Dans le chapitre précédent:

L’inspecteur Duclerc s’est invité chez Magalie un samedi après-midi. En prenant le thé, il l’interroge en profondeur lorsque Stéphanie arrive. Les deux adultes découvrent que la petite a des choses à révéler sur la journée du meurtre.

 

Chapitre 17

Duclerc décida d’aller reconduire Stéphanie chez elle et d’organiser une rencontre avec Denis Danserot dans la soirée.

Magalie, de son côté, s’écrasa sur un fauteuil du salon et poussa un grand soupir. Puis, elle ramassa les tasses, l’assiette de biscuits et se dirigea vers la cuisine. Voulant téléphoner à Pierre, elle alla dans le bureau pour utiliser l’appareil de cette pièce, dans l’espoir de s’habituer. Elle laissa sonner longtemps, mais il ne répondit pas. Certaine qu’il aurait attendu son appel, elle fut déçue. « Il doit être très occupé à son congrès, » se dit-elle. Elle raccrocha puis composa le numéro de Gina.

— Gina, je crois que je vais exploser. Je dois absolument te raconter ce qui vient de se passer. Est-ce que tu peux venir tout de suite ?

— Je sors avec Martin, ce soir, annonça Gina.

— Moi aussi, j’ai quelque chose, mais tu iras rejoindre Martin après.

— D’accord, j’arrive, mais je me maquille chez toi.

Quelques instants plus tard, Gina taquina Magalie pendant qu’elle enlevait son manteau.

« On se bourre de chips !

— J’ai besoin de compensation psychologique, ma fille, répliqua Magalie en tendant, à Gina, un verre de bière. On monte dans la salle de bain, ça va mieux pour se pomponner avec l’éclairage. Ouais ! quel chic, ajouta-t-elle en observant la mini robe noire ajustée que portait Gina.

 — Faut pas que je mange ces trucs-là, enchaîna Gina, en pigeant dans le plat de croustilles, je soupe avec Martin.

— Et il ne faudrait pas te gonfler le ventre avec ta robe sexy.

— Bon, qu’est-ce qui se passe ? Raconte-moi ça.

— Trouves-tu que ça sent le parfum de Sylvie ? en arrivant sur le palier.

— Je ne sais même pas quel était son parfum.

— Paloma Picasso. Là, on dirait qu’il y a une petite bouffée.

— Non, je ne sens rien. »

Magalie résuma les événements de l’après-midi en se dirigeant vers la salle de bain. Son amie, un bâton de mascara d’une main et une chips de l’autre, écoutait ses péripéties.

« Le père de Stéphanie ? Mon ancien prof ? Celui que tu voulais que je séduise ?

— Oui et bien là, il est trop tard. De toute façon, il te tapait tellement sur les nerfs l’autre fois au restaurant.

— Tu me dis que Duclerc veut l’interroger ce soir.

— Oui, il a dit le plus tôt possible. Mais il a insisté pour que Stéphanie ne soit pas présente.

— J’imagine. » Gina se dépêcha à appliquer la couche de mascara sur son deuxième œil et surprit Magalie en disant : « Écoute. Je dois me sauver. Je suis très en retard.

— Tu m’as dit que ton rendez-vous était dans une heure.

— Ouais, bien, il faut que j’arrête chez ma mère.

— O.K. En tout cas, c’est une histoire de fou et j’aurais voulu parler à Pierre, il est à Boston.

— Appelle-le.

— Je l’ai fait, il ne répond pas.

— Ah ! les gars, se plaignit Gina, ils ne sont jamais là quand on a besoin d’eux.

— Je vais le rejoindre plus tard. Ah ! si tu savais, il n’est pas comme Olivier, lui !

— J’espère que tu n’es pas en train de t’amouracher d’un homme marié.

— Hé ! C’est toi qui m’encourageais, l’autre fois, quand on l’a rencontré ensemble.

— Je t’ai conseillé d’en profiter, pas de tomber amoureuse ! Je ne veux pas qu’il te fasse souffrir. Garde tes distances, ma belle.

— C’est drôle, il m’a recommandé la même chose avec toi !

— Pourquoi ? protesta Gina, en mettant son manteau.

— Parce que tu as couché avec mon ancien chum.

— Hum ! je sens quelques petites flammèches à l’horizon entre moi et monsieur le docteur ! J’espère que tu ne le marieras pas.

— Ne t’inquiète pas, on est loin de là ! Il n’est pas encore séparé. Amuse-toi bien avec Martin. »

Elle décolla en coup de vent. Magalie, à son tour, se prépara pour sa soirée chez son patron en essayant de rejoindre Pierre plusieurs fois, sans succès. Elle avait envisagé de faire la tournée de ses boutiques préférées cet après-midi-là, pour porter quelque chose de nouveau à cet événement. Mais avec tout ce qui s’était passé, elle n’avait pas eu le temps. De toute façon, sa penderie regorgeait de vêtements qui pouvaient convenir pour cette occasion. Elle opta pour une robe bleu nuit qui mettait en valeur la couleur de ses yeux. Elle espérait que la soirée ne finirait pas trop tard. Elle avait de bonnes intentions pour le lendemain matin.

« Il est temps de faire le ménage du bureau de ma sœur », pensa-t-elle.


Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.

© Francine Boilard