Dans le chapitre précédent:
Magalie est allée à la rencontre de madame Dubois pour éviter qu’elle entre dans la maison. Ensuite, elle est allée visiter l’inspecteur Duclerc à l’hôpital. Elle lui a expliqué la lettre de sa sœur. Et, elle s’est rendu compte qu’il était beaucoup plus futé qu’il le laissait paraître.
Épilogue
Magalie s’assoit sur le fauteuil fleuri.
Celui dans lequel elle avait caché, dans une fente entre les coussins, les disquettes et la lettre de sa sœur. Elle y glissa la main pour s’assurer que l’espace était vide.
Savourant le doux ronronnement du frigo, elle tenta d’oublier les sons traumatisants de ce dimanche matin qui l’obsédaient.
Elle ferma les yeux et inspira. Magalie se leva soudain pour se diriger vers l’escalier et flaira. Elle se déplaça vers la cuisine, hésita, n’ouvrit pas la porte à battant qui menait à la salle à manger. Elle marcha vers le hall d’entrée, puis dans le salon et là, elle s’avança vers la salle à manger. Magalie retourna s’asseoir sur le fauteuil dans le bureau qui était désormais le sien. Elle huma de nouveau. Lentement.
L’odeur du parfum de Sylvie avait disparu de la maison.
Le soleil perça et inonda la pièce de lumière.
Les événements qu’elle avait vécus ce fameux matin resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. Est-ce qu’elle pouvait prétendre n’avoir aucun regret ? Pouvait-elle se convaincre qu’elle n’aurait rien pu changer ? Peut-être ce moment où elle avait succombé aux charmes de Pierre ?
Comme c’était facile de juger, après.
Elle constata une évidence, cela prendrait une éternité avant qu’elle retombe dans les bras d’un homme. Les piliers sur lesquels s’appuyaient ses décisions s’étaient effondrés. Et, dans les débris de ces piliers s’émiettait ce qui lui restait de confiance.
Magalie sursauta au bruit de la sonnette d’entrée. Elle se leva, jeta un coup d’œil par la fenêtre et aperçut Gina, qui attendait devant la porte. L’espace d’un instant, elle se souvint que Pierre lui avait fait douter de sa meilleure amie. Une vague d’affection la submergea. Magalie se hâta pour ouvrir la porte à sa copine et reçut un câlin.
Gina entra et inspecta le rez-de-chaussée. « Ouais, good job. L’entreprise de nettoyage a fait un bon travail. Mais ils n’ont pas remis le cadre au-dessus du divan.
— Oui, ils l’ont fait. C’est moi qui l’ai enlevé.
— Ils ont raté le nettoyage ?
— Non, ils ont bien réussi, mais, premièrement, j’ai toujours détesté cette toile. Et deuxièmement, lorsque je la regardais, je ne voyais plus un paysage d’automne. Je visualisais un tableau d’art moderne créé par le sang et la cervelle de Pierre. Je l’ai rangé loin dans le sous-sol.
— Excellente décision. Alors, es-tu prête maintenant à planter la pancarte à vendre dans le banc de neige ?
— Non, imagine-toi que j’ai changé d’idée.
— Quoi ?
— Après une discussion avec Duclerc, j’ai beaucoup réfléchi. Je vais essayer de faire du neuf avec du vieux. C’est tout ce qui me reste de ma famille, dit-elle avec un trémolo dans la voix. Alors j’ai décidé de garder la vieille maison et de la rénover.
— Je ne m’attendais pas à ça mais je t’appuie à cent pourcent, » dit Gina en la prenant dans ses bras. « Je suis là pour toi.
— Merci, Gina. Et, sais-tu quoi? Devine ce que j’ai découvert?
— Aucune idée.
— J’ai trouvé la recette de rôti de veau de ma mère. » Gina s’esclaffa. « Tu veux essayer d’en faire? Tu veux que je sois un cobaye? N’oublie pas que j’y ai déjà goûté à ce fabuleux rôti.
— Oui, je veux faire un souper avec toi et Louis.
— Louis?
— Louis Duclerc.
— Oh! On l’appelle Louis maintenant, la taquina Gina.
— Il m’a sauvé la vie.
— Je dis d’accord pour le souper, mais à une condition : être accompagnée.
— Quoi? Tu as un chum?
— Chum, c’est un bien grand mot.
— Ah! Ah! Je te reconnais bien là.
— Je voulais attendre avant de t’en parler. Bien, disons qu’on se voit. Régulièrement.
— Allez, crache le morceau, c’est Martin?
— Martin? Bien non. Quel Martin?
— Le Martin de l’autre soir. Arrête de me faire languir.
— Tu le connais, avoua Gina en rougissant un peu. Denis.
— Denis? Denis Danserot, s’exclama Magalie en éclatant de rire.
— Pourquoi ris-tu comme ça?
— Ben, voyons, Gina! Je suis surprise, tu semblais vraiment le détester chaque fois qu’on en parlait.
— Ouais, sais-tu comment j’ai réalisé ça?
— Petite cachottière, raconte-moi ça.
— L’autre soir, lorsque je devais rejoindre Martin, j’ai annulé mon rendez-vous après être sortie de chez vous. Tu m’as dit que Duclerc allait chez Denis pour l’interroger. Je n’ai pas hésité et je me suis pointée immédiatement chez lui. Il a beau être avocat, quand tu te fais poser des questions au sujet d’un meurtre par un policier, c’est toujours malaisant. J’ai sonné et, lorsqu’il a ouvert, je lui ai dit que j’étais son avocate et je suis entrée. Tu aurais dû lui voir la face, mais, au fond, il était content.
— J’imagine surtout lorsqu’il a vu la petite robe sexy que tu portais ce soir-là, » ajouta Magalie.
Elle observa son amie et prit conscience de ses sentiments. « Tu es en amour, Gina!
— Ah! Et ça me fait tellement peur.
— Je suis heureuse pour toi, renchérit Magalie en la prenant dans ses bras. Et, c’est certain qu’on va l’inviter à souper. Et avec Stéphanie en plus. Dis-moi, comment réagit-elle?
— Bien, mais, heureusement, je suis ta meilleure amie, ça me donne une chance.
— C’est parfait, » conclut Magalie.
Fin
Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages et les lieux qui y sont décrits sont le fruit de l’imagination de l’auteure. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, ou avec des événements réels, serait purement fortuite.
© Francine Boilard

Merci, Marie-Josée.
Merci beaucoup, Justin.
Bravo pour ce beau roman que j’ai dégusté à chaque semaine.
J’attends le prochain avec impatience
Je suis toujours un peu en retard par rapport aux publications depuis mon retour du Japon, mais c’est un super roman !