« Le Consentement » de Vanessa Springora


Tel que mentionné dans un dernier article (Délicieux plaisir, hautement coupable.), j’ai promis à ma sœur de lire ce livre qu’elle m’a prêté: Le Consentement de Vanessa Springora. Avec un « C » majuscule!  Et bien je l’ai fini. C’est un ouvrage qui se lit bien, rapidement… si vous êtes capable de digérer le tout aussi vite que vous lisez. Le sujet n’est pas facile et dans un registre très différent de celui de Sophie Kinsella! Évidemment.  C’est un livre important! Une oeuvre que tout le monde devrait lire. Devrait-on le mettre au rang des lectures obligatoires à l’école? Je pense que oui. Surtout avec tout ce qui se passe avec les jeunes sur les réseaux sociaux, ils auraient beaucoup à apprendre de cette lecture. Cela les amènerait à réfléchir et à discuter.

Quatrième de couverture: 

« Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme.  Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.

C’est vraiment une thérapie pour l’auteure et cela a dû lui demander beaucoup de courage et d’énergie. 

« Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance.  Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence: prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre. »

Plusieurs diront, « Bah! elle a fait sa psychothérapie sur papier, pourquoi devrait-on lire sa merde personnelle? »  On doit, justement la lire car elle nous instruit.  Notre société doit apprendre de l’expérience de Vanessa Springora.  Elle nous explique qu’au début de sa relation avec cet homme, elle était consentante, du moins le croyait-elle.  Au fil de la lecture, on voit comment ce « consentement » a été habillement et si subtilement manipulé qu’elle y était enfermée, coincée.  Lui avait des décennies d’expérience et de pratique pour peaufiner sa technique.  Elle, fraîche, naïve et fragile comme le sont toutes les victimes de ces prédateurs, est tombée dans le piège sans aucune protection. 

Le consentement de Vanessa Springora
Le consentement de Vanessa Springora

 Le plus regrettable a été la réaction de ses parents ou plutôt l’inaction de ses parents et de ses proches.  L’amour libre était dans l’air du temps, ce manipulateur pervers en a profité non seulement sans être puni mais il en a récolté les bénéfices financiers. 

« En 1974, soit douze ans avant notre rencontre, G. publie un essai intitulé « Les moins de seize ans », sorte de manifeste en faveur de la libération sexuelle des mineurs qui fait scandale, en même temps qu’il lui apporte la célébrité.  Avec ce pamphlet hautement corrosif, G. ajoute à son oeuvre une dimension sulfureuse qui accroît l’intérêt porté à son travail.  Considéré par ses amis comme un suicide social, c’est au contraire ce texte qui lancera sa carrière littéraire en le faisant connaître du grand public. » 

Le livre de Vanessa Springora
Le livre de Vanessa Springora

 La seule à avoir « pris sa défense » est Denise Bombardier.

« Soudain, une des convives, une seule, s’en prend à cette belle harmonie et, sans ménagement, se lance dans une véritable exécution en règle.  Son nom est Denise Bombardier, c’est une auteure canadienne.  Elle se dit scandalisée de la présence sur une chaîne de la télévision française d’un personnage aussi détestable, d’un pervers connu pour défendre et pratiquer la pédophilie. […] Et comment s’en sortent plus tard toutes ces filles qu’il décrit dans ses livres?  Quelqu’un a-t-il pensé à elles? »

 Plus loin, on découvre tous les dommages et répercussions qu’a eu cette relation dans la vie de Vanessa Springora.Je louange l’auteure pour sa bravoure, la félicite pour cet ouvrage et souhaite que son bouquin soit encore plus lu que tous ceux de son agresseur! Je vous encourage fortement à acheter Le Consentement de Vanessa Springora, le lire, le partager et le faire circuler le plus possible afin que la planète entière connaisse l’étendue des ravages de ce genre de relation.  Et que cela cesse. Pour terminer, la photo de la semaine. Et sans filtre!

Coucher de soleil au lac Simon
Coucher de soleil au lac Simon

 

Phrenssynnes.

P.S. Vanessa Springora et ses éditeurs n’ont pas été mis au courant de ce projet. 

5 réflexions sur “« Le Consentement » de Vanessa Springora

  1. Nico06 4 août 2020 / 10:18

    Merci pour cette découverte. Même si le sujet évoqué remue particulièrement les tripes et retourne le cœur. Malheureusement, ce genre de « prédateurs » existent bel et bien et pas qu’à la télévision. Ce genre de témoignage peut permettre à la longue de prévenir pour éviter tant que possible les dégâts de toutes ces vies brisées…

    Aimé par 1 personne

    • Phrenssynnes 4 août 2020 / 10:20

      C’est aussi ce que je pense même si c’est un sujet difficile. Merci de votre commentaire Nico06

      J'aime

  2. abagendo 3 août 2020 / 6:40

    oui, un livre à lire à l’école, vous avez raison. Et ne plus jamais accepter des phrases telles que : »C’est dans leur culture », ou: « interdit d’interdire », ou » dans le fond, elle en avait envie »….à quatorze ans on est très vulnérable, et je dirais même qu’à 20 ans aussi…..

    Aimé par 1 personne

  3. Phrenssynnes 2 août 2020 / 3:59

    Mon amie cabaretemango m’a écrit ce commentaire:
    « Ce matin, j’ai repensé à ton texte et je me suis dit qu’il y avait probablement des lecteurs qui ne savaient pas que son prédateur sexuel était l’écrivain Gabriel Matzneff, 36 ans plus âgé qu’elle, mineure. Et en plus, il décrivait dans ses livres, maintenant retirés, la prostitution juvénile.
    Peut-être avais-tu décidé délibérément de ne pas l’indiquer« 
    Ma réponse: J’ai cité la quatrième de couverture où il est mentionné que son prédateur avait cinquante ans alors qu’elle en avait treize ou quatorze. Il n’est pas mentionné que c’est l’écrivain Gabriel Matzneff. Et je dois avouer que je n’étais pas au courant que les livres de Matzneff ont été retirés. C’est une bonne chose!
    Merci cabaretemango!

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