre-Manche, je lui raconte mes derniers jours, elle me demande si je vais bien, je mens, on se souhaite une bonne nuit, et puis le silence.

Ce silence qui hurle dans mes oreilles. »

Virginie Grimaldi

 

Voici un autre exemple du ton particulier de cette romancière.

Citation

« Édouard est rentré à la maison. Pour fêter ça, il a offert son œuvre au tapis. J’ai offert le tapis à la poubelle. »

Virginie Grimaldi

Couverture de Et que ne durent les moments doux (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

 

J’ai trouvé le titre long et difficile à retenir. Il est tiré d’une œuvre musicale d’Alain Bashung.

Parfois on tombe un brin dans la mièvrerie, surtout dans les chapitres de Lili, la plus jeune des deux héroïnes, celle qui vient d’accoucher. Est-ce sa candeur qui devient trop doucereuse? Cela m’a un peu agacée, mais ne m’a pas empêchée de continuer mon cheminement vers la rencontre des personnages. Car, avec cette construction romanesque, on sait que l’auteure nous mène à l’instant où l’on découvrira leur lien.

En conclusion pour ce roman de Virginie Grimaldi

L’intrigue a lieu à Bordeaux donc, à lire si vous visiterez bientôt cette ville. Par contre, il n’y a pas beaucoup de référence en rapport à cet endroit.

Bref, Et que ne durent que les moments doux est un excellent bouquin lorsqu’on a envie de se plonger dans une histoire émotive et tendre.

Photo de Lhom

 

Étant donné que l’intrigue du roman de Virginie Grimaldi a lieu à Bordeaux, Lhom nous offre cette semaine, une vue de la place de la Bourse à Bordeaux.

Place de la bourse à Bordeaux (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cette auteure?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Les hommes ont peur de la lumière de Douglas Kennedy

Les hommes ont peur de la lumière

J’ai lu Les hommes ont peur de la lumière de Douglas Kennedy. C’est le deuxième roman de cet auteur que je découvre. En 2019, je vous avais fait une critique de La symphonie du hasard.

Kennedy est un écrivain américain reconnu particulièrement pour dénoncer le puritanisme religieux aux États-Unis. Dans ce roman publié en 2021, il nous en fait une démonstration criante.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture livre de D Kennedy(crédit photo Phrenssynnes) ph

Ce que j’ai aimé

Il se crée une très belle relation d’amitié entre Brendan, le chauffeur Uber et la cliente Elise.

J’ai beaucoup d’admiration pour le talent de Douglas Kennedy car l’idée de l’intrigue m’a impressionnée. L’auteur place ses héros dans une situation représentative du débat profond de l’Amérique actuelle. Les personnages sont confrontés à de sévères divergences au sein de leur propre famille, comme au cœur de leur nation. Je trouve que la trame percutante est habilement choisie pour démontrer l’antagonisme dans lequel les Américains doivent faire face au quotidien.

L’Amérique est contrainte à une dichotomie noire ou blanche alors qu’en réalité, l’être humain doit naviguer, non seulement dans différentes nuances de gris mais parfois dans une myriade de couleurs.

Les 256 pages se lisent bien et l’écriture fluide. La traduction d’un bon ton n’est pas agaçante comme certaines peuvent l’être souvent, pour nous les Québécois.

La dernière partie de l’histoire nous happe, un véritable suspense mené d’une main de maître. Tel que promis sur la quatrième de couverture, le thriller est haletant.

Citation de Les hommes ont peur de la lumière

Voici une citation où j’aime bien le rythme et le talent de l’auteur pour, non seulement décrire une situation mais aussi nous la faire sentir.

« Elle est sortie de la voiture et s’est approchée de l’entrée à petits pas hésitants, à croire qu’elle redoutait une nouvelle explosion. Puis elle s’est arrêtée et a redressé les épaules, soudain résolue. Déterminée. Sans crainte.

Mais quand elle s’est retournée vers moi, j’ai lu quelque chose dans son regard. Ni colère ni ressentiment. De l’inquiétude. De l’inquiétude pour elle-même et pour moi. »

Douglas Kennedy

Couverture de Les hommes ont peur de la lumière (crédit photo Phrenssynnes)

Au début de Les hommes ont peur de la lumière, l’auteur nous démontre les difficultés et la vulnérabilité auxquelles sont confrontés les chauffeurs Uber. J’ai apprécié ces explications et la critique sociale de cette compagnie.

Citation

 » On ne travaille pas chez Uber.

 

Personne ne travaille chez Uber.

 

On conduit pour Uber.

 

Alors, même si on n’est pas leur « employé » à proprement parlé…

 

On est leur prisonnier. »

 

Douglas Kennedy

Ce que j’ai moins aimé

 

Par contre, j’ai remarqué quelques longueurs dans les précisions des problèmes financiers de Brendan. J’avoue que c’est la seule page lue en diagonale.

C’est un bouquin à lire si vous allez à Los Angeles. Il vous fera découvrir une réalité poignante de cette ville. Personnellement, j’ai trouvé que l’histoire ne me donnait pas envie d’aller visiter à nouveau cette ville!

 

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book club illustration (credit DIVI)

Conclusion de cette critique sur Les hommes ont peur de la lumière

J’ai beaucoup aimé ce livre mais surtout la fin. Trois courtes phrases incisives qui résument l’émotion que ressentent sûrement beaucoup d’Américains chaque jour.

Cette fin m’a touchée.

 

Photo de Lhom

En lien avec le livre Les hommes ont peur de la lumière, Lhom nous présente cette semaine une photo qu’il a prise, il y a quelques années, à Los Angeles. Je crois que c’est une bonne représentation du volumineux trafic de cette grande ville américaine.

Trafic près de L.A. (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cet auteur? Aimez-vous Douglas Kennedy?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Chronique littéraire: lire l’excellent roman Rien qu’à moi, d’Elisabeth Norebäck

J’ai lu le roman Rien qu’à moi d’Elisabeth Norebäck.  Cette Suédoise a écrit cette histoire pendant un de ses trois congés de maternité. Ingénieure de formation, elle habite Stockholm avec sa famille. Rien qu’à moi, son premier roman a été publié en 2017.

Quatrième de couverture de Rien qu’à moi

Quatrième de couverture de Rien qu'à moi (crédit photo madame A)

Ce que j’ai aimé

Rien qu'à moi d'Elisabeth Norebäck (crédit photo madame A)

Cette première œuvre se définit comme un page turner, stressant à souhait. Le pire, c’est qu’on devine la situation, mais on ne peut s’empêcher de continuer notre lecture, car on veut savoir comment! Comment cela va-t-il arriver et se terminer?

J’ai bien aimé le climat nordique suédois si propice au suspense psychologique.

Le livre est composé au « je » et ce « je » représente, à tour de rôle, les points de vue des deux mères, Stella et Kerstin, et Isabelle, la fille.  Nous retrouvons aussi quelques sections qui présentent des extraits du journal de Stella. Cette judicieuse construction nous amène à évoluer dans l’histoire, mais c’est surtout le style qui nous fait vivre les émois des protagonistes. Nous éprouvons les émotions de personnages quand l’écrivaine décrit les perceptions physiologiques. 

Remarquez cet extrait qui dépeint la respiration, les battements du cœur, la douleur. Après, elle axe sur le visuel, la sensation auditive, avec le bruit de la pluie et ensuite l’atmosphère de son bureau. Si ce livre m’a happée, c’est probablement à cause de cette qualité littéraire, mais aussi, car j’ai toujours eu la phobie de perdre une de mes filles.

Citation

« Je suis allongée par terre.

Les jambes repliées, les bras passés autour des genoux.

Inspire. Expire.

Mon cœur bat encore à mes oreilles, la douleur au creux de mon ventre s’est changée en nausée, mais au moins j’ai cessé de trembler.

Je m’appelle Stella Widstrand à présent, plus Johansson. J’ai trente-neuf ans, plus dix-neuf. Et je n’ai plus de crise de panique.

Une lumière d’automne grisâtre filtre dans la pièce. J’entends encore la pluie qui tombe à verse dehors. Mon bureau, au cabinet, est comme d’habitude. Hautes fenêtres, murs vert mousse. Une grande toile représentant un paysage et un parquet recouvert d’un tapis tissé à la main. Mon vieux bureau usé, les fauteuils dans les coins, de part et d’autre de la porte. Je me rappelle quand j’ai décoré cette pièce, le soin avec lequel j’ai choisi chaque détail. Je ne me rappelle pas, en revanche, pourquoi c’était aussi important.

J’ai toujours imaginé que je la retrouverais. Pas que ce serait elle qui me tomberait dessus. »

Elisabeth Norebäck

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book club illustration (credit DIVI)

Ce que j’ai moins aimé de Rien qu’à moi

 

La première partie, qui est plus lente, regorge de quelques longueurs.

Un certain manque de logique dans cette histoire m’a étonnée. Je trouve que les policiers suédois passent pour des idiots et des incompétents. Et pourtant, j’éprouve de la difficulté à les imaginer aussi mauvais que ça. Après tout, on s’attend au même savoir-faire que Wallender!

Et c’est là, la faiblesse du roman. L’écrivaine aurait peut-être dû exploiter ce point de vue rationnel, et nous en dire plus sur l’enquête officielle. Lorsque son enfant disparaît, les détectives ne retiennent pas l’hypothèse de kidnapping. Je trouve cela aberrant!

Elisabeth Norebäck aurait dû nous donner plus d’éléments qui auraient pu étayer cette hypothèse non plausible. Cela aurait rendu l’histoire plus crédible et je me demande si l’auteure n’a pas perdu quelques lecteurs à cause de cela. Peut-être est-ce moi qui suis trop logique? Je crois que, si je m’étais retrouvée à la place de Stella, j’aurais tenté de récolter des preuves concrètes à soumettre aux policiers afin de confirmer que cette jeune femme de vingt-deux ans était ma fille. Par exemple, le personnage aurait pu engager un détective privé, essayer d’obtenir un échantillon d’ADN. Par contre, un maelstrom de sentiments submergeait Stella, à tel point que son équilibre mental en était menacé.

Conclusion 

Peu importe cette faiblesse, j’ai continué à dévorer ce roman jusqu’à la dernière page avec beaucoup d’avidité. Peut-être, est-ce le signe ou la preuve qu’on lit pour ressentir des émotions! Et tout ce que Stella effectue pour retrouver sa fille, je l’aurais sans doute accompli moi aussi!

 

Si vous avez besoin de vous changer les idées, vous enfuir de votre quotidien, je vous le recommande.

C’est une excellente histoire à découvrir avant d’aller visiter la Suède et particulièrement Stockholm.

 

Pour un premier roman, Elisabeth Norebäck peut être fière et je garde ce nom d’écrivaine en tête, car je savourerai certainement ses autres livres.

Photo de Lhom

Cette semaine, voici une photo du pont fleuri à Luzerne en Suisse.

Le pont fleuri à Luzerne (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cet auteure?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Un merci spécial pour la collaboration de mon amie, madame A, pour les photos du livre.

L’eau rouge, un excellent roman policier pour vous faire découvrir un pays

J’ai lu L’eau rouge, l’excellent roman policier de l’écrivain croate Jurica Pavicic. Toutes mes excuses à l’auteur et au peuple croate. Je n’ai pas découvert, malgré toutes mes recherches, comment taper sur mon clavier, les différents accents sur la lettre « c ». L’appel est lancé à tous, s’il vous plaît, avisez-moi si vous trouvez la solution.

Cet écrivain est né en 1965 à Split, une ville croate où a lieu une partie de l’intrigue de cette fiction. L’eau rouge est le premier roman de cet auteur publié en français. Il a remporté le Prix du polar européen en 2021 ainsi que le Grand Prix de littérature policière.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de L'eau rouge (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

 

J’ai aimé l’écriture claire, juste, sans être incisive.

L’intelligence de la construction nous fait connaître, à chaque chapitre, les états d’âme des différents protagonistes impliqués dans la disparition d’une jeune femme.

Dans un genre policier, l’auteur synthétise trente ans en Croatie, de la chute du communisme jusqu’à l’explosion touristique. Sans être un livre politique, Pavicic nous présente un pays, ses habitants et l’histoire croate de 1989 à 2017.

On y parle de la guerre qui a scindé la Yougoslavie, mais à travers les personnages affectés par la disparition de Silva, parfaitement en lien avec l’intrigue.

Ce que j’ai moins aimé

Couverture de L'eau rouge (crédit photo Phrenssynnes)

L’histoire se déroule sur une trentaine d’années, donc ce n’est pas un rythme de suspense. Ce n’est pas un page turner. Il n’y a pas de longueurs, mais la cadence est un peu lente. Cela m’a pris un moment à m’acclimater à cette vitesse. En fait, c’est la vitesse de ces gens qui vivent des évènements pénibles. Pourtant, ils sont dans un endroit fabuleux sur la côte dalmate.

Citation

« Vesna se souvient de tout cela. Elle se souvient de ces quatre personnes assises autour de la table de la cuisine, sous le Jésus endormi et les paysages canadiens du calendrier. Le crépuscule tombe sur Misto, on entend les essais de sonorisation pour la fête des pêcheurs qui aura lieu dans le petit port. Elle se souvient de ces quatre ombres en train de dîner, qui goûtent au repas, se versent du vin, discutent. Jakov va se lever, déposer les assiettes dans l’évier et ranger le vin dans le buffet. Silva va quitter la table et se traîner avec paresse et langueur jusque dans sa chambre. »

Jurica Pavicic

C’est un roman original, différent de mes lectures habituelles, une merveilleuse fiction sur le thème de la disparition, celle d’une jeune femme, mais aussi d’un pays.

C’est un roman parfait pour lire avant de partir en Croatie.

De plus, Jurica Pavicic nous fait réaliser l’importance cruciale de certains détails dans une enquête policière. Il s’agit d’un élément qui, dans cette histoire, aura un impact sur la vie de plusieurs individus même après trente ans. Puisque je ne suis pas une divulgâcheuse, ne comptez pas sur moi pour vous révéler cet infime élément! Je vous laisse le trouver.

Je fais un clin d’œil, ici, à mon ami Twitter, le blogueur Justin Busch. Tombé amoureux de la France pendant la pandémie, il regarde des films de Louis de Funès et cuisine de la gastronomie française pour apprendre la langue de Molière! Jamais je n’aurais cru qu’un Américain de la Californie me ferait découvrir un mot québécois que je ne connaissais pas : divulgâcheur.

 

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book club illustration (credit DIVI)

Photo de Kit4

Cette semaine, exceptionnellement, c’est ma fille Kit4 qui nous présente une photographie. Puisqu’elle a visité la Croatie en 2018 telle que je vous le spécifiais dans cet article, voici une vue prise dans les îles près de Split, la région où, justement, l’intrigue de ce roman a eu lieu.

Paysage Croate (crédit photo Kit4)

Connaissiez-vous cet auteur? Avez-vous visité la Croatie?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine .

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs, éditeurs et personnes mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

10 séries exceptionnelles à ne pas manquer à l’automne

La saison froide arrive à grands pas et nous installer devant la télévision pour regarder des histoires en série représente une activité hygge incontournable.

Si vous avez déjà visionné toutes mes recommandations dans cet article, en voici d’autres toutes aussi intéressantes.

  • Young Sheldon

    • À visionner sur Netflix, 5 saisons, environ 20 épisodes par saison d’une durée d’environ 20 minutes. Disponible en français.
    • Dans Young Sheldon, on vit les aventures de Sheldon, un enfant doué d’un intellect exceptionnel sauf dans les relations humaines, et de sa famille. C’est une série légère, chaleureuse et pleine d’humour qui est intéressante à regarder si vous n’avez pas beaucoup de temps, puisque les épisodes ne durent que vingt minutes. J’aime cette œuvre qui nous rappelle que l’intelligence émotionnelle est plus importante que l’intellectuelle. Sheldon Cooper est le même personnage que celui de la série The Big Bang Theory.
  • Blindspot

    • À visionner sur Netflix, 5 saisons, environ 22 épisodes d’une durée d’environ 42 minutes. Disponible en français.
    • Une femme amnésique au corps tatoué de la tête au pied découvre avec l’aide du FBI que ses tatouages sont des indices pour révéler les actes de criminels. J’ai trouvé cette histoire très intrigante.
Série Blindspot (capture écran de Phrenssynnes)
  • Biohackers

    • À visionner sur Netflix, 2 saisons, 6 épisodes d’une durée d’environ 45 minutes.
    • Disponible en français.
    • Une jeune femme commence des études de médecine dans une grande université allemande avec la mission secrète de révéler le lien entre la mort tragique des membres de sa famille et une professeure réputée. C’est une excellente série qui nous fait réfléchir sur l’éthique et la science.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)
Série Manifest (capture écran de Phrenssynnes)
  • Manifest

    • À visionner sur Netflix, 3 saisons, 13 à 16 épisodes par saison, d’une durée d’environ 42 minutes. Disponible en français.
    • Un avion porté disparu il y a plusieurs mois atterrit aux États-Unis Les passagers en sortant de l’avion se retrouvent à la bonne destination, mais doivent faire face à une nouvelle réalité où leurs proches ont évolué sans eux. J’aime les séries de science-fiction bien ficelée.
  • The Lincoln Lawyer

    • À visionner sur Netflix, 1 saison, 10 épisodes par saison, d’une durée d’environ 50 minutes. Disponible en français.
    • Mickey Haller, un avocat renommé et connu pour travailler dans sa Lincoln, est en convalescence d’un accident de surf lorsqu’il hérite du cabinet d’un collègue assassiné. Il récolte ainsi d’une affaire de meurtre très médiatisé. Un personnage des romans de Michael Connely a inspiré cette série.
Série Lincoln Lawyer (capture écran de Phrenssynnes)
  • Madame Maisel, femme fabuleuse

    • À visionner sur Prime Video, 4 saisons, 8 à 10 épisodes par saison, d’une durée d’environ 50 à 60 minutes. Disponible en français.
    • À New York à la fin des années 50, on nous présente la vie d’une jeune femme juive, riche et sympathique qui se découvre un talent d’humoriste. J’ai trouvé cette série intéressante du point de vue historique et l’énergie et les aventures de madame Maisel sont rafraîchissantes.
Série Bosch (capture écran de Phrenssynnes)
  • Bosch

    • À visionner sur Prime Video, 7 saisons, 10 épisodes par saison, d’une durée d’environ 45 à 50 minutes. Disponible en français.
    • Titus Welliver joue le rôle d’Harry Bosch, un enquêteur criminel de la police de Los Angeles. C’est un personnage des romans de Michael Connely. Étant déjà une fan de cet écrivain, j’ai adoré cette série. L’authenticité et l’éthique du policier impressionnent.
  • Bosch : Legacy

    • À visionner sur Prime Video, 1 saison, 10 épisodes par saison, d’une durée d’environ 45 à 50 minutes. Disponible en français.
    • C’est l’excellente suite de Bosch où Harry Bosch est devenu détective privé alors que sa fille, Maggie, suivant les traces de son père, commence sa carrière de policière à Los Angeles. On retrouve aussi le personnage de Honey Chandler, une avocate qui a survécu à une tentative d’assassinat.
  • Jack Ryan

    • À visionner sur Prime Video, 2 saisons, 8 épisodes par saison, d’une durée d’environ 45 à 60 minutes. Disponible en français.
    • Ce sont les aventures de Jack Ryan, un héros des romans de Tom Clancy. Ce jeune analyste de la CIA est lancé dans une enquête qui le mène à résoudre une importante affaire de terrorisme. L’intelligence et l’éthique du personnage génèrent le cœur de l’histoire. Un suspense incroyable.
Série Jack Ryan (capture écran de Phrenssynnes)
  • The Summer I Turned Pretty

    • À visionner sur Prime Video, 1 saison, 7 épisodes par saison, d’une durée d’environ 39 à 52 minutes. Disponible en français.
    • Sur le thème du passage à l’âge adulte, cette série est basée sur le premier roman d’une trilogie de Jenny Han. Une deuxième saison de cette série légère et romantique est en production. Deux familles se réunissent tous les étés à Cousins Beach dans le Maine. Je n’ai jamais visité cet endroit, mais cela m’a donné le goût d’aller y faire un tour avec Lhom et Brittany Brexit. L’intrigue est fondée sur le personnage de Belly qui est sur le point d’avoir seize ans. S’étant métamorphosée dans la dernière année, elle a espoir que cet été-là sera différent des autres. Léger, agréable et parfait pour se changer les idées.

Photo de Lhom

Lhom nous présente cette semaine une photo de Californie. Elle a été prise à Santa Barbara, près de Los Angeles, lieu de la série Bosh.

Santa Barbara (crédit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous vu ces séries? Est-ce que vous avez d’autres suggestions?

Je vous souhaite un bon visionnement.

Phrenssynnes

P.S. Il n’y a aucun lien affilié dans cet article.

Chronique littéraire de Jaune Caravage, un roman policier italien étonnant!

J’ai choisi le livre Jaune Caravage pour découvrir l’auteure Gilda Piersanti.

J’ai entendu parler d’elle par mon amie Twitter et bibliothécaire @SylvieGeo. Elle a gazouillé qu’elle lisait Le saut de Tibère de cette écrivaine et que ce bouquin faisait partie des Saisons meurtrières. Ce sont une collection de romans avec les mêmes personnages policiers. On a créé une minisérie télévisée en France.

Jaune Caravage a été publié en 2008.

J’aime emprunter de vrais livres à ma bibliothèque municipale, car je préfère lire sur du papier avant de m’endormir. Cela m’aide à limiter ma consommation de lumière bleue et à favoriser le sommeil.

 

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book club illustration (credit DIVI)

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de Jaune Caravage(crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Couverture de Jaune Caravage(crédit photo Phrenssynnes)

J’adore découvrir une auteure qui a écrit un tas de fictions avec les mêmes personnages comme Louise Penny.

Les romans de Gilda Piersanti sont un bon filon, si vous aimez les histoires policières.

L’action se passe à Rome en Italie et cela me permet de mieux connaître cette ville que je n’ai jamais visitée. Les berges du Tibre semblent un endroit magnifique pour se promener, mais parfois risqué, telles qu’on le constate dans ce roman.

Si vous projetez un voyage à cet endroit, lisez ce livre et il vous fera découvrir une partie de cette cité avant votre départ!

On embarque vite dans l’histoire qu’on ne veut plus lâcher après. J’ai aimé les personnages de Mariella De Luca et sa collègue, Sylvia Di Santo, et je lirai probablement les divers romans de la série. J’ai beaucoup d’admiration pour le métier de ces enquêteurs de police ainsi que tous ceux qui travaillent dans ce milieu. Naviguer dans les eaux troubles du crime et coincer la pire race des bandits, les assassins, demandent une intelligence et des facultés incroyables.

Le lien avec la littérature dans l’intrigue demeure une chose particulière qui m’a fait craquer pour ce roman.  On y fait référence à une nouvelle d’Edgar Poe. Et c’est même une autre œuvre littéraire qui aide l’inspectrice à comprendre un détail important dans l’homicide. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous révéler le punch !

Le mot Caravage fait référence à un peintre ayant vécu au début des années 1600.

Et l’auteure nous renvoie à cette œuvre particulière de l’artiste.

Citation

J’adore cette citation.

« Eva l’avait sortie de l’ombre en la désignant du doigt comme le Christ de Caravage sort Matthieu de son tripot obscur et l’inonde la lumière jaune. Jaune Caravage. Sa vie était obscure comme le tripot de saint Matthieu, son jaune à elle avait été Eva. »

Gilda Piersanti

Ce que j’ai moins aimé

J’ai remarqué beaucoup de mots en italien et de référence à ce pays. Au début, j’étais un peu perdue, mais grâce aux notes en fin de volume, j’ai fini par m’y retrouver.

Jaune Caravage n’est pas la première histoire de la collection. Se glisser dans la peau des différents protagonistes se fait aisément même si c’est le quatrième volet de la série. Par contre, à un moment donné, dans le récit, un personnage est parachuté dans l’intrigue et on se demande d’où il vient, celui-là. Après avoir lu deux fois le paragraphe qui nous éclaircit son existence, j’ai compris de façon un peu ardue le lien avec un autre roman plus ancien.

Photo de Lhom

En plus de la photo de Lhom, cette semaine, je vous dirige vers cette magnifique photo sur Instagram, représentant de façon exceptionnelle la lumière dorée d’un coucher de soleil. Est-ce cette lumière que Caravage essaie de reproduire dans ces oeuvres?

The cozy lifestyle_, le compte d’une jeune photographe que je vous invite à suivre.

La photo de Lhom a été prise au lac de Côme en Italie. Un paysage différent de ceux relatés dans le roman policier de Gilda Piersanti mais une image qui fait plaisir aux yeux.

Lac de Côme, Italie (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous Gilda Piersanti?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs, éditeurs et personnes mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

La Dame de la rue des Messieurs de Jean Lemieux

Je vous présente le bouquin québécois que je me suis procuré cette année dans le cadre de l’évènement « le 12 août, j’achète un livre québécois. »

J’ai sélectionné un livre de Jean Lemieux. Voici les raisons de mon choix :

 

  • Je connais l’auteur, car j’ai déjà lu ses romans policiers dont l’intrigue se passe aux Îles de La Madeleine et j’ai apprécié ses livres.
  • Je sais qu’il vit à Québec. Tant qu’à acheter québécois, pourquoi ne pas acheter « pure laine! »
  • J’ai beaucoup aimé la première de couverture du bouquin. Pour deux choses: le dessin m’a plu et, au toucher, le livre est doux!

Vous pouvez constater l’irrationalité des critères de choix d’un ouvrage!

Je suis allée à pied avec mon amie F à la librairie Vaugeois pour acheter ce livre.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture du livre de Jean Lemieux (crédit photo Phrenssynnes)
La Dame de la rue des Messieurs (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Comme pour le choix d’un livre, votre avis sur une œuvre demeure très subjectif et variable d’une personne à l’autre. L’émotion ressentie par le lecteur influencera beaucoup s’il adore ou pas. De plus, l’écrivain ne contrôle pas ces perceptions.

Dans cette histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à l’héroïne. Elle est une femme dans la soixantaine qui habite près de chez moi et qui est une cliente assidue de la librairie Vaugeois. Oui, celle-là où j’ai acheté ce livre. Quelle coïncidence!

J’ai aimé la rencontre de deux êtres perturbés par des choix faits lors de leur jeunesse. À l’âge mûr, un bouleversement soudain dans leur quotidien les amène à aller de l’avant. Une démarche, qu’ils auraient pu réaliser il y a longtemps, mais ils s’en sentaient incapables.

J’adore améliorer ma culture et dans ce livre, j’ai appris la différence entre un piano Steinway Hamburg et New York.

Dans l’histoire, l’Appassionata de Beethoven joue un rôle important. Je ne connaissais pas cette sonate pour piano longue d’environ vingt minutes et qui, d’un point de vue technique, est reconnue pour sa difficulté à exécuter. En plus de découvrir cette musique, j’ai aussi acquis plus de connaissances sur la vie de Beethoven.

J’apprécie beaucoup le talent de Jean Lemieux pour décrire une scène et nous en faire sentir l’émotion. L’héroïne, dans un magasin d’instruments de musique, s’amuse à distraire son professeur, mais elle n’impressionne pas que lui. J’aime beaucoup cette citation.

Citation

« Après avoir demandé la permission au vendeur obséquieux, Michèle s’assoit au clavier, ouvre son cahier et se tourne vers son Betreuer. […] Avec maîtrise, mais aussi avec dérision, elle joue un passage furibond du premier mouvement de l’Appassionata, un galimatias d’accords syncopés et d’arpèges, fortissimo, qui fait chuter la mâchoire du vendeur et se retourner un jeune tatoué magasinant un synthétiseur. »

Jean Lemieux

Ce que j’ai moins aimé

Je ne peux pas reconnaître à sa juste valeur tous les détails musicaux dont l’auteur disserte. Si vous ne connaissez pas ma relation avec l’art musical, je vous invite à lire cet article.

Vous comprenez maintenant mon incapacité à analyser ces deux images. Tout ce que je pourrais dire c’est qu’une semble plus compliquée que l’autre.

Ligne de musique (crédit photo Phrenssynnes)
Une partie de l'Appassionata (crédit photo Phrenssynnes)

C’est bon un roman à lire si vous projetez un voyage à Vienne en Autriche. Sinon, cette histoire vous fera voyager!

En conclusion, La Dame de la rue des Messieurs n’est pas un page turner. C’est une charmante histoire d’amitié où deux personnages évoluent. Cette fiction nous entraîne dans l’aventure touchante de deux êtres affectés par le destin qui se découvrent et s’entraident.

Photo de Lhom

En lien avec cette histoire qui se passe en partie à Québec, Lhom nous offre une image du symbole de cette ville. 

Symbole de la ville de Québec (crédit photo Lhom)

Connaissiez-vous cet auteur?

Quel est votre livre québécois acheté le 12 août?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne  semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Un chronique littéraire sur le roman Femme forêt, un livre d’Anaïs Barbeau-Lavalette

Publié en 2021 chez les éditions Marchand de feuilles, ce livre, de 287 pages, a été inspiré par la vie de l’auteure pendant le début de la pandémie.

J’avoue, candidement, que je ne connaissais pas cette écrivaine. C’est ma sœur qui, en m’offrant ce recueil, me la fait découvrir. Anaïs Barbeau-Lavalette est aussi scénariste et réalisatrice dans le monde du cinéma.

Habituée à être derrière l’objectif, elle s’est elle-même mise sous les projecteurs dans cet ouvrage.

 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Femme forêt 2(crédit photo Phrenssynnes)

Cette Anaïs survit à la pandémie dans la misère, réfugiée avec ses trois enfants, un conjoint qui semble souvent absent et une autre famille, dans une vieille bicoque perméable aux vents et pleine de souris. Elle crée une légende et en fait un objet dignement publié, au lieu de se lamenter de ces conditions. J’admire l’optimisme de cette jeune femme.

Cette écrivaine, entourée de son trésor de mari, observe beaucoup. Elle baigne dans une forêt remplie de richesse et sa progéniture constitue sa fortune. De plus, Anaïs nous présente les voisins de l’endroit, et quelques écorchés du destin qui habitent cette région reculée. Elle les transforme tous en des personnages colorés et bigarrés qui peuplent un royaume surréel et lointain.

 

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

L’auteure se targue d’avoir beaucoup voyagé. On bénéficie de cette culture accumulée au cours de sa vie de globe-trotter. Elle nous raconte les anecdotes qui ont rempli son quotidien, qu’elles soient issues de son séjour en forêt ou de ses visites avec les gens de la place.

Seuls les poètes et les biologistes brillent à se rappeler le nom des plantes et de la faune. Tout au long du récit, l’écrivaine disserte sur le mélilot, les fougères et les asclépiades. On participe à ses rencontres avec des butors, des castors et des lucioles.

L’auteure se sert de tous ces mots, transformés en prose poétique, pour nous dévoiler son existence pendant le grand confinement. Elle réussit à nous faire ressentir les joies de l’enfance.

Cette expérience d’être plongée dans la nature semble l’avoir unie à sa famille.

Citation

« La Maison bleue est surpeuplée.

On pétille d’abord tous ensemble, emmêlés dans un bonheur effervescent. Et puis on trace des lignes et on se toise.

Il faudra s’incliner devant la façon d’être et de vivre de chacun. […]

Il faudra mettre des règles. Beaucoup de règles. »

Anaïs Barbeau-Lavalette

Ce que j’ai moins aimé

Étant donné que je ne suis pas une adepte de poésie, j’ai trouvé certaines longueurs.

 

Autres citations

« Mes enfants sont une coquille éphémère qui recouvre mon corps.

Mon esprit se perd dans l’abîme sylvestre qui nous entoure, nous avale. »

Anaïs Barbeau-Lavalette

 

« Intéressé par ce qui émerge de la terre, du ciel ou de l’eau, il se penche entre deux vents, esquissant délicatement une révérence au vivant. »

Anaïs Barbeau-Lavalette

 

Lorsque j’ai terminé la rédaction de cette chronique, j’ai fait une recherche sur Anaïs Barbeau-Lavalette. J’ai découvert une dame avec un profond regard de khôl. J’ai perçu une artiste énergique à l’allure engagée avec un curriculum cinématographique impressionnant.

Mon imagination s’était forgée une toute autre image. Je m’attendais à une blonde jeune femme aux airs angéliques et naïfs. Je visualisais des yeux pâles auréolés d’une couronne de fleurs. Ah! Ah! Ma vision poétique de l’auteure! Écrivains et écrivaines, vous ne cesserez d’être étonnés de ce qui se passe dans l’esprit de vos lecteurs.

 

Si vous aimez la forêt et la poésie, ce livre est pour vous. En revanche, si vous êtes avide de romans policiers ou de suspenses, vous n’y trouverez pas votre compte. C’est un bon bouquin à lire avant de partir dans les bois.

Photo de Lhom

Lhom nous présente cette semaine, un paysage québécois à faire rêver : la baie du Grand Pabos.

Baie du grand Pabos (Crédit photo Phrenssynnes)

Connaissiez-vous cette auteure?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. L’auteure du livre et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Un livre essentiel à lire en 2022: La puissance de la joie de Frédéric Lenoir

Paru en 2015 aux éditions Fayard, La puissance de la joie écrit par Frédéric Lenoir se décline en sept parties, suivies d’un épilogue.

  1. Le plaisir, le bonheur, la joie
  2. Les philosophes de la joie
  3. Laisser fleurir la joie
  4. Devenir soi
  5. S’accorder au monde
  6. La joie parfaite
  7. La joie de vivre
  8. Épilogue : La sagesse de la joie

 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de La puissance de la joie (crédit photo Phrenssynnes)

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Ce que j’ai aimé du livre de Frédéric Lenoir

Des lunettes roses pour lire La puissance de la joie (crédit photo Phrenssynnes)

J’ai apprécié sa réflexion sur les différences entre le plaisir, le bonheur et la joie. Franchement, je ne m’étais jamais arrêtée à faire ces distinctions. Ces trois mots avaient, pour moi, la même signification.

Étant donné que j’adore apprendre, explorer les écrits de Spinoza, Nietzsche et Bergson a été un plaisir. Ou une joie ou un bonheur ? J’en suis encore à démêler ces termes! Ah! Ah!

Ce que j’aime aussi dans ce genre de livre, c’est qu’on peut sans cesse le reprendre. On l’ouvre et l’on peut le parcourir avec l’assurance d’en retirer un éclairage nouveau à chaque fois. J’ai la conviction que si j’y reviens dans dix ans, le message de Frédéric Lenoir aura un écho différent.

C’est un livre qui peut contribuer à votre cheminement personnel. Je trouve qu’il est pertinent de le lire en 2022, après cette horrible pandémie, car nous avons été tant privés de joie.

Lire ce bouquin nous stimule à nous poser des questions, mais il nous permet, surtout, de nous déposer. Dans le monde d’aujourd’hui, où un changement n’attend pas l’autre, se plonger dans une œuvre de ce genre tend à nous ralentir. Et, comme j’ai l’habitude de le dire, ça réaligne les yeux dans les trous. Frédéric Lenoir nous aide à remettre nos vraies valeurs en perspective.

L’auteur a rédigé avec des mots simples un message plein de sagesse sans relent de psycho pop.

Citation

« Être sage, c’est consentir à la vie et l’aimer comme elle est. C’est ne pas vouloir à tout prix transformer le monde selon ses propres désirs. C’est se réjouir de ce qu’on a, de ce qui est là, sans toujours en désirer davantage ou autre chose. Cette belle formule attribuée à saint Augustin le résume bien : “Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède déjà.” »

Frédéric Lenoir

Ce que j’ai moins aimé

Discourir sur la joie pendant 203 pages entraîne quelques longueurs. Évidemment! Par contre, il ne se répète pas.

Vous le savez, j’ai étudié en science, mais parcourir cette œuvre m’a confirmé que la philosophie, ce n’est pas ma tasse de thé. J’aime bien me remettre en question et m’arrêter à quelques réflexions philosophiques, mais je n’en aurais pas fait mon pain quotidien.

Ce livre demeure l’ouvrage parfait avant de se blottir dans les bras de Morphée sur un oreiller de joie, de bonheur ou de plaisir. À vous de décider!

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photo qui devrait vous procurer de la joie, du moins nous l’espérons! Un magnifique coucher de soleil au lac Léman en Suisse.

Lac Léman, Suisse (crédit photo Lhom)

Connaissez-vous cet auteur? Avez-vous déjà lu des livres de Frédéric Lenoir?

J’attends vos commentaires avec plaisir, joie et bonheur!

Bonne semaine.

Phrenssynnes

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Une chronique littéraire sur le prix Goncourt 2020, excellent choix à lire même en 2022

L’anomalie d’Hervé Le Tellier

 

J’ai lu pour vous le livre L’anomalie d’Hervé Le Tellier, gagnant du prix Goncourt en 2020.

C’est la première fois que je lis les écrits de cet auteur.

Je ne saurais vous dire la raison pour laquelle j’ai sélectionné ce roman. J’ai dû voir une recommandation positive à cet effet sur le Net, car d’habitude, les prix Goncourt me rebutent un peu. Disons que ces œuvres, choisies par l’Académie Goncourt, ne m’ont pas toujours impressionnée.

Quatrième de couverture de L'anomalie(crédit photo Phrenssynnes)

On ne doit pas mélanger les deux Académies: la Française et la Goncourt.

Je remarque, lors de mes recherches, que, parmi les membres de la prestigieuse Académie Goncourt, figure l’écrivain Pascal Bruckner dont j’ai récemment critiqué le livre Une brève éternité.

Quatrième de couverture de L’anomalie

Je vous laisse lire la quatrième de couverture sur cette photo, si vous le désirez.

Ce que j’ai aimé

L’intrigue de cette œuvre, publiée fin août 2020 chez Gallimard, se passe en 2021. Je classerais ce livre dans la catégorie de science-fiction, mais d’une façon atypique. Cela, parce qu’un phénomène digne de cette classification littéraire survient dans l’histoire. Par contre, l’auteur met l’accent sur la vie des personnages. Et non pas sur cette anomalie aberrante que le lecteur constate vers le milieu du bouquin.

Je ne m’attendais pas à une histoire du genre chez Gallimard, mais de toute façon j’adore la science-fiction.

Livre L'anomalie sur coussin(crédit photo Phrenssynnes)

J’ai aimé la brochette variée des protagonistes décrits dans la quatrième de couverture. La liste des héros est assez longue.

Dans la première section du livre, nous rencontrons les personnages, la deuxième partie nous révèle la fameuse anomalie. Et, dans la troisième, nous constatons les conséquences de l’anomalie sur la vie des caractères choisis par l’auteur.

Hervé Le Tellier compose bien et on ne ressent pas de lourdeur littéraire dans son style. Certains écrivains nous gargarisent parfois d’une façon irritante avec l’étendue de leur riche vocabulaire. D’autres fois, d’interminables phrases nous assomment.  Ce n’est pas le cas ici.

J’aime l’originalité de l’histoire et la crédibilité du vécu de chaque personne après l’anomalie.

« Victor Miesel ne manque pas de charme. Son visage longtemps anguleux s’est adouci avec les années, et ses cheveux drus, son nez romain, sa peau mate peuvent évoquer Kafka, un Kafka vigoureux qui serait parvenu à dépasser la quarantaine. Son grand corps est long, encore mince bien que la sédentarité inhérente à son métier l’ait quelque peu empâté.

Car Victor écrit. »

Hervé Le Tellier

Dernier point que j’aime, ce bouquin se révèle être un authentique page turner avec un brin d’humour sarcastique. Et c’est un bon livre à lire si vous prenez l’avion entre Paris et New York.

 

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Ce que j’ai moins aimé

 

Cette ironie de l’auteur nous fait prendre conscience à quel point certains humains dans le monde actuel peuvent être détraqués. Il n’a pas tort et son œuvre est aussi un kaléidoscope d’images des multiples fléaux perturbant notre société. Ma foi, c’est décourageant et désolant.

La fin du livre m’a un peu déplu. À la place de l’auteur, j’aurais omis les quatre derniers paragraphes. Cela aurait engendré une fin ouverte et aurait donné au lecteur l’espoir d’une suite. Car on veut en savoir plus sur cette histoire. Assurément!

Photo de Lhom

 

Cette semaine, Lhom nous présente, en lien avec cette histoire incroyable d’Hervé Le Tellier, une photo de nuit de la ville de New York.

New York city la nuit (crédit photo Lhom)

Et vous? Aimez-vous lire les gagnants des différents prix littéraires? Avez-vous lu cet auteur?

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Hervé Le Tellier, ses éditeurs et les personnes mentionnées dans cet article, n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

[Idée lecture] Quel livre magnifique à lire avant de visiter la France

Le livre de  Wolfram Fleischhauer

J’ai lu La ligne pourpre de Wolfram Fleischhauer, publié en 2002. Traduit de l’allemand, cet ouvrage a connu un succès en Allemagne lors de sa parution.

Mon ami R me l’a prêté et fortement recommandé. Puisqu’il a paru il y a environ vingt ans, j’ignore si on l’offre en librairie, mais il est disponible en bibliothèque.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture de La ligne pourpre(crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

C’est le type de roman avec un manuscrit dans le livre.

Je ne connais pas bien l’histoire de France et encore moins ce qui se déroula au temps d’Henri de Navarre. La trame se passe à deux moments, de nos jours et en 1599.

Étant donné que j’aime apprendre et me cultiver, ce livre a été très instructif. D’autant plus que l’écrivain indique, à la fin, ce qui est véridique et factuel dans son intrigue. Monsieur Fleischhauer a ajouté en annexe une chronologie des principaux évènements de l’époque, ce qui aide beaucoup le lecteur.

Un bouquin comme celui-là nous donne l’impression de voyager dans le temps. La cruauté de cette période, les conditions d’hygiène, les mariages arrangés politiquement nous scandalisent.

L’auteur nous transmet sa passion pour les recherches de documents anciens en nous faisant bien sentir son engouement lors de ses découvertes.

Dans le milieu de l’ouvrage, on retrouve une description de plusieurs pages sur la maladie et l’opération subie par le roi Henri de Navarre en 1598. On lui retire un calcul de la vessie. Une narration qui doit être probablement truculente et choquante pour des urologues du 21e siècle.

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Citation de Wolfram Fleischhauer

« Au cours des jours suivants, les médecins délibérèrent devant la cour assemblée et se disputèrent sur le bon diagnostic. Il fallait dans un premier temps réfléchir à la date de l’opération. Tous s’accordaient pour dire que la saison était favorable. Le froid et la sécheresse étant considérés comme les éléments principaux de la vessie, il était recommandé de choisir pour opérer cet organe au moment où Mars et Saturne ne se trouveraient pas dans l’axe de la Lune. On n’était pas d’accord, en revanche, sur le point où l’intervention devrait être effectuée. Certains plaidaient pour opérer le membre lui-même. »

Wolfram Fleischhauer

Livres anciens (crédit photo Phrenssynnes)

La description de la procédure, qui s’étend sur deux pages et demie, nous dresse les cheveux sur la tête! Par contre, l’auteur explique plus loin quelle est l’importance de cette description d’un point de vue littéraire.

 

Et suivent les conseils pour la guérison :

« Il faut bander le patient et l’allonger jambes croisées dans une chambre obscure et chaude pour que Morphée s’empare de lui et apaise ses douleurs. Au bout de quelques jours, il faut injecter dans la vessie du convalescent un baume concocté à base de plantain, de solanum et d’eau de rose. Si, après l’opération, des caillots et d’autres particules bouchaient la vessie, il faudrait de nouveau poser la sonde pour libérer l’urètre. Voilà, Dieu m’en est témoin, ce qu’il faut faire pour préserver notre roi de la mort. »

 

Hum! les chirurgiens de l’époque avaient besoin de prier avec beaucoup de dévotion!

Ce que j’ai moins aimé

 Étant donné que c’est, en partie, une enquête criminelle, on y recense plusieurs témoignages qui deviennent des passages un peu lourds.

J’ai remarqué aussi certaines longueurs dans le manuscrit. On y dépeint les scènes d’un banquet de Mardi gras où, on présente au roi, un spectacle surprise.  Cette partie du texte aurait pu être condensée tout en gardant l’émotion du crescendo de cette représentation théâtrale. L’auteur a failli me perdre à ce moment, mais j’ai continué parce que mon ami R m’avait recommandé cette lecture!

Le livre pourpre vue de haut(crédit photo Phrenssynnes)

Les amoureux de l’histoire de l’art se délecteront de cette histoire. Si vous envisagez de visiter Paris, Bâle, La Rochelle, Fontainebleau, vous trouverez ce livre passionnant. Mon copain R a vu le fabuleux tableau de la couverture au Musée du Louvre. Peut-être que vous pourrez aussi le voir.

Photo de Lhom

Lhom nous présente cette semaine une photo d’un château français, le château de Chambord.

Château de Chambord (crédit photo Lhom)

J’attends vos commentaires lorsque vous aurez lu ce roman.

Connaissiez-vous cet auteur? Avez-vous vu le tableau au Louvre?

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Wolfram Fleischhauer et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

C’est le 12 août : allez acheter votre livre québécois!

Le 12 août et le livre québécois

Exceptionnellement, je publie mon article de la semaine aujourd’hui, vendredi, au lieu du samedi car on est le 12 août! La journée du 12 août est celle où on achète un livre québécois.

Vous manquez d’idées? Eh bien! En voilà quelques-unes.

 

Des suggestions pour votre livre québécois

 

Des romans ou recueils de nouvelles

État de terreur écrit par la Québécoise Louise Penny avec Hillary Clinton.

Un homme meilleur de Louise Penny.

 L’accoucheur en cuissardes de Jean Désy

Le goût de l’élégance de Johanne Seymour.

Ta mort à moi de David Goudreault.

Le reste du temps  et L’ombre d’un doute d’Esther Croft.

J’aime beaucoup les romans de Martin Michaud, particulièrement la série Victor Lessard.

 

Peut-être, préférez-vous des essais?

Je ne suis pas une compagnie de Michel Perreault.

L’histoire populaire de l’amour au Québec de Jean-Sébastien Marsan.

Apprendre sur le tas de Boucar Diouf.

 

Un livre québécois dans ma PAL

Dans ma pile à lire, j’ai reçu en cadeau ce roman, Femme forêt d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

Lorsque je choisis un livre, je lis toujours la quatrième de couverture. Je lis rarement les premiers mots avant mon achat. Par contre, avant de commencer ma lecture, je vais lire la toute dernière phrase du livre.

Femme forêt 2(crédit photo Phrenssynnes)
Quatrième de couverture Femme forêt (crédit photo Phrenssynnes)

Et, à chaque fois, je constate que je ne comprends rien à cette phrase. Puis, je me dis que lorsque j’aurai fini ma lecture, je serai capable d’en expliquer les moindres mots! Cela me fascine.

Je connais quelqu’un qui, avant son achat, lit quelques mots dans la première page. Et elle fait de même pour une page dans le milieu et à la fin de l’ouvrage. Je suis certaine qu’elle se reconnaîtra.

Bref, on a tous des tics de lecture. À propos, quels sont les vôtres?

Quels sont vos critères pour choisir un livre?

Je vous révèle un secret, j’ai déjà acheté un livre de Paul Auster parce que la couverture du livre était douce au toucher. Ah! c’est tout à fait ridicule mais que voulez-vous?  Il faut accepter nos petites manies.

Et voici un autre éventail de suggestions!

Une panoplie de suggestions (crédit photo Phrenssynnes)

Créée par Amélie Dubé et Patrice Cazeault en 2014, cette initiative ne semble pas s’essouffler. C’est tout un sujet d’actualité.

Il y a un article dans le journal La Presse.

Et évidemment, sur le site  leslibraires.ca, il en est aussi question.

Julie lit au lit fait une émission radiophonique spéciale aujourd’hui à CKIA.

 

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book-club_illustration-10 (crédit DIVI)

Photo de Lhom

Pour continuer la tradition, je vous présente, à toutes les semaines, une oeuvre de mon photographe préféré, mon mari, Lhom. Voici, pour rester dans le thème québécois, une magnifique vue de l’Isle-aux-Coudres.

L'Isle-aux-Coudres (crédit photo Lhom)

J’attends vos commentaires avec plaisir. Faites-moi découvrir votre achat!

Bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs mentionnés et leurs éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Chronique sur Une brève éternité de Pascal Bruckner

Une brève éternité – Philosophie de la longévité

J’ai lu, sur la recommandation d’un ami, le livre Une brève éternité de Pascal Bruckner publié en 2019. J’ai emprunté le livre à ma bibliothèque municipale.

 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Tout d’abord, l’auteur m’a fait sourire. Au début du livre, il nous montre qu’à la fin du XIXe siècle, être jeune était un désavantage. Les jouvenceaux de vingt ans se vieillissaient pour réussir ! Aujourd’hui, ce sont les baby-boomers qui essaient de se rajeunir. Les temps ont bien changé.

L’auteur a un grand vocabulaire et il excelle dans la jonglerie littéraire.

On dit qu’une œuvre d’art de grande valeur évoque des sensations chez un nombre considérable de personnes. Selon cette définition, cet ouvrage peut être une importante réalisation. Oui, j’ai ressenti beaucoup d’émotions en lisant ce bouquin, mais pas celles qui sont agréables à avoir. Si vous aimez voir des films d’horreur pour vous sentir vivant, peut-être apprécierez-vous ce livre.

Ce que j’ai moins aimé

Après m’avoir fait sourire, ce livre m’a secouée.

« Douche froide

Reste cette duperie fondamentale : ce n’est pas la vie que la science, les techniques ont prolongé, c’est la vieillesse. »

Moi, ce n’est pas une douche froide que j’ai ressentie, cela m’a plongée dans une prise de conscience qui m’a si déprimée que j’ai mis le livre de côté pendant quelques jours. Le pire c’est que l’auteur n’a pas tort.

Puis l’écrivain demande ce qu’on fera de ces années de vieillesse de plus.

Il parle des philosophes, de Freud en déployant des acrobaties de vocabulaire. Puis, il arrive à ce double postulat contradictoire :

 

Couverture du livre Une brève éternité (crédit photo Phrenssynnes)

 

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book club illustration (credit DIVI)

« ; vis comme si tu devais t’éteindre à chaque moment, vis comme si tu ne devais jamais mourir. »

 

Plusieurs citations dans Une brève éternité

Oui, il fait résonner quelques grandes évidences que nous éprouvons comme grands-parents.

« […] ceux-ci, dans une sorte de transmission inversée, doivent se soumettre alors aux ordres de leurs propres fils et filles qui savent mieux ce qui est bon pour leur progéniture : permission de s’occuper des petits, mais aux conditions des jeunes géniteurs. »

Ensuite, dans ses voltiges littéraires, il cite Platon :

« Les yeux de l’esprit ne commencent à être perçants que quand ceux du corps commencent à baisser. »

Oui, on voudrait tous refaire notre vie de vingt ans avec notre expérience de soixante ans. On le savait déjà.

Il continue, par la suite, avec de belles citations :

« Le drame de la vieillesse, disait Oscar Wilde, c’est qu’on reste jeune. »

Effectivement, nos émotions ne déclinent pas. Tel que je le dis depuis des années, à la blague : ça fait seulement deux ans que j’ai cinquante ans, je ne suis pas encore habituée.

À nouveau, un paragraphe pour vous démolir le moral :

« À partir de la cinquantaine, on s’étonne d’être toujours gaillard, alors que tant d’autres ont déjà tiré leur révérence. Les enterrements deviennent aussi fréquents que les mariages ou les baptêmes. »

C’est une constatation que nous expérimentons tous, je me demande ce que cela m’apporte de la lire.

Après, il s’en prend aux photographies de famille.

« Qu’est-ce qu’une photo de famille, des petits-enfants aux grands-parents? Un conte cruel qui nous dit : voilà ce qui va vous arriver. Les jolies frimousses se froisseront, les cheveux tomberont, les silhouettes se déformeront jusqu’à devenir méconnaissables. »

Quelle façon négative de voir quelque chose qui est supposé être un plaisir. À mon avis, prendre un portrait de famille, c’est plutôt se bâtir des souvenirs pour se remémorer des moments heureux avec ceux qu’on aime.

Et Bruckner continue avec une suggestion. L’objectif n’est pas d’avoir une vie réussie, mais une vie épanouie. Il discourt pendant plusieurs pages sur une véracité pour moi. Je ne me suis jamais dit que j’ai réussi ma vie, comme si le succès était la finalité. C’est peut-être l’opinion de plusieurs, mais pas la mienne. Je crois que le but demeure l’épanouissement et cela est d’une telle évidence que je ne vois pas l’intérêt à l’expliquer sur plusieurs pages.

Pascal Bruckner écrit 256 pages sur le sujet, mais une grande partie réside en des citations. C’est une preuve que l’auteur a lu beaucoup.

Il termine avec un léger ton d’espoir :

« Le seul mot que nous devrions prononcer chaque matin, en reconnaissance du cadeau qui nous a été fait, c’est : Merci.

Rien ne nous était dû. »

Je préfère cette citation de Coluche :

Citation de Coluche (crédit photo Phrenssynnes)

 

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photographie d’un paysage français. Nous aimerions tous être presque éternels comme ces vignes de Châteauneuf-du-Pape.

Château Neuf du Pape(crédit photo Lhom)

J’essaie encore de trouver le nouveau dans les propos de l’auteur. À part la douche froide au début, je ne vois pas.

J’aimerais bien avoir vos commentaires si vous avez lu cet essai.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Pascal Bruckner et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

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Chronique du best-seller: État de terreur de Louise Penny et Hillary Clinton

Introduction

J’ai lu pour vous le livre écrit en collaboration par Louise Penny et Hillary Rodham Clinton, deux personnes que j’apprécie beaucoup.

J’ignore pourquoi, mais j’ai souvent l’habitude de bouder les romans très (ou trop) à la mode. Par exemple, lorsqu’Harry Potter a paru en 2000, j’ai fini par m’attaquer au premier tome seulement quelques années après sa parution.  Mais cette fois-ci, je n’ai pas résisté à État de terreur et j’ai utilisé une carte-cadeau pour me le procurer.

Quatrième de couverture du livre État de terreur

Quatrième d'État de terreur (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé du livre État de terreur

 

Vous savez que j’aime beaucoup Louise Penny. J’ai connu ses livres par un de mes voisins et je les ai presque tous lus. Mon préféré est Un homme meilleur.

État de terreur est différent, puisque c’est une fiction à suspense géopolitique et non pas un roman policier comme Louise Penny a l’habitude d’écrire. Et la collaboration avec Hillary est réussie, car c’est un excellent bouquin sur le thème du terrorisme et de la trahison.

Ce que j’ai moins aimé dans le livre État de terreur

État de terreur de Louise Penny et Hillary CLinton(crédit photo Phrenssynnes)

Les dialogues dans État de terreur,  sont parfaits. Les évènements, malheureusement plausibles, évoquent des éventualités angoissantes. Les héroïnes, Betsy et Ellen, nous font vivre des moments inouïs. Betsy nous fait jubiler lorsqu’elle utilise sa réputation de bonne femme accro au candy crush pour camoufler la mission d’espionnage que la secrétaire d’État lui a confiée.

La psychologie des personnages est bien étudiée sans glisser dans le caricatural. La complicité féminine mise en valeur donnera peut-être le goût à certaines filles de se lancer en politique.  J’espère que nous aurons le plaisir de pouvoir lire d’autres histoires avec ces deux protagonistes. Je ne serais pas étonnée que cette fiction devienne une excellente série télévisée.

Citation

« Et Douglas Williams savait indiscutablement se donner des airs présidentiels.

Et pourtant, tandis qu’il traversait la chambre en souriant et en saluant avec effusion ses amis et ses ennemis politiques, la caméra revenait sans cesse vers la secrétaire d’État.

Là résidait la tension dramatique. Là se trouvait la véritable histoire de la soirée. »

Dans cette citation, on reconnaît le style de Louise Penny. On voit comment elle nous illustre une situation, nous fait sentir le pouls d’un moment important et emballe le tout avec deux courtes phrases rythmées.

Ce que j’ai moins aimé

Le clin d’œil (un peu tiré par les cheveux) à un personnage légendaire des romans de Louise Penny m’a amusé, mais je disculpe les auteures de cette exagération. Que voulez-vous, je suis une admiratrice de ce héros moi aussi!

L’inconvénient comme avec tous les livres de ce genre, c’est qu’on les dévore trop vite. On a tellement hâte de découvrir ce qui va se passer qu’on lit sans le déguster. Et qu’on doit interrompre tous nos projets en cours! Ah! Ah!

Je ne trouve pas d’autre défaut à ce livre.

En conclusion, j’ai adoré cette fiction et je vous la recommande. 

Photo de Lhom

Lhom nous offre cette semaine une photo de la ville de New York prise de Central Park.

New York City (credit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous lu ce livre ou ceux de Louise Penny? 

J’adore lire vos commentaires.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. Les auteures et leurs éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Chronique du livre Les sept soeurs de Lucinda Riley

Les sept sœurs de Lucinda Riley

J’ai lu le roman Les sept sœurs de Lucinda Riley sur les recommandations d’une amie. Je l’ai acheté avec une carte-cadeau que j’ai reçu.

En faisant des recherches pour cet article, j’apprends que l’écrivaine d’origine irlandaise est décédée d’un cancer de l’œsophage en 2021. Elle avait cinquante-six ans. Quelle tristesse!

Quatrième de couverture du livre Les sept sœurs

Quatrième de couverture du livre Les sept sœurs (crédit photo Phrenssynnes)

 

C’est un bouquin de plus de 650 pages, mais ne vous découragez pas par ce nombre. On embarque vite dans ce roman intrigant et peu commun de sept sœurs adoptées par un homme riche qui demeure à Genève, en Suisse. Ce livre, le premier tome d’une série, se concentre sur l’histoire de la famille biologique de l’aînée, Maia.

Ce que j’ai moins aimé

Au début du roman, j’ai moins cliqué sur cette histoire de sept sœurs adoptées par un étrange et mystérieux milliardaire. Ces filles, dont les prénoms inspirés de la mythologie de la constellation de la Pléiade, ne connaissent pas leur origine. Au décès du père, chacune d’elle découvre un indice sur l’endroit où elle a vu le jour. Je me demandais où ces pistes, que je trouvais un peu ésotériques, allaient nous mener.

C’est un livre où on se laisse porter par l’intrigue et pas nécessairement par la beauté de la prose ou la construction littéraire.

Présentation Les sept soeurs (crédit photo Phrenssynnes)
Devant du livre Les sept soeurs (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Je me permets de critiquer la prose, mais on ne peut lui reprocher son efficacité et les personnages ont une crédibilité indiscutable.

Ce n’est que dans la partie qui se passe à Rio que j’ai commencé à apprécier le roman. J’adore les romans où on présente une dimension historique intéressante. On parle de la construction du Christ rédempteur sur le mont Corcovado à Rio de Janeiro.

Je n’ai jamais visité le Brésil, mais on connaît tous ce monument, véritable merveille du monde.

On sait que c’est une fiction, mais l’écrivaine s’est servie de l’authentique ingénieur brésilien, Heitor da Silva Costa, pour créer un personnage de sa saga. De même que Paul Landowski, un sculpteur français qui a aussi participé à la création de cette immense statue.

J’ai beaucoup aimé en apprendre sur les mœurs de l’époque au Brésil de même que sur ce pays en général.

Conclusion

Dans Les sept soeurs,  l’auteure ne donne pas toutes les réponses et on a hâte de continuer la suite.  Sachez, amateurs de séries télévisées, qu’on est en train de réaliser une adaptation.

Je trouve cette fiction légère et parfaite pour apporter en vacances ou si vous avez envie de vous changer les idées.

Si vous allez en voyage au Brésil, je vous recommande ce roman avant de partir.

Lecture d’été? Et si vous le lisez en plein mois de janvier, ne vous inquiétez pas, la chaleur de Rio, la samba et les caïpirinhas vous réchaufferont le cœur!

Photo de Lhom

En lien avec le thème de la semaine, Lhom nous présente cette magnifique photo du célèbre jet du lac Léman à Genève, où une partie de l’intrigue se passe.

Genève (crédit photo Lhom)

Et vous? Connaissiez-vous cette auteure? J’ai toujours beaucoup de plaisir à lire vos commentaires. N’hésitez pas à partager votre opinion si vous avez déjà lu ce livre.

Bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. Lucinda Riley et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication.

Chronique du livre Les survivants d’Alex Schulman

Les survivants d’Alex Schulman

J’ai lu pour vous, vraiment pour vous, Les Survivants d’Alex Schulman. Je déclare cela parce que j’ai décroché à un certain moment. Mais ce qui m’a tenu en haleine, ce sont les mots d’Algemeen Dagblad : « Une histoire magnifiquement composée et un apogée que personne ne voit venir. » J’ai poursuivi à cause de la quatrième de couverture. Je voulais connaître cet accident, le point culminant du roman, cette fin qui nous surprend. Et je ne regrette pas d’avoir persévéré car cette œuvre originale vaut la peine d’être lue.

La quatrième de couverture

 

 

Quatrième de couverture de Les survivants (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

Au moment où je me suis sentie ennuyée et perdue, dans ce roman au sujet de trois garçons que je trouve malheureux, je me suis dit, attention! Je souhaitais deviner, je désirais découvrir cet apogée inattendu. Je me suis arrêtée et j’ai observé les titres des chapitres.

Cette analyse m’a aidé à démêler et à saisir la structure et la trame du récit. La fiction est écrite à la troisième personne, mais du point de vue d’un seul personnage. Et cela, je l’ai compris à la fin. Je fais bien attention pour ne rien dévoiler! Non, je ne vous divulguerai pas le punch final.

La structure du livre Les survivants

L’auteur nous raconte l’histoire d’une façon non linéaire en rapport avec le temps. Il utilise deux séries de chapitres qui sont présentés en alternance. La première se déroule de nos jours et les titres nomment une heure de la journée.

Les survivants d'Alex Schulman (crédit photo Phrenssynnes)

Par exemple, le premier chapitre de cette séquence se passe à 23 h 59 et cette journée défile à l’envers au fil du livre. Le deuxième chapitre fait partie d’un enchaînement différent.

Dans cette autre série de chapitres, on découvre la famille et son cheminement, de manière linéaire. On avance dans le temps jusqu’au fameux accident. Et leur histoire continue dans chacun de ces chapitres jusqu’à ce que le récit se rejoigne.

Comprendre cet arrangement m’a aidé à me retrouver dans le roman. De temps en temps, dans les sections qui se déroulent à notre époque, l’auteur fait des ellipses vers le passé. J’ai trouvé que c’était parfois difficile de se situer. À un moment, je me suis demandé si Benjamin, l’un des trois frères, n’était pas en réalité mort. Mais non, ce n’était pas le cas.

J’ai ressenti de la colère en lisant ce livre. On est fâché de voir les parents ne pas bien s’occuper de leurs enfants. Mon côté maternel, peut-être un peu trop protecteur, s’opposait. Je n’aurais jamais permis cela, je n’aurais jamais fait cela.

Les survivants d'Alex Schulman (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Cet ouvrage m’a fait prendre conscience d’une chose. L’importance de la structure dans la construction d’un roman dépeint le vrai travail de l’écrivain. Car la façon de présenter ces évènements demeure cruciale.

Lors de la fameuse révélation, vers la fin du livre, on est surpris, mais on a le sentiment que c’est plausible.

C’est le style d’histoire qu’on a besoin de consulter deux fois, ou presque. On ne peut s’empêcher de revenir en arrière pour relire certains passages. Et là, on comprend pourquoi l’écrivain nous a piégés. Je me suis demandé s’il avait le droit de nous prendre de la sorte. Et ma réponse est oui, il respecte les principes littéraires. Il réussit tout simplement à tisser cette histoire de façon experte. La clé réside dans la narration.

J’aime bien lire des romans étrangers. Cela nous permet de connaître différentes cultures. J’ai découvert cette fois-ci les pirojkis!

L’auteur parvient à nous faire ressentir les émotions et à ralentir certains moments.

Une citation du livre Les survivants

« Il suivit des yeux une guêpe qui tournoyait fiévreusement au-dessus d’un bol de sauce à la crème abandonné sur la table du déjeuner. La guêpe était lourde, ses déplacements erratiques, elle avait des problèmes, ses ailes semblaient battre de plus en plus lentement, avec de plus en plus de peine, elle s’approcha trop près de la sauce et s’y englua. » Alex Schulman

Avouez qu’on la voit bien cette guêpe!

Une autre chose fascinante du livre est cette universalité que l’auteur nous fait revivre, celle de l’enfance. On se reconnait dans les taquineries méchantes des frères, dans leurs jeux imaginaires.

En conclusion, ce bouquin intéressant, cette histoire originale fait écho en nous, même après la finale.

Photo de Lhom

J’ai toujours pensé que la Suède et le Québec devaient se ressembler même si je n’ai jamais visité ce pays scandinave. En lien avec cette histoire suédoise, voici un panorama québécois. Le lac Gouat.

Un lac, une forêt dense de sapins, est-ce dans un paysage semblable que les trois frères du roman ont vécu plusieurs étés ?

Lac au Québec (crédit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous lu cet écrivain? J’aimerais beaucoup avoir vos commentaires si vous avez lu ce livre.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. L’auteur et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication. J’ai emprunté ce livre à ma bibliothèque municipale.

Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était...

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent: Magalie s’est rendu compte que c’était le policier, et non pas elle, qui avait fait feu. Elle a aidé Duclerc, blessé, à entrer dans la maison. Et ensuite, grand dénouement, elle a été témoin d’un geste spectaculaire.Chapitre 22 Gina avait...

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La personne qui a assassiné la sœur de Magalie est entrée, par surprise, dans la maison. Cette personne a voulu obliger la jeune femme à sortir dans la tempête et à être la complice d’un autre meurtre.Chapitre 21 Magalie observa le revolver...

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Un dimanche matin où il faisait tempête, Magalie a lu la dernière lettre de sa sœur et a compris beaucoup de choses. Cela a ravivé plusieurs souvenirs douloureux. Elle allait appeler l’inspecteur Duclerc lorsque quelqu’un est...

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie a commencé le ménage du bureau de sa sœur. Elle a trouvé une disquette cachée dans la bibliothèque. Après plusieurs tentatives, elle a réussi à trouver le mot de passe pour ouvrir un fichier adressé à son nom.Chapitre 19 Le Molto...

Chapitre 18, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc est allé reconduire Stéphanie chez elle. Magalie a demandé à Gina de venir tout de suite pour lui raconter ce que Stéphanie venait de révéler. Chapitre 18 Le lendemain, son pain grillé et le café avalés, Magalie grimpa...

Chronique du livre de Jenny Colgan

La charmante librairie des flots tranquilles de Jenny Colgan

J’ai lu pour vous ce roman feel-good de Jenny Colgan. Après ma découverte de cette écrivaine sur le web, j’ai emprunté ce livre à ma bibliothèque municipale.

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

J’ai trouvé le ton du roman, un peu trop chick-lit.  Par contre, l’auteure est constante dans sa manière de coucher son histoire sur le papier.

On a besoin parfois dans la vie de livre comme celui-là. Il est nécessaire de se plonger, de temps à autre, dans une fiction qui va nous accrocher et nous empêcher de penser à nos problèmes. On veut se changer les idées, savoir que de belles choses arrivent. Et on « signe » un contrat avec l’écrivain. C’est-à-dire, on accepte qu’elle nous raconte son roman. Si vous n’êtes pas dans cet état d’esprit et avez envie de quelque chose de très stimulant intellectuellement, ce n’est pas le bon livre pour vous.

Une autre caractéristique qui m’a moins plus est qu’on prévoit en gros l’intrigue. Mais le récit n’est pas insipide.

J’ai aussi remarqué que l’auteure aurait pu mieux travailler la tension sexuelle entre les deux protagonistes. Elle arrive un peu loin dans ce roman de 500 pages et on se demande d’où elle sort.

Ce que j’ai aimé

L’histoire, qui se passe à Londres et en grande partie dans les Highlands en Écosse, nous fait voyager. J’ai découvert cette région que je n’ai jamais visitée.

C’est un ouvrage qui parle de livres. Évidemment, avec ce titre! Cela a plu à la lectrice en moi, car j’y ai trouvé de multiples suggestions d’auteurs que je ne connaissais pas! Ne soyez pas surpris que ce soit beaucoup d’écrivains britanniques.

J’ai appris ce qu’est le style d’architecture baronnial écossais.

Quatrième et limonade (crédit photo Phrenssynnes)

Une autre chose que j’ai aimée, les personnages cuisinent et mangent des scones. Ah! Ah! vous me reconnaissez là! Bien sûr, me direz-vous, ils vivent en Écosse.

J’aime bien cette citation.

Même si c’était un concept étrange, Zoe était convaincue qu’on pouvait devenir ami avec quelqu’un rien qu’en explorant sa bibliothèque.

 

Jenny Colgan 

En conclusion

C’est une histoire à la Cendrillon, on adore voir les jeunes femmes miséreuses réussir! Jenny Colgan a une façon personnelle de nous y faire croire sans que cela soit trop idyllique.

Si vous avez soif d’une lecture légère pour l’été, c’est parfait. Par contre, le récit se passe en automne, donc c’est aussi une bonne idée d’attendre le moment des feuilles mortes pour le déguster. Bref, c’est une auteure à retenir lorsqu’on a envie de lire du bonbon!

Photo de Lhom

Voici, pour vous mettre dans l’ambiance britannique du livre de Jenny Colgan, la photo de Lhom. C’est une vue de l’église St-Mary Church à Warwick au Royaume-Uni.

Ste-Mary's church au Royaume-Uni (crédit photo Lhom)

Et vous? Aimez-vous lire du chick-lit parfois? Connaissiez-vous cette auteure?

Bonne lecture.

Phrenssynnes

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Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était...

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent: Magalie s’est rendu compte que c’était le policier, et non pas elle, qui avait fait feu. Elle a aidé Duclerc, blessé, à entrer dans la maison. Et ensuite, grand dénouement, elle a été témoin d’un geste spectaculaire.Chapitre 22 Gina avait...

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La personne qui a assassiné la sœur de Magalie est entrée, par surprise, dans la maison. Cette personne a voulu obliger la jeune femme à sortir dans la tempête et à être la complice d’un autre meurtre.Chapitre 21 Magalie observa le revolver...

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Un dimanche matin où il faisait tempête, Magalie a lu la dernière lettre de sa sœur et a compris beaucoup de choses. Cela a ravivé plusieurs souvenirs douloureux. Elle allait appeler l’inspecteur Duclerc lorsque quelqu’un est...

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie a commencé le ménage du bureau de sa sœur. Elle a trouvé une disquette cachée dans la bibliothèque. Après plusieurs tentatives, elle a réussi à trouver le mot de passe pour ouvrir un fichier adressé à son nom.Chapitre 19 Le Molto...

Chapitre 18, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc est allé reconduire Stéphanie chez elle. Magalie a demandé à Gina de venir tout de suite pour lui raconter ce que Stéphanie venait de révéler. Chapitre 18 Le lendemain, son pain grillé et le café avalés, Magalie grimpa...

Chapitre 17, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc s’est invité chez Magalie un samedi après-midi. En prenant le thé, il l’interroge en profondeur lorsque Stéphanie arrive. Les deux adultes découvrent que la petite a des choses à révéler sur la journée du meurtre....

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La relation de Magalie et Pierre s’est développée. La jeune femme s’est confiée à lui au sujet de Gina et Olivier. Pierre lui a annoncé qu’il allait à Boston pour un congrès le week-end suivant.Chapitre 16  Le lendemain, Magalie travailla...

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Lors d’un souper au restaurant, Magalie a confronté Gina au sujet d’Olivier. Elle s’est ouverte sur sa relation avec Pierre Lormier. Le lendemain, Magalie et Pierre se sont rencontrés en joggant et ont brisé la glace… CHAPITRE 15...

L’Enfant réparé de Grégoire Delacourt

L’Enfant réparé de Grégoire Delacourt

Quatrième de couverture du livre 

 

«  « Le jour où j’ai appris que j’étais une victime, je me suis senti vivant. »

On a souvent dit de ses romans qu’ils faisaient du bien. Lui-même a toujours su qu’il écrivait “parce que cela répare.” Que réparait Grégoire Delacourt ? Qui était son père, de plus en plus absent ? Sa mère, qui l’éloignait chaque jour davantage ?

Histoire d’une famille où l’on porte le déni comme une armure, L’Enfant réparé offre un éclairage unique sur le parcours d’un grand écrivain. Il dit l’écriture comme seule échappatoire, permettant d’abord de fuir avant de dessiner, pas à pas, un chemin vers la faille originelle.

Au plus juste des mots, l’auteur nous offre ici un récit littéraire d’une lucidité exceptionnelle. »

Le choix du livre L’Enfant réparé

Je remercie mon frère pour ce présent d’anniversaire. Voilà comment j’ai dépensé ma carte cadeau!

J’ai choisi ce livre à la librairie à cause de l’auteur, Grégoire Delacourt. Je croyais que c’était lui qui avait écrit La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules alors que c’est plutôt Philippe Delerm. Je prends conscience de cette erreur en faisant les recherches pour cet article.

Le roman qui a fait connaître Grégoire Delacourt est La liste de mes envies avec 1,2 millions d’exemplaires vendus et traduit en 35 langues. Et je me rends compte que je ne l’ai pas lu !

L'Enfant réparé1 (Crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

J’aurais dû y penser en lisant le titre. C’est-à-dire, j’aurais dû comprendre que c’était un ouvrage sur un sujet lourd, basé sur une histoire de malheur, un peu comme le livre Porca miseria de Tonino Benacquista.

 

Peut-être l’aurais-je laissé de côté? Car, avec ce coronavirus qui ne lâche pas la planète, j’ai besoin de légèreté comme beaucoup de gens autour de moi.

Je trouve toujours difficile de lire ce genre de bouquin pourtant lorsque je le termine, je suis contente. Ce sont des livres ardus, mais qui nous font grandir.

Si je n’avais pas lu L’Enfant réparé, j’aurais manqué quelque chose.

« Je crois qu’elle sut aussitôt, et ce matin de juillet tourna à la nuit d’hiver. »

Grégoire Delacourt

L'Enfant réparé2 (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

Ce roman nous révèle un grand artiste littéraire. Je serais incapable de bâtir un livre de si brillante façon. C’est à la fois décousu et cohérent. L’auteur nous amène d’une époque à l’autre. Il nous fait passer de sa réalité externe à son intériorité. On sait où on est, on comprend sans jamais se perdre. Ce créateur est un magicien dans l’art d’écrire. Il réussit à nous faire ressentir son parcours et c’est fabuleux de voir que la littérature l’a aidé à guérir.

Cet écrivain fait preuve d’une grande vulnérabilité en faisant la révélation de son expérience. Et cela nous rapproche toujours en tant qu’être humain.

Ses métaphores sont extraordinaires.

« Il pleure en confessant cela. Une grosse larme coule, elle possède la lenteur d’un sirop. »

Grégoire Delacourt

Une œuvre remarquable de Grégoire Delacourt

Bref, même si le sujet est lourd, je vous recommande fortement ce bijou, car c’est une œuvre qui nous marque.

 

Photo de Lhom

En lien avec cette oeuvre littéraire française, Lhom nous offre cette semaine une photo de ce beau pays qu’est la France.

Région de Châteauneuf-du-pape (Crédit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous déjà lu cet auteur?

Je vous souhaite une bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. L’auteur et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication. 

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Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était...

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent: Magalie s’est rendu compte que c’était le policier, et non pas elle, qui avait fait feu. Elle a aidé Duclerc, blessé, à entrer dans la maison. Et ensuite, grand dénouement, elle a été témoin d’un geste spectaculaire.Chapitre 22 Gina avait...

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La personne qui a assassiné la sœur de Magalie est entrée, par surprise, dans la maison. Cette personne a voulu obliger la jeune femme à sortir dans la tempête et à être la complice d’un autre meurtre.Chapitre 21 Magalie observa le revolver...

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Un dimanche matin où il faisait tempête, Magalie a lu la dernière lettre de sa sœur et a compris beaucoup de choses. Cela a ravivé plusieurs souvenirs douloureux. Elle allait appeler l’inspecteur Duclerc lorsque quelqu’un est...

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie a commencé le ménage du bureau de sa sœur. Elle a trouvé une disquette cachée dans la bibliothèque. Après plusieurs tentatives, elle a réussi à trouver le mot de passe pour ouvrir un fichier adressé à son nom.Chapitre 19 Le Molto...

Chapitre 18, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc est allé reconduire Stéphanie chez elle. Magalie a demandé à Gina de venir tout de suite pour lui raconter ce que Stéphanie venait de révéler. Chapitre 18 Le lendemain, son pain grillé et le café avalés, Magalie grimpa...

Chapitre 17, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc s’est invité chez Magalie un samedi après-midi. En prenant le thé, il l’interroge en profondeur lorsque Stéphanie arrive. Les deux adultes découvrent que la petite a des choses à révéler sur la journée du meurtre....

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La relation de Magalie et Pierre s’est développée. La jeune femme s’est confiée à lui au sujet de Gina et Olivier. Pierre lui a annoncé qu’il allait à Boston pour un congrès le week-end suivant.Chapitre 16  Le lendemain, Magalie travailla...

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Lors d’un souper au restaurant, Magalie a confronté Gina au sujet d’Olivier. Elle s’est ouverte sur sa relation avec Pierre Lormier. Le lendemain, Magalie et Pierre se sont rencontrés en joggant et ont brisé la glace… CHAPITRE 15...

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Suggestion de lecture 2022: Porca miseria de Tonino Benacquista

Porca miseria

J’ai lu pour vous le nouveau roman de Tonino Benaquista, Porca miseria.  Madame A de mon club de lecture me l’a prêté et encouragé à le lire. Je la remercie.

L’auteur, né en France en 1961, est le cadet d’un couple d’émigrés italiens. Après avoir interrompu ses études en cinéma et littérature, il exerce plusieurs métiers. Il connait la célébrité en 1991 à la suite de la parution de sa fiction La Commedia des ratés qui a gagné trois prix littéraires.

Livre, fleur et thé (crédit photo Phrenssynnes)

Ce bouquin a été publié cette année aux éditions Gallimard, voici la quatrième de couverture.

 

Quatrième de couverture

Quatrième de couverture (crédit photo)

Que veut dire Porca miseria?

 

C’est une sorte de juron exprimant une philosophie de la vie bien réelle. La preuve? Il y a une traduction en plusieurs langues:

Traduction française : putain de merde.

Américaine : damn it.

Britannique : holy shit.

Espagnole : merda la verdad.

Québécoise : maudite marde.

Porca miseria (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé

Qui a envie de lire l’histoire et l’enfance malheureuse d’un fils d’alcoolique et d’une femme dépressive et anxieuse? Le sujet est rebutant, mais devant l’insistance de ma copine, madame A, je me suis lancée dans cette lecture.

L’autre point à noter, il faut avoir une certaine connaissance de la France et de sa culture pour apprécier.

Ce que j’ai aimé

Trio livre, thé et fleurs (crédit photo Phrenssynnes)

 

Tonino Benacquista est un écrivain dangereux pour moi. Ah! Ah! Il fait partie d’un petit groupe d’auteurs qui me donne une impérieuse envie de gratter du papier pour composer, telle une incontrôlable démangeaison. La lecture de ses mots fait bouger quelque chose en moi et m’inspire.

Peut-être est-ce l’universalité de sa prose ? Ou est-ce le rythme judicieux de son style qui évoque en nous des sentiments déjà vécus ?

Chose certaine, il a le ton juste, une voix unique et un vocabulaire incroyable.

En conclusion

L’auteur termine sur une note touchante, en se mettant en position de vulnérabilité, il fait preuve de bravoure. Il nous révèle son problème de santé mentale.

Tonino est-il plus heureux que ses parents?

Il cite Oscar Wilde:

« Il y a deux tragédies dans la vie, l’une est de ne pas vivre ses rêves, l’autre est de les vivre. »

Tonino Benacquista est allé au bout de son rêve.

De même que l’écrivain Jack Kérouac dont on parle ces temps-ci à cause de son centième anniversaire de naissance. S’est-il rendu, lui aussi au bout de sa route? Son œuvre culte est un élément déclencheur du mouvement beatnik qui a eu un impact majeur sur la culture hippie. Il a souffert d’alcoolisme et de toxicomanie. Il est mort à 47 ans d’une hémorragie. 

Virginia Woolf, pareillement, est allée au bout de son rêve. Cette célèbre écrivaine britannique a eu sa chambre à soi, ce qui a influencé un nouveau courant littéraire. Elle s’est suicidée à l’âge de 59 ans.

Mais ces êtres dont on parle encore aujourd’hui, ces dieux des lettres qui ont atteint le temple du succès planétaire, nos héros écrivains avec leur performance et leur carrière remarquable ont-ils été heureux dans la vie?

Dans notre société, laquelle nous assure le bonheur au sommet d’une profession qui valorise la gloire, la réussite, la prospérité, à quoi sert tout cela si l’on est malheureux et malade au fond de l’âme?

Ce livre, Porca miseria, malgré son sujet rébarbatif nous révèle la force de la France par l’ambition littéraire. La beauté du récit nous illustre le pouvoir de la résilience.  Je souhaite une longue vie à monsieur Benacquista.

C’est une œuvre qui mérite d’être lue.

Photo de Lhom

Pour terminer en beauté, voici la photo de Lhom cette semaine. Il nous présente un paysage de la région de la Réserve naturelle du bout du lac d’Annecy en France.

Région du bout du lac d'Annecy (crédit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous déjà lu les livres de Tonino Benacquista?  Jack Kérouac?  Virginia Woolf? J’attends vos commentaires avec plaisir.

Je vous souhaite une bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

Un fois par semaine, je publie mon article. Abonnez-vous et vous recevrez par courriel la dernière publication le samedi matin. Vous pourrez le lire en sirotant votre café!

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Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux

 

Voici un article dans la continuation de ma série sur les grands classiques de la littérature. J’ai lu pour vous Le mystère de la chambre jaune des Éditions Caractère.

Qui est Gaston Leroux?

Gaston Leroux, né en 1868 à Paris, est un avocat devenu journaliste d’investigation pour le quotidien parisien Le Matin.

Quatrième de couverture

« Qui a tenté d’assassiner Mathilde Stangerson pendant son sommeil, dans la chambre jaune du château du Glandier? Mais surtout, comment le malfaiteur s’est-il échappé de cette pièce aux volets clos, fermée à clé de l’intérieur et dépourvue de cheminée? Seul indice : l’empreinte sanglante laissée sur un mur…

Telle est l’énigme soumise à l’astuce du jeune Rouletabille, reporter au journal L’Époque, qui s’invite au château à l’aide d’un mystérieux mot de passe. L’y attendent le père de Mathilde, scientifique en quête des secrets de la matière, et le célèbre détective Larsan dont les soupçons se portent très vite sur Darzac, le fiancé de Mathilde. Mais l’ingénieux Rouletabille, raisonnant « par le bon bout de la raison » a des doutes…

En donnant vie au truculent personnage de Rouletabille, concurrent français de Sherlock Holmes et d’Hercule Poirot, Gaston Leroux invente une forme de casse-tête policier mêlant l’humour, la logique et la fantaisie… »

Ce que j’ai moins aimé

Comme tous les romans de cette époque, il y a beaucoup de descriptions de lieux. On est moins habitué à cela aujourd’hui.

L’intrigue est complexe et rigoureuse. On y détaille plein d’observations et les faits, précisément définis, engendrent une certaine lourdeur dans la lecture. J’ai persévéré, car j’ai acheté le livre et c’est une de mes règles, lorsque je paye le volume, je dois le finir.

Marque page de satin rouge(crédit photo de Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

La narration

La narration est intéressante. Un dénommé Sinclair, dont on ne mentionne pas le prénom, nous raconte l’histoire. C’est un jeune avocat français et ami du héros, Joseph Rouletabille. C’est un reporter prétentieux à ses débuts, il a dix-huit ans. Chose curieuse, c’est un journaliste qui enquête pour un meurtre.

On utilise deux types de narration.

  • Celle de Sainclair
  • Dans certains chapitres, Sinclair nous présente un résumé écrit par une autre personne.
La tranche dorée (crédit photo de Phrenssynnes)

Un bel objet

Tel que vous pouvez le voir sur la photo, le livre est doté d’une belle tranche dorée ainsi qu’un ruban de marque-page fait de satin rouge. Il est magnifique, comme tous les autres ouvrages de la bibliothèque du collectionneur chez cet éditeur.

J’ai un faible pour le livre comme objet.  Le bouquin n’est pas très grand, environ dix par quinze centimètres. Ce qui permet de le transporter facilement et il est léger à tenir lors de la lecture.

Le mystère de la chambre jaune, comme une série télé

Les 330 pages sont réparties en 29 chapitres, donc chacun devait, probablement, représenter un épisode du feuilleton. J’aime cette similarité avec les séries télévisées qui sont très populaires aujourd’hui.

L’intrigue

Plus on avance dans l’histoire, plus elle devient captivante. On se laisse emporter et l’on se demande si ce jeune journaliste battra la police dans la résolution de ce crime et la recherche de la vérité.

Ce roman a eu un franc succès, en 1907, lorsqu’il a été publié en feuilleton dans le journal français, L’Illustration. Et cela, quelques mois après la parution (en épisodes aussi) d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc.

J’aime cette dimension historique.

Marque page 2 de satin rouge(crédit photo de Phrenssynnes)

Photo de Lhom

Voici la photo que Lhom nous présente cette semaine. Paris, où a eu lieu une partie de l’intrigue de ce roman.

Vue de Paris (crédit photo Lhom)

Ne partez pas sans me laisser un petit mot!

Et vous? Avez-vous lu les romans de Gaston Leroux?

Je vous souhaite une bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. J’ai acheté moi-même ce livre et les éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet avant la parution.

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Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Épilogue, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était...

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Chapitre 22, La dernière lettre de ma soeur

Dans le chapitre précédent: Magalie s’est rendu compte que c’était le policier, et non pas elle, qui avait fait feu. Elle a aidé Duclerc, blessé, à entrer dans la maison. Et ensuite, grand dénouement, elle a été témoin d’un geste spectaculaire.Chapitre 22 Gina avait...

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 21, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La personne qui a assassiné la sœur de Magalie est entrée, par surprise, dans la maison. Cette personne a voulu obliger la jeune femme à sortir dans la tempête et à être la complice d’un autre meurtre.Chapitre 21 Magalie observa le revolver...

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 20, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Un dimanche matin où il faisait tempête, Magalie a lu la dernière lettre de sa sœur et a compris beaucoup de choses. Cela a ravivé plusieurs souvenirs douloureux. Elle allait appeler l’inspecteur Duclerc lorsque quelqu’un est...

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 19, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Magalie a commencé le ménage du bureau de sa sœur. Elle a trouvé une disquette cachée dans la bibliothèque. Après plusieurs tentatives, elle a réussi à trouver le mot de passe pour ouvrir un fichier adressé à son nom.Chapitre 19 Le Molto...

Chapitre 18, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc est allé reconduire Stéphanie chez elle. Magalie a demandé à Gina de venir tout de suite pour lui raconter ce que Stéphanie venait de révéler. Chapitre 18 Le lendemain, son pain grillé et le café avalés, Magalie grimpa...

Chapitre 17, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: L’inspecteur Duclerc s’est invité chez Magalie un samedi après-midi. En prenant le thé, il l’interroge en profondeur lorsque Stéphanie arrive. Les deux adultes découvrent que la petite a des choses à révéler sur la journée du meurtre....

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 16, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: La relation de Magalie et Pierre s’est développée. La jeune femme s’est confiée à lui au sujet de Gina et Olivier. Pierre lui a annoncé qu’il allait à Boston pour un congrès le week-end suivant.Chapitre 16  Le lendemain, Magalie travailla...

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Chapitre 15, La dernière lettre de ma sœur

Dans le chapitre précédent: Lors d’un souper au restaurant, Magalie a confronté Gina au sujet d’Olivier. Elle s’est ouverte sur sa relation avec Pierre Lormier. Le lendemain, Magalie et Pierre se sont rencontrés en joggant et ont brisé la glace… CHAPITRE 15...

Une Chronique Du Classique: La Gloire De Mon Père

La gloire de mon père est un grand classique de la littérature française et je dois honteusement avouer que c’est la première fois que je le lis. Et cela malgré ma longue vie de lectrice!

Quatrième de couverture de La gloire de mon père

« Un petit Marseillais d’il y a un siècle; l’école primaire; le cocon familial; les premières vacances dans les collines à La Treille; la première chasse avec son père…

Lorsqu’il commence à rédiger ses Souvenirs d’enfance, Marcel Pagnol est en train de s’éloigner du cinéma, et le théâtre ne lui sourit plus.

La Gloire de mon père, dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l’avènement d’un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine, la timide maman, l’oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à bartavelle se transforme immédiatement en dictée d’école primaire.

Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu’ils deviennent un film. C’est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l’écrivain, le réalisera. »

Le château de ma mère et Le temps des secrets sont les deux autres tomes de cette série, Souvenirs d’enfance. C’est une autobiographie de ce célèbre écrivain né en 1895 à Aubagne.

Dans le premier tome, La gloire de mon père, l’avant-propos de l’auteur m’a fait sourire. Parce qu’il compare l’angoisse du succès d’une pièce de théâtre à celui d’un livre; et il explique comment l’échec d’une publication d’un livre était moins pénible pour l’auteur que celui d’une représentation théâtrale.

 « Ce sont ces considérations, peu honorables, mais rassurantes, qui m’ont décidé à publier cet ouvrage, qui n’a au surplus que peu de prétentions… »

Quatrième de couverture de La gloire de mon père (crédit photo de Phrenssynnes)

Ce que j’ai moins aimé 

 

Je me suis moins identifiée à ce garçonnet si fasciné par la chasse et qui jouait à l’Indien Comanche avec son petit frère. Peut-être que c’est parce que je suis une fille? Est-ce que c’est à cause de la différence de climat? Ou peut-être est-ce dû au fait que l’histoire se passe dans un autre siècle?

Puisque je suis une fille Québécoise né à une autre époque.

 

Le livre La gloire de mon père (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé 

Des mots nouveaux

Tout d’abord, j’ai découvert trois mots nouveaux.

Ce dîner cynégétique : adjectif qui se rapporte à la chasse.

Demi-muid : tonneau épais de grande taille contenant du vin ou de l’alcool.

Et un troisième dont je n’ai pas pu trouver la définition!

« …il fut débartavellisé … »

Amis français, pouvez-vous m’aider ici? J’apprécierais tant avoir vos réponses dans les commentaires!

L’anticléricalisme

L’histoire se passe à une époque lointaine, au début des années 1900.  Le narrateur est Marcel Pagnol, mais à l’âge adulte.  Son père était professeur ou plutôt instructeur public comme on disait en France à cette époque-là.  Une des choses qui m’ont frappée est la culture dans les Écoles normales françaises : « l’étude de la théologie y était remplacée par des cours d’anticléricalisme. »

Ces faits m’ont impressionnée car ils sont incroyablement opposé à ce que les Québécois vivaient à la même époque. Une période où les gens du Québec étaient un peuple fidèle gardé dans l’ignorance par le clergé.

Les qualités littéraires de Marcel Pagnol

J’ai apprécié la qualité de l’écriture, mais on doit s’y adapter au début.  L’histoire se passe dans un autre siècle et dans un pays très différent du Québec, du moins pour ce qui est du climat!

En conclusion, La Gloire de mon père est un grand classique à lire qui nous donne envie de visiter cette région extraordinaire qu’est la Provence.

Photo de Lhom

Voici la photo de Lhom cette semaine. Une vue de la région de Cassis, dans le sud de la France. En fait, pas très loin de l’endroit où se passe l’intrigue de ce roman de Marcel Pagnol.

Région de Cassis (crédit photo Lhom)

Et vous? Avez-vous lu La gloire de mon père ou d’autres livres de Marcel Pagnol?

Je vous souhaite bonne semaine et bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. Je n’ai pas mis les éditeurs au courant de ce projet avant publication. J’ai emprunté le livre à ma bibliothèque.

Lorsque vous êtes abonné, tous les samedis matin, mon article aura déjà atterri dans votre boîte courriel prêt à être consulté pendant que vous savourez votre café.

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« Bonjour tristesse » de Françoise Sagan: Un roman incontournable de la littérature

Françoise Sagan et la bibliothèque

Françoise Sagan est une écrivaine remarquable.

J’ai une relation particulière avec ce livre. Je l’ai lu vers l’âge de dix-sept ans.

Étudiante au secondaire, j’avais choisi l’option basket-ball cette année-là. Dans l’horaire de la semaine, ce choix comprenait deux heures au gymnase et une heure d’étude à la bibliothèque. Vous me croyez sportive, mais en réalité, de toutes les possibilités, celle-là était la seule à offrir cette heure libre dans la salle de la biblio de l’école. C’est la raison pourquoi je l’ai sélectionnée ! Mon côté « rat de bibliothèque » en avait ainsi décidé.

Livre de Sagan sur fauteuil (crédit photo Phrenssynnes)

C’est lors d’un de ces après-midis où, naviguant d’une allée de livres à l’autre, j’ai découvert le livre de Françoise Sagan.

Cette œuvre est la première publiée par cette écrivaine et lui a valu une gloire littéraire qui a continué tout au long de sa vie. Madame Sagan est décédée en 2004.

Quatrième de couverture du livre de Françoise Sagan

 

« Un homme de quarante ans, charmant, léger, aux aventures faciles et nombreuses, et sa fille de dix-sept ans, Cécile, forment un couple inséparable de camarades. Ils vivent dans la plus grande liberté, une amoralité parfaite, une insouciance totale, jusqu’au jour où, plus dangereuse que toutes les habituelles “passantes”, une femme survient… Belle, envoûtante, un peu mystérieuse, Anne, qui fut la meilleure amie de la mère de Cécile, va vouloir enchaîner l’homme volage et préserver la jeune fille d’une dépravation certaine. Devant cette menace, Cécile, avec un machiavélisme à la fois innocent et pervers, provoque la rupture, la catastrophe… Le danger est écarté, mais un nouveau visage hantera désormais l’adolescente : celui de la tristesse.

Écrit par une jeune fille de dix-huit ans, ce roman poétique et ensorcelant révèle un talent exceptionnel. »

Venez vous promener sur le blogue

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Livre de Sagan et boiserie  (crédit photo de Phrenssynnes)

 

Le titre du livre de Françoise Sagan

Le titre, Bonjour tristesse, lui a été probablement inspiré du poème de Paul Éluard qu’on peut voir avant la première partie du roman. J’adore les titres des livres de Françoise Sagan: Un certain sourire, Un peu de soleil dans l’eau froide, Dans un mois dans un an.

Je dois vous avouer que j’ai de la difficulté avec la première phrase de l’histoire. Et cela, même après l’avoir lu et relu.

Pourtant, cela ne m’a pas découragée pour lire ce bouquin.

La première phrase

« Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. »

Françoise Sagan

Ce n’est pas tout le monde qui apprécie cette histoire. Je peux ici, citer madame Couette du blogue Hop sous la couette qui n’a pas aimé tel que vous pouvez le lire dans son article.

Pour moi, une chose est certaine, cet ouvrage m’a marqué. À l’époque, j’aurais été incapable de dire pourquoi. Maintenant, après en avoir lu toute ma vie, je peux dire que c’est le premier roman qui a touché une corde sensible en moi.

Le roman de Françoise Sagan

Tout au long du récit, on sent une froideur, une méchanceté d’adolescente. Est-ce dû à cette jalousie envers l’amoureuse du père? Est-ce la personnalité de Cécile? L’évidence est que Françoise Sagan, en étirant le moment avec ses mots, parvient à nous faire ressentir l’émotion.

J’ai aimé l’écriture de cette écrivaine parce qu’elle est épurée et poétique. Les mots sont simples, mais bien choisis. Le rythme du style nous ensorcèle avec la chaleur estivale de la Côte d’Azur, les bains dans la mer.

Il y a aussi le buzz de Monaco et de ses Casinos, l’ivresse et l’amoureux de Cécile qui l’emmène en bateau.

J’ai été impressionnée qu’on écrive de façon si légère sur des choses si tragiques.

Livre de Françoise Sagan sur divan (crédit photo de Phrenssynnes)

Extrait de Bonjour tristesse de Françoise Sagan

« Et alors, je ne sais pourquoi, cette allumette prit pour moi une importance vitale. Peut-être parce qu’Anne, subitement arrachée à son indifférence, me regardait sans sourire, avec attention. À ce moment-là, le décor, le temps disparurent, il n’y eut plus que cette allumette, mon doigt dessus, la boîte grise et le regard d’Anne. »

Françoise Sagan

C’est une courte histoire de moins de deux-cents pages. Si vous n’avez pas encore lu cette auteure, c’est une bonne idée de commencer par Bonjour tristesse.

Photo de Lhom

Voici la photographie de Lhom pour l’article de cette semaine. Justement en parlant de Monaco! Ce magnifique paysage de la Principauté et la Méditerranée nous permet de terminer sur une note de beauté.

Principauté de Monaco (crédit photo Lhom)

Qui entre vous avez lu ce roman de Françoise Sagan? L’avez-vous aimé? J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine et bonne lecture.

Phrenssynnes

P.S. J’ai acheté moi-même ce livre et les éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet.

 

 

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Lire des romans d’amour uniques pendant le mois de la Saint-Valentin

Lire des romans d’amour en février 

Je vous propose des suggestions de lecture en ce mois de la Saint-Valentin.

Quoi de plus agréable que de lire une belle ou tragique histoire d’amour! Se laisser aller à vivre une gamme d’émotions qui nous chavirent.

Un peu de légèreté fait toujours du bien. Par contre, la littérature regorge d’histoires d’amour pas toujours à l’eau de rose.

Des romans d’amour britanniques

Voici quelques-uns de mes romans préférés :

Hurlevent d’Emily Brontë

Résumé de Wikipédia :

« Une histoire d’amour et de vengeance dans un paysage sauvage de l’Angleterre : Mr Earnshaw, père d’Hindley et de Catherine, adopte Heathcliff qui tombe amoureux de Catherine tandis qu’une rivalité s’instaure entre lui et Hindley… »

Jane Eyre de Charlotte Brontë 

Résumé de Babelio

« Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecœur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée ensuite en pension, elle y reste jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Elle devient alors gouvernante pour le noble M. Rochester, dont elle tombe bientôt amoureuse, mais les obstacles seront nombreux. »

Jane Eyre et Hurlevent (crédit photo de Phrenssynnes)

Quand j’étais adolescente, j’ai lu Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent.

Mon âme d’adolescente vibrait au diapason des héroïnes de ces magnifiques histoires. La romance tragique de ces intrigues rimait avec le malheur de mes amours de jeune fille de seize ans.

Je rêvais de courir sur la lande parsemée de bruyères avec une robe virevoltante et de prendre le thé à quatre heures.

Depuis, j’ai toujours rêvé d’aller en Angleterre.

Vous comprenez d’où vient ma passion dont je vous ai parlé dans un mes derniers articles!

Northanger Abbey de Jane Austen

Quatrième de couverture :

« Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre de plus moderne des romans austeniens. »

Persuasion de Jane Austen

Voici le résumé qu’en fait le site Le Petit littéraire:

« Il raconte l’histoire d’Anne Elliot, jeune Anglaise de vingt-sept ans, qui retrouve par hasard Frederick Wenworth dont elle a refusé la demande en mariage quelques années plus tôt. À l’époque, la jeune fille s’était laissée persuadée qu’une telle union ne présentait aucun avantage. Mais aujourd’hui, Anne se rend compte qu’elle éprouve encore des sentiments pour monsieur Wenworth et elle ne sait comment réagir, d’autant plus que des soucis familiaux chamboulent sa vie jusqu’alors bien réglée. »

J’ai lu Jane Austen dans le cadre de mon club de lecture et j’ai adoré ces deux romans, entre les deux, j’ai préféré Persuasion.

Cette merveilleuse citation m’a fait chavirer.

« You pierce my soul. I am half agony, half hope. »

Jane Austen dans Persuasion

Roman d’amour américains

Tendre est la nuit de F. Scott Fitzgerald

Quatrième de couverture

« […] C’est plus particulièrement l’histoire de l’amour de Dick et de Nicole, dont nous faisons connaissance à travers les yeux émerveillés d’une jeune actrice qui ne résiste pas au charme de Dick. Ce couple très uni cache un secret. […] »

Voilà un grand classique de la littérature américaine.

Venez vous promener sur le blogue

Vous aimez lire? Cliquez ici pour d’autres suggestions de Phrenssynnes.

Des romans d’amour français

Madame Bovary de Gustave Flaubert

Résumé de l’éditeur:

“ Charles Bovary, médecin de campagne, s’est remarié ave la jeune Emma Rouault, fille d’un riche fermier élevée dans un couvent de Normandie.

Nourrie de romans à l’eau de rose, celle-ci connaît vite l’ennui auprès de cet époux médiocre et dévoué, comme parmi les bourgeois conventionnels qui composent sa société. Rêvant d’une vie plus exaltante, elle délaisse son rôle maternel et se livre à des amants qui la laisseront tout aussi insatisfaite. […] »

Ce classique de la littérature française fait partie de ma pile à lire.

Madame Bovary (crédit photo de Phrenssynnes)

L’amour, Béatrice de Janine Boissard

Quatrième de couverture

« Madame, je crois aux rencontres. Je crois que dans la vie, la seule source de vraie joie se trouve dans le contact avec d’autres êtres, comme nous tous solitaires… C’est pourquoi me voici.

Ce mot d’un inconnu, trouvé un matin dans sa boîte à lettres, va changer la vie de Béatrice. Peu à peu, elle va livrer son âme à celui qui signe Jean et, pour de mystérieuses raisons, souhaite rester dans l’ombre.

Dès lors, le suspense se mêle à l’intrigue sentimentale, avec la sensibilité aux problèmes d’aujourd’hui qui a fait le très grand succès de L’esprit de famille. »

Ce roman faisant partie de la série L’esprit de famille peut être lu même si vous ne connaissez pas les autres. Par contre, cela vous donnera peut-être le goût de lire la série de cette écrivaine française qui m’a enchantée.

Photo de Lhom

Voici la photo de Lhom pour cette semaine. Près de Charleston, Un chemin de la Magnolia Plantation and Gardens. Un endroit inspirant pour tomber amoureux comme dans un roman d’amour!

 

Magnolia plantation and Gardens (crédit photo Lhom)

Lisez-vous des romans d’amour en février ou peu importe le moment de l’année?

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Merci pour votre fidélité.

Bonne semaine, bonne lecture et je vous souhaite à tous et à toutes une bonne Saint-Valentin.

Phrenssynnes

P.S. Les auteurs et éditeurs mentionnés ci-haut n’ont pas été mis au courant de ce projet avant publication. J’ai acheté moi-même ces livres.

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[Idée lecture 2022] Celle qui brûle de Paula Hawkins

Paula Hawkins

J’ai lu le dernier roman de Paula Hawkins dont le titre est Celle qui brûle, livre que j’ai emprunté à ma bibliothèque municipale.

Résumé

On trouve un jeune homme assassiné dans la péniche où il habite à Londres.

Trois femmes évoluent autour de Daniel, la victime.

Laura, une jeune femme victime d’un grave accident d’auto lors de son enfance, est la dernière amante de Daniel. Elle n’a plus d’inhibition et, à cause de cette séquelle, elle se retrouve dans le trouble souvent. 

Il y a Carla, la tante de Daniel. Le fils de Carla est mort à l’âge de trois ans lors d’une chute. Il était sous la garde de sa tante Angela, la mère de Daniel. Celle-ci, saoule, ronflait dans sa chambre au lieu de surveiller son neveu.  Le fils d’Angela, Daniel, a été témoin du drame.

Et le troisième personnage féminin est Myriam, la voisine de Daniel. Surnommée la Hobbit, elle est grosse, célibataire, petite, laide, poilue et frustrée.

On découvre ces trois femmes au cours de l’intrigue. Au compte-goutte, l’objet de leur malheur nous est révélé tout au long du récit. L’infinité de leur souffrance est incommensurable, comment cela peut-il arriver à un être humain? Paula Hawkins nous présente trois différents cas de femmes brisées par la vie.

 

Ce que j’ai aimé

C’est un livre bien écrit où il n’y a pas d’invraisemblance dans le récit. L’auteure, fidèle à sa réputation, nous livre une intrigue bien ficelée, pour ne pas dire top chrono. Les personnages ainsi que chacune de leur histoire sont crédibles. Bref, c’est un livre d’une grande qualité professionnelle.

Ce que j’ai moins aimé

Cette divulgation des calamités de chacune met un peu en retrait le suspense. À la fin du roman, la révélation du véritable meurtrier de Daniel m’a laissée indifférente car j’étais subjuguée par l’histoire des épreuves de ces dames.

L’objet d’une intrigue est la résolution du meurtre mais l’auteur ne m’a pas attrapé dans son jeu. L’intérêt de ce bouquin est l’histoire tragique de ces femmes plutôt que le « Whodunit. »

Après avoir lu les trois romans de cette écrivaine, à mon goût, La fille du train demeure mon préféré car j’ai été si estomaquée à la fin.

Photo de Lhom

Je termine cet article, comme à toutes les semaines, en vous présentant une photographie.  Elle a été prise à Londres par Lhom, il y a quelques années.

Londres, U.K.

Connaissiez-vous cet auteur?

Je vous remercie d’avoir lu cet article. Si vous l’avez aimé, je vous invite à le partager.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S.: Je n’ai pas avisé, avant publication, les auteurs et éditeurs mentionnés dans cet article.

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Avez-vous déjà lu les livres de Paula Hawkins? Et qu’en pensez-vous?

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Besoin de suggestions pour offrir un cadeau à un docteur? 8 idées miraculeuses

Cette semaine, j’ai décidé de répondre à un lecteur ayant laissé un commentaire dans mon dernier article.

Commentaire que voici :

«As-tu des idées de romans à offrir à mon ophtalmo? Il m’a bien sauvé la vue.»

Ma réponse étant trop longue, j’ai pensé en faire un article. Qui sait? Peut-être que mon opinion pourrait être utile à d’autres personnes?

Cher lecteur,

Je suis contente que votre vue soit bonne!

Penser donner un cadeau à votre médecin car il vous a bien soigné est une belle gentillesse. Je trouve que c’est très noble de votre part. Notez une chose, votre docteur doit se dire qu’il a fait seulement son travail. Il est rémunéré pour cela. Mais cette délicate attention sera, sans aucun doute, le rayon de soleil dans sa journée. Votre présent aura d’autant plus de valeur puisque tous ces docteurs et autres professionnels de la santé en ont bien besoin par les temps qui courent. Ils ont dû endurer tant d’inconvénients depuis le début de la pandémie. Je crois que des marques de reconnaissance les aident à donner un sens à leur quotidien, leur rappellent pourquoi ils font ce travail et les motivent.

Ceci étant dit, quel livre lui offrir? C’est une excellente question. Et c’est aussi délicat, car je ne connais pas l’individu. Et peut-être que vous non plus. Du moins, pas assez intimement pour savoir ce qu’il aime.

Étant donné que j’étais un peu embêtée, je dois vous avouer que j’ai demandé l’aide de mes copines du club de lecture. Ce qui a suscité une discussion.

Offrir un présent ou un livre

Lorsqu’on donne un présent, l’important est d’essayer de faire plaisir. Mais on a souvent tendance à se plaire à soi tandis que notre intention doit être portée sur la personne qui recevra le cadeau.

1-Je pourrais vous dire, offrez-lui une bonne bouteille de vin, car, de toute façon, votre docteur n’a pas le temps de lire sauf des articles scientifiques.

2-Une autre idée, donnez-lui des fleurs. Il sera fier que tous les gens circulant dans son bureau voient votre carte de remerciement et votre bouquet.

3-Une suggestion différente serait une carte-cadeau pour un spa, pour une autre activité ou pour une librairie.  En revanche, si votre médecin est très occupé, un coupon-cadeau risque d’atterrir dans le fond d’un tiroir jusqu’à la retraite dudit spécialiste.

4-Pour un livre, j’ai songé à La maladie de Sachs de Martin Winkler. Je n’ai pas lu cet ouvrage, mais à consulter les critiques, je ne sais pas comment votre ophtalmologiste recevrait ces écrits.

5-J’ai ensuite pensé au célèbre livre de Saint-Exupéry, Le Petit Prince. Je fais cette recommandation à cause de cette belle citation de l’auteur.

« On ne voit bien qu’avec les yeux du cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry

Mais peut-être l’a-t-il déjà lu? Certains diront que c’est un classique qu’on peut relire plusieurs fois…

6-Connaissez-vous l’écrivain Anton Tchekhov?

C’est un médecin russe dont la profession n’était pas assez lucrative. En écrivant et publiant, entre autres des nouvelles dans un journal, il arrivait à rejoindre les deux bouts. Qui l’eût cru?

« Se sentant responsable de sa famille, venue s’installer à Moscou après la faillite du père, Tchekhov cherche à augmenter ses revenus en publiant des nouvelles dans divers journaux et sous divers pseudonymes. »

Citation de Wikipédia

Les Éditions Rue Saint Ambroise ont publié Les meilleures nouvelles d’Anton Tchekhov.

7- Carnets d’un jeune médecin de Mikhaïl Boulgakov.

Ce sont les récits d’un médecin fraîchement gradué en 1917. Il est envoyé en pleine campagne pour diriger et pratiquer dans un petit hôpital de Russie.  Ces écrits sont autobiographiques et teintés d’humour et d’autodérision.

Le livre L’accoucheur en cuissardes

8-Ma dernière suggestion est, je crois, la meilleure. Du moins, c’est celle pour laquelle j’opterais. J’offrirais le livre du docteur Jean Désy, intitulé L’accoucheur en cuissardes. Publié aux Éditions XYZ en 2015, c’est un recueil de nouvelles.

«À travers une quarantaine d’histoires, parfois tragiques, souvent comiques, Jean Désy partage sa passion pour la pratique de la médecine et la pêche en pays nordique. »

Quatrième de couverture

J’ai lu et adoré ce livre. Tout d’abord, je crois qu’un recueil de nouvelles est une bonne idée puisqu’il est possible de lire une histoire à la fois. Tandis que pour lire un roman, on doit bien suivre le fil de l’intrigue, se rappeler ce qui s’est passé dans les derniers chapitres, reconnaître les personnages. Ce qui peut être difficile si on suppose que la personne n’a pas beaucoup de temps pour lire.


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Le fait que l’écrivain est aussi médecin piquera la curiosité de votre docteur.

Jean Désy a une plume extraordinaire. Il réussit à nous faire ressentir l’émotion. Et, plus d’une fois, ces anecdotes nous font sourire et découvrir la beauté et les difficultés du Grand Nord.

Plusieurs passages rappellerons sûrement à votre médecin, certains moments qu’il a vécus dans sa carrière ou ses études. D’ailleurs, le docteur Désy dédie son livre à tous les étudiants en médecine.

Voilà quelles seraient mes idées mais dites vous une chose, cher lecteur, peu importe ce que vous offrirez à votre ophtalmologiste, je suis certaine que ce geste le touchera!

Pensez à dédicacer le bouquin, car cela apportera une touche personnelle. Par contre, le livre ne pourra pas être échangé à la librairie. Il paraît que c’est pour cela que Mary Higgins Clark adorait signé les copies de ses œuvres!

Photo de Lhom

Comme à toutes les semaines, Lhom nous présente une photo. Voici le château d’Estoublon à Fontevieille en France.



Bonne semaine.
Phrenssynnes
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[Idée lecture] Quels romans lire pour se mettre dans l’ambiance de vacances en Slovénie ou au Costa Rica

Voici d’autres idées de lecture pour faire suite à un article qui a suscité plusieurs commentaires. Je vous offre une rubrique aujourd’hui, à la demande de Monique. Elle pense partir en Slovénie et au Costa Rica. J’ai décidé de relever le défi, car ces idées pourraient intéresser plusieurs personnes.

Lecture et Slovénie

La destination de Monique en Slovénie est le lac Bled, un endroit magnifique.

Brina Svit est une auteure slovène publiant en français. Elle a écrit Nouvelle définition de l’amour en 2017 chez Gallimard. Son livre Un cœur de trop a gagné le prix de l’Académie française Maurice-Genevois. Un visage slovène est un autre de ses romans à lire en vacances.

Veronika décide de mourir de Paulo Coelho est un best-seller dont l’action se déroule à Ljubljana.

L’été slovène de Clément Bénech.

Quand Ulysse revient à Trieste de Boris Pahor.

L’amie Slovène de Françoise Houdart est une belle histoire sur l’amitié et la Slovénie.

 

Je dois vous avouer que je n’ai pas lu ces livres. Par contre, j’ai réservé celui de Paulo Coelho à ma bibliothèque. Je ferai une mise à jour de cet article lorsque j’aurai terminé cette lecture.

Lecture et Costa Rica

Le Costa Rica est un endroit avec des paysages idylliques et une forêt tropicale humide.

C’est le lieu de l’intrigue du célèbre roman de Michael Crichton : Jurassic Park et sa suite Le monde perdu. Histoires que vous connaissez probablement par les films adaptés du roman. Steven Spielberg a réalisé le premier film en 1993. J’ai lu ce roman il y a des années et j’avais adoré. J’avais réussi à convaincre mon mari, qui n’est pas un grand lecteur, de le lire.

Daniel Quiros a gagné le prix de littérature Aquileo J. Echeverria pour son livre Été rouge. C’est un prix national octroyé par le ministère de la Culture et de la Jeunesse du Costa Rica. L’auteur de 42 ans enseigne la littérature à l’université Lafayette en Pennsylvanie, aux États-Unis.

The devil’s deep de Michael Wallace est qualifié comme un thriller palpitant dont une partie de l’action se passe au Costa Rica.

Je ne prévois pas aller bientôt au Costa Rica ou en Slovénie mais si j’y allais, ce sont les livres que j’aurais envie de lire.

Photo de Lhom

Comme à toutes les semaines, voici la photo que mon mari vous offre cette semaine. Voici Grenoble, un endroit que nous aimerions visiter à nouveau.

Grenoble, France

Je vous souhaite bonne lecture et bon voyage à Monique.

Phrenssynnes

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Pourquoi le mois de novembre est fabuleux pour les écrivains?

Connaissez-vous le NaNoWriMo?

Depuis 1999, novembre est le mois national d’écriture de roman. Le défi, pour ceux qui participent, est de composer une nouvelle fiction de 50 000 mots en trente jours. Rien de moins! Autrement dit, il faut coucher sur le papier 1667 mots chaque journée. Bref, rédiger une œuvre d’environ 175 à 200 pages.


(suite…)

[Idées lecture] 5 romans pour vous mettre dans la fabuleuse ambiance new-yorkaise

New York et littérature

Wow! Allez-vous à New York?

Je vous avoue une de mes habitudes. Peut-être avez-vous la même lubie que moi? Avant de partir en voyage, je lis toujours un bouquin ayant lieu dans l’endroit de ma destination. Évidemment, je consulte des guides touristiques, mais je lis aussi des romans.


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Partageons ensemble un de ces moments émouvants vécus pendant la pandémie

Pendant la pandémie, nous avons tous eu à passer à travers des moments émotifs. Parfois, cela nous a mis au défi et d’autres fois, nous avons été bouleversés. Je désire partager avec vous une histoire que j’ai vécue dans cette période.

Voilà ce bref moment de pandémie

Mon mari et moi attendons, à l’aéroport, notre fille que nous n’avons pas vue depuis plusieurs mois. Quelques instants plus tôt, nous avons cru nous être trompés sur l’heure du vol, car l’endroit est désertique. Cela reflète la nouvelle normalité à laquelle nous devons nous habituer en temps de pandémie. Soudain, on entend un brouhaha et plusieurs personnes apparaissent. L’avion vient d’atterrir.

New York (crédit photo Kit4)

Les passagers débarquent, arrêtent pour prendre leur bagage. Une petite fille sort du groupe pour sauter dans les bras d’une charmante dame aux cheveux grisonnants. Puis, la maman de cette enfant s’approche.

Celle-ci se penche pour faire un câlin à celle qui doit être sa mère. Les deux silhouettes féminines s’enlacent. Puis, je vois le physique de la plus jeune se raidir. Elle s’agrippe au corps maternel. Celle-ci continue de la soutenir. Puis, la fille veut camoufler la rougeur de son visage. Le faciès tordu par l’émotion, elle s’enfonce encore plus dans le cou de sa mère. Elle se cramponne du mieux qu’elle peut.

Un embâcle vient de se rompre. Un barrage gonflé d’angoisse depuis plusieurs mois.

Je ne peux pas visualiser si sa poitrine est serrée, mais je la ressens. Car la mienne est contractée. Et ce spasme remonte jusqu’à ma gorge.

Elles sont à quelques mètres de moi, la maman soutient encore sa fille. Elle s’accroche éperdument. Et j’imagine le kaléidoscope de tous les moments douloureux que cette inconnue a vécus dans la dernière année et demie.

 Je les éprouve car, moi aussi, j’en ai eu pendant cet interminable confinement.

Cette éternelle accolade continue, l’émotion perdure et paralyse la plus jeune.

Ça y est, j’ai la gorge si serrée, et me voilà à clignoter. Vais-je réussir à retenir ce flot lacrymal qui m’assaille les yeux?

Je m’éloigne, je me sens si ridicule de pleurer, juste en observant deux étrangères dans un aéroport. Quoi de plus banal ? Voir deux personnes s’étreindre dans un endroit public, me dis-je. Mais je dois m’efforcer de respirer à travers ma gorge crispée. Ma propre galerie d’images, de souvenirs et de moments difficiles de cet épouvantable confinement remonte et m’attaque encore de façon inattendue.

Puis je regarde mon mari. Lui aussi a les yeux remplis de larmes. Je ne suis pas la seule, et cela me fait sourire.

Je me retourne et observe à nouveau la famille réunie. L’enfant danse, virevolte autour de sa mère et sa grand-mère et chante : « Mamie, Mamie, ça fait deux ans qu’on s’est vue! »

La filée de voyageurs continue de se déverser et, enfin, voilà notre fille.

Il n’y a pas uniquement les virus qui sont contagieux.


Si je vous raconte cette histoire, c’est que la pandémie a été difficile pour plusieurs d’entre nous. Et certains ont eu des périodes encore plus sombres que d’autres. Nous, qui avons survécu, devons nous concentrer sur ce que cette folie a amené de positif dans nos vies. Quitte à chercher et à se casser la tête pour trouver, focussons sur ce qui est ressorti de bien. Faisons cela par respect pour ceux qui ne sont plus là.


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Photo de Lhom

Voici la photo que Lhom nous présente cette semaine.

Equinox Pound, Vermont (Crédit photo Lhom)

Et vous? Quels sont vos moments les plus émotifs de la pandémie?

Bonne semaine et comme toujours, j’attends vos commentaires avec plaisir!

Phrenssynnes

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Un livre remarquable publié en 2011 criant de vérité en 2021

Je ne suis pas une compagnie ! L’intrusion des valeurs corporatives dans notre intimité de Michel Perreault.

Un ami m’a offert ce livre en me disant qu’il avait aimé. Il y trouvait quelques grandes sagesses. Le moins que je puisse dire, c’est que ce bouquin publié en 2011 chez Stanké est criant de vérité en 2021. Je viens de le terminer et hop! voilà que l’actualité nous saute au visage pour confirmer certains propos de cet auteur. Je fais ici référence à France Haugen et Facebook.

Wow! Quelle coïncidence!

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Un homme meilleur de Louise Penny

J’ai lu, cette semaine, le roman de Louise Penny, Un homme meilleur.

Quatrième de couverture

« Alors qu’une crue printanière place toute la province sous la menace de terribles inondations, n’épargnant ni Three Pines ni la rivière Bella Bella, Armand Gamache affronte une tempête médiatique. De retour d’une suspension de neuf mois à la suite de décisions “désastreuses”, il est rétrogradé à la section des homicides de la Sûreté du Québec, sous la direction de son gendre et ancien lieutenant, Jean-Guy Beauvoir. Au cœur de ce tumulte, un père fou d’inquiétude sollicite l’inspecteur-chef pour retrouver Vivienne Godin, sa fille disparue. Gamache ne peut que s’associer à la douleur d’Homer Godin et se répéter cette question : comment réagirait-il s’il devait craindre de n’avoir pas su protéger sa propre enfant d’un conjoint violent? »


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Top lecture: l’incroyable roman Signe de vie de J.R. Dos Santos

J’ai lu pour vous le livre Signe de vie de J. R. dos Santos.

 

 

Quatrième de couverture de Signe de vie

 

 

« Voilà quarante ans que les antennes de l’institut SETI, en Californie, écoutent en silence l’espace infini. Quand soudain, un signal leur parvient, depuis les étoiles, par fréquence radio. Erreur de calcul ? Simple satellite ? La NASA, l’Agence spatiale européenne, la CNSA chinoise, le pape lui-même sont obligés d’en convenir : nous ne sommes pas seuls.

 

 

Que dit ce message d’origine extraterrestre ? Pour le savoir, personne n’est mieux indiqué que le cryptanalyse Tomás Noronha. Les grandes ambitions de la mission internationale conduiront Tomás bien au-delà du simple déchiffrage, à bord d’une navette, à la rencontre de l’inconnu… »

 

 

 

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Un essai captivant à lire cet été : Histoire populaire de l’amour au Québec, De la Nouvelle-France à la Révolution tranquille

Tome 1 — avant 1760 de Jean-Sébastien Marsan

Je vous présente une bonne suggestion de lecture pour l’été 2021. C’est un livre différent de mon registre habituel. Madame A de mon club de lecture m’a proposé le premier tome de l’Histoire populaire de l’amour au Québec. L’amour au temps de la Nouvelle-France. Wow! Quel sujet!


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Un magnifique roman sur la résilience: La Chorale des dames de Chilbury

Madame A de mon club de lecture m’a prêté ce livre avec une recommandation très positive. La Chorale des dames de Chilbury est un roman bouleversant de l’auteure Jennifer Ryan.

Quatrième de couverture

1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide; Venetia, la “tombeuse” du village; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes… Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde avec talent les âmes de ce chœur attachant et inoubliable. 


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À la recherche d’un excellent roman policier à lire pour l’été 2021: Entre deux os, de Kathy Reichs

Une amie de mon club de lecture m’a prêté cet ouvrage. J’avais déjà commencé un livre de Kathy Reichs, il y a longtemps. Je ne me rappelle pas lequel, mais j’ai été incapable de le terminer, car je le trouvais farci de détails scientifiques tout à fait ennuyeux. J’ai décidé de donner une deuxième chance à Kathy Reichs avec Entre deux os.

Quatrième de couverture

« Un drogué enterré, une clocharde noyée, un ancien policier pendu : il fallait bien tout le talent de Temperance Brennan pour distinguer, derrière la diversité des techniques utilisées, la main d’un homme. À défaut d’un statut social, d’un profil physique ou d’une scène de crime comparables, tous ont un point commun : ils ne manqueront à personne. Et tous portent, sur une vertèbre bien précise, la signature insolite de leur assassin…

Sous le soleil de Charleston, fleuron de la vieille Caroline du Sud, les vacances de Tempe tournent vite au délire. Quand l’anthropologue judiciaire n’est pas mandatée d’urgence auprès d’un squelette, elle doit jouer les négociatrices entre Peter, son ex-mari, et Ryan, son amant québécois. Les caprices du cœur, pourtant, ne sont rien : dans cette affaire, ce sont bien d’autres organes qui entrent en jeu… »

Ce que j’ai moins aimé

En fait, j’ai bien aimé cette histoire. Dans ce livre, l’accumulation de faits ou de détails scientifiques ne m’a pas submergée comme la dernière fois.

(suite…)

Le reste du temps d’Esther Croft: un joyau de la littérature québécoise

Le reste du temps d’Esther Croft

Pour relever le défi « Mai en nouvelles » de madame Couette de  Hop sous la couette, j’ai lu Le reste du temps, le recueil de nouvelles littéraires de ma nouvelliste préférée, Esther Croft.

Une dizaine de courtes histoires où le fil conducteur est le décès. Ou plutôt l’écho de la disparition d’une personne. Et ses conséquences sur le parcours d’une autre existence.

Quatrième de couverture du livre Le reste du temps

« À quel âge cessons-vous d’être immortel? Par quelle fissure la pensée de la mort vient-elle ébranler notre inconscience? Quelles transformations, passagères ou profondes, cette révélation provoque-t-elle dans notre existence?

La prise de conscience toute personnelle de la mortalité peut surgir en un éclair, ne laissant derrière elle que quelques vagues, suffisantes cependant pour brouiller la clarté de l’eau.

Elle peut aussi se creuser dans l’angoisse d’une attente interminable; ou s’apprivoiser lentement, dans la grâce d’un sursis inespéré.  Les changements qu’elle entraîne peuvent emprunter des formes spectaculaires, imprévisibles, apparemment inexplicables; mais ils peuvent également s’accomplir de de petits mouvements secrets, à peine perceptibles, mais combien significatifs.

Ce sont ces ondes de choc, ces sursauts de vie, ces pulsions soudaines de réaliser de vieux rêves, cet appétit de saisir toutes les occasions de dernière chance que tente d’explorer chacune des dix nouvelles qui composent ce recueil. »

Littérature québécoise

Esther Croft a le don d’insuffler les mots pour venir nous émouvoir. Tel un équilibriste sur une corde raide, elle maîtrise les virgules, les points, place les lettres, juste au bon endroit.  En toute sérénité, ses mots marchent en gardant l’équilibre. Le texte avance dans le livre avec une stabilité dans sa prose offrant un ton parfait et juste du début à la fin.  Elle nous fait ressentir les profonds émois de ses personnages et elle nous ramène à notre humanité. Par le rythme, la pureté de la phrase ou le choix du vocabulaire, elle joue avec nos sensibilités et réussit. Son écriture nous serre la gorge, nous fait monter les larmes aux yeux, nous broie l’intestin. On a envie d’étreindre ses personnages, de les consoler, de les sortir de leurs drames.

Ce n’est pas la mort, mais la relation entre chacun de ces individus qui revêt une importance, un lien que nous vivons aussi par l’entremise de ses mots.

Le reste du temps nous fait réaliser comment fragile et incertaine est cette vie qui nous anime.

Les personnages d’Esther Croft me font souvent penser à cette citation de Boris Cyrulnik.

Citation

La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée.

Boris Cyrulnik

Citation du livre Le reste du temps

 

« Atterré par la brutalité de cette mort qu’il a souvent souhaitée mais jamais désirée, il osera à peine s’approcher de ce grand corps inerte, parfaitement intact, figé à jamais dans la beauté et la force de son âge.  Comme si la mort elle-même n’avait pas su porter atteinte à son intégrité. Comme toujours, Michel se sentira petit et insuffisant à côté de ce frère encore trop grand pour lui. »

Esther Croft

Le reste du temps, un beau recueil à lire qui nous fait aussi découvrir la ville de Québec.

Envie d’en lire plus sur la culture? Suivez ce lien.

Pour terminer, comme à toutes les semaines, je vous présente la photo de Lhom.

Et vous? Lisez-vous des nouvelles? Connaissez-vous Esther Croft?

Bonne semaine.

Phrenssynnes

P.S. J’ai acheté moi-même le livre. Esther Croft et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet.

 

 

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Quel plaisir, j’ai été nommé pour le Golden Bloggerz Award. Un gros merci!

Qu’est-ce que le Golden Bloggerz Award ?

C’est un prix, créé par Chris Kosto, pour motiver et récompenser tous ces blogueurs intéressants qui travaillent quotidiennement pour servir leur public et qui méritent plus de reconnaissance. Leur priorité est de faire leur possible pour aider leurs lecteurs à résoudre leurs problèmes et à atteindre leurs objectifs!

Oups! J’espère ne pas vous ennuyer, car j’ai écrit récemment un article sur plusieurs blogues. J’ai quand même accepté de « jouer le jeu » pour aider et faire la promotion de tous ces créateurs.


(suite…)

5 suggestions de lecture pour vous distraire ce printemps

Je veux partager avec vous des suggestions de lecture.

J’ai commencé ce blogue il y a un peu plus de deux ans et en même temps, j’ai lancé un club de lecture avec des amies.  Je rêvais depuis longtemps d’écrire en ligne et je trouvais que les deux activités se mariaient bien.  Cela me permettait de partager ainsi mes résumés de livres sur un site web après ma rencontre littéraire.

J’étais loin de penser, au début, que cela m’amènerait à publier si assidument.  C’est sûrement parce que j’aime ça! Après tous ces mois, je suis fidèle au poste. Tous les samedis matin, mon article a déjà atterri dans votre boîte courriel prêt à être consulté pendant que vous savourez votre café.


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L’appel du néant de Maxime Chattam

L’appel du néant, un roman de Maxime Chattam.

Aujourd’hui, je vous parle d’un auteur français connu, mais pas de moi.  Maxim Chattam, Maxime Drouot de son vrai nom, écrit des romans policiers après avoir fait des études en criminologie.

Il y a longtemps que je voulais lire les oeuvres de cet écrivain.  Je me suis décidée au hasard à la librairie et j’ai acheté L’appel du néant. 

 Quatrième de couverture

« Traque infernale.

Médecine légale.

Services secrets.

… Menace et terreur.

La victoire du Mal est-elle inéluctable ?

Ludivine Vancker et ses collègues de la section de recherche de la gendarmerie de Paris enquêtent sur un tueur insaisissable dont les traces ne permettent pas l’identification.  L’affaire se complique encore plus lorsque la DGSI s’invite dans l’enquête… Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours. »


L'appel du néant de Maxime Chattam (crédit photo Phrenssynnes) L’appel du néant de Maxime Chattam (crédit photo Phrenssynnes)

L’anti-chroniqueuse littéraire

Vous savez, je suis anti-chroniqueuse littéraire.  Pourquoi ce titre?  Les critiques vont donner leur opinion sur des livres et celle-ci sera soit positive, soit négative.  Par contre, si je vous fais un article sur un livre, c’est parce que je l’ai aimé.  Si je l’ai détesté, je ne vous en parlerai pas du tout. Point final.

Une œuvre a des points forts et parfois des choses qui nous agacent.  Voilà l’objet du paragraphe « Ce que j’ai moins aimé ». Même si dans ma critique j’ai une telle section, je vous recommande quand même de lire ce bouquin.

Ce que j’ai moins aimé

Lors de ma lecture, j’ai éprouvé un peu de difficulté à entrer dans le roman.  Au début de l’histoire, l’angoisse nous arrache le coeur, car la policière, Ludivine, est prisonnière d’un tueur en série.  Quoi de plus effrayant!  D’un autre côté, c’est la preuve que l’auteur a réussi son travail, il arrive à nous faire ressentir des émotions.  J’ai persévéré et j’ai beaucoup aimé.

Couverture de L'appel du néant (crédit photo Phrenssynnes) Couverture de L’appel du néant (crédit photo Phrenssynnes)

L’autre chose qui m’a un peu agacée, c’est une sorte de césure vers le milieu du roman.  En fait, cela pourrait être une fin pour l’œuvre.  Mais non, l’histoire continue et prend un grand tournant.  Le livre débute avec un récit de tueur en série, mais évolue vers une traque de terroriste.  C’est peut-être ça le métier de policier, mais on sent presque un changement de genre. Toutefois à la fin, l’écrivain parvient à enrober le tout.

L'appel du néant sur bibliothèque (crédit photo Phrenssynnes) L’appel du néant sur bibliothèque (crédit photo Phrenssynnes)

Ce que j’ai aimé

J’ai aimé l’écriture.  Les premières pages où il décrit Ludivine, le personnage principal, sont parfaites.

 Une plastique de blonde cliché, taille moyenne, cheveux mi-longs dont les torsades inflexibles trahissaient la nature rebelle, beaux yeux clairs d’un bleu de pierre précieuse, pommettes hautes, juste assez saillantes pour lui allonger le visage et lui creuser les joues, lui conférant cet air un peu racé, presque slave.  Lèvres pleines, d’un rose pamplemousse à croquer, comme pour détourner le regard de ces courbes lentement dessinées au prix d’innombrables heures de sport régulier.

Les personnages sont bien campés.  D’ailleurs, je me suis aperçue après avoir terminé la lecture que cette histoire était la troisième d’une série.  C’est le signe que les héros ont passé le test!

L’auteur a bien fait ses devoirs.  Il semble très informé sur les dernières technologies des experts en criminalité français.  Il connaît le système, donc présence de beaucoup d’acronymes comme je l’ai mentionné dans mon article sur Quantum de Patricia Cornwell.

L’écrivain s’est aussi renseigné sur le terrorisme et se sert de l’histoire pour nous instruire et nous faire voir le point de vue de l’autre.

Une intrigue amoureuse se tisse entre Ludivine et Marc Tellec, un agent des services secrets français.

J’ai beaucoup aimé la fin et ce que ce Marc dit à Ludivine au sujet de L’appel du néant.

Et vous? Avez-vous déjà lu cet auteur?

Pour terminer, voici la photo de Lhom. La rivière Bow à Banff, Canada.

Ouest canadien (crédit photo Lhom) Ouest canadien (crédit photo Lhom)

Je vous souhaite une bonne lecture et une belle semaine.

Phrenssynnes

P.-S. Maxime Chattam et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet.

 

 

 Cliquez ici pour lire d’autres articles sur Phrenssynnes se cultive.

book club illustration1  (credit DIVI)

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Quantum de Patricia Cornwell

Quantum de Patricia Cornwell

Lorsque j’ai vu ce livre de Patricia Cornwell à la librairie, j’ai été attirée par son côté science-fiction.  Tout ce qui concerne le quantique me fascine.  Je l’ai mis sur ma liste de cadeaux de Noël et le Père Noël a réalisé mon vœu!

 Quatrième de couverture :

« À la veille d’une mission spatiale top-secret, la capitaine Calli Chase détecte une alarme dans le tunnel d’un des centres de recherche de la NASA.  Spécialiste en mécanique quantique et enquêtrice en cybercriminalité, Calli sait que l’approche imminente d’une tempête avec le shutdown décidé par le gouvernement créent des conditions idéales pour un sabotage.


(suite…)