À Lhom


« La famille est à la fois notre refuge et notre plus grande blessure. »

— Carl Jung


Prologue

La musique cessa pendant que Magalie, penchée au-dessus de la cuvette de la salle de bain, vomissait son petit-déjeuner. Tremblante, elle redescendit au rez-de-chaussée, dans le bureau. Elle s’assit de nouveau dans le fauteuil fleuri et relut la lettre.

Qu’allait-elle faire ? Elle se leva pour téléphoner, il fallait qu’elle raconte cela à Gina. Elle décrocha le combiné, mais le redéposa aussitôt.

Comment allait-elle réagir demain face à lui ? Rien que d’y songer, la peur lui nouait l’estomac. Elle reprit la lettre sur le bureau et s’interrogea en la regardant. Après relecture, Magalie avait la certitude d’avoir la preuve du meurtre entre les mains.

Les émotions de la jeune femme tourbillonnaient comme le maelström de flocons qui faisait rage dehors. Elle devait montrer cette lettre à l’inspecteur Duclerc au plus vite. C’était lui qu’elle devait appeler en premier. Elle cherchait encore où elle avait noté son numéro de téléphone quand un bruit la fit sursauter.

On frappait à la fenêtre.

Elle se retourna. Son cœur s’emballa lorsqu’elle vit la silhouette se diriger vers la porte d’entrée, qu’elle n’avait pas verrouillée.


 

Quel est ce texte ?

Eh ! Vous venez de lire le prologue de mon fameux roman, celui pour lequel je travaille depuis les années 90 !

Alors voilà. J’ai décidé de le publier sur le blogue. Le titre est La dernière lettre de ma sœur. C’est un thriller ayant lieu au milieu des années 90. Synopsis en une phrase : Magalie, une jeune comptable, prend son envol dans sa nouvelle vie, mais l’enquête policière sur le meurtre de sa sœur bouleverse bien des choses.

La genèse

La plupart d’entre vous savent que j’ai été optométriste. Lors d’une carrière de 40 ans, il y a des hauts et des bas. Les optométristes au Québec ont vécu des moments difficiles dans les années 90. Un de mes anciens professeurs d’université avait publié, à l’époque, un article dans une revue optométrique. Il y expliquait l’importance d’avoir un passe-temps. Il nous avait raconté que sa passion pour les trains électriques l’avait aidé à garder un équilibre dans sa carrière.

J’ai toujours aimé la lecture et je rêvais de publier un roman comme ceux de mes auteur.e.s préféré.e.s. Alors, je me suis lancée. J’ai fait un plan et j’ai tout écrit à la main sur des feuilles de cahier anneaux lignées. Ensuite, il me fallait le taper à l’ordinateur. Un IBM dans une chambre de mon sous-sol. Bien loin de mon rêve d’écrire dans une maison en Nouvelle-Angleterre face à la mer ! En plus, j’étais très lente pour dactylographier. Mon amie Françoise m’a gentiment offert de le taper. J’ai tout de suite accepté sa proposition et je lui suis éternellement reconnaissante.

Le premier jet

Une fois, le premier jet terminé, je n’aimais pas mon manuscrit. Ce n’était pas comme les livres que je lisais, mais j’étais incapable de dire pourquoi. Alors, je suis allée suivre plusieurs formations, des cours de création littéraire à l’université, des ateliers d’écriture avec Esther Croft, des camps littéraires pendant que mon histoire dormait au fond du tiroir.

À la retraite, j’ai démarré ce blogue qui m’a permis de prendre encore de l’expérience en écriture. Puis, un jour, je me suis décidée à extirper mon histoire de la poussière.

J’ai consulté mon amie pathologiste sur certains détails, plusieurs amis.e.s ont lu une des innombrables versions. J’ai engagé une éditrice, Jennifer Tremblay, que je remercie chaleureusement. Même Lhom, qui n’aime pas lire de la fiction, s’est mis à la tâche et m’a donné des commentaires pertinents.

Aujourd’hui, je suis prête à vous la présenter. Un peu comme un roman-feuilleton, un thriller raconté un chapitre à la fois.

Vous trouverez à la fin du texte un lien pour la table des matières qui reliera chaque chapitre.

Abonnez-vous pour le recevoir chaque samedi matin dans votre boîte courriel.

J’attends vos commentaires avec plaisir.

À la semaine prochaine!

Phrenssynnes

******************************

Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard